France Culture – La Grande table d’été

Vendredi, ami lecteur, l’itinérante Grande table d’été de France Culture se posait à Metz, à l’Hôtel de Ville, à l’invitation de Constellations. Et je me suis retrouvé invité dans cette émission joliment intitulée Metz, capitale des imaginaires, en compagnie notamment de Chapelier Fou, de Mélina Farine (auteure, faut il le rappeler, du joli dernier clip de zéro degré), des Backstage Rodéo…

Et c’était fort sympathique.

Déjà, j’ai pu faire de belles métaphores à base de sachets de thé.

Surtout, on a évoqué Musiques Volantes, Les Trinitaires, le Festival de science fiction de Metz (1976-1986), les Rencontres Internationales de musique contemporaine (1972-1992)… et c’était surtout une occasion parfaite de passer Messin plutôt que français dans la radio.

Et tu peux écouter tout ça ici.

Metz, Capitale Européenne de la Culture en 2028 ?

« La capitale européenne de la culture est une ville désignée par l’Union européenne pour une période d’une année civile durant laquelle un programme de manifestations culturelles est organisé.

L’idée de désigner une capitale européenne de la culture a été émise en 1985 par l’actrice devenue ministre de la Culture de la Grèce Melina Mercouri et Jack Lang, ministre de la Culture français afin de rapprocher les Européens en mettant en avant la richesse et la diversité des cultures du continent. Le programme est géré par la Commission européenne et le titre attribué chaque année par le Conseil de l’Union européenne avec l’appui d’un groupe d’experts culturels chargés d’évaluer les proposition des villes candidates. Plus de 50 villes ont été ainsi désignées depuis le début du programme.

La préparation d’une capitale européenne de la culture est souvent l’occasion pour les villes désignées de mettre en place des programmes de renouvellement urbain, de mettre en avant ou changer l’image de la ville et de lui faire gagner un profil international. »

Oui ami lecteur, tu l’auras remarqué, je ne me suis pas foulé pour cette introduction, tout droit extraite de la page Wikipedia sobrement intitulée « Capitale européenne de la culture ». Après tout ça a le mérite d’être clair, et il faut reconnaître qu’on n’a pas si souvent l’occasion de citer Melina Mercouri.

Mais pourquoi ce billet maintenant, me demanderas tu ? Eh bien, il se trouve que cette idée est revenue sur le tapis par l’intermédiaire d’André Rossinot pas plus tard que mardi dernier.

André Rossinot, ancien maire de Nancy (de 1983 à 2014, soit 31 ans, ce qui est joli score) est actuellement président de la Métropole du Grand Nancy. Il se trouve que mardi, il laissait son siège de président du Sillon Lorrain à Jean-Luc Bohl, président de Metz Métropole. Le Sillon Lorrain est un Pôle métropolitain porté par les quatre intercommunalités de Thionville, Metz, Nancy et Epinal, l’idée (plutôt bonne) étant de bosser ensemble afin de mener « des actions d’intérêt métropolitain en matière de développement économique, de promotion de l’innovation, de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture, d’aménagement de l’espace (…) et de développement des infrastructures et des services de transports.« , nous disent les lois du 16 décembre 2010 et du 27 janvier 2014. Et pour le reste tu iras lire par ici parce que bon, je ne vais pas tout te recopier à chaque fois non plus.

Donc mardi, André profitait de sa passation de pouvoir amicale à Jean-Luc pour lâcher cette idée, comme ça, hop.
Mais ça paraît avoir du sens.
Le sillon a déjà permis, via une candidature commune, d’obtenir le label French Tech en 2015, par exemple. Et puis Metz à fait de « Métropole Art & Tech » le sous titre de sa marque de territoire Inspire Metz, comme tu peux le constater sur le visu à droite, là. Enfin Metz et Nancy continuent à miser sur la culture (Constellations de Metz en est cet année un exemple) avec des budgets non négligeables qui y sont consacrés chaque année (je connais moins les situations de Thionville et Epinal, mais promis j’y jetterai un oeil à l’occasion), et le nombre d’équipements culturels de nature à accueillir spectacles, expositions, conférences… est amplement suffisant sur le territoire.

