Sortir à Metz – 12 au 14 octobre 2018

Ami lecteur, nous voilà déjà à la mi-octobre, et en mettant le nez dehors on ne croirait pas franchement. Du coup, il est encore bien temps de sortir et d’en profiter. D’ailleurs, ce week-end pourrait encore nous faire croire que nous sommes tout juste à la rentrée, marqué qu’il est par deux belles inaugurations.

Un bâtiment, d’abord. Difficile en effet de passer à côté de l’Agora, l’un des principaux projets de ce deuxième mandat de Dominique Gros. Ce nouveau lieu, qui regroupe une médiathèque, un centre social et un espace numérique ouvre ses portes vendredi 12 octobre. Ce sera parti pour une semaine d’inauguration, neuf jours d’activités intenses, d’un spectacle de la Compagnie Deus Ex Machina à un concert de l’Orchestre DEMOS, d’une pièce (musique, chant et vidéo) de la compagnie Roland Furieux à une création originale de Julien Nonnon (dont on avait pu apprécier les oeuvres tout l’été pensant Constellations). Au vu des quelques photos qu’on a pu découvrir sur Twitter (notamment), le lieu à l’air classe.

Une visite s’imposera donc rapidement pour jauger les premiers jours de ce lieu, profiter de ce programme d’inauguration (que tu trouveras détaillé ici, sur le nouveau site de l’Agora). Et je suis sûr, ami lecteur, que tu t’associera à moi pour lui fêter la bienvenue.

Vendredi 12 octobre, c’est aussi le jour qu’a choisi le Centre Pompidou-Metz pour dévoiler sa nouvelle exposition Peindre la nuit. Le Milky Way de Peter Doig donne déjà très envie. La liste des artistes présentés (Francis Bacon, Louise Bourgeois, Brassaï, Paul Klee, Henri Michaux, Joan Mitchell, Gerhard Richter…) aussi. Et les évènement proposés autour de l’exposition pas moins.

L’an dernier, j’avais été marqué par l’excellent livre La nuit. Vivre sans témoins. de Michaël Foessel, petit ouvrage que je te recommande vivement, ami lecteur. Je ne doute pas y trouver une forme de résonance dans cette exposition, sur laquelle il est probable que je revienne ici même.

Il est aussi question de nuit aux Trinitaires : Last Night Saves The Day. C’est le titre de la soirée de ce même vendredi 12, en écho à l’œuvre de Martin Beck Last Night et des soirées new-yorkaises Love Saves The Day. Aux trinitaires, on retrouvera notamment Kiddy Smile (mais aussi MEGA Ω MEGA et Noir Velvet) qui aura marqué une Fête de la Musique de laquelle on n’attend plus grand chose habituellement, avec un DJ set à l’Élysée et un débat qui l’a entouré qui ne t’aura sans doute pas échappé (sinon c’est par ici, entre autres). En tout cas, si l’on se fie au clip extrait de son dernier album, ça sera probablement un peu la fête au Caveau.

Toujours vendredi 12, à l’Arsenal, tu peux aller sans top hésiter voir la nouvelle création d’Aurélie Gandit (Compagnie La brèche), Perchée dans les Arbres. Sans trop hésiter, parce que ces spectacles sont toujours originaux, décapants, pertinents.

Bon je pourrai aussi te parler du concert de Lorenzo à la BAM samedi 13, mais c’est complet, Mamène.

Du côté de la Chaouée on passe du métal le vendredi (Rankenn, Hell Gate, Razor Butchers) à une soirée new wave / années 80 le samedi, comme ça, hop. Et autour de ces esthétiques on retrouvera d’ailleurs une belle brochette de DJs bien connus par ici : Mini-Sushi, Rolus, Keta…

L’Aérogare fonctionne bien ces dernières semaines, après un bel été. Avec des programmations décalées et assez festives ce week-end, ça pourrait être encore le cas : une soirée jazz manouche avec le virtuose Dorado Schmitt et une Boum à Propser (Rock, Funk, Hip Hop, Electro, Swing, House) samedi !

