Edouard, mon pote de droite

Ami lecteur, je dois te faire une confession : oui, j’ai des potes de droite (et je ne compte même pas ici ceux qui ne sont ni de droite ni de gauche, de plus en plus nombreux ces derniers temps). Toutefois, le titre de ce billet n’est pas consacré à l’un de mes potes de droite qui s’appellerait Edouard (j’ai beau chercher, je crois bien que je n’en ai pas qui remplissent cette double condition), mais au docu de Laurent Cibien, qui porte ce titre : Edouard, mon pote de droite

Au moment où le suspense insoutenable (mais qui devrait avoir pris fin quand tu liras ce billet) sur le nom de l’éventuel premier Premier Ministre d’Emmanuel Macron, Huitième Président de la Cinquième République, atteint son climax, il est fort intéressant de revoir ce docu qui, d’une certaine manière, peut faire comprendre pourquoi Edouard Philippe (puisque c’est lui le Edouard du titre) est l’un des noms qui reviennent le plus lorsqu’on parle des favoris pour ce job, alors que ce n’est pas l’une des stars médiatique de la politique française.

Voici la bande annonce.

Alors voilà, ami lecteur, si tu as un peu de temps à y consacrer, avant ou après ladite nomination, jette un oeil sur ce docu rudement bien fichu, dont voici le début.


Edouard, mon pote de droite 1 par Telerama_BA

[data] Abstention aux élections en France depuis 1959

Les données sont dans une feuille Google en accès public ici.

Présidentielle 2017, premier tour : le désenchantement

D’une certaine manière, ami lecteur, j’avais réglé la question en janvier.

Avec la victoire de Benoît Hamon aux primaires de la Belle Alliance Popu… oui ok, à la primaire du PS quoi, je savais que je voterai pour lui au premier tour de la présidentielle. Au second tour, eh bien j’espérais que je pourrais voter pour lui aussi. Et s’il ne passait pas le premier tour, je voterais simplement pour le candidat censément le plus « à gauche ». Dans ce cadre, sachant que je vote à chaque élection, que ne vote pas blanc, et comme je continue à classer le Front National à la droite de la droite (y a pas que moi hein, le ministère de l’intérieur fait pareil) la question du second tour est pour moi réglée également.

Hop, problem solved.

Bon, ok, jusque là c’était facile. D’ailleurs la campagne m’a conforté dans mon choix.

Même si je ne sais bien qu’il n’est pas apparu par magie au PS dernièrement, qu’il a fait partie du gouvernement Valls 1 (pas longtemps), Hamon a continué de m’apparaître particulièrement aimable par ses côtés humains, tout en évoquant des sujets qui faisaient sens pour moi. Démocratie, écologie, bien sûr. Mais c’était particulièrement le cas pour les questions de l’automatisation / numérisation et de la fin de travail, trop vite caricaturés par une « taxe robot ». C’est en tout cas un thème qui, tu le sais si tu lis un peu par ici, m’anime depuis un moment. Le revenu universel qui a focalisé toute l’attention n’est finalement qu’une conséquence de ce postulat de base, qu’il est tout à fait possible de contester mais auquel je crois fondamentalement. Surtout, je pense que c’est absolument déterminant et que ne pas le mettre au coeur d’un projet politique (ou pire, l’oublier) en 2017 est une erreur.

Ma question de vote était donc réglée. Mais d’avoir arrêté un choix ne m’a pas fait oublier de suivre la campagne, tu me connais. J’aurais bien voulu te la narrer un peu plus ici, d’ailleurs, mais j’ai (as usual) manqué de temps.

Et donc, oui, j’ai regardé un bon paquet nombre de meetings et de discours en streaming, de Hamon, donc, de Mélenchon bien sûr, parce que je pouvais souvent me sentir proche des idées qu’il portait, mais aussi de Macron (qui sait ?), de Fillon et Le Pen (et même des vidéos youtube d’Asselineau, mais là je pense que ça relève d’une forme de déviance). Dans la mesure du possible et du temps que l’on a à y consacrer, au fil d’une campagne il me semble toujours important d’écouter ce qui se dit dans ces meetings. Même (et peut être surtout) chez les candidats pour lesquels on pressent que l’on ne va pas voter. Ce qui s’y dit, mais aussi ce qui s’y hue ou ce qui s’y siffle.

Et à bien des égards, cette campagne m’a parue consternante. Au delà des affaires, c’est la division qui s’affirme entre « les gens » (comme dit Mélenchon avec affection), élection après élection, qui me fatigue. Je te vois venir : sans doute suis-je du côté des bisounours, ok, mais j’assume.

Rares étaient les discours (et ils étaient plutôt chez Hamon et Macron) qui n’avaient pas pour absolu postulat de départ de commencer par démolir, « dégager », ceux qui ne pensent pas la même chose qu’ils soient élites, oligarques, journalistes, banquiers, bobo ou islamogauchistes. Cette vilaine habitude de ne plus voter que « contre », faute de propositions convaincantes, semble maintenant être passée dans les discours de politiques qui commencent par trouver contre qui ils se placent, avant de savoir pour quoi ils sont.

