À Metz, on fait des réserves de culture avant l’hibernation

Ami lecteur, en revenant sur le programme des quelques jours qui viennent de s’écouler, je ne peux m’empêcher d’être assez épaté par la diversité de ce que notre petite ville de Metz peut parfois proposer.

Du côté des expositions, à tout seigneur tout honneur, c’est le Centre Pompidou-Metz qui ouvrait cette semaine avec le vernissage mardi de Cosa Mentale, étonnante exposition sur le thème, rarement traité, de la télépathie dans l’art du XXe siècle. On y retrouve un certain nombre d’utopies (voire de contre-utopies) dont le rapprochement avec certaines réalités du moment ne peut être évitée. Comment ne pas penser aux casques de réalité virtuelle du moment (Oculus ou Morpheus) en observant ce Mind Expander de Hans Rucker Co, qui propose une expérience psychédélique intime grâce à l’utilisation de projections d’images et de sons.

Haus Rucker Co – Mind expander 1 #CosaMentale #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Une exposition en tout cas foisonnante, qui méritera qu’on y retourne. Ce temps inaugural laissait en effet finalement peu de temps pour la visite en proposant des performances, comme celle de David Rosenboom pour une symphonie à base des ondes cérébrales de deux volontaires. Et comme tu peux le voir sur la photo ci-dessous, il y avait foule.

David Rosenboom, pour une symphonie à base des ondes de deux cerveaux. #CosaMentale #Metz

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Et puis à Metz, pour voir de l’art contemporain, il y a le choix. Après Pompidou le mardi, nous avions en effet le jeudi soir deux vernissages : d’abord dans la galerie Octave Cowbell, avec le Je suis un souvenir de Marc Aragones, exposition pour laquelle j’ai eu le plaisir d’écrire le court texte de présentation. Octave Cowbell est une petite galerie par la taille (si tu n’as pas encore eu l’occasion d’y aller, elle est composée d’une seule pièce relativement exigüe), mais grande par ses choix… et par l’inimitable convivialité de ses vernissages.

Beaucoup de monde aussi le même soir pour le vernissage de Body Talk, au FRAC Lorraine, marqué par une impressionnante performance de Miriam Syowia Kyambi. Une exposition sur laquelle on aura l’occasion de revenir, puisqu’elle offre d’autres temps de restitution, dont un le 9 janvier à la BAM.

Du côté de la musique, il y avait aussi peu de chances de s’ennuyer. Jeudi, on découvrait NIID, anciennement connus sous le nom d’ASP (Abstract Sound Project) : ils se dévoilaient au 7(7) Café avec un bon DJ set et une avant-première de leur nouveau clip, quelques jours avant sa mise en ligne.

Et le voici, tout beau tout neuf.

Une classieuse mise en image par Stéphane Benini d’un morceau plus en douceur que ceux auxquels ASP nous avait habitués. Mais tout aussi accrocheur, bien plus dans l’air du temps et sans doute plus proche des aspirations actuelles du duo. En tout cas, il va falloir surveiller NIID de près.

Dans la série de découvertes de nouveaux projets messins, on citera aussi Lonesome Lion, le projet de Simon, des Dirty Red Shirts, quelque part entre le folk et le blues. Un premier concert préparé à la hâte, mais qui aura eu de beaux moments de mélancolie. C’était au Troubadour, vendredi soir.

Et vendredi, il y avait également à la Chaouée la troisième soirée en huit jours de l’association Mâche un truc, qui semble partie sur un rythme infernal. Gros line up de groupes aux noms improbables (BAND OF SORROWS,
Prozack Maurice, VORTEX, CHINESE CARPET,Les Anatoles Rances…) et gros succès.

Et puis il ne t’aura sans doute pas échappé qu’à Metz, ces derniers mois, les jeux vidéos prennent une place croissante, avec un QG du côté de TCRM Blida. Vendredi soir c’était la première soirée Indie Games club (qui offrait la possibilité de jouer à des jeux indés en multijoueur local, et de découvrir Blida Bulders le jeu vidéo consacré au lieu), et samedi le tournoi de Hearthstone organisé par Lorraine E Sport. Joli succès pour une première de cette association à Blida.

