Batman Arkham Knight

Ami lecteur, si j’ai profité de ces dernières semaines pour bricoler de la musique, je n’en ai pas moins continué à essayer les blockbusters vidéoludiques de ce début 2015. En effet, après The Witcher 3, dont je te parlais ici il y a peu, c’est Batman Arkham Knight que j’ai terminé pas plus tard que dimanche dernier.

Blockbuster ? Oui, sans conteste. Le jeu développé par Rocksteady Studios et édité par Warner Bros Interactive Entertainment a réalisé en juin dernier le meilleur démarrage de l’année (devant… The Witcher 3 justement) avec 2 millions d’exemplaires vendus (dont à peu près les trois quart sur PS4), dès sa première semaine de sortie. Rocksteady est essentiellement connu pour sa trilogie Batman, que cet épisode vient conclure (après Arkham Asylum et Arkham City – je laisse de côté le prequel Batman Origins, développé par WB Montreal). Racheté en 2010 par Warner Bros, le studio n’a d’ailleurs développé que cette série (en dehors d’un anecdotique Urban Chaos : Violence Urbaine vite oublié). Je ne te dirais pas que le jeu a également été un blockbuster sur PC. Non pas qu’il n’aurait pas dû l’être, bien au contraire, il semblait bien parti pour. Mais d’une part, de manière générale les résultats des ventes de jeux PC sont bien plus compliqués à trouver (les téléchargements en représentent plus des trois quarts, et les chiffres sont rarement communiqués). D’autre part Arkham Knight a souffert d’un lancement assez calamiteux : malgré les mises à jour de pilotes AMD et Nvidia effectuées pour l’occasion, le jeu continuait à souffrir de ralentissements semble-t-il rédhibitoires. Résultat des courses : le jeu n’est plus disponible sur Steam, et toujours en attente d’un patch, à priori prévu pour la rentrée…

Soit dit en passant, même les versions consoles ne sont pas exemptes de bugs, comme cette sympathique vidéo prise lors de l’une de mes sessions te le montre.

Mais celui ci est plutôt original, il faut le reconnaître. Presque joli. Et, surtout, un simple redémarrage du jeu permet de le résoudre.

« Ok, mais et le jeu en lui même ? » me diras tu. Eh bien il est très bon. Le scénario est prenant, riche en rebondissements. L’histoire débute là où Arkham City nous avait laissés, à la mort du Joker. Le principal adversaire se révèle rapidement ici être Scarecrow (L’Épouvantail), un ennemi passionnant, déjà très bien utilisé dans le Batman Begins de Nolan. De manière générale d’ailleurs, la trilogie Dark Knight cinématographique revient souvent en tête en jouant à cet Arkham Knight : Rocksteady réussit à y rendre cette même permanente ambiance sombre, presque désespérée.

Surprise !

Surprise !

Avec l’Épouvantail, l’intrigue repose évidemment sur la peur, mais aussi sur les failles, voire la folie de Batman (et de ses adversaires). Le jeu est long, riche, la carte a explorer est impressionnante, les missions et les défis s’accumulent rapidement (les trophées et énigmes de l’Homme Mystère sont au nombre de… 243 !). Les combats, qui ont fait en partie la renommée du gameplay de cette série, sont toujours aussi dynamiques et sans doute même plus spectaculaires que dans les deux premiers épisodes. L’ajout de la Batmobile permet aussi de varier les plaisirs, avec de véritables batailles de tanks. On se retrouve donc à enchaîner investigations, combats, infiltration, courses poursuites dans Gotham, le tout de manière fluide. Et l’ensemble se déroule bien entendu dans une Gotham foisonnante, sombre, aux décors parfaits.

La vue alternative

Difficile d’éviter la vue alternative

Je me faisais d’ailleurs la réflexion, ami lecteur, que dans Arkham Knight comme dans The Witcher 3, le recours à une vue alternative pour apercevoir les éléments importants ou jouables était devenue quasiment nécessaires dans ces décors immenses et touffus. Ce n’est certes pas nouveau, mais dans les deux jeux principaux de mon été vidéoludique, ça m’apparaît flagrant.

Bref, tout cela semble assez idéal. Toutefois cet enthousiasme est à tempérer, sur chacun des points énoncés : si la Batmobile est une belle innovation et permet de varier les plaisirs, son recours obligatoire un peu trop systématique est un peu fatigant (notamment dans la première partie du jeu, au cours de laquelle on a un peu l’impression d’avoir choisi la version Arkham Tank). D’ailleurs, les passages les plus redoutables lui sont dédiés (notamment une saloperie d’hélicoptère qui arrive bien tôt dans le jeu et qui peut te donne envie d’arrêter au bout de la première heure). D’autre part, si la ville est immense et foisonnante, elle est rapidement envahie par les sbires de l’Épouvantail, et ne « vit » jamais réellement autrement que comme une immense arène à baston. Enfin, les rebondissements du scénario deviennent vaguement lourds sur la fin, tout comme la succession de combats qui constitue la dernière partie du jeu, qui ne renouvelle pas vraiment ceux que l’on a fait jusque là (à part le « plus d’ennemis un peu plus forts »).

Que ces nuances ne t’arrêtent pas forcément, ami lecteur gamer. Si l’on peut trouver ces défauts frustrants, c’est surtout parce que l’essentiel de cet Arkham Knight est très bon. Cette fin un peu longue m’a fait lâcher la manette sans avoir l’envie de terminer les missions annexes, ou d’entamer le DLC Harley Quinn fourni avec cette édition du jeu sur PS4. Mais le plaisir de parcourir Gotham dans la peau de l’homme chauve souris ne se boude pas, tu peux me croire.

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