RL – L’épuisement

Dans ses sujets de l’été, le Républicain Lorrain a eu l’idée (par l’intermédiaire de Clara Hesse) de demander à quelques messins d’expliciter leurs pratiques d’écoute musicale. C’est sans doute difficile à résumer en quelques lignes, mais comme ça donne l’occasion d’y citer Caribou, Four Tet et Mogwai, ça me va.

RL 20160728

Et si le titre peut ici laisser planer un doute, c’est bien de l’épuisement des richesses d’un album dont il est question, pas du mien… et en ce moment, c’est vrai que je ne suis pas arrivé au bout du dernier James Blake, ni du dernier Radiohead.

Tiens, d’ailleurs, si tu n’as pas encore vu le clip de l’excellent Burn the witch, je te le colle ici.

L’été, zero degré

L’été est l’un des (trop) rares moment où j’ai vraiment un peu le temps de bricoler de la musique. Alors comme l’an dernier à la même période, je remets sur le métier l’ouvrage qu’est cet album de zero degré.


C'est reparti. #ZeroDegré

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Il a d’ailleurs bien du mal à se terminer cet album. Le précédent était quand même sorti chez We Are Unique Records en… 2009. D’ailleurs, si tu veux y jeter une oreille, je t’invite à te rendre sur cette page.

zero degre - les inrocksEn faisant un peu de rangement (l’été sert aussi à ça, n’est ce pas ?) je suis d’ailleurs tombé sur le numéro des Inrocks dans lequel JD Beauvallet avait signé une chouette critique (l’image à droite, juste là). Il y faisait notamment référence à Diabologum et Arab Strap, deux groupes que j’aime infiniment.

Une suite qui a donc bien du mal à se concrétiser, faute de temps souvent, faute d’idées parfois. Mais voilà, cette année, les morceaux semblent se terminer plus vite qu’à l’accoutumée, et la semaine dernière aura été, de ce point de vue, productive.

J’en ai profité pour partager des petites vidéos de ces enregistrements sur la page facebook de zero degré (que je ne peux que t’encourager à aller « aimer » pour suivre les avancées espérées). Voilà donc un court extrait de « Sortir », un morceau terminé dimanche dernier.

Et puis, je ne saurais aussi trop t’encourager à aller suivre la page facebook, voir le site, suivre sur Instagram… Mélina Farine. Parce que c’est elle qui devrait travailler sur un premier clip pour cet album. Mais surtout parce que c’est beau, simplement.

⚡️ Minuit ⚡️

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TF1 – Week end à… Metz

Oui ami lecteur, tu as peut être pu m’apercevoir quelques secondes sur la première chaîne de télévision française pour évoquer Les Trinitaires, un lieu « insolite » parmi d’autres « Bons plans » Capture d’écran 2016-06-04 à 11.46.34messins. On notera d’ailleurs qu’ils ne se sont pas trop plantés, entre l’épicerie Baci pour aller grignoter et la péniche L’Aparté pour la nuit.

En tout cas ça a été diffusé le 30 avril, alors que le tournage avait eu lieu le 24 mars, lors du concert de Dookoom et DOPE D.O.D. Et dans la vidéo ci-dessous, une fois que tu auras passé les 60 secondes de pub, c’est à peu près à 5mns que tu verras ma tête (que l’on qualifiera ici par honnêteté intellectuelle de « post-apéro »).

melatonine is not dead

Je te t’en parlais déjà il y a quelques mois ici même, ami lecteur, malgré l’âge avancé du groupe (et de ses trois musiciens, oui, merci), melatonine continue à son rythme (c’est à dire très lentement) à plancher sur un nouvel album.

Il y a une dizaine de jours, nous prenions donc le temps (trois heures) d’enregistrer quelques morceaux (sept, précisément) dans les studios de répétition de la BAM. C’était un bon moment avec mes deux comparses. Un peu comme une répétition avec simplement cette très légère pression pour essayer de faire mieux parce que ça enregistre (même si tu l’oublies vite, que ça enregistre).