Cette idée n’est d’ailleurs pas tout à fait nouvelle. On la retrouve, pour Metz , dans un rapport du Conseil Economique et Social Local de 2010, intitulé « Metz 2030, capitale culturelle de la Grande Région« , que tu peux trouver ici et dont voici la conclusion :

« A présent, vous êtes libres de vous en aller ou, si vous le souhaitez, d’enchaîner votre journée par une soirée de spectacles soit à l’Arsenal, à l’Opéra, au Centre Pompidou, soit à la Salle des musiques actuelles, aux Arènes, au Centre dramatique, à l’espace Koltès… Après une telle journée, vous êtes désormais le supporter le plus fervent à la candidature de Metz pour devenir la prochaine Capitale européenne de la Culture… »

On retrouve également cette idée dans le programme du Metz2014.com d’Emmanuel Lebeau, plus proche encore de la version d’André Rossinot : « Accueil de l’exposition universelle/internationale ou tout autre événement international type capitale européenne de la culture, de nature à symboliser le travail de toute la Lorraine dans la reconquête de son rôle moteur : Lorraine 2025. » nous disait il dans une page dédiée au « destin commun » de Metz et Nancy, avant les municipales de 2014.

L’idée semble donc plutôt pertinente, on est encore dans le timing (la prochaine Capitale Européenne de la Culture française sera pour 2028 et la décisions devrait se prendre en 2023)… mais tu me connais ami lecteur, je vais ajouter quelques nuances à ce bô tableau.

La première que je vois est luxembourgeoise. Il se trouve qu’en 2022, nos amis et voisins du Luxembourg auront leur capitale européenne de la culture. Ce sera officiel en septembre, mais tout porte à penser que ce sera Esch-sur-Alzette, notamment parce qu’il me semble que c’est la seule candidate. Et autant te dire que pour Esch 2022, tout est déjà en place : https://esch2022.lu/. De manière tout à fait cohérente avec son territoire, la candidature d’Esch intègre la CCPHVA, joli acronyme qui, comme tu le sais, bien entendu, désigne la communauté de communes du Pays-Haut Val d’Alzette. Cette communauté de commune est la voisine directe de Thionville, comme tu peux le voir sur la carte à gauche, juste là. Bon, ça n’empêche rien en soir, mais lorsque le jury se sélection se réunira en 2023 pour désigner la ville française capitale européenne de la culture, ils vont peut être se souvenir qu’ils étaient 10 bornes plus loin l’année d’avant.

Deuxième nuance, le sillon lorrain ne va pas être seul sur le coup. Nous avons notamment Clermont-Ferrand qui est chaude comme la braise : déclarée en 2015, la ville lance en octobre Effervescences, un évènement pour lancer cette candidature. Voilà le teaser.

Tu auras noté la conclusion « Embarquez pour un voyage inédit vers la Capitale Européenne de la Culture ». Je t’ai dit, chauds patates, ils sont, à Clermont.

Voilà ami lecteur, les quelques réflexions que je me faisais à la lecture de cette proposition lancée par André Rossinot. Il y a certes les nuances que je viens d’évoquer, mais nul doute que les atouts du territoire sont de nature à ce que la piste soit crédible. Et puis quelque chose me dit que si André l’a lancée comme ça, le sujet a déjà dû être un peu creusé. Alors sans nul doute y reviendra t on ici.

Edit du 17/07/2017
Confirmation d’Olivier Bianchi, Maire de Clermont-Ferrand et Président de Clermont Communauté : ils sont chauds patates.

Musiques Volantes

Ami lecteur, ce serait mentir de te dire que je n’ai pas en mémoire de nombreux et chouettes souvenirs du festival Musiques Volantes. Des découvertes musicales impressionnantes, des scénographies étonnantes, un festival à échelle humaine à la convivialité plus que plaisante. Certains de ces souvenirs avaient été d’ailleurs été consignés sur ce blog, avant qu’un énième changement de version ne fasse sombrer ces archives dans les limbes des internets.

Mais tu me connais, ami lecteur, je ne jette rien. Alors voilà, à l’occasion de la vingt et unième édition qui a débuté le 4 novembre dernier et qui se terminera ce week end avec une programmation impressionnante sur la colline Sainte Croix et aux Trinitaires, je te propose de fouiller un peu dans les archives pour tenter de te retrouver les billets que j’avais pu publier à l’occasion de l’une ou l’autre édition du festival. Peut être procèderai-je quelques modifications (notamment les liens hypertextes eux mêmes tombés dans les douves des internets, ou pour tenter de retrouver des photos disparues), mais c’est en tout cas sur ce billet ci que je ferai cette mise à jour que j’espère quotidienne.

