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Electro, spoken words
Labels : We Are Unique Records, Le Kit Corporation

Tel un correspondant français d’Arab Strap qui aurait grandit avec les séminaux Diabologum, zero degré cristallise ainsi sa vision acerbe des choses simples de la vie quotidienne, refroidit ses instruments à cordes (guitares, basses, violons, violoncelles…) tout en réchauffant ses boucles électroniques (samples, rythmes, voix…). Avec le copier-coller comme postulat de départ, 0° réussit le tour de force de fondre dans un même chaudron les mélodies mélancoliques de Hood avec la rigueur rythmique d’un Boards of Canada.

discographie


Des étoiles plein les yeux (2009 / we are unique records)
CD / iTunes

[su_accordion][su_spoiler title= »les inrockuptibles » style= »2″]les inrockuptibles – avril 2009
Les chansons arides et accidentées d’un Français sur la banquise
Depuis Massive Attack ou The Clash, dont le nom renfermait toute la musique, peu de groupes ont mieux porté leur patronyme que 0°. Et encore – c’est les jours de canicule. Car il fait franchement glagla dans ces chansons-banquises, étales et givrées, belles comme ces documentaires sur Dutch Harbour ou Terre Adélie que les insomniaques s’arrachent. A 0°, le Diabologum ne gèle heureusement pas : c’est un aliment de base de Nicolas Tochet, héritier effondré de cette glaciale méchanceté, de ces désillusions cancéreuses. Mais éponge de sons perturbés, de beats cassés et de mélodies effilochées, il s’est aussi goinfré de post-rock pour ses mélodies lancinantes, d’électronica pour sa mélancolie hypnotique, d’ambiant pour ses mélopées désolées. Tout ceci nous aménerait à un bon -25° s’il n’y avait derrière chaque congère une vibrante sensibilité pop qui, le pouls en apnée, vibre pourtant – la présence d’Angil, voisin de label, ou du concitoyen Cascadeur ne sont pas pour rien pour le réchauffement de sa planète. C’est la force de cet album horizontal : réussir, comme chez Arab Strap, à faire résonner un cœur quand tout, autour, n’est que terres brûlées, gelées, deshumanisées. Son précédent groupe s’appelait d’ailleurs Melatonine, cette pilule miracle qui permet aux dépressifs de retrouver le droit au rêve – même si, souvent ici, en noir & blanc.[/su_spoiler]

[su_spoiler title=trax style= »2″]
trax n°124 – avril 2009
trax - avril2009Poésie. Projet solo de Nicolas tochet, Zéro Degré est un mélange de musique instrumentale atmosphérique et de phrasés spoken words pour un disque intimiste et troublant. Un mariage d'instruments acoustiques froids et d'ordinateur chauffé au maximum qui conduit aussi bien vers des mélodies électroniques et épurées que du coté d'une postpop savante et délicate. A la manière d'une voix of, les paroles défilent comme nombre de thèmes musicaux et s'installent dans le montage en copier-coller des beats et des samplers. On a un peu froid au coté de Zéro Degré, on se remet les idées en place afin de s'attarder sur les étoiles, ces petites choses invisibles et changeantes de la vie quotidienne auxquelles on ne fait plus attention.
7/10. SC.[/su_spoiler]

[su_spoiler title= »etherreal » style= »2″]
etherreal – septembre 2009
Il y a tout juste quatre ans, on chroniquait Les écrans, le précédent EP de Zéro Degré, enrichi de quelques remixes. Il aura donc fallu quatre ans à Nicolas Tochet, bassiste au sein de Melatonine, mais aussi derrière le projet electro-hip-hop Menuet avec ses amis de label Tohu Bohu et Dr Geo, pour accoucher de cet album qui regroupe des pièces dont l’écriture a logiquement été étalée dans le temps.

