Metz, Capitale Européenne de la Culture en 2028 ?

« La capitale européenne de la culture est une ville désignée par l’Union européenne pour une période d’une année civile durant laquelle un programme de manifestations culturelles est organisé.

L’idée de désigner une capitale européenne de la culture a été émise en 1985 par l’actrice devenue ministre de la Culture de la Grèce Melina Mercouri et Jack Lang, ministre de la Culture français afin de rapprocher les Européens en mettant en avant la richesse et la diversité des cultures du continent. Le programme est géré par la Commission européenne et le titre attribué chaque année par le Conseil de l’Union européenne avec l’appui d’un groupe d’experts culturels chargés d’évaluer les proposition des villes candidates. Plus de 50 villes ont été ainsi désignées depuis le début du programme.

La préparation d’une capitale européenne de la culture est souvent l’occasion pour les villes désignées de mettre en place des programmes de renouvellement urbain, de mettre en avant ou changer l’image de la ville et de lui faire gagner un profil international. »

Oui ami lecteur, tu l’auras remarqué, je ne me suis pas foulé pour cette introduction, tout droit extraite de la page Wikipedia sobrement intitulée « Capitale européenne de la culture ». Après tout ça a le mérite d’être clair, et il faut reconnaître qu’on n’a pas si souvent l’occasion de citer Melina Mercouri.

Mais pourquoi ce billet maintenant, me demanderas tu ? Eh bien, il se trouve que cette idée est revenue sur le tapis par l’intermédiaire d’André Rossinot pas plus tard que mardi dernier.

André Rossinot, ancien maire de Nancy (de 1983 à 2014, soit 31 ans, ce qui est joli score) est actuellement président de la Métropole du Grand Nancy. Il se trouve que mardi, il laissait son siège de président du Sillon Lorrain à Jean-Luc Bohl, président de Metz Métropole. Le Sillon Lorrain est un Pôle métropolitain porté par les quatre intercommunalités de Thionville, Metz, Nancy et Epinal, l’idée (plutôt bonne) étant de bosser ensemble afin de mener « des actions d’intérêt métropolitain en matière de développement économique, de promotion de l’innovation, de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture, d’aménagement de l’espace (…) et de développement des infrastructures et des services de transports.« , nous disent les lois du 16 décembre 2010 et du 27 janvier 2014. Et pour le reste tu iras lire par ici parce que bon, je ne vais pas tout te recopier à chaque fois non plus.

Donc mardi, André profitait de sa passation de pouvoir amicale à Jean-Luc pour lâcher cette idée, comme ça, hop.
Mais ça paraît avoir du sens.
Le sillon a déjà permis, via une candidature commune, d’obtenir le label French Tech en 2015, par exemple. Et puis Metz à fait de « Métropole Art & Tech » le sous titre de sa marque de territoire Inspire Metz, comme tu peux le constater sur le visu à droite, là. Enfin Metz et Nancy continuent à miser sur la culture (Constellations de Metz en est cet année un exemple) avec des budgets non négligeables qui y sont consacrés chaque année (je connais moins les situations de Thionville et Epinal, mais promis j’y jetterai un oeil à l’occasion), et le nombre d’équipements culturels de nature à accueillir spectacles, expositions, conférences… est amplement suffisant sur le territoire.

Cette idée n’est d’ailleurs pas tout à fait nouvelle. On la retrouve, pour Metz , dans un rapport du Conseil Economique et Social Local de 2010, intitulé « Metz 2030, capitale culturelle de la Grande Région« , que tu peux trouver ici et dont voici la conclusion :

« A présent, vous êtes libres de vous en aller ou, si vous le souhaitez, d’enchaîner votre journée par une soirée de spectacles soit à l’Arsenal, à l’Opéra, au Centre Pompidou, soit à la Salle des musiques actuelles, aux Arènes, au Centre dramatique, à l’espace Koltès… Après une telle journée, vous êtes désormais le supporter le plus fervent à la candidature de Metz pour devenir la prochaine Capitale européenne de la Culture… »

On retrouve également cette idée dans le programme du Metz2014.com d’Emmanuel Lebeau, plus proche encore de la version d’André Rossinot : « Accueil de l’exposition universelle/internationale ou tout autre événement international type capitale européenne de la culture, de nature à symboliser le travail de toute la Lorraine dans la reconquête de son rôle moteur : Lorraine 2025. » nous disait il dans une page dédiée au « destin commun » de Metz et Nancy, avant les municipales de 2014.

L’idée semble donc plutôt pertinente, on est encore dans le timing (la prochaine Capitale Européenne de la Culture française sera pour 2028 et la décisions devrait se prendre en 2023)… mais tu me connais ami lecteur, je vais ajouter quelques nuances à ce bô tableau.

La première que je vois est luxembourgeoise. Il se trouve qu’en 2022, nos amis et voisins du Luxembourg auront leur capitale européenne de la culture. Ce sera officiel en septembre, mais tout porte à penser que ce sera Esch-sur-Alzette, notamment parce qu’il me semble que c’est la seule candidate. Et autant te dire que pour Esch 2022, tout est déjà en place : https://esch2022.lu/. De manière tout à fait cohérente avec son territoire, la candidature d’Esch intègre la CCPHVA, joli acronyme qui, comme tu le sais, bien entendu, désigne la communauté de communes du Pays-Haut Val d’Alzette. Cette communauté de commune est la voisine directe de Thionville, comme tu peux le voir sur la carte à gauche, juste là. Bon, ça n’empêche rien en soir, mais lorsque le jury se sélection se réunira en 2023 pour désigner la ville française capitale européenne de la culture, ils vont peut être se souvenir qu’ils étaient 10 bornes plus loin l’année d’avant.

Deuxième nuance, le sillon lorrain ne va pas être seul sur le coup. Nous avons notamment Clermont-Ferrand qui est chaude comme la braise : déclarée en 2015, la ville lance en octobre Effervescences, un évènement pour lancer cette candidature. Voilà le teaser.

Tu auras noté la conclusion « Embarquez pour un voyage inédit vers la Capitale Européenne de la Culture ». Je t’ai dit, chauds patates, ils sont, à Clermont.

Voilà ami lecteur, les quelques réflexions que je me faisais à la lecture de cette proposition lancée par André Rossinot. Il y a certes les nuances que je viens d’évoquer, mais nul doute que les atouts du territoire sont de nature à ce que la piste soit crédible. Et puis quelque chose me dit que si André l’a lancée comme ça, le sujet a déjà dû être un peu creusé. Alors sans nul doute y reviendra t on ici.

Edit du 17/07/2017
Confirmation d’Olivier Bianchi, Maire de Clermont-Ferrand et Président de Clermont Communauté : ils sont chauds patates.

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