Et puis j’aurais pu également te parler de l’installation des premières boîtes à livres à Metz, et puis et puis… j’oublie sans doute encore beaucoup de choses. Cette période de l’année a toujours un programme culturel très chargé. D’ailleurs, j’espère que tu ne rateras pas l’occasion de te précipiter encore aux Trinitaires ces dix prochains jours pour profiter de la vingtième édition de Musiques Volantes.

Peut être essaie-t-on encore d’en profiter avant l’arrivée des décorations de la Noël, de l’hiver, et avant que la tentation de l’hibernation ne s’abatte sur nous. Mais on ne peut que s’en réjouir, tu en conviendras.

Marc Aragones / Je suis un souvenir

Je suis un souvenir, c’est le titre de l’exposition de l’ami Marc Aragones qu’il est possible de visiter du 29 octobre au 21 novembre 2015 à la Galerie Octave Cowbell. Et pour l’occasion, j’ai fait ce petit texte de présentation.

« Si un visiteur du futur venait à se retrouver parmi nous et s’il ne venait pas uniquement pour chercher Sarah Connor, mais plutôt tenter de nous connaître mieux, qu’aimerait-il à trouver ici ? Sans doute ce qu’on découvre dans cette petite pièce, de celles dans lesquelles on rentre discrètement, par la fenêtre. De celles qui permettent de mieux connaître une personne, au premier coup d’oeil.

Ici une collection de souvenirs, de trophées qui en disent beaucoup sur l’époque, sur nos obsessions et nos souvenirs aussi flous qu’enregistrés, notre besoin de tout conserver et notre inquiétude face à l’avenir et à la Fin. Un cabinet de curiosités qui en dit également beaucoup sur l’artiste, aussi habile qu’intelligent, aussi drôle qu’inquiétant : l’ironie est partout mais le cynisme nulle part.

Marc Aragones conçoit son travail comme un partage permanent. Avec son entourage au moment de la conception, avec l’artisan au moment de la réalisation, avec le spectateur au moment de l’exposition. Le partage, c’est peut être ce qui manque le plus à notre époque, c’est ce qui est présent partout ici. « Je suis un souvenir », nous dit-il. Et l’on se prend à espérer que c’est celui avec lequel le visiteur du futur repartirait, s’il était venu voir ce qui se trouve dans cette petite pièce : tout n’est pas perdu. »

Mirabelle TV – Juste avant de zapper

Chouette découverte que Juste avant de Zapper, émission diffusée quotidiennement en direct depuis la rentrée sur Mirabelle TV. Je dois avouer que je n’avais pas eu l’occasion de la regarder avant d’y passer il y a une dizaine de jours, mais cette émission d’actu, présentée par Arnaud Caël et Alicia Hiblot est rythmée, tout en prenant le temps de s’attarder sur certains sujets.

En l’occurence, j’y était pour parler de la BAM, de son premier anniversaire, de cette première saison achevée et de ce qui y est à venir pour celle qui arrive.

Un week end à Metz

Aaah, ami lecteur, ça fait du bien de faire du tourisme à la maison. Il se trouve que ce week end de rentrée s’y prêtait particulièrement.

Vendredi soir ouvrait à Metz un nouveau lieu d’exposition, la Galerie l’Exil, à l’initiative d’un professeur de photographie à l’ESAL, Michel Dreistadt, et deux anciennes étudiantes de la même école, Anne-Laure Uhrig et Julia Richard. Une bonne communication (des flyers dans la ville, un peu de facebook, un peu de presse locale…) et l’on retrouvait en ce vendredi soir bien du monde dans ce lieu, un impressionnant espace situé dans les anciennes casernes du boulevard de Trêves. L’amie tulisquoi y faisait même des instagram.

Vernissage nouvelle galerie L'exil à #Metz. Expo Mémoire des édifices

Une photo publiée par tulisquoi (@tulisquoi) le

Il faut dire aussi que le trio de la Galerie L’Exil avait eu la bonne idée d’en inviter un autre, de trio : les messins The Yokel, qui ont pu démontrer une nouvelle fois qu’ils étaient excellents en toute circonstance, en l’occurence en version acoustique dans un second hall, immense, laissé à la galerie pour l’occasion. Et à grands coups de country folk et d’énergie inépuisable, ils ont réussi à rassembler un public assez dissipé, au départ forcément rassemblé autour d’un bar généreux.

