[data] Abstention aux élections en France depuis 1959

Les données sont dans une feuille Google en accès public ici.

En 2015, j’ai voté

… et plutôt quatre fois qu’une. Cette année, ami lecteur, nous avons en effet eu la joie de pouvoir nous rendre quatre fois aux urnes, pour les deux tours des élections départementales les 22 et 29 mars, puis les deux tours des IMG_8254régionales les 6 et 13 décembre. Avec les trois tours de 2014 (municipales et européennes), cela fait sept dimanches de vote en deux ans. Autant dire que l’année 2016 qui s’annonce sans élections (sauf surprise) va me faire un peu bizarre.

Alors que retirer de ces élections, finalement ?

D’abord que chacune d’entre elles ont été traversées par deux lois : la loi du 16 janvier, qui redessiné la carte de France des Régions (ça ne t’aura pas échappé) et modifié le calendrier électoral (les deux élections devaient être concomitantes). Et la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République), promulguée le 07 août 2015, qui a modifié les compétences des différentes collectivités.

Ensuite que personne ne les a franchement gagnées. Voilà mon analyse de comptoir, en moins de 200 mots.

Le FN a largement dépassé ses records électoraux précédents, et a fait élire parmi ses membres un certains nombre de conseillers départementaux (62 contre… un seul jusque là) et régionaux (358 contre 118 avant ces élections). Et rafle donc les financements qui vont avec. Mais il n’a pas réussi a remporter l’un des exécutifs de ces collectivités.
Si l’on regarde les cartes de France en bleu et en rose d’après les élections, l’UMP les a remporté tranquillou : elle contrôle 67 départements (28 de plus qu’avant les élections) et sept régions sur 13 (contre… une sur vingt-deux jusque là). Mais ça n’est à la fois pas le raz de marée qui semblait annoncé par la défiance envers le gouvernement, et le tout se passe sur fond de brouilles internes, sans ressentir un large enthousiasme populaire.
Le PS limite donc la casse. Mais perd un grand nombre d’exécutifs et d’élus au passage. Et parler de brouilles internes serait un euphémisme à gauche.
Du côté des Verts et de la gauche de la gauche, souvent partis seuls à ces élections, sans accord avec le PS, il n’y a pas grand chose à sauver du point de vue électoral.

Hop, 200 mots, ça c’est fait.

Et au niveau local me diras tu ? Eh bien comme nous sommes sur ce petit blog au moment de ce bilan de fin d’année, je t’invite à aller relire la petite série d’articles que j’avais réalisé au moment des élections départementales. J’avais suivi ça d’assez près. Quant aux régionales… disons que, alors qu’avec l’ami Thierry Labro nous étions bien motivés (notamment après quelques échanges assez drôles au cours des départementales), le temps nous a manqué d’écrire sur le sujet. Et que les évènements de la fin d’année ont écrasé le peu de motivation qu’il m’a resté. Mais je pense que je reviendrais sur l’invraisemblable mélodrame local de ces régionales.

En attendant, pour ne pas rester sur la goût amer que pourraient laisser ces élections, avec quelques amis, nous nous sommes décider à agir. Ça s’appelle la boussole, et tu peux trouver quelques infos ici, un petit début, une bribe. Parce que nous ne pouvions pas en rester là, et pour ne pas simplement attendre le prochain vote.

Notamment parce qu’en 2016, il n’y en a pas.

Les départementales de l’information

En effet, ami lecteur, il ne t’aura pas échappé que le titre de ce billet est une référence à cette jolie expression surannée, du siècle dernier (en l’occurence de la fin des eigthies et du début des nineties) évoquant le développement des internets : les autoroutes de l’information. Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir, en préambule de cet article, de te livrer ce morceau de bravoure des Deschiens, en l’occurence François Morel et Olivier Saladin, qui nous éclairent magistralement sur la question.