Un week-end aussi chargé. Un peu de soleil dehors. Décidément, on se croirait encore à la fin de l’été, ami lecteur, non ?
Même si la Nuit tombe maintenant un peu plus tôt, et que pour une fois, l’on ne s’en plaindra pas.

Sortir à Metz – 20 au 23 septembre 2018

Ami lecteur. Le festival Zikametz a 15 ans. Déjà.

Comme je suis vieux (si si), j’ai assisté à à peu près toutes les éditions. De très réussies artistiquement, d’autres qui m’ont moins convaincu. Certaines laborieuses en terme de fréquentations et d’autres complètement complètes. La vie d’un festival, quoi. On en parlera d’ailleurs lors d’une table ronde Bâtir un festival, l’envers du décor qui ouvre cette quinzième édition vendredi soir à 18h30, en compagnie (entre autres) de deux autres associations qui elles ont fait le choix de cesser leurs activités : Musiques Volantes (qui reviendra pour une vingt-troisième et dernière édition en novembre) et Boumchaka (qui ne reviendra pas du tout pour une huitième édition de Freeeeze en février). Cette double fin attriste forcément les amateurs de bon concerts, ici. Dont je suis. Et de ça nous pourrons donc en parler à cette table ronde de demain, que Zikamine m’a confié la redoutable mission de modérer. Mais on aura aussi l’occasion d’en reparler à d’autres endroits, à d’autres moments, ami lecteur. Et sans nul doute ici même.

En attendant, le festival Zikametz lui ne s’arrête pas. Et dans la série des éditions qui devraient marcher, cette quinzième se pose là.

Déjà il y a quelques beaux noms du hip-hop français (Guizmo, kacem wapalek, Kikesa, Melan…), ce qui devient une habitude pour Zikametz. Et si le hip hop domine ce week end aux Trinitaires (comme les ventes de musique en France), l’électro y sera aussi présente avec notamment UpperMost ou le luxembourgeois Ryvage que je suis bien curieux de voir l’un et l’autre en live samedi soir.

Et puis, même s’ils ne sont dans la programmation de Zikametz qu’avec un DJ set le vendredi soir, je ne résiste pas à l’envie de te partager le live de l’excellent morceau Ailleurs des non moins excellents Grand Blanc.

Ok, je ne sais pas toi, mais je suis fan. Leur nouvel album, Image sur le mur, vient de sortir, je te conseille de te jeter dessus avidement prendre le temps de l’écouter d’une oreille attentive. Et puis ne te méprends pas quand je dis « qu’un DJ set ». Étant donnés les excellents goûts musicaux de ces esthètes, on peut s’attendre à une sélection musicale de haute volée, originale et efficace.

Bref, avec Zikametz, des pass deux jours à 15€ et des bières pas trop chères, fréquenter Les Trinitaires les soirées de vendredi et samedi serait de bon aloi.

Pendant ce temps là à la Chaouée, si on peut noter les concerts de Plastic Age (power trio from Nevers – qui a l’air plutôt intéressant) et Bye Bye Bye + Vaudou Josephine (rock from Alsace), on regrettera qu’ils tombent les mêmes soirs que Zikametz. Du coup, ami lecteur, on s’intéressera peut être plus particulièrement à la soirée Virgae, qui arrive dès ce jeudi : une asso qui se partage entre Nancy et Metz (si si, c’est possible), un collectif d’une quinzaine de DJ / producteurs électro, qui organise des soirées mais qui occupe également un créneau chez Radio Campus Lorraine pour une émission de radio, projet Virgae le vendredi soir, émission dont ils fêtent ici la rentrée, à la Chaouée. Orientée dancefloor, électro et techno, pour ce que j’ai pu en écouter, l’émission. On sait à quoi s’attendre pour la soirée, du coup : les murs de la Chaouée vont résonner fort.

Cette semaine marque aussi la rentrée de deux lieux messins qu’on aime.
Jeudi soir, Modulab (atelier / galerie dédié à la pratique du dessin, de l’image imprimée et à l’édition) vernit l’exposition Entresort, de Roby Comblain : des xylogravures au format photographique, tirées de descriptifs de paysages sans données géographiques et sans chronologie, comme des songes.
Vendredi, c’est la Conserverie (« lieu d’archive » dédié à la photographie) qui vernit Occiput de Bill NOIR, en lien avec l’association strasbourgeoise Mékanik copulaire.