Melatonine, enregistrement BAM.

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we-are-unique-recordsL’objectif était simplement ici d’avoir un enregistrement assez fidèle pour se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler le prochain album, ce qui nous permettra bien sûr de voir si l’on garde l’ensemble de ces morceaux, s’il y a des modifications à y apporter. Mais nous pourrons aussi ainsi l’envoyer à notre fidèle label (We Are Unique Records) qui nous suit quasiment depuis les débuts du groupe, pour savoir s’il nous suivra encore, ce coup ci.

Et pourquoi est ce que je te parle de ça maintenant ? Eh bien parce que je suis en ce moment même en train de réécouter ces fameux morceaux et que ça sonne finalement plutôt pas mal. Je ne sais pas si les quelques secondes de la vidéo ci dessous t’aideront à te faire une idée, mais c’est tout ce que j’ai sous la main là tout de suite.

En tout cas, simplement, simplement : melatonine is not dead, vivement la suite.

2017 – L’abstention

Comme je le disais dans l’article précédent qui inaugurait cette série 2017, dans pile 350 jours, nous serons en train d’attendre les résultats officiels du second tour de l’élection présidentielle. Et pendant que tout le monde sera sur les internets en train de checker les sites d’info belges et suisses, ou Radio Londres sur Twitter, les commentateurs des chaînes françaises seront eux contraints d’égrener tristement à l’envi une seule estimation jusque vingt heures : celle de l’abstention. Ils le feront avec un petit sourire en coin, ou un grand désespoir sur le visage, c’est selon. Mais en tout cas ils auront au fond l’air de celui qui sait (puisqu’il est en train de lire les infos sur les mêmes sites que toi).

Et bien ami lecteur, pas besoin d’attendre 350 jours, tout indique que l’abstention aux présidentielles devrait être aux alentours de 20%, sans doute un poil plus. Comme je te l’avais promis, il y aura ici parfois des données, en voici en voilà.

Sous tes yeux ébahis, voici donc les chiffres d’abstention d’une bonne partie des élections de la cinquième république.

Oui, tu l’as sans doute remarqué : le week end dernier était long, j’avais un peu de temps à tuer et j’ai donc rentrée des données dans des tableaux, à défaut de les trouver ailleurs. Et puis tant qu’à faire, j’en profitais pour tester tableau, justement, un sympathique outil de dataviz, dont je pense que je n’ai pour l’instant perçu que 4% des possibilités.

Bon, là je te balançais donc le tout, ça servira bien un jour où l’autre, mais revenons à nos moutons. Avec juste les élections présidentielles, ça donne ça.

Finalement, ces données restent relativement stables. Si l’on élimine quelques données remarquables (le deuxième tour de 1969 qui dépasse les 30% d’abstention, ou le premier tour de 2002 qui s’en approche, mais aussi les deuxièmes tours de 1974 et 1981 avec mois de 15% d’abstention), le chiffre de l’abstention est toujours compris entre 15 et 22,5%. Ces derniers temps il oscille plutôt autour de 20% (1995, 2012, second tour de 2002), avec simplement l’exception de 2007 qui avait marqué un regain de la mobilisation, l’abstention retombant à 16%.

Pour 2017, qu’en dire ?

1. certes il y a un rejet de la classe politique actuelle. Il est réel, mais pour le moment, il semble se manifester surtout sur les élections locales et européennes (voir le premier graphique, en haut), où les chiffres de l’abstention atteignent des sommets depuis 2009. La présidentielle semble de ce côté l’exception. On pourrait se dire qu’un renouvellement favoriserait la mobilisation. Mais j’ai bien peur que la détestation des candidats qui semblent se profiler pour l’élection soit à l’arrivée être un facteur mobilisateur suffisant (hélas),

2. l’enjeu va nous être rabâché à longueur de temps, de BFM TV au blog de nicolastochet. D’autant qu’à coup de péripéties on a un peu l’impression de regarder House of Baron Noir, mais en vrai. Ça devrait faire son effet.

