Géronimo : le dernier des Mohicans

Oh oui, ami lecteur, je sais que dans sa grande mansuétude tu me pardonneras ce titre piétinant allègrement l’histoire amérindienne. Ce matin, le Républicain Lorrain nous relate la fermeture définitive de l’historique Librairie Geronimo, à Metz. Ce n’est pas une surprise, on le savait depuis un moment. Mais l’on aura beau dire, c’est toujours un peu triste une librairie qui ferme. Et ici, c’est particulièrement le cas, tant l’âme qui animait les lieux sera difficile à retrouver ailleurs.

Comme tout bon messin, j’y ai passé du temps, chez Géronimo. Parfois sans rien acheter, juste humer cette ambiance de livres. De bons livres. Il faut dire aussi que je te parle ici d’un temps où, étudiant, chômeur, travailleur précaire, l’achat d’un livre représentait souvent pour moi un véritable dilemme. C’est que ce n’est pas donné un livre. Mais là, Jacques Fourès ou ses acolytes étaient là pour le trancher, ce choix difficile. Et ils se trompaient rarement. Que de belles découvertes, durant des années. Et que de belles rencontre l’on pouvait faire, chez Géronimo. Je ne suisIMG_6105 pas très amateur de dédicaces, mais la découverte de Jean Echenoz avaient été une telle claque que voilà, j’allais maladroitement le lui dire lors de l’une de ses venues (c’était devenu un véritable habitué des lieux). Et puis j’allais le lui redire, en lui faisant signer ce même roman, une seconde fois.

Bon, ami lecteur, je ne vais pas t’en faire un ici, de roman. Surtout empreint d’une nostalgie qui n’a pas complètement lieu d’être : le Républicain Lorrain nous rassure sur l’avenir de l’association Méridienne (« qui devrait trouver un nouveau départ« ), celui de Jacques Fourès (qui n’aspire plus qu’à « Lire » et à « enfin en profiter »). Et puis à Metz, nous ne sommes vraiment pas mal lotis, en terme de librairies, avec la Cour des Grands et ses aimables tenanciers dans une rue Taison particulièrement agréable ces temps ci, mais aussi l’excellent Carré des Bulles de l’ami François Carré, pour ce qui est de la bande dessinée. Mais voilà, ami lecteur, je resterai forcément un peu orphelin de la Librairie Géronimo.

Un commentaire

  1. On sent qu’il y a de l’ironie dans l’air. Ses accolytes ? Ceux de la rue du pont des morts et ont mis les voiles ne supportant plus la prétention et la gestion calamiteuse ?

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