Municipales 2020 à Metz : revue de presse 2018 – 2

La revue de presse des municipales 2020 à Metz continue. Ce billet concerne le second semestre 2018 (tu peux retrouver la revue de presse du premier semestre 2018 par ici).

Et la rentrée politique se fait surtout à droite, avec François Grosdidier (qui annonce quasiment sa candidature, à la fois dans La Semaine et chez vin Mirabelle) et Jérémy Aldrin qui confirme son ambition de renouvellement.

Municipales 2020 : le retour

Tiens, on les avait presque oubliées, ces élections…

Bon en fait non pas vraiment, ami lecteur, mais c’est une phrase d’accroche pour souligner le faire que ça fait longtemps que je n’en ai pas parlé ici même.

En réalité, dans une année sans élections en France, à part quelques législatives partielles de-ci de-là, en attendant les élections européennes de 2019, les prochaines municipales sont déjà dans pas mal de têtes. Ces élections restent un moment essentiel de la vie politique française, l’une des rares pour lesquelles les électeurs se déplacent encore. En 2020, elle s’apparenteront en outre à une sorte d' »élections de mi-mandat » pour Emmanuel Macron et son parti, La République En Marche.

Même si cela semble encore loin (une vingtaine de mois à priori, les dates n’étant pas encore déterminées), leur préparation va s’accélérer dès la rentrée.

Avant de refaire un petit point de la situation à Metz, qui fera l’objet d’un autre article ici même, je voulais te signaler, histoire de nous mettre en jambes, un petit sondage. Un peu passé inaperçu, sans doute parce qu’au milieu de la coupe du monde, peut être aussi parce que commandé par LCP qui ne bat pas des records d’audience (même si, ça ne t’étonnera pas ami lecteur, j’aime bien cette chaîne, pour ma part), Harris Interactive a sorti ce qui est à ma connaissance le seul sondage national public sur la question des municipales ces derniers temps. Je n’ai pas beaucoup fouillé, si tu en as repéré d’autres n’hésite pas à le signaler dans les commentaires. En soi, c’est évidemment à prendre avec des pincettes, et ce n’est rien de le dire en l’occurence : sondage à deux ans des élections, sondage national pour des contextes totalement disparates, pour un scrutin qui va sans doute surtout se jouer sur des situations et des personnalités locales…

Mais bon, sondage il y a, alors écoutons derechef Jean-Daniel Levy, Directeur du Département Politique & Opinion d’Harris Interactive, qui le commente chez LCP, donc.

Si tu en es d’accord (et c’est sans doute le cas, sinon tu ne viendrais pas lire ici), je me hasarde à reprendre et compléter (localement) quelques uns de ces commentaires :

1. le changement (c’est maintenant) : même avec un taux de satisfaction de 62% de leur maire, les sondés sont tentés par en changer à 55%. On retrouve là des éléments qui ont conduit aux résultats des législatives (« il était plutôt sympa mon député, mais je vais en tester un nouveau »). À noter que, à Metz, la question ne se pose pas pour le Maire actuel qui ne se représente pas (il l’avait annoncé lors d’une conférence de presse en septembre dernier), mais peut être pour ceux qui voudraient reprendre son flambeau avec une équipe proche de l’actuelle.

2. hashtag insécurité : les thématiques qui « vont le plus compter pour les municipales », selon les sondés, sont d’abord la sécurité (43%), puis impôts locaux et dépenses (41 et 32%). Deux remarques : d’abord ce ne sont pas forcément les thématiques qui intéressent les sondés, mais celles dont ils pensent qu’elles vont compter. Et puis, on voit que des questions qui, à Metz, reviennent plus que régulièrement dans les commentaires politiques locaux (dans l’opposition) apparaissent assez loin dans ce « classement » : circulation et stationnement (19%) et Aide au maintien à l’installation de commerces (12%). Je ne doute pas de leur importance ici, mais il faudra voir la réalité de leur impact au moment du choix de l’électeur à Metz en 2020.
À noter que ces thématiques ne semblent pas pas changer fondamentalement par rapport à 2014. J’ai trouvé plusieurs sondages assez différents, mais le courrier des maires semble ici indiquer que suivant la taille de la ville, la sécurité arrivait en troisième (pour tous les sondés) ou en premier (pour ceux habitant dans une grande ville). Rien de nouveau sous le soleil de 2020, donc (même s’il fait vraiment chaud sous le soleil, ces jours ci, tu ne trouves pas ?)