Cette semaine toujours, on inaugure Étudiant dans ma ville, qui dure jusqu’au 29 septembre et qui est marqué par tout un tas d’évènement que je ne vais pas détailler ici ne serait ce que parce qu’ils le sont là, et parce que j’y reviendrai sans doute la semaine prochaine.

Et puis ami lecteur, je suppose (et j’espère) que tu l’es ailleurs que sur ce blog. Lecteur. Je te signale donc si ça t’avais échappé la venue d’Aurélie Filippetti, une amie écrivaine, à la librairie Autour du Monde, vendredi 21 à 18h30. Bon, tu l’as sans doute connue comme députée et Ministre de la Culture, avec l’exposition médiatique qui va avec. Mais écrivaine, elle l’était avant, dès 2003 avec Les Derniers Jours de la classe ouvrière. Et elle a bien raison d’y revenir : son dernier roman, joliment intitulé Les idéaux, a réussi à s’extraire de la jungle foisonnante de la rentrée littéraire. Je t’avoue que ne l’ai pas encore lu, ce roman, acheté un peu tardivement (hier). Alors j’ai entendu que ça glosait pas mal autour du style, lu que ça semblait être un grand roman politique. Dans tous les cas cette rencontre pourrait aussi être l’occasion de découvrir, si tu n’en as pas encore franchi le seuil, la Librairie Autour du Monde, qui gagne à être connue.

Tiens, ça pourrait d’ailleurs être une bonne idée d’épisode de podcast, ça, non ? Qu’en dis tu ?

Sortir à Metz – 17 au 19 mai 2018

C’est qu’ils commencent à s’enchaîner, ces week end au cours desquels on ne sait pas trop où donner de la tête.

D’ailleurs tiens, soyons fous, si l’on se disait que ce week end commençait dès le jeudi ? Peut être le choix serait il plus simple finalement : hop, on saute sur un Indigo Weel (par exemple… et non ce n’est pas du placement de produit, je n’en suis pas là, c’est juste que je l’utilise un peu ces derniers temps et que c’est pas mal fichu) pour aller à l’Aérogare voir le retour sur scène d’Instase (revoir leur clip par ici), fêter le nouvel EP de Domino & the ghosts et en profiter pour découvrir les parisiens de 2PanHeads. Les infos sont par ici.
C’est déjà pas mal pour un jeudi.

Ça se complique par contre le vendredi. Et ce dès le début de soirée.
Je ne te parle pas souvent des dates à l’Arsenal, mais là je ne peux m’en empêcher : l’Orchestre national de Lorraine (qu’il faudra bientôt appeler l’Orchestre national de Metz) se pose cette question tenace : « Faut il un chef d’orchestre ? » avec au violon l’excellent David Grimal, et au programme Mozart, Mendelssohn mais surtout la 7e de Beethoven qui ne laisse pas de me filer des frissons quand je l’écoute. Tiens allez, on se la lance ?

Ça donnera une tonalité un peu dramatique à la lecture de la suite de cet article

Bon, c’est sûr que passer directement à Chilla aux Trinitaires, ça sera peut être un peu difficile. On hésitera plus facilement avec le 99 de Marc Nammour à la BAM, qui promet d’être une jolie découverte.

Du côté de la Chaouée, c’est cold wave, pop, folk… en tout cas c’est une soirée Mâche 1 Truc (on peut donc y aller les yeux fermés et les oreilels grandes ouvertes), avec Judas Donneger, Sheezahee, et le local de l’étape : Shake the Disease

Et c’est tout pour vendredi ? Mais non, voyons : pendant ce temps là, à l’Aérogare, l’infatigable Dom Colmé fête la sortie de son nouvel album !