THE YOKEL | Galerie L'Exil | #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Très bon moment que cette inauguration. Il faut aussi bien de l’énergie pour se lancer dans l’aventure de l’ouverture d’un lieu de ce type, aujourd’hui. Mais pour ce que j’ai pu en voir vendredi soir ce n’est pas ce qui va manquer aux trois tenanciers de cette nouvelle boutique artistique, qui prévoient également des ateliers et d’autres soirées animées. Jusqu’au 7 novembre, elle présente essentiellement les beaux travaux photographiques de Michel Dreistadt (Mémoire des édifices). Puis ce seront les travaux de jeunes artistes. Tu sais donc ce qu’il te reste à faire : suivre l’actualité de la galerie, aller la visiter, soutenir cette belle initiative.

Et la soirée pouvait se terminer devant le set de Max Dillinger au 7(7) Café

Le lendemain, je suivais Margaud Antoine dans ses pérégrinations du week end, en l’occurence à la journée portes ouvertes MJC de Metz Sud…

Journée portes ouvertes de la MJC Metz-Sud. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

… puis de celle de Devant-les-Ponts, la MJC des 4 bornes, qui organisait un week end d’animations.

Portes ouvertes de la MJC 4 Bornes. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Là aussi, ami lecteur, on ne remarquer l’énergie impressionnante que mettent les équipes professionnelles et les bénévoles de ces maisons pour faire vivre leur quartier pendant ces journées portes ouvertes, qui ne sont d’ailleurs que la partie visible de ce qu’elles font tout au long de l’année. Dans l’époque que nous traversons, le lien créé dans ces endroits n’est que plus précieux. Je n’en rajoute pas ici, j’aurais sans doute l’occasion d’y revenir.

Mais comme on ne s’en lasse pas, rebelote le lendemain, Un dimanche sur la colline, à Bellecroix.

Un dimanche sur la colline, fête de quartier de #Bellecroix #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Barbecue, expo photo, activités diverses et variées, concerts… et comme la quartier est à une quinzaine de minutes de la Place Saint Louis, difficile, pour terminer ce week end, de ne pas passer par la bourse aux disques organisée par l’association Mets des Disques depuis maintenant quelques années.

Bourse aux disques, place Saint Louis. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Ce week end, à Metz, il y avait plein d’autres parcours à faire, d’autres expositions ou d’autres concerts. Et si je te dis, ami lecteur, que le prochain week end s’annonce au moins aussi bien rempli, j’espère que ça te donne un peu envie.

Muse et musée

Tiens, ça fait un petit moment que je ne t’ai pas parlé centres commerciaux, ami lecteur.

Mais si, tu sais bien, j’avais écrit successivement quelques articles sur le sujet ici même. Tu peux d’ailleurs les retrouver en cliquant sur le tag Centres commerciaux (ce qui semble finalement assez cohérent). Il se trouve que quelques actualités des dernières semaines m’invitent à te reparler rapidement de l’un de ces chantiers qui transforment le commerce de notre bonne ville de Metz : Muse.

Webcam amphitheatreMuse est un projet assez colossal : plus de 320 millions d’euros d’investissement privé pour un centre commercial (mais pas que), au sein d’un quartier qui est créé ex nihilo, quasiment en coeur de ville. Début juillet, le Républicain Lorrain nous informait à l’aide d’une série de photos que les grues étaient arrivées sur un chantier forcément assez impressionnant au coeur d’une ville. Tu peux d’ailleurs le suivre en direct via une webcam placée sur le Centre Pompidou-Metz. La fin de chantier est prévue pour la rentrée 2017.

Il y a trois mois, le Républicain Lorrain nous faisait également la liste des marques qui devaient s’installer dans le nouveau centre commercial : des locomotives comme Primark, Burger King, Carrefour Market (4 500 m²) ou Habitat (prévoit on Arnaud Montebourg à l’inauguration ?) mais aussi , Kiko, Bleu Libellule, De Neuville, Kusmi Tea, Eleven Paris, Little Extra, Adidas Originals, Levis Store, JD Sports, Shana, Trésor, Urban Culture, Kaporal 5, American Vintage, Le Temps des Cerises, Jules, Espace Kiliwatch, divers restaurants (Hippopotamus, Ayako Sushi, Hugo’s Restaurant, Dubble, Il Ristorante…). Si la plupart sont des « exclusivités », on notera aussi la présence de quelques enseignes présentes actuellement dans l’hypercentre messin (Yves Rocher, Sephora, Mango) dont certaines surfaces commerciales importantes viennent de se libérer (Jennyfer, Flunch) ou sont en passe de l’être (La Halle). Et on attend également toujours le dépôt à la CDAC par Kinépolis de leur projet de cinéma.