3. les forces en présence : comme dans les dernier sondages concernant les européennes (que tu peux retrouver ici), La République en Marche continue son bonhomme de chemin et arrive tranquillou en tête des intentions de vote, bien loin des deuxièmes, une alliance PS / EELV (on pourrait d’ailleurs discuter ce choix d’Harris) et des troisièmes (Les Républicains). Puis le RN, puis le France Insoumise (dont on peut se dire de l’un et de l’autre qu’ils semblent sous évalués). Si l’on regarde les grands blocs par rapport à 2014, on voit que que LREM aurait pris 10% aux listes de gauche, mais 17% aux listes de droite pour constituer ses 27% de ce sondage. Ça semble conforter l’idée que les français se font aujourd’hui de ce parti : plutôt de droite.

C’est aussi assez drôle de regarder les thématiques du point 2 en regard des intentions de vote des sondés du point 3 : je te laisse consulter l’intégralité du sondage ici (ce n’est pas à toi, ami lecteur, que je vais apprendre qu’il faut toujours regarder l’intégralité des sondages et la formulation des questions).

Voilà ami lecteur, j’essaierai d’ici la rentrée de te faire un petit point sur les élections à Metz, qui s’annoncent, de mon point de vue, hautement imprévisibles à 20 mois de l’échéance.

Et puis bon, si ce n’est pas encore le cas, pour suivre tout ça, n’hésite pas à t’abonner à la page facebook du blog (ici) ou à mon compte Twitter (ici).

(mince, ami lecteur, je crois que je suis en train de me transformer en youtubeur… « si tu aimes ce contenu, mets un pouce bleu »)

De la métropole de Metz, de son importance et de ses limites

C’est important la métropole.

D’une certaine manière, je pourrais dire que j’ai toujours habité à Metz. Mais pour être plus précis, j’ai grandi à Saint-Julien-lès-Metz, juste à côté. Oh, pas sur les hauteurs de Saint-Julien, où la légende dit que l’herbe est plus verte et que le soleil brille plus fort, mais en bas, pas très loin de l’usine d’incinération et de l’avenue de Blida. D’ailleurs le panneau « Metz » était situé avant la maison où j’habitais. Autant dire que la frontière est vraiment ténue.

Frontière de Saint-Julien-les-Metz, archive

Mais bon, il s’agissait bien de Saint-Julien-lès-Metz. Le code postal n’est pas le même (57070), les habitants s’appellent les Saint-juliennois, et ils sont 3061 (enfin au dernier recensement, en 2014).

Quand j’ai commencé à habiter « en ville » (alors oui, quand tu habites à Saint-Julien, tu dis que tu vas « en ville » quand tu pars te promener dans l’hypercentre de Metz (ou alors tu dis « à la ville », mais là c’est limite quand même)), l’un des premiers trucs qui m’a frappé, c’est que tu peux descendre tes poubelles tous les soirs, tu n’as pas simplement deux jours de collecte dans la semaine. Je dis descendre, mais pour ma part je les amène à un PAV (point d’apport volontaire), qui n’est pas juste en bas de chez moi (il est à environ 400m) mais qui est beaucoup plus arrangeant du point de vue des horaires (je suis rarement chez moi entre 18h30 et 19h30). J’avais même fait un article ici lors de l’inauguration dudit PAV, en 2011. Avec la conteneurisation (qui arrive dans mon quartier dans les semaines qui viennent), il semblerait que je doive désormais sortir un bac les mardi, jeudi et samedi. Pour ma part, je continuerais à aller à mon PAVE à 400 mètres. On a le choix. D’ailleurs, ça serait pas mal que ce choix soit étendu aux habitants des autres quartiers, non ? Que tout le monde ait un PAV à 400m de chez lui, par exemple. Mais ça coûte. Cher.

En dehors des Points d’Apport Volontaire, « en ville » il y a aussi des équipements culturels (dont je n’ai pas encore tout à fait compris pourquoi ils ne sont pas TOUS administrativement rattachés à Metz Métropole… ou plutôt si, mais ça mériterait un autre billet juste sur cette question, ami lecteur), des restaurants multiples et variés, des supérettes ouvertes jusque 22h (même si on me souffle dans l’oreillette que le terme « supérette » serait un peu has been), des bars ouverts jusque 2 heures du matin.