Et c’est parti !

mv13MV XIII (part I) – nous sommes en 2008, et la treizième édition de Musiques Volantes commence par une virée au Luxembourg (à l’encore récent Exit 07) et une soirée à l’Arsenal (avec Alva Noto !)… (la suite)

MV XIII (part II) – suite de la treizième édition de Musiques Volantes, aux Trinitaires cette fois, avec quelques déceptions, de bonnes surprises, et deux bien belles soirées… (la suite)
.
.
.
musiques-volantes12MV XII – Episode 1 – la compression de Gaspard – se retrouver avec zero degré à L’Autre Canal le même soir qu’un live de Justice (qui aura d’ailleurs une petite panne d’électricité)… (la suite)
.
.
.
mv10MV X (Part 1) – nous sommes le 10 novembre 2005, et il se trouve que je me retrouve à jouer sous un petit chapiteau avec Maddy Faetherstone, projet éphémère, mais un beau moment. Et ce soir là, il y avait aussi les incroyables The Organ… (la suite)

MV X (Part 2) – Daedelus, Giant Metal, Elysian Fields, Daniel Givens, P-Love & Matt Kelly et le furieux Jake The Rapper… (la suite)

Le Monkey Show

Le Monkey Show a ouvert ses portes le 28 mai dernier, rue des Roches, en lieu et place de La Scène qui avait donné une ambiance piano bar / one man show à ces lieux pendant quelques années. Avec le Monkey Show, pas de doute, le sympathique caveau a basculé du côté du rock.monkey-show

J’étais allé faire un tour dans ce bar au moment de l’ouverture (à laquelle nous avions d’ailleurs failli participer avec melatonine, ce n’est sans doute que partie remise), mais forcément, en été, les terrasses l’ont emporté, et j’y étais repassé seulement une ou deux fois jusqu’à la rentrée. Parce que oui, ici, point de terrasse et peu d’ouvertures vers l’extérieur : une fois passée la porte d’entrée on est dans un caveau, un peu sombre mais vaste, convivial et chaleureux, dans lequel il fera plutôt bon passer l’hiver. Et si je t’en parle aujourd’hui, ami lecteur, c’est parce mes deux dernières visites (dont l’une vendredi dernier) m’en ont largement convaincu.

Comme la rue des Roches n’est pas très passante, que tu ne passeras probablement pas devant le Monkey Show par hasard, tu franchiras sans doute ses portes une première fois pour un concert. Et tu auras raison : si la programmation est d’ordinaire menée par la nouvelle équipe qui occupe les lieux (et notamment l’ami Pierre Dechaume, que l’on a déjà pu croiser à la basse chez Sipping) il se trouve aussi que l’association Boumchaka prend également part à cette programmation. Et en ce début novembre, je peux ainsi te confirmer qu’il était bon de se retrouver sur les concerts qu’ils ont proposé, sur fond de jours fériés.

Le 1er novembre, c’est d’abord le rock stoner psyché de Mars Red Sky, qu’on avait la (bonne) surprise de retrouver au caveau du Monkey, étant donnée la notoriété du groupe. Et ça valait clairement le détour.

Mars Red Sky, Monkey Show #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Tiens, d’ailleurs, puisqu’on parle de ce trio français, j’en profite pour te recommander le très chouette film réalisé pour leur titre Alien Grounds : c’est par ici.

Deuxième jour férié, deuxième concert : en ce 11 novembre, c’est The Animen qui est venu remuer le Monkey Show.

THE ANIMEN #Metz Poke @asso_boumchaka @theanimen

Une vidéo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Bon, l’extrait ci-dessus ne te donnera pas forcément une bonne idée de l’efficacité du rock du groupe suisse. Mais cette vidéo de leur tube My Pretty Bellerina devrait par contre éventuellement te convaincre.

En tout cas, l’un comme l’autre de ces concerts valait clairement le détour… d’autant que l’entrée est systématiquement gratuite !