Mais ce n’est pas ici que je voulais principalement en venir, ami lecteur. Il y a quelques jours, les Echos sortaient un papier intitulé Quand les centres commerciaux se prennent pour des galeries d’art. Il s’appuie notamment sur les exemples du Vallée Village, à Marne la Vallée (qui dispose en son sein d’une galerie d’art depuis 2007), mais aussi sur le Centre Beaugrenelle, reconstruit à Paris, ouvert fin 2013 et racheté 700 millions d’euros en 2014 par un consortium piloté par… Apsys, également investisseur principal du projet Muse. À Beaugrenelle donc, Les Echos nous informent que « les architectes Valode et Pistre ont, dès sa conception, commandé une oeuvre monumentale à Xavier Veilhan. Autour de cet espace, labellisé par la Fiac pour sa prochaine édition en octobre, seront exposées une quinzaine d’oeuvres de Loris Gréaud, Kaws, Huang Yong Ping, MadeIn ou Wang Du, le tout confié au commissaire d’exposition réputé David Rosenberg.« . L’oeuvre est ici, si tu veux y jeter un coup d’oeil. Encore un cran au dessus pourrait on dire, les 70 000 m2 du Polygon Riviera vont être inaugurés en octobre prochain à Cagnes-Sur-Mer. Et ici, c’est le confondateur du Plais de Tokyo, Jérôme Sens, qui « a choisi des oeuvres d’une dizaine d’artistes français et internationaux de renom, comme Daniel Buren, Jean-Michel Othoniel, César ou encore Pascale Marthine Tayou.« . Et Jérôme Sans nous laisse avec cette phrase assez intrigante :

il ne suffit plus d’afficher une succession d’enseignes, il faut proposer une manière intelligente de consommer

Je te laisse méditer cette sentence, ami lecteur. En tout cas ça vaudrait le coup de demander à Jérôme Sans ce qu’il entend par là. Même si l’on peut trouver sympathique le fait de rendre un plus agréable la visite d’un centre commercial agrémenté d’oeuvres d’art contemporain, je ne suis pas tout à fait sûr que cela rende notre consommation plus « intelligente », un terme que je réserverais au choix de se tourner vers la consommation responsable, vers une agriculture raisonnée et/ou les produits locaux.

MUSEMais revenons à nos moutons. En effet Muse, situé pile en face du Centre Pompidou-Metz ne pouvait évidemment pas être à la traîne dans ce qui semble désormais une tendance lourde des retail parks. Le coup artistique vient en l’occurence de Digital Arti, qui promet rien moins que la plus importante installation d’œuvres numériques au monde. On attendra d’y être pour juger cette ambition sur pièce.

Même s’il s’agit ici de commerce, je ne me lasse pas de voir la ville se réinventer devant mes yeux grands ouverts. Pour tes inévitables connaissances qui ont cette fâcheuse tendance du « c’était mieux avant » (si si, tu en connais forcément), je te laisse avec deux photos de la Place Saint Louis et de la Place de la République, avant. Il n’y a même pas si longtemps. Alors si tu en es d’accord, attendons de voir.

La Place de la République, avant

La Place de la République, avant. Source : Metz Avant

La Place Saint Louis, avant.

La Place Saint Louis, avant. Source : Tout Metz

Metz défend l’État, à l’État de défendre Metz

Au cas où ça t’aurait échappé, voici l’appel intitulé « Metz défend l’État, à l’État de défendre Metz », lancé il y a quelques jours par le Maire de Metz, le Président de Metz Métropole et la grande majorité des parlementaires mosellans.