3. l’ami Thierry Labro, toujours pertinent sur ces sujets, me faisait toutefois remarquer que « ce n’était pas très malin de mettre ça des veilles de jours fériés, au milieu de longs week ends ». Bien vu. Mais c’est déjà arrivé, avec ces élections qui se terminent toujours en mai. À voir donc.

Pour ma part je parierai donc sur un taux d’abstention dans la fourchette haute des précédentes, aux alentours de 22%.

En fait, à la place d’une série de billets sur ce blog, c’est peut être un site de paris en ligne que je devrais faire pour 2017.

2017

Dans cinquante semaines pile, ami lecteur, nous serons probablement en train de guetter fébrilement le résultat du second tour de l’élection présidentielle de 2017.

republique-2-ce700En effet, après avoir été appelés aux urnes quatre fois (ou même sept, si l’on compte le nombre de tours) en deux ans (élections municipales puis européennes en 2014, départementales puis régionales en 2015), les électeurs français n’auront plus que deux échéances électorales d’ici 2019 : la présidentielle des 23 avril et 7 mai 2017, puis les législatives 11 et 18 juin 2017. Le début de cette année 2016 semble nous indiquer qu’elle sera toute entière consacrée à la préparation de ces élections, et plus particulièrement de la première d’entre elle, celle qui tous les cinq ans est présentée comme déterminante pour le destin du pays, du monde, de l’univers. L’élection présidentielle, donc.

Chaque mesure prise par le gouvernement est évaluée par avance à l’aune de cette élection. Chaque mouvement d’un membre dudit gouvernement est vue comme un positionnement. Chaque discours laisse présager une candidature supplémentaire à des élections qui apparaissent déjà pléthoriques à droite comme à gauche. Chaque manifestation, mouvement citoyen (et ils sont légion ces temps ci), laisse supposer une stratégie cachée. Et même localement, de tristes petites tactiques semblent se mettre en place pour ce qui sera la forcément la bataille politique des années qui viennent.

Alors effectivement, bien sûr, les élections présidentielles ont un impact important. Social, économique, culturel. Elles affectent nos vies, souvent sans qu’on ne s’en rende tout à fait compte. Je continue d’ailleurs à penser qu’il faut aller voter à ces élections nationales, comme aux autres, locales, européennes. Mais on ne peut se contenter d’attendre tous les cinq ans une échéance quasi messianique pour changer le monde ni même le pays. Non, Nicolas, d’un coup d’un seul, ensemble tout ne devient pas possible avec toi. Et non, François, je crois qu’on peut dire aujourd’hui que le changement ce n’était pas maintenant.

Pourtant, si ces slogans publicitaires ont rendu quasiment impossible l’usage de ces mots dans une même phrase (l’un et l’autre sont devenu des blagues de comptoir), tout y était pertinent. Oui, c’est bien ensemble que le changement devient possible. La politique doit être saisie par chacun au quotidien, dans une époque où on semble l’avoir laissée « aux politiques ». Et oui, c’est précieux et cela demande de l’attention et du temps. Ce temps parfois on ne l’a pas, et puis on ne trouve plus l’envie de. Mais c’est un investissement nécessaire, sans quoi nous allons perdre beaucoup de nous-même au passage.

« C’est bien joli, mais du coup tu nous en parles quand même des présidentielles ? »

Ah ami lecteur, comme toujours, ta perspicacité fait mouche. En effet, tu me connais un peu, je ne peux m’empêcher de lire les articles sur les présidentielles, d’écouter les émissions radiodiffusées, de checker les déclarations des uns et des autres sur les internets, celles des commentateurs et celles des commentés. Ils me font rire, il m’attristent, ils me scandalisent, il me motivent (si si, parfois, je t’assure) ou me désespèrent. Et puis je cherche des infos, des données. Je regarde et je cherche un peu ailleurs. Alors simplement, je vais tenter de te le partager ici.

Voilà donc une nouvelle petite série politique sur ce blog : 2017. On y va ?