Samedi après midi, tu pourrais aller fureter du côté du Carré des Bulles, meilleur dealer de BD du coin, pour les dédicaces de Charlie Zanello pour Dedans le Centre Pompidou Metz (Dargaud, j’en avais utilisé une illustration pour le billet de la semaine dernière) et Timothée Ostermann pour Football District (Fluide Glacial).

Et puisque tu ne seras pas très loin, tu pourrais faire le détour chez Faux Mouvement, à 18 heures, pour le finissage de Ouvrez les guillemets -Cohabitation #10 la résidence des étudiants de l’ESAL. Il y a plus d’infos par ici.

Samedi, pour changer un peu, on pourrait aller du côté du Saulcy, pour célébrer le retour du Saulcy Blaster. Il faut dire qu’on l’a un peu attendue, cette 8 édition, puisque la septième avait été mémorable… mais c’était déroulée en 2016. Voilà donc l’asso Diffu’Son de retour, et on ne peut que s’en réjouir. Une prog très locale pour ce SB8, mais elle vaut le détour : Bambou ou la redoutable efficacité du trio au sommet, The Yokel aussi doués pour t’attendrir sur leur folk que taper du pied sur leur pop-country, Baguette Crew ou comment transformer le Saulcy en dancefloor. Et puis aussi, Lumb, Psychoquake Sound System, et des « concerts surprises ».
Tiens, j’en profite, si ce clip de Bambou, réalisé par l’excellent François Calvier, t’avait échappé, voilà une séance de rattrapage.

Mais sacré dilemme, dans le même temps aux Trinitaires, les mythiques Foreign Beggars prennent la Chapelle en bons patrons du grime / dubstep européen, une occasion rare de voir ces MCs anglais sur scène dans le coin. Et en première partie il y a le pote Ben, qui sait faire transpirer une salle avant l’arrivée d’une tête d’affiche. Un parcours Saulcy -> Trinitaires -> Saulcy semble donc une option intéressante.

Et tant qu’à en rajouter, à la Chaouée, c’est noise rock, avec Don Aman (un groupe qui tire son nom du Spiderland de Slint ne peut que m’être sympathique avant même que je n’aie écouté) et Tolstoï.

Alors ami lecteur, quel sera ton choix ?

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PS : j’en profite pour te signaler à nouveau que ces billets de blog Sortir à Metz sont en partenariat avec les amis de Metz Today (un web quotidien auquel tu ferais bien de t’abonner) qui ont l’amabilité de les relayer !

PS2 : n’hésite pas aussi à suivre les mises à jour de ce blog via la page Facebook qui lui est consacrée !

Laisser cette semaine derrière soi.

Allez, on ne va pas se le cacher : c’était une semaine éprouvante que celle qui est en train de s’achever, ami lecteur.

Il y a 9 jours, le 13 novembre 2015, vers 22h, j’étais à la Maison de la Culture et des Loisirs pour la soirée L’ouvrage du Fou. Une soirée sympathique, de déclamations improvisées et d’interventions musicales dans le cadre chaleureux du relais, le petit caveau de la MCL, joliment décoré pour l’occasion.

Et puis, en jetant un oeil sur mon portable, j’ai vu les premiers tweets inquiétants qui rapidement laissaient peu de place au doute. Après quelques minutes de rafraichissements compulsifs des divers fils d’actu, j’allais partager l’information avec Margaud et nous rentrions sidérés à la maison, pour passer le reste de la soirée hagards devant iTélé. Dans mon esprit, c’est peu à peu une infinie tristesse qui prenait l’essentiel de la place et c’est encore le sentiment qui prédominait en réussissant à aller me coucher, vers 5h du matin.

Dans une situation comme celle ci, en s’endormant, on peut d’ailleurs avoir un peu l’impression qu’il ne va pas y avoir de lendemain. Pourtant, le samedi 14 a bien existé, et la gueule de bois qui a accompagné le réveil, malgré une consommation d’alcool limitée la veille, était bien réelle. L’ensemble du week end est passé de manière cotonneuse, comme si j’étais en permanence à moitié éveillé. Et les heures de sommeil en retard n’expliquaient pas totalement cet état. Après une douche et un trajet en Mettis, le tout effectué de manière très mécanique, la journée du samedi commençait réellement par le Borny Buzz Café à la BAM.