Il s’agit de demander de conserver, à défaut de capitale régionale, la DRAC et la DREAL, ainsi que l’assemblée de la future « grande région » (ALCA, ACAL, Grand Est, ou quel que soit le nom que l’on va lui donner). Ça pourrait te paraître assez anecdotique, ces enjeux régionaux, surtout aujourd’hui, alors qu’on n’est pas totalement sûr du nombre de pays sera constitué l’Union Européenne et/ou la « zone euro » dans quelques mois. Mais ça sera sans nul doute un enjeu majeur dans notre quotidien de Grand-Estiens dans peu de temps.

Alors, comme qui dirait, « je pose ça là ». Et on y reviendra.

metz defend l'etat 1

Et puis tant qu’à faire, voilà la liste des premiers signataires. Je te laisse chercher ceux qui manquent, tu peux répondre dans les commentaires 🙂

metz defend l'etat 2

Décidément les centres commerciaux… (3)

Eh bien dis moi, ami lecteur, moi qui pensais que tu étais intéressé par le Beau, la Culture, l’Art… vla t y pas que pour un petit article sur ma visite à Waves, tu viens à plus de mille visiter ce blog plus habitué aux statistiques à deux chiffres. Alors, tu me connais, mon objectif est la satisfaction des attentes du public : tu veux du centre commercial, je vais t’en donner !

Bon, ok, ça va, je plaisante. Mais l’occasion était trop belle pour ne pas en rajouter une couche : il se trouve en effet qu’hier, en suivant les recommandations d’un blogueur que je connais bien avec qui nous discutions du sujet, je suis tombé sur ce docu qui sera diffusé pas plus tard que demain soir sur France 5. Et que trouve t on au début du résumé ? Je te le donne en mille :

« Ce n’est pas un centre commercial, explique ce promoteur spécialisé dans l’immobilier commercial. On essaie d’inventer un nouveau truc qui s’appelle un open sky shopping center. » Avec 60 000 mètres carrés sur un terrain de 17 hectares, le centre commercial Waves, à Metz, prévoit d’accueillir 80 boutiques et 3 000 places de parking.

Capture d’écran 2015-05-04 à 08.20.06Il se pourrait donc bien qu’on cause de Metz demain dans le poste. Et même si la bande annonce semble indiquer que ça a été tourné alors que Waves était en construction, ça devrait valoir le coup d’oeil. Du coup on regarde ça et on débriefe ensuite ici même, qu’en dis tu ?

Toujours dans la thématique, au fil de la longue discussion facebookienne qui a suivi le partage du billet d’hier, Jean-Michel Parpaing nous a posté ce lien sur l’histoire des malls et des retail parks, et notamment Victor Gruen l’architecte qui a dessiné, plein d’enthousiasme et de belles idées, le premier centre commercial. Je tiens donc à remercier monsieur Parpaing, je me suis couché moins un peu moins inculte hier soir.

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Edit du 06/05/2015
Le replay « Centres commerciaux : la grande illusion » est disponible par ici sur pluzz. Et comme Gregory Boyer nous a même dégotté le lien Youtube, hop, le voici donc ici même.

Je n’ai pas encore eu le temps de le regarder dans son ensemble, mais il semble relativement bien fichu, même si plutôt « à charge » contre les malls. C’est sur Metz et son Waves que le docu s’ouvre (les deux premières minutes). On n’apprend pas grand chose, sinon à connaître un peu mieux Philippe Journo le boss de la Compagnie de Phalsbourg.
Je retiens aussi l’interview de Eric Bertolone, responsable de Jeff de Bruges, dans le parking du Centre Commercial Quartz (à 11 minutes du docu) : en fond sonore on a carrément l’impression qu’on égorge un enfant. On n’ira pas jusqu’à y voir une image subliminale, mais tu admettras que c’est plutôt rigolo.
Bon visionnage !

Décidément, les centres commerciaux… (2) – Waves

Hier, ami lecteur, je ne sais pas si c’est ce besoin de faire ce qu’il me plaît, mais je me suis rendu à Waves Actisud. Nous étions en effet à la recherche d’une chaise, qui, nous indiquaient les internets, se trouvait chez Maisons du Monde implanté dans le nouveau centre commercial de la Compagnie de Phalsbourg. Et puis c’était l’occasion de visiter un peu ce centre qui avait à la fois suscité bien des débats, puis été inauguré en grande pompes l’an dernier.

waves2Difficile de rater Waves depuis l’autoroute : une sorte de soucoupe volante argentée. Immense. Assez aisé d’y arriver et de se garer, il faut dire aussi qu’étant un samedi, nous avions pris soin d’y aller sur le coup de la pause midi, ce qui semble t il facilite grandement des choses. En en repartant vers 14h30, ça semblait déjà commencer à bouchonner. Le centre est basé sur un modèle qu’on qualifiera d’Ikea (tu m’excuseras, je ne maîtrise que peu les concepts et le lexique du retail park) : en gros, en commençant d’un côté, tu es fortement incité à faire le tour complet du centre. Dont acte.