Cette ambiance me fait songer qu’il est loin d’être plié ce second tour. Les insoumis de Mélenchon vont, semble-t-il, pour une part aller à la pêche (voir ici et ici) avant de préparer les législatives . Du côté de Fillon, je m’attends à ce que ce soit du 50/50 (le le « oh non » audible ici à 1’15 me semble assez révélateur, tout comme le désormais fameux « la presse on vous encule« ). Et nombre d’électeurs de NDA ou Asselineau (oui ok, je sais, mais c’est toujours 1% quand même) devraient pencher plutôt du côté de Le Pen. Macron est donc en position de force, bien entendu, mais ce n’est pas gagné. Et j’en profite pour te conseiller le billet de l’ami Paul Didier par ici, qui exprime tout ça très bien aussi.
On va attendre les premiers sondages à gros échantillons et le débat du 3 mai pour y voir plus clair.

Alors cette campagne et cette soirée de premier tour me laissent avant tout l’impression d’un désenchantement, dans le sens weberien du terme.
Le froid constat qu’à part Hamon et Mélenchon qui faute d’avoir réussi à s’entendre ont juste échangé leurs places respectives, les sondages avaient à peu près prévu le résultat dès la mi-février et en tout cas les deux finalistes. Et notamment celui du CEVIPOF, avec son échantillon de 11000 personnes.
Je savais donc que le candidat pour lequel j’allais voter allait être très bas.
Je savais qu’on aurait un goût amer dans la bouche, alors qu’un membre de la famille Le Pen est à nouveau au second tour, mais sans les manifestations dans la rue, sans doute parce que les résultats étaient justement tellement attendus.
Comme si, tout était s’annoncer simplement à gérer, plus rien à imaginer.

Et pourtant, ami lecteur, je pense que cette vaste redistribution des cartes qui s’annonce (et ce dès les législatives) va laisser justement la place de réinventer la France politique des dix, quinze ou vingt ans qui s’annoncent.

Alors pour ma part j’irai voter au second tour. Puis je laisserai mon imagination courir à son combat contre le désenchantement.

Présidentielle 2017 : le numérique dans les programmes

– Suite de l’article précédent, consacré au programme culture

Le numérique a été finalement tout aussi oublié que la culture dans les débats (alors que quelque chose me dit que ce truc là, le numérique, les internets, tout ça, ça a potentiellement quand même un peu d’avenir).

Voilà les points sur le numérique trouvés dans les programmes des candidats à la Présidentielle 2017. Et on sent quand même qu’ils n’ont pas tous vraiment bossé sur la question.

L’excellente émission Soft Power sur France Culture, a fait un bon tour des programmes culture, mais également numérique, des candidats dans une émission du 2 avril, que tu devrais réécouter par ici : La culture est-elle encore un enjeu politique ?.

RTL Futur (?) a fait un bon résumé des programmes des candidats par ici : Les propositions des candidats pour le numérique, thème oublié de la campagne.

Présidentielle 2017 : la culture dans les programmes

Ami lecteur, il ne t’aura pas échappé que le premier tour d’une élection présidentielle va se dérouler à la fin de la semaine.

Et même si j’ai regardé une bonne partie des débats aux primaires (le Huffington Post peut en témoigner) ou ceux qui ont rassemblé les divers candidats à l’élection, et même si, plus encore, je me suis tapé un certain nombre de facebook live des meetings des principaux impétrants, eh bien je dois t’avouer que j’ai du retard dans la lecture des programmes des candidats à la présidentielle 2017.

Alors voilà, c’est le dernier week end avant ladite élection, et il se trouve qu’il est long (particulièrement chez nous, en Nouvelle Austrasie de l’Est). En ce lundi de Pâques, je te propose donc un peu de lecture, et comme il est sur ce blog plus particulièrement question de culture, de numérique, je te propose de nous focaliser sur ces deux points, qui ont été particulièrement (même si ce ne sont pas les seuls) oubliés lors des débats sus-cités.

Points oubliés dans les débats, mais tous les candidats y font tout de même (heureusement) référence dans leurs programmes. Alors où tu peux trouver ces points « culture » pour chacun d’entre eux.

Bon, il se trouve que France Culture avait déjà fait (et bien fait) le taff par ici : Culture : les propositions des candidats à la présidentielle. Si tu n’as vraiment pas le temps, Le Point a fait une petite vidéo et un court article par ici (mais c’est plus léger hein) : Culture : le match des programmes.

Et l’excellente émission Soft Power, toujours sur France Culture, a fait un bon tour des programmes culture, mais également numérique, des candidats dans une émission du 2 avril, que tu devrais réécouter par ici : La culture est-elle encore un enjeu politique ?.

Voilà, tu as déjà je pense de quoi occuper un peu de ton lundi. Non, ne me remercie pas, c’est cadeau.

Bonus track
Toujours chez soft power, autre très bonne émission, Le quinquennat sans culture ? Bilan du quinquennat Hollande sur la culture et le numérique.