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Karoo

Ce n’est qu’après avoir fini Karoo que j’ai lu sa quatrième de couverture, qui nous apprend que Steve Tesich, son auteur, est décédé en 1996, avant la parution de ce roman, posthume donc, sorti en 1998. Second roman seulement, mais loin d’être la seule trace de son oeuvre d’écriture, surtout marquée par de nombreuses pièces de théâtre et des scénarios de cinéma, dont celui de Breaking Away en 1979 (La bande des quatre en VF) qui a remporté une flopée de nominations et de récompenses.

Et Saul Karoo, le héros de ce roman, est scénariste de cinéma. Ou plutôt un « script doctor », qui tente de sauver les scénarios des autres par sa réécriture habile. Cela lui assure un train de vie confortable, en même temps qu’un quotidien assez désordonné, entre alcoolisme mondain, mariage chaotique et relation distante avec son fils adoptif. Karoo, qui doit avoir sensiblement le même âge que Steve Tesich au moment de l’écriture du livre, semble observer tout cela comme un spectateur de sa vie, semble incapable d’une véritable émotion, transformant tout moment d’intimité potentielle en spectacle. Peut être justement comme un scénariste de sa vie, qui va pourtant lui donner une occasion, semble-t-il inespérée, d’en réécrire le script.

De prime abord, Karoo est un livre assez drôle, léger, satirique. Mais il prend son temps (près de 600 pages) et avec un grand sens de la dramaturgie, du climax et une belle virtuosité, Steve Tesich dévoile le tragique de cette existence. Ou de l’existence.

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