Mais si l’on entre une première fois au Monkey Show pour assister à un concert, il est probable que l’on aie l’envie d’y rester ou d’y retourner juste pour l’ambiance du bar : le maître des lieux (Hugo) et son équipe sont extrêmement sympas, la playlist orientée rock / metal ne conviendra sans doute pas à toutes les oreilles mais a le mérite d’un choix assumé (j’ai entendu vendredi deux fois les messins de Tess dans la playlist, et le public du bar reprendre les refrains du Chop Suey de SOAD…) et cohérent avec la programmation des concerts, les bières ne sont pas (trop) chères et le choix en alcool fort est conséquent. Si l’on ajoute à ça un concert par semaine (à minima), un blindtest chaque lundi soir et une ambiance assez festive (de ce que j’ai pu en juger les soirs de week end) il serait dommage que le Monkey Show ne devienne pas une halte hivernale de tes pérégrinations musicales, dans un parcours entre l’historique Comédie Café (situé à 50m à peine) et les déjà incontournables 7(7) Café et Troubadour, sur ce versant de la colline messine qui se révèle décidément très animé depuis quelques années… ce qui n’est pas pour me déplaire, comme tu t’en doutes, ami lecteur !

Zikametz

img_295Ami lecteur messin et amateur de concerts dans ta ville, il ne t’aura pas échappé que depuis une semaine a lieu le festival Zikametz. Pour les autres, c’est un festival dédié aux « musiques actuelles » au sens large, particulièrement éclectique, et porté par l’association Zikamine et qui se déroule essentiellement aux Trinitaires.

Et c’est déjà la treizième édition, ce qui ne nous rajeunit pas. Ce qui me rajeunit d’autant moins, c’est quand je fouille un peu dans les archives des versions antérieures de ce blog, dont je n’ai remis en ligne qu’une petite partie. Je suis donc retombé sur ce billet consacré à la quatrième édition du festival, dont j’étais à la fois spectateur et un peu acteur : nous y jouions en effet avec melatonine. Je remet donc en ligne ce billet, en ayant corrigé une partie des liens (qui pointaient beaucoup vers myspace, souviens-toi ami lecteur).

Voilà donc un voyage dans le temps vers septembre 2007.

TF1 – Week end à… Metz

Oui ami lecteur, tu as peut être pu m’apercevoir quelques secondes sur la première chaîne de télévision française pour évoquer Les Trinitaires, un lieu « insolite » parmi d’autres « Bons plans » Capture d’écran 2016-06-04 à 11.46.34messins. On notera d’ailleurs qu’ils ne se sont pas trop plantés, entre l’épicerie Baci pour aller grignoter et la péniche L’Aparté pour la nuit.

En tout cas ça a été diffusé le 30 avril, alors que le tournage avait eu lieu le 24 mars, lors du concert de Dookoom et DOPE D.O.D. Et dans la vidéo ci-dessous, une fois que tu auras passé les 60 secondes de pub, c’est à peu près à 5mns que tu verras ma tête (que l’on qualifiera ici par honnêteté intellectuelle de « post-apéro »).

DLCC (4) – Muse se prépare

« Mais qu’est ce que c’est que ce titre de billet ? » te demanderas tu sans doute à ton arrivée sur ce blog, ami lecteur. Et je ne pourrais pas vraiment t’en faire le reproche, cet acronyme n’apparaissant pas forcément très clair à première vue. En fait c’est simplement que le « Décidément, les centres commerciaux… » déjà utilisé précédemment pour trois titres d’articles est un poil long. Et comme visiblement cette série est amenée à continuer, j’aime autant le conserver. DLCC, donc.

Muse-depuis-CPM-nuit-2-beneLa volonté n’était d’ailleurs pas particulièrement de commencer 2016 avec un billet sur les centres commerciaux, même si je remarquais il y a peu l’intérêt que ça pouvait susciter ici même. Mais bon, il se trouve que je n’ai pas pris le temps de blogguer ici depuis le 1er janvier. Et que là tout de suite, quelques éléments me font revenir sur le sujet, et plus particulièrement sur Muse. Dont acte.

Le centre commercial Muse est actuellement en travaux (tu peux d’ailleurs les suivre en direct via une webcam installée sur le Centre Pompidou-Metz) pour une ouverture toujours prévue au deuxième semestre 2017. On sent bien qu’au delà du chantier impressionnant (présenté comme le plus grand chantier privé de France), l’opération de communication se prépare également peu à peu.

Début décembre, c’est Digitalarti qui annonçait la première sélection d’œuvres digitales qui doivent animer / embellir le centre (merci à Pat pour avoir relevé cette info passée localement assez inaperçue).