Une des premières choses qui frappe en arrivant, en tout cas par l’agacement que ça suscite assez rapidement, c’est la musique. Tu es tranquillou en train de naviguer dans un espace en plein air (puisque la voie qui longe les magasins n’est pas réellement couverte) mais où que tu sois, un léger fond d’eurodance reste toujours présent. Ça donne ça, en gros (vazy monte le son).

En dehors de ça, le lieu n’est pas fondamentalement désagréable, comme l’indiquent les quelques superbes photos ci dessous, prises avec mon téléphone de marque Apple. Hashtag nofilter, hashtag jenesuispasphotographeetjelesais.

Bon, voilà pour la description, mais qu’en dire au final ? Je te livre mes quelques réflexions rapides.

1. on a un assemblage de magasins plutôt bien pensé et pas mal fichu, mais quand même assez loin de la révolution retail park annoncée. Certes, l’animation poney m’a donné assez envie de pouvoir rentrer, monté avec panache sur un poney dans un magasin pour acheter des chaussures, mais il semblerait que ça ne soit pas possible. Et ok, je n’ai pas vu l’animation féérique des eaux, mais bon la vidéo youtube qui y est consacrée me laisse à penser que je m’en remettrai. Résultat, un centre commercial plus agréable que les entrepôts des voisins de paliers. Mais un centre commercial, quoi.

2. plus ennuyeux, pour moi qui suis un bobo de centre ville : plus de la moitié des enseignes présentes à Waves le sont aussi au centre ville (la liste, pour les curieux : Armand Thierry, Bréal, C&A, Camaïeu, Carré Blanc, Celio, Chausséa, Eram, Etam, Grand Optical, Jennyfer, La Halle, Naf Naf, Okaidi, Pimkie, Promod, San Marina, Sephora, Sergent Major, Swarovski). Résultat des courses, à part pour acheter une chaise ou des produits de jardinage, je ne vois pas trop pourquoi je serais tenté d’y retourner. Le lecteur attentif notera également que quatre enseignes (soit 10% du park – Besson Chaussures, La Halle, Naf Naf, San Marina ) sont du groupe Vivarte dont l’avenir est, on va dire, compliqué.

Et puis il reste surtout cette impression étrange de décor, ou d’imitation. La création ex-nihilo d’un « lieu de vie animé » a de tout temps été une utopie urbanistique, et s’est toujours soldé par des échecs plus ou moins patents. Dans leur tentative de recréer ce qui peut faire une partie du centre ville, les tentatives des retail parks semblent bien partis pour en être un exemple supplémentaire. Il y a trois mois, dans un premier article sur le sujet, je te partageais déjà ce lien vers l’émission « Du grain à moudre » consacrée au sujet.

Si, dans le tumulte qui anime ces temps-ci le commerce de manière générale, les enseignes de centre-ville ont sans doute du souci à se faire, c’est surtout de par leur inaptitude (actuelle) à se réadapter aux nouvelles pratiques et aux nouvelles envies des consommateurs. Le hackathon organisé par GEN pas plus tard que le week end dernier aux Trinitaires démontre que ce problème est désormais identifié et, espérons-le, pris à bras le corps.

En tout cas, les centres-villes disposeront toujours du supplément d’âme que les retail parks géants tentent de construire à coups de poneys.

Bon dimanche, ami lecteur.


Jérôme Minière – Monarchieindividuelleuniverselleetinfinie

Géronimo : le dernier des Mohicans

Oh oui, ami lecteur, je sais que dans sa grande mansuétude tu me pardonneras ce titre piétinant allègrement l’histoire amérindienne. Ce matin, le Républicain Lorrain nous relate la fermeture définitive de l’historique Librairie Geronimo, à Metz. Ce n’est pas une surprise, on le savait depuis un moment. Mais l’on aura beau dire, c’est toujours un peu triste une librairie qui ferme. Et ici, c’est particulièrement le cas, tant l’âme qui animait les lieux sera difficile à retrouver ailleurs.