Pour que tout le monde puisse profiter de ces bienfaits du coeur de ville, il y a les transports en commun. Quand j’étais gamin, pour venir de Saint-Julien-lès-Metz « à la ville », j’avais deux lignes de transport, le 13 et le 17 (une seule pour le haut de Saint-Julien, le 17). Ils ne relevaient même pas de la même compagnie, d’ailleurs « >(l’une d’entre elles était TCRM, les transports en commun de la région messine, transformé dont les anciens hangars sont désormais en l’indispensable Bliiida). Aujourd’hui, lorsque je vais à la BAM, qui est l’un de mes lieux de travail (et qui fait partie de ces lieux-culturels-qui-ne-relèvent-pas-de-la-Métropole, un peu comme le 13 et le 17 de mon enfance), je prends le Mettis, inauguré en 2013, en même temps que la dernière Nuit Blanche. Il y a deux lignes, qui suivent un parcours assez proches (Nord – Sud, pour aller vite). De l’avis de tous (même de ceux qui ont râlé pendant toute la durée des travaux), c’est rudement bien fichu : on gagne du temps, les bus circulent jusque minuit… mais il manque évidemment une ligne est-ouest. Celle qui irait, par exemple, de Marly à… Saint-Julien-lès-Metz, justement. Cette « ligne C du Mettis », au fil de débats ou de discours politiques, ressort régulièrement du chapeau, ou des cartons dans lesquels elle est rangé, prévue, détaillée. C’est évidemment la question des travaux, de leur ampleur et surtout de leur coûts dont il est question. Il manque aussi des transports qui circuleraient jusque 2h du matin, sans doute.
Là aussi, question de coûts.

Lorsque l’on parle de coûts et de décisions politiques, ces sujets, transports, enlèvement des déchets, culture, relèvent des compétences de la Métropole. La Communauté d’agglomération de Metz Métropole a été créée en 2002. Puis, renommée simplement Metz Métropole en 2009. Mais elle n’en avait toujours que le nom, pas le statut. C’est le 1er janvier 2018 que Metz Métropole y a accédé, à ce statut, in extremis. Cela va encore accroître ses compétences (dév éco, eau, environnement…). C’est en cours. Et quand on pense aux frontières ténues entre les communes qui la composent, celles du panneau devant ma maison ou du Jardin Botanique qui est une enclave messine au sein de Montigny-les-Metz, aux transports en commun, aux équipements, culturels, sportifs, éducatifs… d’utilité métropolitaine, aux possibilités offertes par une agence d’attractivité, on se dit que cela relève d’une certaine évidence.

« Très bien… mais alors les limites ? » me demanderas tu, ami lecteur. Il y a bien entendu celle des moyens, notamment dans un contexte de réduction des dotations aux collectivités. Mais de mon point de vue, la limite politique est tout aussi importante. La loi Maptam du 27 janvier 2014 avait prévu l’élection des conseillers métropolitains au suffrage universel (selon des conseillers modalités qui restent à fixer). Le 5 avril dernier, nos braves sénateurs ont souhaité rester sur le système actuel, avec la technique dite « du fléchage » (je te laisse lire par ici et par là). Ce qui veut dire qu’en 2020, on va continuer à voter pour le maire de sa commune (ce qui est bien sûr important, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit) alors qu’on sait pertinemment que l’essentiel des compétences vont relever plutôt de la métropole. Et qu’une démocratie un peu plus « directe » devrait s’imposer également, sans quoi l’on risque de reproduire un désintérêt du citoyen si son vote s’il n’a pas d’impact direct sur la vie de la cité, désintérêt que l’on peut voir se manifester pour d’autres élections.

Bon, je te livre là, comme souvent ami lecteur, mes réflexions en cours. En 2020 nous aurons les première élections à Metz et dans les 43 communes alentours dans le cadre de cette nouvelle métropole. Et qu’il ne faudra pas rater ce virage. Il va donc falloir s’y intéresser, ce que je continuerai à faire ici même, et ailleurs.

Parce que c’est important, la métropole.

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PS : oui, au fait, j’oublie toujours de le signaler, mais tu peux suivre les mises à jour de ce blog via la page Facebook qui lui est consacrée. Je me dis que si tu es arrivé jusqu’ici, c’est que le contenu doit t’intéresser 🙂

Metz, Capitale Européenne de la Culture en 2028 ?

« La capitale européenne de la culture est une ville désignée par l’Union européenne pour une période d’une année civile durant laquelle un programme de manifestations culturelles est organisé.