Parmi les noms des artistes participant ainsi à ce qui a été annoncé (par digitalarti) comme « la plus importante installation d’oeuvres numériques au monde« , on relèvera notamment Visual System, Scenoscome, ou Vincent Leroy, tous déjà présents à la Nuit Blanche Metz, respectivement en 2010, 2011 et 2013.

Dans le même temps, un site web (muse-metz.fr) a été lancé récemment (le nom de domaine a été acheté en octobre). Pour le moment, en dehors d’une première liste d’enseignes (Burger King, Habitat, Primark, Carrefour Market,…) il est encore un petit peu vide, à l’image de ces pages dont on sent qu’elles ont été calibrées pour les mots-clé mais dans lesquelles il manque encore le contenu, à l’image aussi de cette vidéo étrangement sans son (60 vues sur Youtube au moment où j’écris ces lignes). Bref, comme le centre, tout cela est en construction, mais on sent que les outils s’aiguisent.

En dehors de ces quelques éléments de communication, on constate également qu’à quelques 18 mois de l’ouverture, Muse suscite encore un peu plus d’attention.

Lorsque le directeur d’exploitation de la région Nord de Klépierre essaie de rassurer, dans le Républicain Lorrain, sur l’avenir du Centre Saint Jacques (dont le groupe est propriétaire), on lui pose bien entendu la question sur Muse (« En fin de compte, il se peut que Muse fasse plus de mal à Waves qu’au centre-ville. » conclut il… on a envie de le croire). Un Centre Saint Jacques toujours assez triste lorsqu’on le traverse, mais pour lequel la situation semble enfin se débloquer avec l’arrivée d’un H&M géant.


Et puis au moment où l’on reparle des cinémas à Metz (c’est au menu du prochain Conseil Municipal), Muse est à nouveau au coeur du dossier avec l’ouverture d’un Kinépolis en 2018, dans une situation imbriquée avec celle des cinémas de l’hypercentre (lire ici dans le RL, ou ici sur le site de la ville). Nul doute que ce débat ci reviendra de manière récurrente sur le tapis.

Je conclue ce billet avec deux liens déjà postés, au cas où il t’auraient échappé. D’abord ce passionnant billet sur l’histoire des malls. Et puis l’émission Du Grain à Moudre sur France Culture, intitulée Le centre commercial est-il encore le coeur de la société de consommation ? diffusée en 2014. Les questions qui y sont abordées sont toujours on ne peut plus d’actualité. Et on y reviendra sans nul doute.

Il fallait bien ça

Oui ami lecteur, il y a huit jours, je te racontais ici même que j‘étais bien content de laisser une semaine pesante derrière moi. Mais au moment d’en reprendre une nouvelle, il faut reconnaître que que ce n’était pas encore ça. Finalement ce sont deux concerts qui ont fait le nécessaire. Il faut dire que Thurston Moore et Dominique A sont en bonne place dans les quelques artistes intouchables qui figurent dans mon panthéon musical. Et ils ne sont pas si nombreux. Le fait que les deux jouent à Metz la même semaine relevait d’un beau hasard.

Alors que le mardi est parfois danger, le lundi est, lui, rarement un jour faste pour les concerts notamment à Metz. Étrangement ce lundi 23 novembre offrait un choix quasi-pléthorique : une soirée de l’association Mâche un Truc à la Chaouée (raxil4 / Ræppen / PsôM), The Necks invités par Fragment à l’église Saint Maximin et donc Thurston Moore au Centre Pompidou-Metz. Je ne me suis décidé que l’après-midi même à aller à ce concert. Pourtant, ami lecteur, je suis un fan de Sonic Youth, ça fait sans doute partie des groupes qui m’ont fait faire de la musique (notamment avec melatonine). Mais voilà je ne sais pas, je n’avais sans doute pas encore tout à fait le coeur à ça.

L’après-midi, donc, je constate qu’il reste des places (ça sera finalement complet le soir même). Et je me dis aussi que l’occasion ne se représentera peut être pas de sitôt. Et l’ami Nico D’Ascenzio achève de me convaincre. Autant te dire, ami lecteur, que dès le début du concert je me suis vite rendu compte que j’aurais eu tort de rater ça. Après les messins de Chair en première partie (dans lesquels on reconnaissait quelques têtes connues) et quelques bières au bar (dont le comptoir était rapidement débordé et les fûts rapidement vidés par un flux de public sans doute inhabituel) retour dans le Studio du CPM pour voir sur scène Thurston Moore accompagné de Steve Shelley (Sonic Youth aussi) à la batterie , Debbie Googe (My Bloody Valentine) à la basse, et James Sedwards à la guitare.

