Sortir à Metz – 17 au 19 mai 2018

C’est qu’ils commencent à s’enchaîner, ces week end au cours desquels on ne sait pas trop où donner de la tête.

D’ailleurs tiens, soyons fous, si l’on se disait que ce week end commençait dès le jeudi ? Peut être le choix serait il plus simple finalement : hop, on saute sur un Indigo Weel (par exemple… et non ce n’est pas du placement de produit, je n’en suis pas là, c’est juste que je l’utilise un peu ces derniers temps et que c’est pas mal fichu) pour aller à l’Aérogare voir le retour sur scène d’Instase (revoir leur clip par ici), fêter le nouvel EP de Domino & the ghosts et en profiter pour découvrir les parisiens de 2PanHeads. Les infos sont par ici.
C’est déjà pas mal pour un jeudi.

Ça se complique par contre le vendredi. Et ce dès le début de soirée.
Je ne te parle pas souvent des dates à l’Arsenal, mais là je ne peux m’en empêcher : l’Orchestre national de Lorraine (qu’il faudra bientôt appeler l’Orchestre national de Metz) se pose cette question tenace : « Faut il un chef d’orchestre ? » avec au violon l’excellent David Grimal, et au programme Mozart, Mendelssohn mais surtout la 7e de Beethoven qui ne laisse pas de me filer des frissons quand je l’écoute. Tiens allez, on se la lance ?

Ça donnera une tonalité un peu dramatique à la lecture de la suite de cet article

Bon, c’est sûr que passer directement à Chilla aux Trinitaires, ça sera peut être un peu difficile. On hésitera plus facilement avec le 99 de Marc Nammour à la BAM, qui promet d’être une jolie découverte.

Du côté de la Chaouée, c’est cold wave, pop, folk… en tout cas c’est une soirée Mâche 1 Truc (on peut donc y aller les yeux fermés et les oreilels grandes ouvertes), avec Judas Donneger, Sheezahee, et le local de l’étape : Shake the Disease

Et c’est tout pour vendredi ? Mais non, voyons : pendant ce temps là, à l’Aérogare, l’infatigable Dom Colmé fête la sortie de son nouvel album !

Samedi après midi, tu pourrais aller fureter du côté du Carré des Bulles, meilleur dealer de BD du coin, pour les dédicaces de Charlie Zanello pour Dedans le Centre Pompidou Metz (Dargaud, j’en avais utilisé une illustration pour le billet de la semaine dernière) et Timothée Ostermann pour Football District (Fluide Glacial).

Et puisque tu ne seras pas très loin, tu pourrais faire le détour chez Faux Mouvement, à 18 heures, pour le finissage de Ouvrez les guillemets -Cohabitation #10 la résidence des étudiants de l’ESAL. Il y a plus d’infos par ici.

Samedi, pour changer un peu, on pourrait aller du côté du Saulcy, pour célébrer le retour du Saulcy Blaster. Il faut dire qu’on l’a un peu attendue, cette 8 édition, puisque la septième avait été mémorable… mais c’était déroulée en 2016. Voilà donc l’asso Diffu’Son de retour, et on ne peut que s’en réjouir. Une prog très locale pour ce SB8, mais elle vaut le détour : Bambou ou la redoutable efficacité du trio au sommet, The Yokel aussi doués pour t’attendrir sur leur folk que taper du pied sur leur pop-country, Baguette Crew ou comment transformer le Saulcy en dancefloor. Et puis aussi, Lumb, Psychoquake Sound System, et des « concerts surprises ».
Tiens, j’en profite, si ce clip de Bambou, réalisé par l’excellent François Calvier, t’avait échappé, voilà une séance de rattrapage.

Mais sacré dilemme, dans le même temps aux Trinitaires, les mythiques Foreign Beggars prennent la Chapelle en bons patrons du grime / dubstep européen, une occasion rare de voir ces MCs anglais sur scène dans le coin. Et en première partie il y a le pote Ben, qui sait faire transpirer une salle avant l’arrivée d’une tête d’affiche. Un parcours Saulcy -> Trinitaires -> Saulcy semble donc une option intéressante.

Et tant qu’à en rajouter, à la Chaouée, c’est noise rock, avec Don Aman (un groupe qui tire son nom du Spiderland de Slint ne peut que m’être sympathique avant même que je n’aie écouté) et Tolstoï.

Alors ami lecteur, quel sera ton choix ?

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PS : j’en profite pour te signaler à nouveau que ces billets de blog Sortir à Metz sont en partenariat avec les amis de Metz Today (un web quotidien auquel tu ferais bien de t’abonner) qui ont l’amabilité de les relayer !

PS2 : n’hésite pas aussi à suivre les mises à jour de ce blog via la page Facebook qui lui est consacrée !

Laisser cette semaine derrière soi.