Ce matin, à la BAM, on discute de démocratie avec le Borny Buzz Café. C'est approprié, ce matin. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Puis vers midi tombait la confirmation de l’annulation du concert de Nekfeu prévu à la BAM le soir même, qui affichait complet depuis des mois.

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Évidemment, qu’on comprend, Nekfeu.
Cette envie, cette motivation à monter sur une scène le lendemain d’une soirée comme celle ci relève de l’intime. Il n’y a pas de bonne décision, en l’état. Le même soir, d’ailleurs, aux Trinitaires, Sipping et AqME maintenaient leur concert.
L’après midi était le temps d’un indispensable recueillement collectif.

Merci @Ville_de_metz d'avoir maintenu ce rassemblement, ce recueillement. Ça fait du bien de voir des gens unis. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Vers la fin, alors que j’étais reparti du côté de l’Arsenal voir comment se passait le festival Je t’aime… Ich Auch Nicht, une dizaine d’abrutis ont tenté de venir le perturber Le soir, après avoir passé deux heures à la BAM pour les rares spectateurs qui seraient passés au travers de l’information du report du concert (ils étaient 6, en tout et pour tout), nous nous retrouvions dans un bar avec quelques amis, dans une ambiance où la morosité nous reprenait régulièrement, tout juste perturbée par la rencontre de norvégiens venus « pour les pigeons » (en fait le Congrès Européen d’Aviculture). Une conversation décalée, qui faisait du bien. Et je n’ai pas vraiment souvenir d’un dimanche dont on essayait de faire en sorte qu’il soit quasiment normal. Alors que ce n’était pas le cas.

Difficile donc d’affronter le lundi, et une nouvelle semaine. Le premier moment où j’ai senti que tout repartait était une répétition de mélatonine, le lundi soir, en jouant de la basse pendant deux heures. Et puis le concert de SoCalled à la BAM. Il était content de jouer, SoCalled, ses deux concerts des jours précédent ayant été annulés. Et il réussissait à mettre une ambiance géniale, même si l’on sentait bien qu’il y aurait pu y avoir un peu plus de monde, si ce concert n’était pas tombé à ce moment là.

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Bien sûr, on continue à guetter les infos. Et le mercredi matin à Saint Denis, le samedi à Bruxelles, on a l’impression de replonger, un peu. Mais dans le même temps, aux Trinitaires le beau concert de Chelsea Wolfe le jeudi, des excellents belges de We Stood Like Kings le vendredi. Le génial Aaron Parks qui se pointe à la soirée jazz au caveau par surprise. Les discussions avec les collègues sur le meilleur endroit par lequel sortir de la salle si un mec se point avec une kalach. On en rigole, un peu. Et puis, concert ou pas, finir les soirées dans les bars tous les soirs, non pas parce que ce serait « un acte de résistance », juste parce qu’on ne veut pas aller se coucher, qu’on veut sortir, boire, voir des gens. Et même, le samedi, finir par l’ouverture des marchés de Noël, avec une roue lumineuse devant la cathédrale, du vin, des huîtres, du vin surtout.

Le marché de Noël (gourmand) de la place de Chambre est ouvert. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

En fait, je ne sais pas vraiment pourquoi je te raconte ça, ami lecteur. Sans doute parce qu’un blog doit aussi servir à ça. Sans doute parce que je ne me sens pas de me lancer dans une explication géopolitique de la situation, ou un pronostic de son évolution, notamment parce que malgré des lectures nombreuses et passionnantes sur le sujet je n’y comprends toujours pas grand chose. Sans doute aussi parce que tout au long de cette semaine, le besoin de convivialité, d’amitié aura été bien plus prégnant que d’habitude. Sans doute parce que même au travers de cet écran, quand je te dis « ami lecteur », je pense vraiment à toi qui est de l’autre côté.

Alors voilà, j’espère que tu te portes bien. Et que tu es aussi content que moi de laisser cette semaine derrière toi.