La fin de l’emploi, le début du travail

Dans cette période où la question du travail est particulièrement en discussion (notamment à cause d’une Loi du même nom qui, ça ne t’aura pas échappé, fait un petit peu parler d’elle en France), je pense, ami lecteur, qu’il est toujours bon d’écouter un peu Bernard Stiegler. Il me semble que sur ce blog je ne n’y avais fait qu’une allusion il y a quelques mois, mais il se trouve que c’est l’une de mes marottes. D’ailleurs j’ai même adhéré à son association, Ars Industrialis.

Capture d’écran 2016-04-16 à 15.48.21Il se trouve donc que Bernard Stiegler, que j’avais vu à Strasbourg en septembre dernier, à l’invitation du collectif du 20 janvier, est intervenu le 20 janvier (joli hasard) dernier sur la scène des BIS 2016, à Nantes. En janvier, on ne parlait pas encore de la nouvelle crise du régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle, ni même de la Loi Travail. Pourtant, tout y est déjà, dans cette intervention.

Alors bon effectivement, en douze minutes, aborder automatisation et fin de l’emploi, redistribution des gains de productivité, logiciel libre, entropie et néguentropie, Schrödinger, extension de la capabilité, c’est certes un peu rapide. Sans doute même trop rapide pour creuser ne serait ce qu’un peu l’un de ces sujets.

Mais ce n’est pas bien grave, ce sont dix minutes pertinentes, et tu les as devant toi, je te recommande cette courte intervention.

« Il faut étendre et généraliser le régime des intermittents du spectacle, progressivement, à toute la société ».

Et allez, soyons fou, si tu as plutôt une heure, voilà une intervention qui date de 2014 et qui va plus en profondeur sur la notion de société automatique.

À écouter, à réécouter.

Région ALCA

Ami lecteur, depuis hier après-midi, le nom de la nouvelle région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine est subitement devenu un sujet de conversation. Je t’avoue que je ne m’étais pas vraiment posé la question jusque là. Mais bon, avant de revenir sur ce nom, un rapide retour en arrière s’impose.

Le 15 janvier 2015, le Conseil Constitutionnel validait la nouvelle carte des régions françaises, après une adoption du texte définitif à l’Assemblée Nationale le 9 décembre 2014. L’un des objectifs étant de réduire le nombre de ces régions (en l’occurence de 22 à 13 pour la France métropolitaine), un certain nombre de fusions ont été opérées. Certaines régions restées en l’état (Bretagne, Centre, Île-de-France, Corse, Pays de la Loire), la plupart de ces fusions ont regroupé deux régions à la fois (Auvergne et Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais et Picardie, Basse-Normandie et Haute-Normandie) et deux fusions ont été opérées sur trois régions : Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes / Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine. Bon, il se trouve que c’est dans cette dernière que je suis né et que je réside.

logo regionPhilippe Richert remporte des élections à la dramaturgie surprenante (avec 48,4% de voix, devant Florian Philippot, 36,1% et Jean-Pierre Masseret, 15,5%) et devient donc le premier président de cette nouvelle région. Pour en déterminer la dénomination, une démarche participative est mis en place et un comité de réflexion est mis sur pied. Après trois journées de réflexion, celui-ci à abouti, hier, à trois noms possibles.

Rhin – Champagne
Nouvelle Austrasie
Acalie

Bien entendu, les réseaux sociaux se sont rapidement emparés de cette information, avec une ironie parfois mordante, notamment sur Twitter.


Bon et puis tu me connais, je n’ai pas pu m’empêcher d’y aller également de mon petit tweet. Et j’ai été d’ailleurs assez surpris de son audience rapide, signe de l’intérêt des internautes pour ce sujet à ce moment précis.