Comme tout bon messin, j’y ai passé du temps, chez Géronimo. Parfois sans rien acheter, juste humer cette ambiance de livres. De bons livres. Il faut dire aussi que je te parle ici d’un temps où, étudiant, chômeur, travailleur précaire, l’achat d’un livre représentait souvent pour moi un véritable dilemme. C’est que ce n’est pas donné un livre. Mais là, Jacques Fourès ou ses acolytes étaient là pour le trancher, ce choix difficile. Et ils se trompaient rarement. Que de belles découvertes, durant des années. Et que de belles rencontre l’on pouvait faire, chez Géronimo. Je ne suisIMG_6105 pas très amateur de dédicaces, mais la découverte de Jean Echenoz avaient été une telle claque que voilà, j’allais maladroitement le lui dire lors de l’une de ses venues (c’était devenu un véritable habitué des lieux). Et puis j’allais le lui redire, en lui faisant signer ce même roman, une seconde fois.

Bon, ami lecteur, je ne vais pas t’en faire un ici, de roman. Surtout empreint d’une nostalgie qui n’a pas complètement lieu d’être : le Républicain Lorrain nous rassure sur l’avenir de l’association Méridienne (« qui devrait trouver un nouveau départ« ), celui de Jacques Fourès (qui n’aspire plus qu’à « Lire » et à « enfin en profiter »). Et puis à Metz, nous ne sommes vraiment pas mal lotis, en terme de librairies, avec la Cour des Grands et ses aimables tenanciers dans une rue Taison particulièrement agréable ces temps ci, mais aussi l’excellent Carré des Bulles de l’ami François Carré, pour ce qui est de la bande dessinée. Mais voilà, ami lecteur, je resterai forcément un peu orphelin de la Librairie Géronimo.

Décidément, les centres commerciaux…

Il y a deux jours, la star mondiale du design Philippe Starck révélait quelques images du premier hôtel qu’il conçoit de A à Z. Cet hôtel sera implanté à deux pas hotel_metz_starck_6_fevrier_2015_credit_image_deis_-_total_edifice_0du Centre Pompidou-Metz et… du centre commercial Muse, également en construction dans ce nouveau quartier. Dans ce centre commercial on devrait retrouver un cinéma Kinépolis, qui fait d’ailleurs polémique : le groupe belge devrait en effet se retrouver en 2017 avec un monopole sur l’agglomération de Metz, avec son cinéma existant à Saint Julien les Metz, la reprise du Palace en hypercentre et un nouveau cinéma prévu… dans le centre commercial Waves, qui était inauguré en novembre dernier en périphérie, sur la commune de Moulins-les-Metz. Dans le même temps d’ailleurs, le groupe Corio était de son côté en train de finaliser la rénovation du Centre Saint Jacques, le centre commercial historique de l’hypercentre messin.

Dis voir, ami lecteur, c’est moi où on parle beaucoup de centres commerciaux, ces temps ci, dans le coin ? Ça mériterait un petit récap, non ?

Le centre Saint Jacques (21000 m2) a été inauguré en 1976 par Valery Giscard d’Estaing en personne. Il comprenait à ce moment là 76 boutiques, un supermarché, et un cinéma (décidément). Je n’ai malheureusement pas trouvé de photos de l’inauguration, ça aurait sans doute valu le détour. Si tu veux te faire une idée de ce à quoi pouvait ressembler le Saint Jacques en 2010, Marc de Metz en a fait un bon tour photographique par ici. Le déménagement de l’une de ses locomotives (la FNAC, fin 2012) aurait pu tuer le centre. Il reste toutefois actif notamment parce qu’il dispose, grâce à un Simply Market (seul supermarché de l’hypercentre messin) et un parking de 1200 places, d’un public qu’on pourrait qualifier de captif. C’est sans doute pour cette raison que le groupe Corio l’a racheté, et y a mené une rénovation conséquente. Il tente visiblement de lui donner un coup de jeune (y compris en ligne, avec un nouveau site ici, et tiens, même un compte twitter), il met même des quatuors à corde dans le 0x0_st_jacques2014centre sur ses photos promos comme à droite, là. Mais l’essentiel manque sans doute encore pour le moment : des enseignes porteuses (en dehors de l’inamovible Simply). Depuis, le néerlandais Corio a été absorbé par le français Klépierre pour en faire l’un des leaders mondiaux du secteur. Si tu as un peu de temps devant toi, tous les docs sur cette OPE sont par ici.