Pour autant, Des étoiles plein les yeux reste tout à fait cohérent et nous permet de retrouver ce projet plus personnel, soit disant entre folk et electronica pour faire court. L’utilisation de l’électronique permet à Nicolas d’explorer différents style, de partir sur des échafaudages technoïdes sur La lie de la société ou de construire des boucles rythmique que l’on rapprochera du trip-hop sur le morceau titre. Du côté de l’acoustique, la base folk peut prendre des tournures plus pop ou rock, avec une économie de moyens qui confère au final de Des étoiles plein les yeux un côté brut et éraillé, à cœur ouvert.
On vous épargnera le « Zéro Degré » fait une musique froide. La musique de Nicolas Tochet touche à l’intime, à l’humain, et on aura du mal à y voir une certaine froideur. Par contre oui, ça ne respire pas le bonheur, les ambiances y sont brumeuses, l’atmosphère généralement pesante, en grande partie à cause d’un tempo, des rythmiques lentes, lourdes, qui semblent s’écraser sous le poids de l’infortune. On est d’abord amusé par l’ouverture (Intro (copier-coller)) avec une phrase, « Plutôt que de recommencer la même chose à chaque fois, pourquoi ne pas faire un simple copier-coller, de nos gestes, de nos idées, qui de toute façon ne changent pas ? », jouée en boucle, faisant elle-même l’objet d’un copier-coller. La voix n’a pas changé, toujours parlée plutôt que chantée, continuant à nous rappeler le travail de Encre, tant dans le phrasé que dans les propos, doux-amers. Des guitares délicates, des accompagnements électroniques discrets, comme issus d’une electronica raffinée (Par temps de neige), un archet qui semble tomber sur les cordes d’un violoncelle (Le choix) et des boites à rythmes carrées qui tendent souvent à faire décoller le tout, à redonner vie alors que tout semblait s’éteindre.
Ce sont aussi les amis qui apportent un nouveau souffle avec leur chant, contribuant à la touche pop. On commence tout en délicatesse et fragilité avec Angil sur l’étrangement nommé The Unsung Song, nous donnant des frissons sur un final a capella, puis Cascadeur, d’une voix douce et feutrée que l’on croirait parfois féminine sur Alone, marqué de petites notes de glockenspiel et laptop qui hoquète, tandis que Chapelier Fou apporte sa contribution au violon sur Une boule dans la gorge. Il y a enfin l’apport de l’électronique qui, généralement discrète, transforme le dépressif La Lie de la société en une véritable petite bombe technoïde, de quoi vous mettre des étoiles… plein la tête !

Un album inclassable, bien moins folk qu’on ne pouvait s’y attendre, mais qui trouve justement son équilibre dans le mélange des genre.

Fabrice ALLARD
le 28/08/2009
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[su_spoiler title= »autres directions » style= »2″]autres directions – mars 2009
Toute saison a une fin et ce triste hiver touche à sa fin, sous les premiers rayons du soleil printanier. Un peu d'optimiste, de légèreté, enfin. Du moins, est-ce ce qu'on croit… Et puis, on pose le premier album de Zéro Degré dans la platine. Play. Et c'est la tristesse qui surgit. L'émotion qui étreints. Des mots susurrés, des confidences, des questions (« Est-ce que parfois, par temps de neige, tu penses à moi ? », égrené la gorge nouée, alors qu'une guitare désolée flotte sur une rythmique au ralenti), il ne faut guère plus de quelques minutes pour que Zéro Degré s'immisce dans notre intimité.

Depuis des années Nicolas Tochet, bassiste de Melatonine (Décembre Est Un samedi – 2007), s'épanche en solitaire se livrant sans pudeur, sans filet – même pas celui de recourir à l'anglais. Non, Zéro Degré s'exprime en français, choisissant ses mots dans un chant lexical proche de celui de Novö ou Erik Arnaud. On retrouve ici la tension du 1er album d'Encre avec l'amplitude musicale d'Immune – pour rester dans les références françaises mais on pourrait citer ici aussi Arab Strap ou encore Mark Hollis, non pas pour flatter outrancièrement le messin, juste pour bien signifier la qualité du propos, planter le décor.