Pour ce que j’ai pu en lire sur Facebook, on était plus dans le registre de l’énervement que de l’ironie, souvent teinté de reproches sur les choix de ce comité, voire même sur le comité en lui-même. De mon point de vue, ami lecteur, c’est relativement injuste. Une fois que l’on a râlé, ironisé, ou levé quelques lièvres (comme l’ami Thirry Labro l’a ici une nouvelle fois très bien fait), on se rend vite compte qu’il n’y a probablement pas de bonne solution à ce problème. L’étape précédente avait abouti à 15 noms, répartis en 9 groupes :

    Grand Est / Grand Est de France
    Uniest / Union Grand Est / Estunion
    Austrasie / Austrasia / Nouvelle Austrasie
    Acalie / Alcadie
    Orest
    Estrie
    Ile d’Europe
    Rhin – Champagne
    Marches de l’Est

Je ne sais pas toi, mais déjà là, je ne trouvais rien de satisfaisant. J’y vois deux raison essentielles.
1. les habitants de cette nouvelle région (dont moi) étaient déjà, avant sa création officielle, les plus critiques en France (51% considérant que c’est une mauvaise chose, 20% une bonne chose, dans un sondage TNS Sofres d’octobre 2015). Deux mois après la création de la région, le choix de son nom de la région est finalement l’un des premiers éléments concrets de la fusion. Le scepticisme exprimé avant les élections, peut être un peu oublié depuis, redevient forcément vivace à cette occasion.
2. la mission de trouver ex-nihilo un nom qui pourrait faire consensus auprès d’une population de 5,5 millions d’habitants semblerait impossible même à Jim Phelps.

Je pense donc que le comité à fait ce qu’il pouvait pour tenter de trouver la réponse la moins pire à un problème insoluble. Allez, rapidement, ami lecteur, mon avis rapide sur ces trois noms :
Acalie : simplicité bienvenue, mais la tentative de transformer un acronyme en nom ne peut pas fonctionner. Un nom fort a besoin d’une étymologie qui ne l’est pas moins.
Nouvelle Austrasie : le plus fort en terme historique. Mais ce « nouvelle » ajouté à Austrasie rallonge le nom et construit une drôle d’opposition. Sans compte cette impression de se retrouver loin, quelque part entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie. En tout cas, Austrasie seul serait peut être finalement mieux passé, malgré son petit côté moyenageux.
Rhin-Champagne : jolie tentative de fixer des repères marquants et connus, mais on identifie des frontières qui sont un fleuve d’un côté et un territoire de l’autre, ce qui relève d’une certain incohérence, et dans le même temps on oublie la Lorraine entre les deux. Vexant pour l’ « ancienne région » qui était la plus peuplée des trois.

grand-est-magazine-n-2-1453717019On ne saura pas vraiment pourquoi « Grand Est » est passé à la trappe, même si Frédéric Schnur semble avoir quelques explications techniques. Le nom était celui le plus repris jusque là (il avait même déjà son magazine « officiel ») s’imposait assez naturellement, mais ne pouvait pas se targuer d’une grande attractivité.

La suite ça sera un vote des internautes en ligne, pour choisir parmi les trois propositions sus-citées (ou éventuellement en ajouter) une. D’ailleurs c’est là que le lièvre levé par Thierry Labro prend toute sa saveur, puisqu’il y a déjà de « faux votes » en ligne possible sur les noms de domaine éventuels de la future région. Puis, ce sera le vote, officiel celui là, de l’Assemblée Régionale (dont tout porte à croire qu’elle s’orienterait vers Rhin-Champagne). Et enfin, une validation par le Conseil d’Etat (au plus tard le 1er octobre 2016).

Et donc, jusqu’ici, je t’avoue que de mon côté je m’étais posé la question de loin, sans vraiment y penser. Finalement, après une réflexion qui n’engage que moi, un dimanche sur mon canapé, je me dis que la solution la plus simple serait de rester à ACAL ou ALCA. C’est simple, court, et l’acronyme permet de conserver les trois régions dans le titre (au delà de la baseline qui devrait de toutes façons rester Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine). Ça évitera ainsi de focaliser le scepticisme entourant la nouvelle collectivité sur son nom inventé. On se souviendra d’ailleurs qu’une autre tentative de trouver un nom ex-nihilo à une région « acronymique » avait assez largement échoué en 2009 : la région PACA est restée PACA. Et ses habitants n’ont pas vraiment de nom officiel. Je ne suis pas bien sûr qu’ils s’en portent plus mal.