Que te dire du set ? Il était très bon. Très très bon même.

Oui, qu’en dire ? Avec une autre formation, on aurait pu dire que ça faisait franchement Sonic Youth. Ce son à la fois noise et mélodique, ces morceaux faussement simples et vraiment épiques, tout y était. Mais comme la moitié du groupe était sur scène, comment le leur reprocher ? Et ce n’est d’ailleurs pas ce que le public a fait, bien au contraire. Et les rappels furent long, comme ceux d’une dernière date de tournée réussie.

inrocks dominique ALe jeudi, c’était Dominique A à la BAM. Je crois que, comme pour Sonic Youth, j’ai été fan de ce garçon dès que je l’ai entendu. Je me souviens aussi, quelques temps plus tard, de cette couverture des inrocks, « la chanson française dont vous n’aurez pas honte », en 1995. Tiens je te la colle à côté, là. Un peu provoc-drôle bien sûr, mais au fond assez juste pour que ça fonctionne quand même.

Le concert était à la hauteur de ce que l’on peut penser du « patron » et de ses morceaux. C’était beau, le son de la BAM était bon, c’était impeccablement interprété. En concert peut être encore plus de sur disque, on prend le temps de se rendre compte de la subtilité et de la finesse de chacun de ses compositions, de la force des paroles.

Et là aussi, c’était long. Il faut dire que, même si son dernier album Eleor représente une bonne partie de son set, il y a de la matière dans sa discographie depuis La fossette, déjà génial, en 1992. Et à tout cela il convient rajouter l’amabilité du bonhomme pendant et après le concert, lorsqu’il est venu discuter avec le public qui traînait encore au bar.

DOMINIQUE A | #LaBAM | #Metz (1/2)

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

D’ailleurs, cette amabilité et cette gentillesse, c’est également ce que m’ont rapporté ceux qui ont eu le bonheur de croiser Thurston Moore le lundi précédent.

De la gentillesse, de l’amabilité, de la musique à la fois forte et géniale. Oui, ami lecteur, je crois qu’il fallait bien ça.

PS : et merci à Margaud pour le disque dédicacé.
IMG_7210

À Metz, on fait des réserves de culture avant l’hibernation

Ami lecteur, en revenant sur le programme des quelques jours qui viennent de s’écouler, je ne peux m’empêcher d’être assez épaté par la diversité de ce que notre petite ville de Metz peut parfois proposer.

Du côté des expositions, à tout seigneur tout honneur, c’est le Centre Pompidou-Metz qui ouvrait cette semaine avec le vernissage mardi de Cosa Mentale, étonnante exposition sur le thème, rarement traité, de la télépathie dans l’art du XXe siècle. On y retrouve un certain nombre d’utopies (voire de contre-utopies) dont le rapprochement avec certaines réalités du moment ne peut être évitée. Comment ne pas penser aux casques de réalité virtuelle du moment (Oculus ou Morpheus) en observant ce Mind Expander de Hans Rucker Co, qui propose une expérience psychédélique intime grâce à l’utilisation de projections d’images et de sons.

Haus Rucker Co – Mind expander 1 #CosaMentale #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Une exposition en tout cas foisonnante, qui méritera qu’on y retourne. Ce temps inaugural laissait en effet finalement peu de temps pour la visite en proposant des performances, comme celle de David Rosenboom pour une symphonie à base des ondes cérébrales de deux volontaires. Et comme tu peux le voir sur la photo ci-dessous, il y avait foule.

David Rosenboom, pour une symphonie à base des ondes de deux cerveaux. #CosaMentale #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Et puis à Metz, pour voir de l’art contemporain, il y a le choix. Après Pompidou le mardi, nous avions en effet le jeudi soir deux vernissages : d’abord dans la galerie Octave Cowbell, avec le Je suis un souvenir de Marc Aragones, exposition pour laquelle j’ai eu le plaisir d’écrire le court texte de présentation. Octave Cowbell est une petite galerie par la taille (si tu n’as pas encore eu l’occasion d’y aller, elle est composée d’une seule pièce relativement exigüe), mais grande par ses choix… et par l’inimitable convivialité de ses vernissages.