Forcément hivernal, le décor. Ce qui est remarquable, outre l'émotion ici dégagée, c'est que Des Etoiles Plein Les Yeux n'a rien d'un album éploré, d'un exercice d'un dépressif replié sur soit. Avec l'aide d'amis proches et d'invités talentueux, notamment Angil qui chante The Unsung Song, extraordinaire chanson digne de figurer sur Outside Closer (avis aux fans de Hood donc) ou encore Chapelier Fou, pensionnaire d'Ici D'Ailleurs, Zéro Degré mélange les styles, injectant une dose d'électronica à ces pièces post-folk – ou inversement. C'est ainsi que Le Choix contient une rythmique électronique dansante, en contrepoint de cordes insistantes, alors que la voix reste en arrière, désabusée. Ou encore, La Lie De La Société, probablement le morceau le plus enlevé de l'album, qui est orné d'un habillage synthétique prenant le dessus sur la mélodie. Ailleurs, c'est l'organique qui prévaut : cordes frottées, corde (vocale) nouée, guitares en mode mineure ou au contraire qui s'embrasse comme sur le morceau de fin.

Œuvre poignante et irradiante, Des Etoiles Plein Les Yeux bouleverse, avec ses phrases définitives, ses mélodies vicieuses. Le ton est juste, les mélodies renversantes. On regarde dehors… le soleil brille mais une brise légère nous fait frissonner.
Denis
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zero degre - les ecrans
Les écrans (2004 / le kit corporation)
CD / iTunes

[su_accordion][su_spoiler title= »poly » style= »2″]
polystyrene n°89 – septembre 2005
Baisse de température. Des mots sussurés, des blips électroniques et quelques notes de guitares : Zéro Degré, projet du messin Nicolas Tochet, plonge l’auditeur dans une musique dérangeante et pourtant séduisante.
Nicolas Tochet est un musicien incontournable à Metz. Il fait partie de (presque) tout les projets excitants de la ville. Membre du très remarqué combo post rock tendu Melatonine ou du collectif Le Kit (qui est aujourd’hui également un label), il pratique la musique, d’abord secrètement, en solo depuis quelque temps, équipé de quelques instruments (basse, guitare) et d’un sampler. Ses premiers morceaux sont distribués via le net, puis sortent enfin en CD distribués sous le manteau. Les écrans est son premier véritable disque, un EP, mais très bien fourni car comportant des remixes de Lunt, Dolibox ou encore King Kong Was A Cat… Sur des musiques délicates, déstructurées, faites de sonorités électroniques et de samples, il susurre des paroles désabusées en Français. Il Fait frisquet du coté de chez zéro Degré, ses compos intimistes font preuve de sobriété, voire d’austérité, rien que dans le choix de ses titres ([1:06], par exemple, est un morceau de… 1,6 minutes). Pourtant son univers n’est pas hostile, loin de là, il fait songer à celui, angoissé, de JérÙme Minière, Expérience, Encre, en moins opressant, en plus personnel.[/su_spoiler]
[su_spoiler title= »etherreal » style= »2″]
etherreal – septembre 2005