L’idée de désigner une capitale européenne de la culture a été émise en 1985 par l’actrice devenue ministre de la Culture de la Grèce Melina Mercouri et Jack Lang, ministre de la Culture français afin de rapprocher les Européens en mettant en avant la richesse et la diversité des cultures du continent. Le programme est géré par la Commission européenne et le titre attribué chaque année par le Conseil de l’Union européenne avec l’appui d’un groupe d’experts culturels chargés d’évaluer les proposition des villes candidates. Plus de 50 villes ont été ainsi désignées depuis le début du programme.

La préparation d’une capitale européenne de la culture est souvent l’occasion pour les villes désignées de mettre en place des programmes de renouvellement urbain, de mettre en avant ou changer l’image de la ville et de lui faire gagner un profil international. »

Oui ami lecteur, tu l’auras remarqué, je ne me suis pas foulé pour cette introduction, tout droit extraite de la page Wikipedia sobrement intitulée « Capitale européenne de la culture ». Après tout ça a le mérite d’être clair, et il faut reconnaître qu’on n’a pas si souvent l’occasion de citer Melina Mercouri.

Mais pourquoi ce billet maintenant, me demanderas tu ? Eh bien, il se trouve que cette idée est revenue sur le tapis par l’intermédiaire d’André Rossinot pas plus tard que mardi dernier.

André Rossinot, ancien maire de Nancy (de 1983 à 2014, soit 31 ans, ce qui est joli score) est actuellement président de la Métropole du Grand Nancy. Il se trouve que mardi, il laissait son siège de président du Sillon Lorrain à Jean-Luc Bohl, président de Metz Métropole. Le Sillon Lorrain est un Pôle métropolitain porté par les quatre intercommunalités de Thionville, Metz, Nancy et Epinal, l’idée (plutôt bonne) étant de bosser ensemble afin de mener « des actions d’intérêt métropolitain en matière de développement économique, de promotion de l’innovation, de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture, d’aménagement de l’espace (…) et de développement des infrastructures et des services de transports.« , nous disent les lois du 16 décembre 2010 et du 27 janvier 2014. Et pour le reste tu iras lire par ici parce que bon, je ne vais pas tout te recopier à chaque fois non plus.

Donc mardi, André profitait de sa passation de pouvoir amicale à Jean-Luc pour lâcher cette idée, comme ça, hop.
Mais ça paraît avoir du sens.
Le sillon a déjà permis, via une candidature commune, d’obtenir le label French Tech en 2015, par exemple. Et puis Metz à fait de « Métropole Art & Tech » le sous titre de sa marque de territoire Inspire Metz, comme tu peux le constater sur le visu à droite, là. Enfin Metz et Nancy continuent à miser sur la culture (Constellations de Metz en est cet année un exemple) avec des budgets non négligeables qui y sont consacrés chaque année (je connais moins les situations de Thionville et Epinal, mais promis j’y jetterai un oeil à l’occasion), et le nombre d’équipements culturels de nature à accueillir spectacles, expositions, conférences… est amplement suffisant sur le territoire.

Cette idée n’est d’ailleurs pas tout à fait nouvelle. On la retrouve, pour Metz , dans un rapport du Conseil Economique et Social Local de 2010, intitulé « Metz 2030, capitale culturelle de la Grande Région« , que tu peux trouver ici et dont voici la conclusion :

« A présent, vous êtes libres de vous en aller ou, si vous le souhaitez, d’enchaîner votre journée par une soirée de spectacles soit à l’Arsenal, à l’Opéra, au Centre Pompidou, soit à la Salle des musiques actuelles, aux Arènes, au Centre dramatique, à l’espace Koltès… Après une telle journée, vous êtes désormais le supporter le plus fervent à la candidature de Metz pour devenir la prochaine Capitale européenne de la Culture… »

On retrouve également cette idée dans le programme du Metz2014.com d’Emmanuel Lebeau, plus proche encore de la version d’André Rossinot : « Accueil de l’exposition universelle/internationale ou tout autre événement international type capitale européenne de la culture, de nature à symboliser le travail de toute la Lorraine dans la reconquête de son rôle moteur : Lorraine 2025. » nous disait il dans une page dédiée au « destin commun » de Metz et Nancy, avant les municipales de 2014.

L’idée semble donc plutôt pertinente, on est encore dans le timing (la prochaine Capitale Européenne de la Culture française sera pour 2028 et la décisions devrait se prendre en 2023)… mais tu me connais ami lecteur, je vais ajouter quelques nuances à ce bô tableau.

