melatonine is not dead

Je te t’en parlais déjà il y a quelques mois ici même, ami lecteur, malgré l’âge avancé du groupe (et de ses trois musiciens, oui, merci), melatonine continue à son rythme (c’est à dire très lentement) à plancher sur un nouvel album.

Il y a une dizaine de jours, nous prenions donc le temps (trois heures) d’enregistrer quelques morceaux (sept, précisément) dans les studios de répétition de la BAM. C’était un bon moment avec mes deux comparses. Un peu comme une répétition avec simplement cette très légère pression pour essayer de faire mieux parce que ça enregistre (même si tu l’oublies vite, que ça enregistre).

Melatonine, enregistrement BAM.

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

we-are-unique-recordsL’objectif était simplement ici d’avoir un enregistrement assez fidèle pour se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler le prochain album, ce qui nous permettra bien sûr de voir si l’on garde l’ensemble de ces morceaux, s’il y a des modifications à y apporter. Mais nous pourrons aussi ainsi l’envoyer à notre fidèle label (We Are Unique Records) qui nous suit quasiment depuis les débuts du groupe, pour savoir s’il nous suivra encore, ce coup ci.

Et pourquoi est ce que je te parle de ça maintenant ? Eh bien parce que je suis en ce moment même en train de réécouter ces fameux morceaux et que ça sonne finalement plutôt pas mal. Je ne sais pas si les quelques secondes de la vidéo ci dessous t’aideront à te faire une idée, mais c’est tout ce que j’ai sous la main là tout de suite.

En tout cas, simplement, simplement : melatonine is not dead, vivement la suite.

Il fallait bien ça

Oui ami lecteur, il y a huit jours, je te racontais ici même que j‘étais bien content de laisser une semaine pesante derrière moi. Mais au moment d’en reprendre une nouvelle, il faut reconnaître que que ce n’était pas encore ça. Finalement ce sont deux concerts qui ont fait le nécessaire. Il faut dire que Thurston Moore et Dominique A sont en bonne place dans les quelques artistes intouchables qui figurent dans mon panthéon musical. Et ils ne sont pas si nombreux. Le fait que les deux jouent à Metz la même semaine relevait d’un beau hasard.

Alors que le mardi est parfois danger, le lundi est, lui, rarement un jour faste pour les concerts notamment à Metz. Étrangement ce lundi 23 novembre offrait un choix quasi-pléthorique : une soirée de l’association Mâche un Truc à la Chaouée (raxil4 / Ræppen / PsôM), The Necks invités par Fragment à l’église Saint Maximin et donc Thurston Moore au Centre Pompidou-Metz. Je ne me suis décidé que l’après-midi même à aller à ce concert. Pourtant, ami lecteur, je suis un fan de Sonic Youth, ça fait sans doute partie des groupes qui m’ont fait faire de la musique (notamment avec melatonine). Mais voilà je ne sais pas, je n’avais sans doute pas encore tout à fait le coeur à ça.

L’après-midi, donc, je constate qu’il reste des places (ça sera finalement complet le soir même). Et je me dis aussi que l’occasion ne se représentera peut être pas de sitôt. Et l’ami Nico D’Ascenzio achève de me convaincre. Autant te dire, ami lecteur, que dès le début du concert je me suis vite rendu compte que j’aurais eu tort de rater ça. Après les messins de Chair en première partie (dans lesquels on reconnaissait quelques têtes connues) et quelques bières au bar (dont le comptoir était rapidement débordé et les fûts rapidement vidés par un flux de public sans doute inhabituel) retour dans le Studio du CPM pour voir sur scène Thurston Moore accompagné de Steve Shelley (Sonic Youth aussi) à la batterie , Debbie Googe (My Bloody Valentine) à la basse, et James Sedwards à la guitare.

Que te dire du set ? Il était très bon. Très très bon même.

Oui, qu’en dire ? Avec une autre formation, on aurait pu dire que ça faisait franchement Sonic Youth. Ce son à la fois noise et mélodique, ces morceaux faussement simples et vraiment épiques, tout y était. Mais comme la moitié du groupe était sur scène, comment le leur reprocher ? Et ce n’est d’ailleurs pas ce que le public a fait, bien au contraire. Et les rappels furent long, comme ceux d’une dernière date de tournée réussie.

inrocks dominique ALe jeudi, c’était Dominique A à la BAM. Je crois que, comme pour Sonic Youth, j’ai été fan de ce garçon dès que je l’ai entendu. Je me souviens aussi, quelques temps plus tard, de cette couverture des inrocks, « la chanson française dont vous n’aurez pas honte », en 1995. Tiens je te la colle à côté, là. Un peu provoc-drôle bien sûr, mais au fond assez juste pour que ça fonctionne quand même.

Le concert était à la hauteur de ce que l’on peut penser du « patron » et de ses morceaux. C’était beau, le son de la BAM était bon, c’était impeccablement interprété. En concert peut être encore plus de sur disque, on prend le temps de se rendre compte de la subtilité et de la finesse de chacun de ses compositions, de la force des paroles.

Et là aussi, c’était long. Il faut dire que, même si son dernier album Eleor représente une bonne partie de son set, il y a de la matière dans sa discographie depuis La fossette, déjà génial, en 1992. Et à tout cela il convient rajouter l’amabilité du bonhomme pendant et après le concert, lorsqu’il est venu discuter avec le public qui traînait encore au bar.

DOMINIQUE A | #LaBAM | #Metz (1/2)

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D’ailleurs, cette amabilité et cette gentillesse, c’est également ce que m’ont rapporté ceux qui ont eu le bonheur de croiser Thurston Moore le lundi précédent.

De la gentillesse, de l’amabilité, de la musique à la fois forte et géniale. Oui, ami lecteur, je crois qu’il fallait bien ça.

