À Metz, on fait des réserves de culture avant l’hibernation

Ami lecteur, en revenant sur le programme des quelques jours qui viennent de s’écouler, je ne peux m’empêcher d’être assez épaté par la diversité de ce que notre petite ville de Metz peut parfois proposer.

Du côté des expositions, à tout seigneur tout honneur, c’est le Centre Pompidou-Metz qui ouvrait cette semaine avec le vernissage mardi de Cosa Mentale, étonnante exposition sur le thème, rarement traité, de la télépathie dans l’art du XXe siècle. On y retrouve un certain nombre d’utopies (voire de contre-utopies) dont le rapprochement avec certaines réalités du moment ne peut être évitée. Comment ne pas penser aux casques de réalité virtuelle du moment (Oculus ou Morpheus) en observant ce Mind Expander de Hans Rucker Co, qui propose une expérience psychédélique intime grâce à l’utilisation de projections d’images et de sons.

Haus Rucker Co – Mind expander 1 #CosaMentale #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Une exposition en tout cas foisonnante, qui méritera qu’on y retourne. Ce temps inaugural laissait en effet finalement peu de temps pour la visite en proposant des performances, comme celle de David Rosenboom pour une symphonie à base des ondes cérébrales de deux volontaires. Et comme tu peux le voir sur la photo ci-dessous, il y avait foule.

David Rosenboom, pour une symphonie à base des ondes de deux cerveaux. #CosaMentale #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Et puis à Metz, pour voir de l’art contemporain, il y a le choix. Après Pompidou le mardi, nous avions en effet le jeudi soir deux vernissages : d’abord dans la galerie Octave Cowbell, avec le Je suis un souvenir de Marc Aragones, exposition pour laquelle j’ai eu le plaisir d’écrire le court texte de présentation. Octave Cowbell est une petite galerie par la taille (si tu n’as pas encore eu l’occasion d’y aller, elle est composée d’une seule pièce relativement exigüe), mais grande par ses choix… et par l’inimitable convivialité de ses vernissages.

Beaucoup de monde aussi le même soir pour le vernissage de Body Talk, au FRAC Lorraine, marqué par une impressionnante performance de Miriam Syowia Kyambi. Une exposition sur laquelle on aura l’occasion de revenir, puisqu’elle offre d’autres temps de restitution, dont un le 9 janvier à la BAM.

Du côté de la musique, il y avait aussi peu de chances de s’ennuyer. Jeudi, on découvrait NIID, anciennement connus sous le nom d’ASP (Abstract Sound Project) : ils se dévoilaient au 7(7) Café avec un bon DJ set et une avant-première de leur nouveau clip, quelques jours avant sa mise en ligne.

Et le voici, tout beau tout neuf.

Une classieuse mise en image par Stéphane Benini d’un morceau plus en douceur que ceux auxquels ASP nous avait habitués. Mais tout aussi accrocheur, bien plus dans l’air du temps et sans doute plus proche des aspirations actuelles du duo. En tout cas, il va falloir surveiller NIID de près.

Dans la série de découvertes de nouveaux projets messins, on citera aussi Lonesome Lion, le projet de Simon, des Dirty Red Shirts, quelque part entre le folk et le blues. Un premier concert préparé à la hâte, mais qui aura eu de beaux moments de mélancolie. C’était au Troubadour, vendredi soir.

Et vendredi, il y avait également à la Chaouée la troisième soirée en huit jours de l’association Mâche un truc, qui semble partie sur un rythme infernal. Gros line up de groupes aux noms improbables (BAND OF SORROWS,
Prozack Maurice, VORTEX, CHINESE CARPET,Les Anatoles Rances…) et gros succès.

Et puis il ne t’aura sans doute pas échappé qu’à Metz, ces derniers mois, les jeux vidéos prennent une place croissante, avec un QG du côté de TCRM Blida. Vendredi soir c’était la première soirée Indie Games club (qui offrait la possibilité de jouer à des jeux indés en multijoueur local, et de découvrir Blida Bulders le jeu vidéo consacré au lieu), et samedi le tournoi de Hearthstone organisé par Lorraine E Sport. Joli succès pour une première de cette association à Blida.

Et puis j’aurais pu également te parler de l’installation des premières boîtes à livres à Metz, et puis et puis… j’oublie sans doute encore beaucoup de choses. Cette période de l’année a toujours un programme culturel très chargé. D’ailleurs, j’espère que tu ne rateras pas l’occasion de te précipiter encore aux Trinitaires ces dix prochains jours pour profiter de la vingtième édition de Musiques Volantes.

Peut être essaie-t-on encore d’en profiter avant l’arrivée des décorations de la Noël, de l’hiver, et avant que la tentation de l’hibernation ne s’abatte sur nous. Mais on ne peut que s’en réjouir, tu en conviendras.