Zikametz #4

Ami lecteur, tu pourras trouvé une version courte du compte renu qui vient dans le numero d’octobre de Beams, le nouveau mag-culturel-étudiant-messin né des cendres de Metz’Encore. Mais bon ici, il y a de la place, alors voilà la version longue, avec en plus des liens pour cliquer dessus et écouter (parce que cliquer dans un magazine pour l’instant ça marche pas bien (non,même pas en apuyant fort avec le doigt)).

En seulement quatre ans d’existence Zikametz, a déjà réussi a se tailler une jolie place parmi les quelques rendez-vous musicaux messins incontournables (Badaboum, Musiques Volantes, l’entonnoir insomniaque…). Si jusqu’a présent, je fréquentais le festival essentiellement pour l’ambiance qui y régnait et les prix d’entrée modiques (tu pourras trouver les compte rendus des années précédentes dans les archives), cette année j’y allais… pour la musique. Le programme de cette édition était en effet marquée par une programmation beaucoup plus relevée que les précédentes (et je ne dis pas ça parce que j’y jouais), mais aussi une petite augmentation du prix d’entrée (10€ par soir). Est ce dernier point qui aura découragé le public du jeudi? Toujours est il que c’est dans un caveau a moitié vide que Les Gourmets ont enflammé le petit public présent, avec un set impeccable, aussi technique que ludique, qui restera sans doute la grosse claque du festival. Si l’on ajoute Nil et dDamage, on avait là une programmation electro impeccable qui aurait mérité bien plus de monde. Comme je te le disais plus haut j’avais aussi la chance de jouer avec melatonine, et même si le petit théâtre était bien rempli pendant une bonne moitié de notre set, on ne peut pas dire qu’il y régnait une ambiance de folie.

Le vendredi, j’attendais de revoir Sharko, qui m’avait fait une très bonne impression lors de leur passage aux musiques volantes en 2001, ce qui ne me rajeunit pas. Eux non plus d’ailleurs et à l’arrivée on retiendra surtout la copie bien trop propre (trop?) rendue par les belges, pour une pop certes classique, efficace, empreinte du bel héritage flamand (de dEUS a Zita Swoon), mais moins empreinte d’originalité.

C’est indéniablement le samedi qui restera le jour le plus impressionnant de cette 4e édition. Sold out dès 20h30, le festival avait un tout autre visage. Et on tenait du coup l’explication de la petite affluence du jeudi : on avait là un vrai public de (fluo)kids, de ceux qui ont très probablement cours le lendemain d’un concert le jeudi et qui du coup n’y vont pas. C’est donc dans une ambiance jeune, survoltée, à casquettes, que Delleck et le Klub des Loosers nous offrirent un live collectif de haute volée. Bien soutenus par l’excellent Le Jouage, invité de dernière minute, et l’inévitable Detect aux platines, ce Klub des 4 s’est visiblement fait plaisir, et c’était communicatif. Detect enchaînait a la Chapelle avec un DJset dancefloor dont il a le secret sous des lasers verts de toute beauté. En bas, au caveaux les deux furieux de Curry & Coco (dont j’ai fait une mini interview que tu pourras lire dans le Beams) concluaient a la perfection cette belle soirée au caveau, avec un set énergique, hésitant entre rock primal et dance floor.

Le dimanche n’est jamais un jour facile pour remplir une salle de concert. Même rendu gratuit par la grâce (et les financements) du Conseil Régional, l’ambiance était loin de celle de la veille. L’après-midi avait été un joli succès, boosté par les journées du patrimoines, et les nombreux visiteurs qui passaient aux Trinitaires pour voir le lieu. Mais le soir c’était une toute autre histoire. C’est ainsi parmi une dizaine de personnes aussi ébahies que moi que j’ai pu voir les formidables belges de Black Heart Rebellion, qui sonnaient un peu comme si Explosions In The Sky avait embauché un chanteur de screamo. Un son énorme pour le petit caveau, et une bonne claque pour moi.

Bref, à l’arrivée, on ne pourra donc que féliciter zikamine pour l’énorme boulot fourni pour l’organisation de ce festival, et attendre le prochain avec impatience. 5 ans, ça se fête non ?