Mais revenons à nos moutons. J’ai été médisant, ami lecteur. Il y a une dizaine de jours, je te disais ici même que bon, les élections départementales avaient beau approcher à grands pas, tout le monde s’en tamponnait un peu le coquillard (pour rester dans l’expression oldschool). Eh bien non, c’était sans doute uniquement mon impatience qui était ici en cause : il semblerait bien que nous y soyons enfin, que l’arrivée prochaine de ces échéances départementales a suscité un réveil soudain et un regain d’intérêt… même s’il n’est absolument pas sûr que ce soit le cas, à l’arrivée, chez l’électeur. Voilà donc une rapide revue de presse de ces derniers jours.

Avec d’abord, un petit tour du côté de la PQR. Le quotidien local, le Républicain Lorrain, semble parti pour un véritable marathon électoral avec un article par jour sur la question. Hier c’était un article pédagogique sur les nouvelles modalités de scrutin et une carte interactive du nouveau découpage des cantons. Aujourd’hui c’est un brief sur « le combat des chefs » à l’échelle messine, tant il est vrai que les ténors de la politique locale, souvent déjà détenteurs d’un ou deux autres mandats, n’ont toutefois pu s’empêcher de de présenter aux urnes sur cette élection supplémentaire. On recommandera bien entendu la lecture de La Semaine, qui explore le même territoire, avec un titre rigolo (Gros et Jacquat sur un pédalo) jean-louis-masson-legislative-78-02et un article joliment troussé par JP Jager sur le duo Masson / Zimmermann, qui me donne d’ailleurs le prétexte de mettre cette jolie photo, là, à gauche, qui n’a pas un rapport direct mais que j’aime bien.

Les médias nationaux également, bien entendu, s’y sont collés. Avec l’inévitable retour des sondages, qui arrivent sensiblement tous à des résultats similaires pour le moment : 28-30% pour le FN et l’UMP, 20 pour le PS, aux alentours de 10 pour le Front de Gauche et les Verts. Et avec eux déjà l’obligation de nuancer la pertinence de sondages nationaux pour des élections locales. En tout cas, l’abstention risque fort d’être au rendez vous, accentuant par là même l’importance de premiers tours très incertains. Du côté du monde, on continue dans les cartes interactives, en l’occurrence sur l’impact prévisible du redécoupage avec l’exemple… de la Meuse. Oui oui, ami lecteur, la Meuse. Conclusion en tout cas, ce redécoupage engagé par la gauche devrait profiter à la droite.

D’ailleurs, étant donné qu’il ne faut pas trop chercher la nouveauté du côté des candidats, si c’était du côté de la manière de voir les élections, de les analyser, qu’il y avait un peu d’innovation cette année ? En ce sens, l’initiative d’etalab, avec son Open Data Camp Elections pourrait donner de beaux résultats. Pas plus tard qu’aujourd’hui nous arrivent par exemple les premiers contours géographiques des nouveaux cantons électoraux départementaux sur OpenStreetMap. Et voilà le résultat pour Metz 1, par exemple. Sacré boulot. Espérons que certains s’en saisissent, comme ce fut le cas pour les municipales à Nantes l’an dernier, avec l’excellent atelier des élections.

Tiens, ami lecteur, je me dis que ce type d’éléments devrait intéresser l’ami Thierry Labro. Le dernier article de son blog traitait également des cantonales, et de ces candidats qui ont plus tendance à parler d’eux que des enj-eux de l’élection. Je ne généraliserais pas autant que lui, ayant aperçu un certain nombre de propositions concrètes, même si souvent à côté de la plaque par rapport aux enjeux réels de ces conseils départementaux à venir. Ceci étant, ça me rappelle également que je lui avais promis, après un titre de Patrick Juvet dans mon dernier billet, un morceau de Beyoncé pour ce coup ci (et ce même si je n’ai toujours pas parlé des compétences du conseil général…).

Alors voilà, finalement ce que ces candidats dont parle Thierry ont en tête, c’est un petit peu ça, non ?