Allez, on ne va pas se le cacher : c’était une semaine éprouvante que celle qui est en train de s’achever, ami lecteur.

Il y a 9 jours, le 13 novembre 2015, vers 22h, j’étais à la Maison de la Culture et des Loisirs pour la soirée L’ouvrage du Fou. Une soirée sympathique, de déclamations improvisées et d’interventions musicales dans le cadre chaleureux du relais, le petit caveau de la MCL, joliment décoré pour l’occasion.

Et puis, en jetant un oeil sur mon portable, j’ai vu les premiers tweets inquiétants qui rapidement laissaient peu de place au doute. Après quelques minutes de rafraichissements compulsifs des divers fils d’actu, j’allais partager l’information avec Margaud et nous rentrions sidérés à la maison, pour passer le reste de la soirée hagards devant iTélé. Dans mon esprit, c’est peu à peu une infinie tristesse qui prenait l’essentiel de la place et c’est encore le sentiment qui prédominait en réussissant à aller me coucher, vers 5h du matin.

Dans une situation comme celle ci, en s’endormant, on peut d’ailleurs avoir un peu l’impression qu’il ne va pas y avoir de lendemain. Pourtant, le samedi 14 a bien existé, et la gueule de bois qui a accompagné le réveil, malgré une consommation d’alcool limitée la veille, était bien réelle. L’ensemble du week end est passé de manière cotonneuse, comme si j’étais en permanence à moitié éveillé. Et les heures de sommeil en retard n’expliquaient pas totalement cet état. Après une douche et un trajet en Mettis, le tout effectué de manière très mécanique, la journée du samedi commençait réellement par le Borny Buzz Café à la BAM.

Ce matin, à la BAM, on discute de démocratie avec le Borny Buzz Café. C'est approprié, ce matin. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Puis vers midi tombait la confirmation de l’annulation du concert de Nekfeu prévu à la BAM le soir même, qui affichait complet depuis des mois.

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Évidemment, qu’on comprend, Nekfeu.
Cette envie, cette motivation à monter sur une scène le lendemain d’une soirée comme celle ci relève de l’intime. Il n’y a pas de bonne décision, en l’état. Le même soir, d’ailleurs, aux Trinitaires, Sipping et AqME maintenaient leur concert.
L’après midi était le temps d’un indispensable recueillement collectif.

Merci @Ville_de_metz d'avoir maintenu ce rassemblement, ce recueillement. Ça fait du bien de voir des gens unis. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Vers la fin, alors que j’étais reparti du côté de l’Arsenal voir comment se passait le festival Je t’aime… Ich Auch Nicht, une dizaine d’abrutis ont tenté de venir le perturber Le soir, après avoir passé deux heures à la BAM pour les rares spectateurs qui seraient passés au travers de l’information du report du concert (ils étaient 6, en tout et pour tout), nous nous retrouvions dans un bar avec quelques amis, dans une ambiance où la morosité nous reprenait régulièrement, tout juste perturbée par la rencontre de norvégiens venus « pour les pigeons » (en fait le Congrès Européen d’Aviculture). Une conversation décalée, qui faisait du bien. Et je n’ai pas vraiment souvenir d’un dimanche dont on essayait de faire en sorte qu’il soit quasiment normal. Alors que ce n’était pas le cas.

Difficile donc d’affronter le lundi, et une nouvelle semaine. Le premier moment où j’ai senti que tout repartait était une répétition de mélatonine, le lundi soir, en jouant de la basse pendant deux heures. Et puis le concert de SoCalled à la BAM. Il était content de jouer, SoCalled, ses deux concerts des jours précédent ayant été annulés. Et il réussissait à mettre une ambiance géniale, même si l’on sentait bien qu’il y aurait pu y avoir un peu plus de monde, si ce concert n’était pas tombé à ce moment là.

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Bien sûr, on continue à guetter les infos. Et le mercredi matin à Saint Denis, le samedi à Bruxelles, on a l’impression de replonger, un peu. Mais dans le même temps, aux Trinitaires le beau concert de Chelsea Wolfe le jeudi, des excellents belges de We Stood Like Kings le vendredi. Le génial Aaron Parks qui se pointe à la soirée jazz au caveau par surprise. Les discussions avec les collègues sur le meilleur endroit par lequel sortir de la salle si un mec se point avec une kalach. On en rigole, un peu. Et puis, concert ou pas, finir les soirées dans les bars tous les soirs, non pas parce que ce serait « un acte de résistance », juste parce qu’on ne veut pas aller se coucher, qu’on veut sortir, boire, voir des gens. Et même, le samedi, finir par l’ouverture des marchés de Noël, avec une roue lumineuse devant la cathédrale, du vin, des huîtres, du vin surtout.