Nicolas Tochet, bassiste au sein de Melatonine, mène en parallèle un projet solo sous le nom de Zéro Degré. Un premier EP auto-produit en 2002, puis ce deuxième EP sorti par Le Kit Corp., agrémenté de quelques remixes pour parvenir à la durée d’un véritable album.
On profite ici de son prochain passage parisien pour revenir sur ce disque étrange et plein de qualités.
Etrange, tout simplement parce que divisé en deux partie distinctes, à commencer par les 8 titres de l’artiste pour 22 minutes, puis 35 minutes pour 5 remixes qui prennent le temps de se poser.
CommenÁons donc par Zéro Degré à proprement parlé. Mélange électronique et guitare, cassures rythmiques et voix murmurée, Nicolas Tochet est toujours sur la corde raide entre électronique expérimentale et post-rock mélancolique. On oscille ainsi sans cesse entre des expérimentations qui pourront s’avérer parfois un peu difficiles, une recherche d’abstraction, et des mélodies plus immédiates et fort réussies (Child ou …). Assez régulièrement, l’artiste pose sa voix un peu à la manière de Yann Tambour au sein de Encre, comme un doux murmure racontant ses doutes et ses peines (Le réveil est difficile). On retiendra également N pour son original mélange d’une rythmique précise et minimale avec un piano, le travail rythmique de [1:09] nous rappelant Radian, ou … pour ses fractures bruitistes.
Du cÙté des remixes aussi, on trouve de belles surprises, et certains feraient presque de l’ombre à Zéro Degré. Lunt par exemple met en avant une l’ondulante nappe de guitare et orgue de Le réveil est difficile sur une longue et lumineuse intro, avant de revenir à la formule guitare/basse/batterie de la version originale, en noyant un peu les voix. Tohu-Bohu ensuite s’amuse habilement avec les samples de voix d’enfant de Child et propose une version plus électronique tout en gardant l’esprit Zéro Degré avec bruitages électro-expérimentaux et belle mélodie de glockenspiel. KingKongWasACat compile deux morceaux, mais se contente un peu trop de creuser le sillon de Nicolas Tochet avant d’ajouter des textures bruitistes sur un final plus tendu. Sug[R]cane reprend Child et semble également inspiré par cette voix d’enfant à qui il inflige quelques mauvais traitements, puis une rythmique électronique assez soutenue fait son apparition sur un dense et répétitif magma sonore cachant un petit manque d’inspiration. Niveau répétitif, Dolibox s’y connaÓt avec une version tech-house du morceau-titre dont on se lasse assez vite.
Malgré une fin de disque un peu plus faible, Les Ecrans reste un très bon EP, et Zéro Degré un artiste à suivre.
Fabrice Allard[/su_spoiler]
[su_spoiler title= »nameless » style= »2″]
nameless – mars 2005

Que voilà une drôle d’idée d’associer sa création à un niveau plane comme ce Zero Degre, à moins que l’humilité du musicien ne puisse souffrir d’une quelconque surévaluation de son travail. Actif dans un premier temps au sein de Melatonine, tendance post rock, Nicolas Tochet rassemble sur Les écrans une première partie de ses compositions personnelles accompagnées pour l’occasion par 4 remixes d’amis (Sugarcane, Lunt, Tohu-bohu et Dolibox ). Du post rock il n’en reste pas grand chose sur ce Ep et c’est tant mieux. Plutôt attiré par un minimalisme électronique au relief vocal tout aussi malingre, le décor rappelle bien s˚r Encre, une référence qu’il sera difficile de renier tant le matériau s’apparente à la touche de Yann Tambour. Cependant cette connexion ne limite en rien l’attrait des …crans, le Ep trace des lignes entrecoupées d’échantillonnages sur fond bouclé ( instruments, voix d’enfant,Ö) tout en évitant de sombrer dans, ce qui est souvent le cas dans les premiers pas solitaires, le trop. Nicolas Tochet a la pudeur suffisamment accrochée à sa raison pour que Les …crans ne tombe pas si facilement dans l’oubli, à revoir sous peu toujours en solo j’espère.[/su_spoiler]
[su_spoiler title= »magic ! » style= »2″]
magic! n°87 – février 2005

