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1979, les premières élections européennes.

Ami (é)lecteur, à l’heure de faire un choix pour les élections européennes qui se tiennent dans trois jours, je reste bien dubitatif devant les 34 listes qui se présentent en France (33 ici, et une là).

« L’avenir est une porte, le passé en est la clé« , a écrit Victor Hugo (oui, ça fait toujours bien de placer une citation de Hugo mine de rien), mais c’est un peu par hasard que je me retrouvais à naviguer dans quelques discours des élections de 1979 en France, les première élections européennes au suffrage universel.

Même règle électorale qu’aujourd’hui (scrutin de liste, représentation proportionnelle selon la règle de la plus forte moyenne sans panachage ni vote préférentiel dans le cadre d’une circonscription unique), mais dans une configuration bien plus simple : neuf pays (RFA, Belgique, Danemark, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni et France, donc). Et pour la France, seulement 11 listes, dont 4 obtiendront des eurodéputés : UDF (Simone Veil), PS / MRG (François Mitterrand), PCF (Georges Marchais), RPR (Jacques Chirac). Les Écologistes (Solange Fernex) et LO / LCR (Arlette Laguiller, déjà), échoueront, avec 4,4% et 3% (il faut 5% pour avoir le droit de siéger, comme aujourd’hui). Avec ces listes, on voit à peu près où l’on est, et on peut assez facilement trouver la correspondance approximative avec la situation aujourd’hui.

Et puis, déjà quelques liste un peu plus improbables Emploi, égalité, Europe (Jean-Jacques Servan-Schreiber), Union des travailleurs indépendants pour la liberté d’entreprise (Philippe Malaud), Union française pour l’eurodroite (Jean-Louis Tixier-Vignancour), Régions-Europe (Jean-Edern Hallier) et Parti socialiste unifié (Huguette Bouchardeau).

On notera que le FN est absent de ces élections, il n’a pas réussi à s’unir avec le PFN (qui est derrière la liste de Jean-Louis Tixier-Vignancour). Mais il s’invite quand même dans la campagne, comme à ce meeting de Simon Veil, qui lancera cette belle punchline « vous n’êtes que des SS au petit pied ».

Ça n’empêchera d’ailleurs pas l’UDF (du président Valery Giscard d’Estaing) d’arriver en tête de ce scrutin, avec 27,6% et d’envoyer 25 députés au parlement européen. Ni Simone Veil, sa tête de liste, à être élue présidente du parlement.

Derrière l’UDF donc, le PS (avec le MRG) fera 23,5%, le PCF 20,5% et le RPR 16,3%. Cela donnera ce fascinant débat avec les quatre têtes de listes, quatre monstres politiques (dont deux feront 26 ans de mandats présidentiels, de 1981 à 2007) : Simone Veil, François Mitterrand, Georges Marchais et Jacques Chirac.

Je ne sais pas si c’est un effet de nostalgie, et peut être ne seras-tu pas du même avis, ami lecteur, mais je trouve ce débat plus intéressant à regarder que les soirées électorales que nous ont offert les élections européennes de cette année. Et puis le générique est quand même vachement mieux, aussi.

Mais bon j’irai voter dimanche, malgré tout. Tiens si tu as du temps devant toi, voilà aussi en bonus le premier discours sur lequel je suis tombé tout à l’heure, celui d’un meeting des secrétaires généraux des partis communistes français et italien, Georges Marchais et Enrico Berlinguer, à Marseille. Il paraît que Roussel, actuel secrétaire national du PCF, s’inspire de la campagne de Marchais pour celle de cette année. Décidément, l’éclairage du passé est vraiment la clé.

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