Beaucoup de monde aussi le même soir pour le vernissage de Body Talk, au FRAC Lorraine, marqué par une impressionnante performance de Miriam Syowia Kyambi. Une exposition sur laquelle on aura l’occasion de revenir, puisqu’elle offre d’autres temps de restitution, dont un le 9 janvier à la BAM.

Du côté de la musique, il y avait aussi peu de chances de s’ennuyer. Jeudi, on découvrait NIID, anciennement connus sous le nom d’ASP (Abstract Sound Project) : ils se dévoilaient au 7(7) Café avec un bon DJ set et une avant-première de leur nouveau clip, quelques jours avant sa mise en ligne.

Et le voici, tout beau tout neuf.

Une classieuse mise en image par Stéphane Benini d’un morceau plus en douceur que ceux auxquels ASP nous avait habitués. Mais tout aussi accrocheur, bien plus dans l’air du temps et sans doute plus proche des aspirations actuelles du duo. En tout cas, il va falloir surveiller NIID de près.

Dans la série de découvertes de nouveaux projets messins, on citera aussi Lonesome Lion, le projet de Simon, des Dirty Red Shirts, quelque part entre le folk et le blues. Un premier concert préparé à la hâte, mais qui aura eu de beaux moments de mélancolie. C’était au Troubadour, vendredi soir.

Et vendredi, il y avait également à la Chaouée la troisième soirée en huit jours de l’association Mâche un truc, qui semble partie sur un rythme infernal. Gros line up de groupes aux noms improbables (BAND OF SORROWS,
Prozack Maurice, VORTEX, CHINESE CARPET,Les Anatoles Rances…) et gros succès.

Et puis il ne t’aura sans doute pas échappé qu’à Metz, ces derniers mois, les jeux vidéos prennent une place croissante, avec un QG du côté de TCRM Blida. Vendredi soir c’était la première soirée Indie Games club (qui offrait la possibilité de jouer à des jeux indés en multijoueur local, et de découvrir Blida Bulders le jeu vidéo consacré au lieu), et samedi le tournoi de Hearthstone organisé par Lorraine E Sport. Joli succès pour une première de cette association à Blida.

Et puis j’aurais pu également te parler de l’installation des premières boîtes à livres à Metz, et puis et puis… j’oublie sans doute encore beaucoup de choses. Cette période de l’année a toujours un programme culturel très chargé. D’ailleurs, j’espère que tu ne rateras pas l’occasion de te précipiter encore aux Trinitaires ces dix prochains jours pour profiter de la vingtième édition de Musiques Volantes.

Peut être essaie-t-on encore d’en profiter avant l’arrivée des décorations de la Noël, de l’hiver, et avant que la tentation de l’hibernation ne s’abatte sur nous. Mais on ne peut que s’en réjouir, tu en conviendras.

Marc Aragones / Je suis un souvenir

Je suis un souvenir, c’est le titre de l’exposition de l’ami Marc Aragones qu’il est possible de visiter du 29 octobre au 21 novembre 2015 à la Galerie Octave Cowbell. Et pour l’occasion, j’ai fait ce petit texte de présentation.

« Si un visiteur du futur venait à se retrouver parmi nous et s’il ne venait pas uniquement pour chercher Sarah Connor, mais plutôt tenter de nous connaître mieux, qu’aimerait-il à trouver ici ? Sans doute ce qu’on découvre dans cette petite pièce, de celles dans lesquelles on rentre discrètement, par la fenêtre. De celles qui permettent de mieux connaître une personne, au premier coup d’oeil.

Ici une collection de souvenirs, de trophées qui en disent beaucoup sur l’époque, sur nos obsessions et nos souvenirs aussi flous qu’enregistrés, notre besoin de tout conserver et notre inquiétude face à l’avenir et à la Fin. Un cabinet de curiosités qui en dit également beaucoup sur l’artiste, aussi habile qu’intelligent, aussi drôle qu’inquiétant : l’ironie est partout mais le cynisme nulle part.

Marc Aragones conçoit son travail comme un partage permanent. Avec son entourage au moment de la conception, avec l’artisan au moment de la réalisation, avec le spectateur au moment de l’exposition. Le partage, c’est peut être ce qui manque le plus à notre époque, c’est ce qui est présent partout ici. « Je suis un souvenir », nous dit-il. Et l’on se prend à espérer que c’est celui avec lequel le visiteur du futur repartirait, s’il était venu voir ce qui se trouve dans cette petite pièce : tout n’est pas perdu. »