Evolution. La retenue des textes de Nicolas Tochet illumine ce filet de voix au timbre p‚le, tourné vers l’intérieur. La voix est un motif musical, un élément de montage au m’me titre que les autres instruments. Copier-coller entre les beats électroniques et le tournoiement des basses, cette parole pèse pourtant de tout son poids dans un univers penché vers le documentaire, la narration. Nicolas nous livre, par bribes, un peu de son histoire. Sous le nom de son projet electro 0°, il entame cet hiver un blog – l’ironie d’une chaudière en panne au mois de décembre ne manque pas de le faire sourire – et sort un nouvel album, Les Ecrans, soutenu par Le Kit Corp. Illusoires, aliénants, les écrans dont il est ici question fantasment un réel sécurisant, au mouvement horloger. Sur fond d’une rythmique à la régularité clinique, une basse berce le morceau, trompe la vigilance. Mais les écrans sont alors ceux qui se déchirent, à la faveur d’un hasard sublime, d’une rencontre véritable, d’un miracle. A la suite des premiers morceaux de 0°, l’album se poursuit avec un ensemble de remixes, qui donnent une habile relecture de cet univers original, très personnel – comme si les compositions n’allaient pas tenir en place, mais plutÙt, telles des plantes vivaces, adhérer à la surface, profiter des aspérités et des détails pour irrémédiablement croÓtre et évoluer.[/su_spoiler]
[su_spoiler title= »à découvrir absolument » style= »2″]
à decouvrir absolument – janvier 2005

Il y a de la vie. Bordel il y a de la vie dans les écrans. Pas dans les votres, là où on prophétise la mort. Non chez zéro degré, la vie y est chaude, elle respire, elle est en danger, elle aime, elle existe. Ah oui le réveil est difficile, rude, on y croyait tous à ce qu’ils disaient (c’est qui ils ?) on ne pensait qu’à cela d’ailleurs. Mais il n’y avait pas la vie, on en dessinait les contours floues, face à notre regard malade. Bonjour la vie et pas merci pour aimer ta súur la mort, mais hein de toutes les faÁons on finira nos phrases ainsi, de tout faÁon, on jurera au grand dieu que l’on existe autrement que dans l’écran. Zéro degré est avare, il cuisine il consigne, fait des achats payant, pèse la marchandise, ne disperse pas les lignes, ne fait pas des núuds, il joue juste, juste et bien, parallèlement à un programme froid mais ambitieuxÖla vie. En voyant la mort ici un ange a décidé de s’immoler (c’est con un ange) en regardant par la fen’tre un enfant a couru pour jouer dans l’herbe (c’est beau et vierge un enfant). Une esquisse de vérité est ici, elle tend à la main car elle est bien mal en point la vérité, zéro degré lui continue à essayer de la réanimer. On recherche et on va trouver car il y a de la vie ici, nos espoirs sont aussi les siens. Plein d’espoir.[/su_spoiler]
[su_spoiler title= »soit dit en passant » style= »2″]
soit dit en passant – décembre 2004

Faites bien attention, ZERO DEGRE ne va pas tarder à être partout. Sa sauce savante entre electronica et post-rock parcourt de jolis paysage à la poésie délicate ; ce faux EP (13 titres) « Les Ecrans » est un petit must-have du genre.[/su_spoiler]
[su_spoiler title= »liability » style= »2″]
liability – décembre 2004

Deux ans après un premier EP autoproduit, Zéro Degré sort Les Ecrans, sur Le Kit Corporation,- le collectif s’étant transformé en mini-label. L’aventure solo de Zéro Degré (Nicolas Tochet) commence -alors qu’il participe à divers projets comme le fabuleux groupe Melatonine en tant que bassiste, ou Le kit ñ par du bidouillage maison.

Les expérimentations soniques de Zéro Degré ont donc à ce jour donné naissance à deux albums. Le dernier en date, Les Ecrans, donne un sens ambitieux au travail de la mélodie et des sons. Entre électronique et post rock ,les boucles de guitares, de basse et de machines créent un univers froid et pourtant humain. A l’instar d’Encre, Téléfax, Thomas Méry ou autres Berg Sans Nipple, Zéro Degré a réussi à composer un album dont la puissance est remarquable. La musique expérimentale est l’occasion d’une qu’te des sens par le biais de la musique, davantage que d’autres genres. Les Ecrans ne manquent pas à cette obligation tacite. Les boucles hypnotiques et répétitives, auxquelles s’ajoute un chant discret mais charmant, provoquent un écho en notre personne, physiquement. C’est là le résultat de cette musique si proche et lointaine de nous, dont chaque morceau de l’album crée un univers différent. Le choix et le poids des mots presque chuchotés ajoutent au sentiment de proximité que procure Les Ecrans. Les remix présents sur cet EP font preuve d’une originalité flagrante, et nous transmettent un certain dynamisme.