ZQSD [L’été des replays – épisode 3]

Il n’aura pas échappé à ton attention bien connue, ami lecteur, que je n’étais pas insensible au charme discret des jeux vidéo. Je sais, j’ai passé l’âge, mais voilà, je ne peux résister bien longtemps les grands espaces à explorer d’un Witcher 3 ou à la géniale mécanique pixellisée d’un Fez. D’ailleurs j’avais un peu plus de temps, je serais sans doute un game addict profond, pour lequel une désintox serait à envisager.

Mais au delà de mon intérêt à jouer, je suis également très preneur des discours sur les jeux vidéo, que ce soit la chaîne NoLife (sans doute celle que je regarde le plus en alternance avec LCP) ou le mag JV, et pour aller un peu plus loin les recherches de Mathieu Triclot ou de l’ami Sébastien Genvo (dont le GameLab est accueilli à Blida depuis la rentrée 2014).

patreonEt dans ce foisonnement je dois t’avouer que ne rate pas non plus un épisode de ZQSD, dont voici l’auto-définition : « ZQSD, c’est le podcast mensuel sur les jeux vidéo PC réalisé par l’équipe qui a coulé le magazine Joystick. ». Concrètement, il s’agit donc d’un podcast animé depuis le début 2013 par une équipe de joyeux drilles, qui officient souvent dans d’autres médias (et notamment chez JV) et qui brillent par leur humour autant que par leur connaissance encyclopédique du domaine.

Leurs podcasts, plus ou moins bimensuels, durent régulièrement plus de 3h (!!) et brassent l’actualité des jeux vidéo, en y mêlant aussi blind tests ou dossiers thématiques, le tout en buvant une quantité non négligeable de bières, ce qui a sans doute le mérite de renforcer encore la liberté de ton. C’est à la fois drôle et pertinent, détendu et intéressant. Parfois ils se déplacent même, comme lors de ce dernier podcast enregistré il y quelques jours en direct de la GamesCom, peut être encore un peu plus bordélique qu’à l’habitude.

Le tout est gratuit, sans pub, mais tu peux prendre un abonnement payant via Patreon si tu veux soutenir l’initiative. Pour tout te dire, ami lecteur, je n’ai qu’un regret avec ZQSD : qu’ils ne soient pas dans le bar du coin pour aller descendre quelques binouzes avec eux.

Interview pour Samedi en 8 au Start Up Show 42

Oui, ami lecteur, je reconnais que le titre de ce billet n’est pas forcément clair de prime abord. Mais je t’assure que c’est pourtant limpide.

La semaine dernière, le Start Up Show 42 était organisé chez TCRM Blida à l’occasion des Ondes Messines. C’était une belle initiative, d’ailleurs couronnée d’un jolie succès public. Et ça m’a donné l’occasion de faire quelques sympathiques rencontres de start-up locales en plein développement, notamment dans le domaine de la musique. Divacore, par exemple, s’était fait une belle place dans la jungle des enceintes bluetooth avec sa Ktulu, et on attend avec maintenant impatience leurs casques; mais aussi les cours de guitare de MyMusicTeacher, en ligne et avec une bonne dose de gamification, qui donnent l’envie de ressortir la six cordes. C’était en tout cas l’occasion de vérifier que l’obtention, annoncée le soir même par Axelle Lemaire, du label FrenchTech pour Lorntech n’était pas usurpée.

Et j’y ai donc également croisé la route de Samedi en 8, un mag culturel messin en plein développement, qui en a profité pour réaliser cette petite interview vidéo. J’y parle des Ondes Messines (c’était d’actualité), mais aussi des Trinitaires et de la BAM.

Les game jams d’extra-coin

Ça fait maintenant trois ans que l’association Extra Coin a eu l’excellente idée d’importer le concept des game jams dans la région. En 2013, j’avais eu le plaisir de faire partie du jury (en compagnie notamment de Nicolas D’Ascenzio –binôme oblige– et de l’excellent Sébastien Genvo) de celle organisée à Nancy, dans le cadre de la Global Game Jam.

Le concept est assez simple, c’est celui d’un hackathon dédié au jeux vidéo : il s’agit donc de créer un jeu, dans une durée limitée (en général 48h) et la plupart du temps avec une thématique imposée. Les résultats sont parfois sans intérêt, mais souvent surprenants, drôles ou innovants. Je te laisse aller voir ça dans les 5438 jeux développés lors de la GGJ 2015. C’est en tout cas une source inépuisable d’inventions pour la suite de l’histoire des jeux vidéos. Par extension, on peut dire qu’il est indéniable que dans l’industrie des jeux vidéos c’est aujourd’hui du côté de ce qu’il est convenu d’appeler  » les indés » qu’il faut aller chercher la relève. L’E3 qui vient de se terminer l’a encore confirmé, que cela soit du côté de Sony ou de Microsoft qui semblent l’un comme l’autre s’acheter ainsi l’imagination qui manquent souvent à leurs grosses licences.

logo-bbqBon, ami lecteur, je digresse là, alors que je voulais surtout t’informer que les amis de COIN organisent leur BBQ Game Jam 3 début septembre, et que cette fois je compte bien y participer… en tant que sound designer, au vu de mes capacités de développeur extrêmement limitées (et oui, je te le confirme, pour le graphisme c’est pire). D’autant que cette année, elle se décline à Luxembourg mais aussi à Metz, bien entendu chez TCRM Blida.