Le centre commercial Waves actisud (62000 m2) a ouvert ses portes le 30 octobre 2014. Et il l’a fait en grandes pompes : nombreux élus présents, animations en tous genres, des milliers d’invitations envoyées à toute la ville, feu d’artifices… les amis de tout-metz te donnent par ici une idée de ce que ça a pu donner. Même si bien entendu il ne s’affiche pas comme tel, Waves actisud pourrait bien ressembler à un hypercentre-killer. À ce titre, la liste d’enseignes du centre déjà présentes dans l’hypercentre messin est éloquente : Armand Thiery, C&A, Camaïeu, Chaussea, Celio, Eram, Etam, Grand Optical, Sephora, Pimkie, Swarovski… Et on peut encore évoquer Bose ou Maisons du Monde, qui viennent justement de le quitter, l’hypercentre.waves 1 Waves se singularise par quelques enseignes nouvelles (Zodio, Nike, Cultura), mais ce n’est vraiment pas de ce côté qu’il faut chercher une réelle originalité. Philippe Journo, le fondateur-PDG de la Compagnie de Phalsbourg qui a construit et gère le Waves, la place plutôt dans l’architecture du lieu (cf entretien chez Archistorm ici), mais aussi dans l’espoir qu’il devienne un lieu de promenade, de convivialité. C’est ce qu’il expliquait au Républicain Lorrain au moment de l’ouverture du centre.

Waves, c’est fait pour les vrais gens. Si on n’a pas de budget, on vient avec les gosses manger une crêpe, avec cette vue sur les jets d’eau dansants et le spectacle qui sera donné tous les soirs. On table sur la qualité de l’animation, de l’architecture, de l’environnement. C’est dans nos valeurs

Cette question de centre qui doit être un lieu qui dépasse l’unique question de la consommation est bien traitée dans l’émission Du Grain à Moudre de décembre dernier, que tu peux réécouter par ici.

Et c’est aussi sur cet aspect que compte le centre commercial MuseMUSE, qui devrait ouvrir ses 37000m2 au public à l’automne 2017. Construit par le groupe Apsys à deux pas du Centre Pompidou-Metz et du futur Centre des congrès (qui devrait ouvrir à quelques mois d’intervalle), avec notamment un Primark qui fait sensation à chaque ouverture de magasin (est ce que ce sera encore le cas en 2017 ?), Muse devra jouer cette carte du « lieu convivial ». L’implantation de « La plus importante installation d’œuvres numériques au monde » ne devrait pas y être étrangère, ni celle d’un cinéma d’ailleurs. Mais ce dernier fait largement débat : Kinépolis devrait en effet ouvrir coup sur coup un cinéma à Waves, puis à Muse, et reprendre dans la foulée le Cinéma Palace de l’hypercentre. Un collectif d’associations s’est créé pour contester ce monopole, tandis que la municipalité répond aux arguments un par un chez Webullition. Je te laisse juge, ami lecteur. Et j’y reviendrai sans doute par ici, la question nous éloigne trop aujourd’hui du sujet, et justifiera un article à elle seule.

Voilà en tout cas un état des lieux de l’actualité dans ce registre. J’aurais pu y ajouter Metzanine (entre centre et zone commerciale, ouverte en 2007 à l’est de Metz) qui semble rencontrer bien des difficultés. Je te laisse encore cette tribune parue sur lesechos.fr sur les dangers que les zones marchandes font peser sur les centre ville, mais aussi la difficulté de lutter contre leur implantation.

Je te laisse enfin avec ce formidable morceau, Monarchieindividuelleuniverselleetinfinie, du non moins formidable Jérôme Minière. C’est sorti en 1996 sur l’album Monde Pour n’importe qui. Et le début du morceau donne en effet son titre à ce billet.

Bon dimanche, ami lecteur.


Jérôme Minière – Monarchieindividuelleuniverselleetinfinie