Le marché de Noël (gourmand) de la place de Chambre est ouvert. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

En fait, je ne sais pas vraiment pourquoi je te raconte ça, ami lecteur. Sans doute parce qu’un blog doit aussi servir à ça. Sans doute parce que je ne me sens pas de me lancer dans une explication géopolitique de la situation, ou un pronostic de son évolution, notamment parce que malgré des lectures nombreuses et passionnantes sur le sujet je n’y comprends toujours pas grand chose. Sans doute aussi parce que tout au long de cette semaine, le besoin de convivialité, d’amitié aura été bien plus prégnant que d’habitude. Sans doute parce que même au travers de cet écran, quand je te dis « ami lecteur », je pense vraiment à toi qui est de l’autre côté.

Alors voilà, j’espère que tu te portes bien. Et que tu es aussi content que moi de laisser cette semaine derrière toi.

Zikametz #4

Ami lecteur, tu pourras trouvé une version courte du compte renu qui vient dans le numero d’octobre de Beams, le nouveau mag-culturel-étudiant-messin né des cendres de Metz’Encore. Mais bon ici, il y a de la place, alors voilà la version longue, avec en plus des liens pour cliquer dessus et écouter (parce que cliquer dans un magazine pour l’instant ça marche pas bien (non,même pas en apuyant fort avec le doigt)).

En seulement quatre ans d’existence Zikametz, a déjà réussi a se tailler une jolie place parmi les quelques rendez-vous musicaux messins incontournables (Badaboum, Musiques Volantes, l’entonnoir insomniaque…). Si jusqu’a présent, je fréquentais le festival essentiellement pour l’ambiance qui y régnait et les prix d’entrée modiques (tu pourras trouver les compte rendus des années précédentes dans les archives), cette année j’y allais… pour la musique. Le programme de cette édition était en effet marquée par une programmation beaucoup plus relevée que les précédentes (et je ne dis pas ça parce que j’y jouais), mais aussi une petite augmentation du prix d’entrée (10€ par soir). Est ce dernier point qui aura découragé le public du jeudi? Toujours est il que c’est dans un caveau a moitié vide que Les Gourmets ont enflammé le petit public présent, avec un set impeccable, aussi technique que ludique, qui restera sans doute la grosse claque du festival. Si l’on ajoute Nil et dDamage, on avait là une programmation electro impeccable qui aurait mérité bien plus de monde. Comme je te le disais plus haut j’avais aussi la chance de jouer avec melatonine, et même si le petit théâtre était bien rempli pendant une bonne moitié de notre set, on ne peut pas dire qu’il y régnait une ambiance de folie.

Le vendredi, j’attendais de revoir Sharko, qui m’avait fait une très bonne impression lors de leur passage aux musiques volantes en 2001, ce qui ne me rajeunit pas. Eux non plus d’ailleurs et à l’arrivée on retiendra surtout la copie bien trop propre (trop?) rendue par les belges, pour une pop certes classique, efficace, empreinte du bel héritage flamand (de dEUS a Zita Swoon), mais moins empreinte d’originalité.

C’est indéniablement le samedi qui restera le jour le plus impressionnant de cette 4e édition. Sold out dès 20h30, le festival avait un tout autre visage. Et on tenait du coup l’explication de la petite affluence du jeudi : on avait là un vrai public de (fluo)kids, de ceux qui ont très probablement cours le lendemain d’un concert le jeudi et qui du coup n’y vont pas. C’est donc dans une ambiance jeune, survoltée, à casquettes, que Delleck et le Klub des Loosers nous offrirent un live collectif de haute volée. Bien soutenus par l’excellent Le Jouage, invité de dernière minute, et l’inévitable Detect aux platines, ce Klub des 4 s’est visiblement fait plaisir, et c’était communicatif. Detect enchaînait a la Chapelle avec un DJset dancefloor dont il a le secret sous des lasers verts de toute beauté. En bas, au caveaux les deux furieux de Curry & Coco (dont j’ai fait une mini interview que tu pourras lire dans le Beams) concluaient a la perfection cette belle soirée au caveau, avec un set énergique, hésitant entre rock primal et dance floor.

Le dimanche n’est jamais un jour facile pour remplir une salle de concert. Même rendu gratuit par la grâce (et les financements) du Conseil Régional, l’ambiance était loin de celle de la veille. L’après-midi avait été un joli succès, boosté par les journées du patrimoines, et les nombreux visiteurs qui passaient aux Trinitaires pour voir le lieu. Mais le soir c’était une toute autre histoire. C’est ainsi parmi une dizaine de personnes aussi ébahies que moi que j’ai pu voir les formidables belges de Black Heart Rebellion, qui sonnaient un peu comme si Explosions In The Sky avait embauché un chanteur de screamo. Un son énorme pour le petit caveau, et une bonne claque pour moi.

Bref, à l’arrivée, on ne pourra donc que féliciter zikamine pour l’énorme boulot fourni pour l’organisation de ce festival, et attendre le prochain avec impatience. 5 ans, ça se fête non ?