La première que je vois est luxembourgeoise. Il se trouve qu’en 2022, nos amis et voisins du Luxembourg auront leur capitale européenne de la culture. Ce sera officiel en septembre, mais tout porte à penser que ce sera Esch-sur-Alzette, notamment parce qu’il me semble que c’est la seule candidate. Et autant te dire que pour Esch 2022, tout est déjà en place : https://esch2022.lu/. De manière tout à fait cohérente avec son territoire, la candidature d’Esch intègre la CCPHVA, joli acronyme qui, comme tu le sais, bien entendu, désigne la communauté de communes du Pays-Haut Val d’Alzette. Cette communauté de commune est la voisine directe de Thionville, comme tu peux le voir sur la carte à gauche, juste là. Bon, ça n’empêche rien en soir, mais lorsque le jury se sélection se réunira en 2023 pour désigner la ville française capitale européenne de la culture, ils vont peut être se souvenir qu’ils étaient 10 bornes plus loin l’année d’avant.

Deuxième nuance, le sillon lorrain ne va pas être seul sur le coup. Nous avons notamment Clermont-Ferrand qui est chaude comme la braise : déclarée en 2015, la ville lance en octobre Effervescences, un évènement pour lancer cette candidature. Voilà le teaser.

Tu auras noté la conclusion « Embarquez pour un voyage inédit vers la Capitale Européenne de la Culture ». Je t’ai dit, chauds patates, ils sont, à Clermont.

Voilà ami lecteur, les quelques réflexions que je me faisais à la lecture de cette proposition lancée par André Rossinot. Il y a certes les nuances que je viens d’évoquer, mais nul doute que les atouts du territoire sont de nature à ce que la piste soit crédible. Et puis quelque chose me dit que si André l’a lancée comme ça, le sujet a déjà dû être un peu creusé. Alors sans nul doute y reviendra t on ici.

Edit du 17/07/2017
Confirmation d’Olivier Bianchi, Maire de Clermont-Ferrand et Président de Clermont Communauté : ils sont chauds patates.

Edouard, mon pote de droite

Ami lecteur, je dois te faire une confession : oui, j’ai des potes de droite (et je ne compte même pas ici ceux qui ne sont ni de droite ni de gauche, de plus en plus nombreux ces derniers temps). Toutefois, le titre de ce billet n’est pas consacré à l’un de mes potes de droite qui s’appellerait Edouard (j’ai beau chercher, je crois bien que je n’en ai pas qui remplissent cette double condition), mais au docu de Laurent Cibien, qui porte ce titre : Edouard, mon pote de droite

Au moment où le suspense insoutenable (mais qui devrait avoir pris fin quand tu liras ce billet) sur le nom de l’éventuel premier Premier Ministre d’Emmanuel Macron, Huitième Président de la Cinquième République, atteint son climax, il est fort intéressant de revoir ce docu qui, d’une certaine manière, peut faire comprendre pourquoi Edouard Philippe (puisque c’est lui le Edouard du titre) est l’un des noms qui reviennent le plus lorsqu’on parle des favoris pour ce job, alors que ce n’est pas l’une des stars médiatique de la politique française.

Voici la bande annonce.

Alors voilà, ami lecteur, si tu as un peu de temps à y consacrer, avant ou après ladite nomination, jette un oeil sur ce docu rudement bien fichu, dont voici le début.


Edouard, mon pote de droite 1 par Telerama_BA

[data] Abstention aux élections en France depuis 1959

Les données sont dans une feuille Google en accès public ici.

Législatives 2017 à Metz : les candidats

Cet article sera amené à être mis à jour régulièrement.
Dernière mise à jour : 21/05 – liste des mises à jour en bas du billet

Après un premier tour de la présidentielle, au cours duquel quatre candidats ont approché ou dépassé les 20%, après l’élimination des deux partis « habituels » de gouvernement de de la Ve République, et après la victoire d’Emmanuel Macron au second tour, les élections législatives de juin apparaissent à la fois comme une échéance déterminante, et risquent fort de s’apparenter à une grande loterie. Les triangulaires pourraient être nombreuses… si la participation est au rendez vous : il faut 12,5% des électeurs (pas des votants) pour se maintenir au second tour (cf règles ci dessous).

Voilà un état des candidatures dans les trois premières circonscription de Moselle, qui concernent toutes les trois Metz (mais en en débordent largement). Quelques remarques :
– au 25 avril, date de parution de l’article original, les investitures En Marche ! ne sont pas encore déterminées. Navrot (Metz I) a annoncé qu’il se présenterait, investiture ou pas. Pitti (Metz 2), entre autres, semble attendre l’investiture),
– même si PCF, France Insoumise, EELV et PS présentent des candidats partout, les alliances ne sont pas exclues d’ici les législatives
– je n’ai pas encore tout bien compris au mouvement 100% Citoyen / Parti Lorrain / PFE, mais je ne désespère pas

Cet article sera donc amené à être mis à jour régulièrement.