Alors n’hésite pas à aller voir si toi aussi, tu peux aussi mettre tes compétences au service de la cause des gamerz. Et Bien entendu, si on ne s’y croise pas, je te raconterai ça.

Jeux demain

Cette chronique est originellement parue dans La Semaine n°467 du 3 avril 2014

Le marché du vidéo se porte bien. Très bien même, à tel point qu’il est difficile d’obtenir la PS4 de Sony, sortie depuis 6 mois mais toujours indisponible en magasin. Notre chroniqueur vient de recevoir la sienne, et il en profite pour faire le point sur cette industrie, qui pourrait bien trouver un point d’ancrage à Metz, et plus précisément à TCRM-Blida.

Le jeu vidéo est devenu la principale industrie culturelle dans le monde : son chiffre d’affaires est estimé pour 2013 à 65 milliards d’euros et devrait avoisiner les 80 milliards en 2015. GTA V, l’un des principaux blockbuster de l’année a ainsi récolté près de 600 millions d’euros le jour de sa sortie, en septembre dernier. Pour comparaison, le film Iron Man 3 en ramenait à peine la moitié dans le même temps. En France aussi l’industrie du jeu vidéo pèse : elle représente 23 000 emplois directs ou indirects. Autant dire que désormais, c’est du ludique qu’il faut prendre au sérieux.

L’actualité de ce marché, ces derniers mois, est bien entendu marquée par l’arrivée des consoles de nouvelle génération (la huitième), la Playstation 4 de Sony et la Xbox-one de Microsoft. Nintendo avait bien tenter d’imposer une triangulaire avec sa Wii U, mais paraît pour le moment bien trop en retrait. C’est donc un duel qui se dessine entre ces deux machines de guerre, sorties en novembre dernier, et il semble tourner à l’avantage de la PS4 : elle s’est déjà vendue à plus de 6 millions d’exemplaires, contre 3,5 millions pour sa concurrente. Pour ne pas perdre trop la face, Microsoft précise que cette compétition est un marathon. Et la firme américaine n’a pas tout à fait tort : les consoles de la génération précédente sont sorties il y a huit ans et elles continuent à se vendre. Mais il faut bien reconnaître qu’à l’issue du premier round, Sony semble mieux parti.

Du coup, le géant japonais à tout loisir de se tourner avec confiance vers l’avenir du jeu : la semaine dernière, lors lors de la Game Developers Conference de San Francisco, Sony annonçait le développement de Morpheus : un casque destiné et à fonctionner avec sa PS4, couvrant intégralement le champ de vision et permettant ainsi une immersion totale du joueur. La société Oculus -que le géant Facebook vient d’avaler tel le PacMan dévorant un petit fantôme- occupe déjà ce terrain avec le Rift, qui pour le moment reste également à l’état de prototype mais que les messins ont eu la chance de pouvoir essayer aux Trinitaires lors des Vacances Numériques, ou à TCRM-Blida pendant les journées Parcours d’Artistes.

Il faut dire qu’à Metz, entre l’association LAN (qui proposait ces ateliers Oculus) et le collectionneur David Rouby, qui expose ses bornes d’arcades mythiques dès que l’occasion se présente, nous avons la chance d’avoir à la fois une vision de l’actualité et de l’avenir du jeu vidéo, mais aussi de son histoire. Si l’on y ajoute que Sébastien Genvo, maître de Conférence à l’Université de Lorraine, fait ses recherches dans ce domaine et compte bien développer encore ses activité (sa chaîne youtube est passionnante), le potentiel semble considérable. D’ailleurs, que tout ce petit monde se retrouve autour de Nicolas D’Ascenzio à TCRM-Blida ne doit sans doute pas grand chose au hasard… nous y reviendrons !

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Edit du 27 août 2014

Je reprends cette Chronique Numérique n’apparait pas dans l’ordre chronologique de sa parution dans La Semaine, mais en fonction de l’actualité : les potes du studio Mamytwink s’installent à leur tour à TCRM Blida et le Républicain Lorrain y consacre un sympathique article ce matin. Et vous pouvez encore aller participer à leur Ulule, même s’ils ont déjà explosé le score.

En dehors de ça, la PS4 continue de dominer le marché next gen (10 millions de consoles vendues en août 2014 depuis sa sortie, contre à peu près la moitié pour la XBox One). Le Morpheus et l’Oculus continuent à faire parler d’eux (vous pouvez entre autre aller lire l’article de l’ami Raskolnikov en visite à la Gamescon).