Reste cet intense débat, ami lecteur : ACAL ou ALCA ? Pour ma part, j’ai une petite préférence pour Région ALCA. Et toi ?

14/03/2016

Edit 1 : l’ami Grégory Boyer me signale que le nom officiel de la région PACA est Provence-Alpes-Côte d’Azur et que « L’acronyme, quel qu’il soit, ne permettant pas d’identifier géographiquement la Region, poserait un problème sur le plan juridique avec un risque de censure de la part du juge administratif ». J’en prend acte, et donc on va dire que je serais pour « Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine », qu’on qualifiera sans doute par l’usage d’ALCA.

Edit 2 : Philippe Richert était ce matin l’invité du réseau France Bleu de la région ALCA (France Bleu Alsace, Champagne-Ardenne, Elsass, Lorraine Nord, Sud Lorraine). Tu peux retrouver le compte rendu par ici. Mais en tout cas, il a déjà fait son choix.


Les élections municipales à Metz en 2020…

… je ne pensais pas que je t’en parlerais si tôt ici, ami lecteur. Ni d’ailleurs que j’aurais à réactiver le tumblr que j’avais créé à l’occasion de celles de 2014 (et dont les articles sont d’ailleurs reproduits ici même).

20160227 - RL - Municipales2020Mais voilà, il se trouve que le Républicain Lorrain a dégainé le premier, dimanche dernier, avec ce titre en une : « Ils rêvent (déja) tous d’être Maire de Metz !« . Tu peux d’ailleurs t’amuser un certain temps avec le dessin qui accompagne le titre (ci contre) pour tenter de deviner qui peut bien y figurer. Pas évident. Heureusement, tu seras bien aidé dans cette devinette par l’article quelques pages plus loin, qui liste les candidats potentiels en trois catégories. D’abord, les « déclarés » : Nathalie Colin-Oesterlé qui annonce directement la couleur sur son site (Metz 2020 c’est demain !), Khalifé Khalifé qui y pensait un peu en 2015 et y pense un peu plus en 2016, Thomas Scudéri qui assumait dans le RL en juin 2015 son envie de devenir maire de Metz un jour. Le RL classe également dans cette catégorie Emmanuel Lebeau (pour qui ça serait la quatrième candidature, comme Dominique Gros au moment de sa victoire en 2008) et Richard Lioger (pour qui ça pourrait être une suite légitime à ses deux mandats de premier adjoint), mais je n’ai pas vraiment trouvé de déclarations de l’un ou de l’autre qui l’annonçaient aussi clairement.

Et puis, le quotidien pronostique ensuite les « possibles » (Aurélie Filippetti, Jean-Michel Toulouze, Jérémy Aldrin, Françoise Grolet) et les « surprises » (Dominique Gros, Marie-Jo Zimmermann, François Grosdidier, ou encore Hacène Lekadir et Sébastien Koenig « en cas de primaire à gauche »).

Bon, tout ça fait quand même du monde, on pourrait même élargir encore un peu cette liste mais on reste clairement encore au stade des supputations et des pronostics. Si l’on veut s’y hasarder aussi, on regardera avec attention ce qui se passera pour la préparation et les résultats des législatives de 2017. Il s’agit en effet des seules élections d’ici 2020 (à l’exception bien entendu de l’élection présidentielle), et nul doute qu’une bonne partie des personnalités évoquées par le Républicain Lorrain tâcheront de bien y figurer, sur l’une des trois circonscriptions messines. Tu me connais maintenant, on essaiera de suivre ça ici-même.

Mais pour finir, ami lecteur, je vais sans doute te décevoir : non, je ne vais aujourd’hui pas t’annoncer ici ma candidature. En effet, le mot-dièse #Tochet2020 que l’ami François Pradayrol a tenté de lancer sur twitter n’a pas recueilli le succès escompté. Il m’appartient donc d’en tirer la conclusion, évidente.