Metz I
Didier Georget – Lutte ouvrière
Calogero Gagliano – POID
Éric Graff (suppl. Catherine Cstotzky) – Basta ! – source
Narjès Chouikha – La France Insoumise – source
Thommas Calligaro (suppl. Patrick Abate) – PCF
Aurélie Filippetti (suppl. Philippe Gasparella) – PS – source
Belkhir Belhaddad – REM – source
Béatrice Sieja – Parti animaliste
Corinne Morgen – Les écologistes M.E.I.
Frédéric Navrot – (sans étiquette) – source
Pascal Schmitt – (sans étiquette)
Marie Tribout – UDI – source
Marie-Louise Kuntz – LR (non investie) – source
Olivier Fath – 57, Le parti des Mosellans
René Sicuranza (suppl. : Patrick Pessiot) – UPR – source
Laurence Burg – FN

Finalement non : Philippe Casin – EELV (25/04 retrait de l’investiture) – source, Patrick Abate – PCF (suppléant de Thomas Calligaro)source

Metz II
Mario Rinaldi – Lutte ouvrière
Albert Dal Pozzolo – POID
Claudine Poirson – La France Insoumise – source
Jean Lambert (suppl. Sophie Reimeringer) – Basta ! – source
Irma Vollmer – PCF
Jean-Michel Toulouze – PS – source
Marie-Pierre Comte – EELV – source
Agnès Brossard – Les écologistes M.E.I
Quentin Lachenal – Parti animaliste
Ludovic Mendes – REM – source
Marc Le Clec’h – sans étiquette.
Jordane Ciachera – Union forces citoyennes et républicaines
Nathalie Colin-Oesterlé – UDI (non investie) – source
Jean François (suppl. Denis Jacquat) – LR (investi ? Pas sûr)
Martine Sroczynski – 57, le Parti des Mosellans
Thomas Riboulet – Parti Lorrain / M100% Citoyen – source
Théo Fontaine (suppl. : Laurent Sauzé) – UPR – source
Marie-Claude Voinçon – FN

Finalement non : Belkhir Belhaddad (source) candat sur Metz I, Raphaël Pitti (source 1, source 2)

Metz III
Etienne Hodara – Lutte Ouvrière
Denis Maciazek – La France Insoumise – source
Isabelle Catalan (suppl. Daniel Delrez) – Basta ! – source
Marie Maréchal – PCF – source
Nathalie De Oliveira – PS – source
Mathias Boquet – EELV – source
Richard Lioger – REM – source
Maxime Louis – Parti animaliste
Franck Monguillon – Mouvement humain animaux nature
Christine Singer – (PLD) 577 les indépendants source
Marie-Jo Zimmermann – LR – source
Lucas Fiorenza – 57, le Parti des Mosellans
Sylvie Allais (suppl. Anthony Cholet) – UPR – source
Françoise Grolet – FN

Finalement non : Vincent Hermitant – M100% Citoyen, Guy Cambianica (source), Myriam Sagrafena (source)

Les règles :
Les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Bien qu’élus dans une circonscription, ils sont investis d’un mandat national.
Pour être élu au premier tour de scrutin, il faut recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix égal au quart des électeurs inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit. En cas d’égalité de suffrages, le plus âgé des candidats est élu.
Pour qu’un candidat ait le droit de se présenter au second tour, il doit avoir obtenu au premier tour un nombre de voix au moins égal à 12,5% du nombre des électeurs inscrits dans la circonscription. Si un seul candidat remplit cette condition, le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages après lui peut se maintenir au second tour. Dans le cas où aucun candidat ne remplit cette condition, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se maintenir au second tour.

Les circonscriptions :
Je suis à la recherche d’un plan un peu simple du découpage des cisconscriptions pour 2017. Si tu as ça sous la main, n’hésite pas.