La musique de Zéro Degré me rappelle celle de Sylvain Chauveau, dans le sens où elle dépasse l’entendement. Plus que de simples morceaux qui peuvent satisfaire ou non, elle est source de sensations et d’émotions.

Noémie[/su_spoiler]

[su_spoiler title= »infratunes » style= »2″]
infratunes – novembre 2004

Les Ecrans EP s’appréhende comme un réveil difficile. Lever d’oreille paresseux… Voilà, Áa y est, on agrippe une note du morceau titre, une boucle concrète qui hésite à rythmer les mots dits de Zero Degré. Un piano caresse la mécanique qui se dérouille, Melmac n’est pas loin. Et voici Le réveil est difficile justement, qui permet de gagner doucement l’état conscient ; une batterie frottée, déjà plus assurée, pose le premier pied à terre. On émerge. Pour mieux s’immerger ensuite, dans un disque qui se révèle vite prégnant, entre post-rock, spoken words francophone, et électronique.

Jamais gratuit dans ses essais expérimentaux, 0° développe un catalogue d’humeurs intimes et grisées (Nos espoirs, proche du spleen d’un Sylvain Chauveau) ou grisantes, comme l’étonnante révision electro-minimale par Dolibox, qu’on espère voir traÓner dans le dj bag de Chloé. Ou encore, ce décollage moite et acide de l’hymne Au dehors, enrichi ici par King kong was a cat. Pauses, brouillages, re-combinaisons construisent un ensemble fragmenté et r’veur, urbain et poétique. Il suffit d’écouter les superbes déclinaisons de Child (qui devrait ravir les auditeurs de Boards of canada) pour en saisir le pouvoir d’envoûtement.

« La déception est toujours à la hauteur de nos espoirs », murmure Nicolas sur un titre. Nous attendions ce disque avec espoir, pour la déception, on repassera…
zetracker
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[su_spoiler title= »benzinemag » style= »2″]
benzinemag – décembre 2004

Zéro degré dévoile sa musique étrange et baroque comme un collage d’humeurs dans lequel se mélangent avec harmonie, musique et fragments de vie. Bidouillages, combinaisons de sonorités électroniques et de morceaux de guitares ou de voix, construisent ce ep fragile, agrémenté ici de remixes signés King kong was a cat, lunt, Dolibox, Sug[R]cane et Tohu-bohu.
Par ailleurs bassiste au sein de la formation Melatonine (un album sorti sur Unique Records) Zéro degré (Nicolas Tochet à la ville) travaille seul avec son ordinateur et sa guitare, à composer des chansonnettes pas trop gaies et assez abstraites qui rappellent, par moment, celles de Encre ou celles d’autres artistes du label Active Suspension.
Découvert en concert lors du festival Cellula indietronica, Zéro degré a sorti un premier ep 7 titres en 2002 tiré à 100 exemplaire sous forme de cd-r. Aujourd’hui avec Les écrans, Nicolas Tochet franchit une nouvelle étape, et dans un registre toujours sous forte influence post-rock/électronica, propose un album en deux parties, difficile à apprivoiser au départ, mais auquel on accordera volontiers du temps pour en saisir toute la subtilité.
De ces collages et autres assemblages divers, ressort d’emblée une certaine froideur, avec une pochette finalement bien à l’image du disque. Un coté lumière froide que vient à peine réchauffer les voix enfantines que l’ont peut entendre sur certains morceaux. Le chant de Nicolas, quant à lui, rappelle un peu celui de Jean Bart ou Jérôme Minière, et accentue l’aspect renfermé et intimiste de l’album. Un album finalement simple, pas hermétique pour deux sous, à la musicalité évidente, qui ne se laisse pas attraper facilement. Un disque auquel il faut accorder du temps mais qui se révèlera au final très beau.
Benoït Richard
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