VGA

La goutte d’eau

À la fin de mon dernier billet ici-même, il y a déjà presque un mois (il a filé vite, ce mois de février, non ?), je te confiais mon impression que la période compliquée dans laquelle nous sommes rentrés depuis déjà un certain temps (45 ans, 33 ans, 8 ans, quelques mois, suivant la référence que l’on choisit à quel moment l’on place le curseur au niveau « c’est compliqué« ) pouvait déboucher sur une forme de re-mobilisation. Eh bien il semble que celle-ci se cristallise un peu subitement ces derniers jours. Ça aurait pu être avant mais c’est sans doute ce vieux dicton de « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » qui est ici en action, même si le projet de Loi travail (ou loi El Khomri, du nom de la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social) qui semble en être le déclencheur ressemble plutôt à un gros seau d’eau qu’à une petite goutte.

Je ne vais pas revenir ici sur cette tentative ratée de ce que je suppose être une idée du type « plus c’est gros plus ça passe ». D’autres s’en sont parfaitement chargés, notamment sur ce nom de domaine très bien trouvé : loitravail.LOL. Mais en tout cas, après à peine une semaine de la fuite du texte de loi (qui n’est même pas encore passé en Conseil des Ministres), l’enchaînement des réactions semble désormais bien difficile à endiguer.

Il y a d’abord eu le site loitravail.lol, donc, lancé notamment par Caroline de Haas (décidément bien active ces temps ci), suivi d’une pétition qui bat des records de signatures (500 000 en une semaine).

Un certain nombre de youtubeurs ont emboîté le pas à cette première initiative.

Pour le moment 30 000 vues en une journée, et un joli succès du hashtag sur Twitter.

tribunePour finir, cette désormais déjà fumeuse fameuse « loi travail » a même réussi l’exploit de réveiller Martine Aubry. Et autant dire qu’elle ne s’est pas franchement levée du bon pied, ni de bonne humeur. La tribune qu’elle co-signe (avec notamment Claude Alphandery, Daniel Cohn-Bendit, Laurence Dumont, Yann Galut, Benoit Hamon, Axel Kahn, Chaynesse Khirouni…) est forte dans les termes employés : « pacte avec le Medef qui se révéla un marché de dupes », « désolant débat sur la déchéance de nationalité », « meurtrissure de l’indécent discours de Munich » de Manuel Valls, « trop, c’est trop ! », « Pas ça, pas nous, pas la gauche ! ». Le texte est intitulé Sortir de l’impasse et s’il laisse la porte ouverte à un accord qui se ferait sur le « Chemin de la gauche » qu’il faut « retrouver », ce manifeste paraît surtout achever les derniers espoirs de réconciliation entre cette partie de la gauche (une gauche du PS élargie, pour aller vite) et le gouvernement. En effet, Manuel Valls ne semble pas prêt à l’inflexion de sa politique, son image entière étant d’ailleurs construite sur cette inflexibilité.

Alors quelle solution ? Une mobilisation, même massive sur le net, forcerait elle cette inflexion ? Et cette mobilisation, en même temps que le chemin de la gauche, trouvera elle le chemin de la rue ? Quelques indicateurs peuvent nous y faire songer. Une intersyndicale, semble partie pour durer, même si son premier communiqué reste assez modéré.


Surtout, dans le même temps, des appels à manifester le jour de la présentation de la loi en Conseil des Ministres (le 9/3, date pour laquelle on tâchera de ne pas voir une allusion au 49.3) fleurissent sur le net, là aussi avec un certain succès. Sur Facebook ce sont déjà plusieurs dizaine de milliers de participants virtuels, mais l’expérience nous indique qu’il n’est pas toujours évident de les retrouver au rendez vous IRL. Étant donnée l’échéance très proche, ami lecteur, nous saurons en tout cas assez vite si l’on assiste à un raz de marée, ou si tout cela n’aura été qu’une goutte d’eau.