PS : et merci à Margaud pour le disque dédicacé.
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Laisser cette semaine derrière soi.

Allez, on ne va pas se le cacher : c’était une semaine éprouvante que celle qui est en train de s’achever, ami lecteur.

Il y a 9 jours, le 13 novembre 2015, vers 22h, j’étais à la Maison de la Culture et des Loisirs pour la soirée L’ouvrage du Fou. Une soirée sympathique, de déclamations improvisées et d’interventions musicales dans le cadre chaleureux du relais, le petit caveau de la MCL, joliment décoré pour l’occasion.

Et puis, en jetant un oeil sur mon portable, j’ai vu les premiers tweets inquiétants qui rapidement laissaient peu de place au doute. Après quelques minutes de rafraichissements compulsifs des divers fils d’actu, j’allais partager l’information avec Margaud et nous rentrions sidérés à la maison, pour passer le reste de la soirée hagards devant iTélé. Dans mon esprit, c’est peu à peu une infinie tristesse qui prenait l’essentiel de la place et c’est encore le sentiment qui prédominait en réussissant à aller me coucher, vers 5h du matin.

Dans une situation comme celle ci, en s’endormant, on peut d’ailleurs avoir un peu l’impression qu’il ne va pas y avoir de lendemain. Pourtant, le samedi 14 a bien existé, et la gueule de bois qui a accompagné le réveil, malgré une consommation d’alcool limitée la veille, était bien réelle. L’ensemble du week end est passé de manière cotonneuse, comme si j’étais en permanence à moitié éveillé. Et les heures de sommeil en retard n’expliquaient pas totalement cet état. Après une douche et un trajet en Mettis, le tout effectué de manière très mécanique, la journée du samedi commençait réellement par le Borny Buzz Café à la BAM.

Ce matin, à la BAM, on discute de démocratie avec le Borny Buzz Café. C'est approprié, ce matin. #Metz

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Puis vers midi tombait la confirmation de l’annulation du concert de Nekfeu prévu à la BAM le soir même, qui affichait complet depuis des mois.

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Évidemment, qu’on comprend, Nekfeu.
Cette envie, cette motivation à monter sur une scène le lendemain d’une soirée comme celle ci relève de l’intime. Il n’y a pas de bonne décision, en l’état. Le même soir, d’ailleurs, aux Trinitaires, Sipping et AqME maintenaient leur concert.
L’après midi était le temps d’un indispensable recueillement collectif.

Merci @Ville_de_metz d'avoir maintenu ce rassemblement, ce recueillement. Ça fait du bien de voir des gens unis. #Metz

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Vers la fin, alors que j’étais reparti du côté de l’Arsenal voir comment se passait le festival Je t’aime… Ich Auch Nicht, une dizaine d’abrutis ont tenté de venir le perturber Le soir, après avoir passé deux heures à la BAM pour les rares spectateurs qui seraient passés au travers de l’information du report du concert (ils étaient 6, en tout et pour tout), nous nous retrouvions dans un bar avec quelques amis, dans une ambiance où la morosité nous reprenait régulièrement, tout juste perturbée par la rencontre de norvégiens venus « pour les pigeons » (en fait le Congrès Européen d’Aviculture). Une conversation décalée, qui faisait du bien. Et je n’ai pas vraiment souvenir d’un dimanche dont on essayait de faire en sorte qu’il soit quasiment normal. Alors que ce n’était pas le cas.

Difficile donc d’affronter le lundi, et une nouvelle semaine. Le premier moment où j’ai senti que tout repartait était une répétition de mélatonine, le lundi soir, en jouant de la basse pendant deux heures. Et puis le concert de SoCalled à la BAM. Il était content de jouer, SoCalled, ses deux concerts des jours précédent ayant été annulés. Et il réussissait à mettre une ambiance géniale, même si l’on sentait bien qu’il y aurait pu y avoir un peu plus de monde, si ce concert n’était pas tombé à ce moment là.

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Bien sûr, on continue à guetter les infos. Et le mercredi matin à Saint Denis, le samedi à Bruxelles, on a l’impression de replonger, un peu. Mais dans le même temps, aux Trinitaires le beau concert de Chelsea Wolfe le jeudi, des excellents belges de We Stood Like Kings le vendredi. Le génial Aaron Parks qui se pointe à la soirée jazz au caveau par surprise. Les discussions avec les collègues sur le meilleur endroit par lequel sortir de la salle si un mec se point avec une kalach. On en rigole, un peu. Et puis, concert ou pas, finir les soirées dans les bars tous les soirs, non pas parce que ce serait « un acte de résistance », juste parce qu’on ne veut pas aller se coucher, qu’on veut sortir, boire, voir des gens. Et même, le samedi, finir par l’ouverture des marchés de Noël, avec une roue lumineuse devant la cathédrale, du vin, des huîtres, du vin surtout.

Le marché de Noël (gourmand) de la place de Chambre est ouvert. #Metz

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En fait, je ne sais pas vraiment pourquoi je te raconte ça, ami lecteur. Sans doute parce qu’un blog doit aussi servir à ça. Sans doute parce que je ne me sens pas de me lancer dans une explication géopolitique de la situation, ou un pronostic de son évolution, notamment parce que malgré des lectures nombreuses et passionnantes sur le sujet je n’y comprends toujours pas grand chose. Sans doute aussi parce que tout au long de cette semaine, le besoin de convivialité, d’amitié aura été bien plus prégnant que d’habitude. Sans doute parce que même au travers de cet écran, quand je te dis « ami lecteur », je pense vraiment à toi qui est de l’autre côté.

Alors voilà, j’espère que tu te portes bien. Et que tu es aussi content que moi de laisser cette semaine derrière toi.