Les mises à jour :
21/05 : liste définitive ! Ajouts des candidats M.E.I, animalistes, POID, 57, le Parti des Mosellans et de quelques « sans étiquette »
11/05 : annonce de la liste des candidats République en Marche (source)
08/05 : ajout de Richard Lioger dans les hypothèses « République en Marche » sur la troisième circonscription (source), et de Jean François qui se présente en lien et place de Denis Jacquat (qui se place en suppléant) sur la deuxième… mais qui va avoir l’investiture LR / UDI ? Lui ou Nathalie Colin-Oesterlé ?
08/05 : ajout des candidats UPR
30/04 : ajout de la candidature Christine Singer sur Metz III et retrait de l’investiture Philippe Casin sur Metz I
27/04 : ajout des candidatures Basta ! (par tirage au sort parmi les adhérents) – source

Présidentielle 2017, premier tour : le désenchantement

D’une certaine manière, ami lecteur, j’avais réglé la question en janvier.

Avec la victoire de Benoît Hamon aux primaires de la Belle Alliance Popu… oui ok, à la primaire du PS quoi, je savais que je voterai pour lui au premier tour de la présidentielle. Au second tour, eh bien j’espérais que je pourrais voter pour lui aussi. Et s’il ne passait pas le premier tour, je voterais simplement pour le candidat censément le plus « à gauche ». Dans ce cadre, sachant que je vote à chaque élection, que ne vote pas blanc, et comme je continue à classer le Front National à la droite de la droite (y a pas que moi hein, le ministère de l’intérieur fait pareil) la question du second tour est pour moi réglée également.

Hop, problem solved.

Bon, ok, jusque là c’était facile. D’ailleurs la campagne m’a conforté dans mon choix.

Même si je ne sais bien qu’il n’est pas apparu par magie au PS dernièrement, qu’il a fait partie du gouvernement Valls 1 (pas longtemps), Hamon a continué de m’apparaître particulièrement aimable par ses côtés humains, tout en évoquant des sujets qui faisaient sens pour moi. Démocratie, écologie, bien sûr. Mais c’était particulièrement le cas pour les questions de l’automatisation / numérisation et de la fin de travail, trop vite caricaturés par une « taxe robot ». C’est en tout cas un thème qui, tu le sais si tu lis un peu par ici, m’anime depuis un moment. Le revenu universel qui a focalisé toute l’attention n’est finalement qu’une conséquence de ce postulat de base, qu’il est tout à fait possible de contester mais auquel je crois fondamentalement. Surtout, je pense que c’est absolument déterminant et que ne pas le mettre au coeur d’un projet politique (ou pire, l’oublier) en 2017 est une erreur.

Ma question de vote était donc réglée. Mais d’avoir arrêté un choix ne m’a pas fait oublier de suivre la campagne, tu me connais. J’aurais bien voulu te la narrer un peu plus ici, d’ailleurs, mais j’ai (as usual) manqué de temps.

Et donc, oui, j’ai regardé un bon paquet nombre de meetings et de discours en streaming, de Hamon, donc, de Mélenchon bien sûr, parce que je pouvais souvent me sentir proche des idées qu’il portait, mais aussi de Macron (qui sait ?), de Fillon et Le Pen (et même des vidéos youtube d’Asselineau, mais là je pense que ça relève d’une forme de déviance). Dans la mesure du possible et du temps que l’on a à y consacrer, au fil d’une campagne il me semble toujours important d’écouter ce qui se dit dans ces meetings. Même (et peut être surtout) chez les candidats pour lesquels on pressent que l’on ne va pas voter. Ce qui s’y dit, mais aussi ce qui s’y hue ou ce qui s’y siffle.

Et à bien des égards, cette campagne m’a parue consternante. Au delà des affaires, c’est la division qui s’affirme entre « les gens » (comme dit Mélenchon avec affection), élection après élection, qui me fatigue. Je te vois venir : sans doute suis-je du côté des bisounours, ok, mais j’assume.

Rares étaient les discours (et ils étaient plutôt chez Hamon et Macron) qui n’avaient pas pour absolu postulat de départ de commencer par démolir, « dégager », ceux qui ne pensent pas la même chose qu’ils soient élites, oligarques, journalistes, banquiers, bobo ou islamogauchistes. Cette vilaine habitude de ne plus voter que « contre », faute de propositions convaincantes, semble maintenant être passée dans les discours de politiques qui commencent par trouver contre qui ils se placent, avant de savoir pour quoi ils sont.

Cette ambiance me fait songer qu’il est loin d’être plié ce second tour. Les insoumis de Mélenchon vont, semble-t-il, pour une part aller à la pêche (voir ici et ici) avant de préparer les législatives . Du côté de Fillon, je m’attends à ce que ce soit du 50/50 (le le « oh non » audible ici à 1’15 me semble assez révélateur, tout comme le désormais fameux « la presse on vous encule« ). Et nombre d’électeurs de NDA ou Asselineau (oui ok, je sais, mais c’est toujours 1% quand même) devraient pencher plutôt du côté de Le Pen. Macron est donc en position de force, bien entendu, mais ce n’est pas gagné. Et j’en profite pour te conseiller le billet de l’ami Paul Didier par ici, qui exprime tout ça très bien aussi.
On va attendre les premiers sondages à gros échantillons et le débat du 3 mai pour y voir plus clair.

Alors cette campagne et cette soirée de premier tour me laissent avant tout l’impression d’un désenchantement, dans le sens weberien du terme.
Le froid constat qu’à part Hamon et Mélenchon qui faute d’avoir réussi à s’entendre ont juste échangé leurs places respectives, les sondages avaient à peu près prévu le résultat dès la mi-février et en tout cas les deux finalistes. Et notamment celui du CEVIPOF, avec son échantillon de 11000 personnes.
Je savais donc que le candidat pour lequel j’allais voter allait être très bas.
Je savais qu’on aurait un goût amer dans la bouche, alors qu’un membre de la famille Le Pen est à nouveau au second tour, mais sans les manifestations dans la rue, sans doute parce que les résultats étaient justement tellement attendus.
Comme si, tout était s’annoncer simplement à gérer, plus rien à imaginer.

Et pourtant, ami lecteur, je pense que cette vaste redistribution des cartes qui s’annonce (et ce dès les législatives) va laisser justement la place de réinventer la France politique des dix, quinze ou vingt ans qui s’annoncent.

Alors pour ma part j’irai voter au second tour. Puis je laisserai mon imagination courir à son combat contre le désenchantement.

Présidentielle 2017 : le numérique dans les programmes

– Suite de l’article précédent, consacré au programme culture

Le numérique a été finalement tout aussi oublié que la culture dans les débats (alors que quelque chose me dit que ce truc là, le numérique, les internets, tout ça, ça a potentiellement quand même un peu d’avenir).

Voilà les points sur le numérique trouvés dans les programmes des candidats à la Présidentielle 2017. Et on sent quand même qu’ils n’ont pas tous vraiment bossé sur la question.

L’excellente émission Soft Power sur France Culture, a fait un bon tour des programmes culture, mais également numérique, des candidats dans une émission du 2 avril, que tu devrais réécouter par ici : La culture est-elle encore un enjeu politique ?.

RTL Futur (?) a fait un bon résumé des programmes des candidats par ici : Les propositions des candidats pour le numérique, thème oublié de la campagne.

Présidentielle 2017 : la culture dans les programmes

Ami lecteur, il ne t’aura pas échappé que le premier tour d’une élection présidentielle va se dérouler à la fin de la semaine.

Et même si j’ai regardé une bonne partie des débats aux primaires (le Huffington Post peut en témoigner) ou ceux qui ont rassemblé les divers candidats à l’élection, et même si, plus encore, je me suis tapé un certain nombre de facebook live des meetings des principaux impétrants, eh bien je dois t’avouer que j’ai du retard dans la lecture des programmes des candidats à la présidentielle 2017.

Alors voilà, c’est le dernier week end avant ladite élection, et il se trouve qu’il est long (particulièrement chez nous, en Nouvelle Austrasie de l’Est). En ce lundi de Pâques, je te propose donc un peu de lecture, et comme il est sur ce blog plus particulièrement question de culture, de numérique, je te propose de nous focaliser sur ces deux points, qui ont été particulièrement (même si ce ne sont pas les seuls) oubliés lors des débats sus-cités.

Points oubliés dans les débats, mais tous les candidats y font tout de même (heureusement) référence dans leurs programmes. Alors où tu peux trouver ces points « culture » pour chacun d’entre eux.

Bon, il se trouve que France Culture avait déjà fait (et bien fait) le taff par ici : Culture : les propositions des candidats à la présidentielle. Si tu n’as vraiment pas le temps, Le Point a fait une petite vidéo et un court article par ici (mais c’est plus léger hein) : Culture : le match des programmes.

Et l’excellente émission Soft Power, toujours sur France Culture, a fait un bon tour des programmes culture, mais également numérique, des candidats dans une émission du 2 avril, que tu devrais réécouter par ici : La culture est-elle encore un enjeu politique ?.

Voilà, tu as déjà je pense de quoi occuper un peu de ton lundi. Non, ne me remercie pas, c’est cadeau.

Bonus track
Toujours chez soft power, autre très bonne émission, Le quinquennat sans culture ? Bilan du quinquennat Hollande sur la culture et le numérique.