Présidentielle 2017 : la culture dans les programmes

Ami lecteur, il ne t’aura pas échappé que le premier tour d’une élection présidentielle va se dérouler à la fin de la semaine.

Et même si j’ai regardé une bonne partie des débats aux primaires (le Huffington Post peut en témoigner) ou ceux qui ont rassemblé les divers candidats à l’élection, et même si, plus encore, je me suis tapé un certain nombre de facebook live des meetings des principaux impétrants, eh bien je dois t’avouer que j’ai du retard dans la lecture des programmes des candidats à la présidentielle 2017.

Alors voilà, c’est le dernier week end avant ladite élection, et il se trouve qu’il est long (particulièrement chez nous, en Nouvelle Austrasie de l’Est). En ce lundi de Pâques, je te propose donc un peu de lecture, et comme il est sur ce blog plus particulièrement question de culture, de numérique, je te propose de nous focaliser sur ces deux points, qui ont été particulièrement (même si ce ne sont pas les seuls) oubliés lors des débats sus-cités.

Points oubliés dans les débats, mais tous les candidats y font tout de même (heureusement) référence dans leurs programmes. Alors où tu peux trouver ces points « culture » pour chacun d’entre eux.

Bon, il se trouve que France Culture avait déjà fait (et bien fait) le taff par ici : Culture : les propositions des candidats à la présidentielle. Si tu n’as vraiment pas le temps, Le Point a fait une petite vidéo et un court article par ici (mais c’est plus léger hein) : Culture : le match des programmes.

Et l’excellente émission Soft Power, toujours sur France Culture, a fait un bon tour des programmes culture, mais également numérique, des candidats dans une émission du 2 avril, que tu devrais réécouter par ici : La culture est-elle encore un enjeu politique ?.

Voilà, tu as déjà je pense de quoi occuper un peu de ton lundi. Non, ne me remercie pas, c’est cadeau.

Bonus track
Toujours chez soft power, autre très bonne émission, Le quinquennat sans culture ? Bilan du quinquennat Hollande sur la culture et le numérique.

Face à la presse – Mirabelle TV

Hier soir, j’étais donc « Face à la presse » chez Mirabelle TV, un exercice duquel je ne suis pas vraiment coutumier, finalement. On va dire que ça explique les quelques balbutiements et hésitations, que tu m’excuseras dans ta grande mansuétude, ami lecteur.

Mais voilà en tout cas l’émission.


Face à la Presse avec Nicolas Tochet, délégué… par MirabelleTVofficiel

Une semaine à La Rochelle

L’an dernier, tu t’en souviens peut être, j’avais passé un week end à La Rochelle. Et ça m’avait bien plu. Alors nous y sommes retournés, un peu plus longtemps, histoire de profiter un peu de la ville.

Parce qu’au delà de son Université d’Été du Parti Socialiste, prétexte tout trouvé à ces visites aoutiennes, la Rochelle c’est surtout ça.

Et puis, ami lecteur, nous avons pris le temps de tester quelques endroits où l’on boit et où l’on mange, et certains nombre se sont révélés plus que sympathiques. On mettra d’ailleurs une mention particulière au Comptoir Saoufé, à deux pas du port. FullSizeRenderIl faut réussir à s’y glisser, dans une rue plutôt touristique (la rue du Port), mais une fois que l’on y est, on n’a qu’une envie, c’est d’y rester : un accueil cool (et à toute heure), du vin à prix très raisonnable, des huîtres délicieuses, ça a été l’endroit idéal pour les apéros prolongés. D’autant qu’une terrine se sardine salvatrice sera là pour reprendre consistance en fin de soirée. Pour tout te dire, ami lecteur, nous y sommes allés trois fois… Mention aussi pour le Bistrot des Bonnes Femmes, qu’on se gardera pour le dîner : un petit peu à l’écart du bouillonnement du port (rue des Bonnes Femmes), un accueil également très sympa dans un bien bel espace. Surtout, une cuisine aussi impeccable qu’originale, avec une belle base de produits de la mer (mais pas que) sur fond de musique choisie avec soin (et en vinyl, s’il vous plaît). On y retournera tout aussi assurément. Voilà pour l’instant tripadvisor.

L’an dernier, je t’avais un peu narré les anecdotes de l’Université d’Été 2014, autour d’un PS bien divisé (c’était l’époque du départ d’Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti du gouvernement). Cette année encore, pas d’inquiétude, les anecdotes sont toujours au rendez vous (entre Valls qui mouille la chemise lors de son discours de clôture et l’affaire du dîner du samedi soir). Et puis entre Macron et Marennes, le grand écart sur les idées est encore bien là, même si l’ambiance semble être à l’apaisement (faut pas déconner, il y a des régionales qui arrivent).

Mais il faut aussi constater qu’il y a du contenu, dans ces UEPS. Et cette fois, j’ai regardé d’un peu plus près. Si une bonne partie des conférences de cette année tournaient autour de la COP21, que la question des migrants s’est (heureusement) trouvé au coeur de nombreuses interventions, et que la part des ateliers dédiés aux élections régionales n’était pas négligeable, de nombreuses autres thématiques étaient abordées. Forcément (tu me connais) c’est vers l’un des (trop) rares ateliers consacré à la culture, et plus particulièrement à la loi création que je me suis dirigé. Autour de la table, Patrick Bloche (député PS de Paris et rapporteur du projet de loi), Sylvie Robert (sénatrice d’Ille-et-Vilaine), Olivier Bianchi (maire de Clermont Ferrand et auparavant adjoint à la culture durant une longue période) et Cédric Andrieux (danseur et chorégraphe). Je te fais donc partager ce que j’ai retenu de ces quelques échanges (même si hélas mes quelques notes ne vont pas réussir à te transmettre le grand intérêt qu’ils ont suscité).

Le projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine a été présenté en Conseil des Ministres le 8 juillet dernier par Fleur Pellerin. Les deux parlementaires présents apparaissaient ravis que la culture arrive dans les débats des assemblées. Pour Patrick Bloche, ce projet de loi permet de réaffirmer que la culture est une priorité pour le gouvernement (c’est vrai que ça ne paraissait pas forcément évident jusqu’ici…), après que la loi sur le dialogue social ait permis de sécuriser les annexes 8 et 10. Pour Sylvie Robert « enfin », on va pouvoir parler Art et Culture au niveau parlementaire. Il faut donc « se féliciter de ce projet de loi sur la création ». Et si dans l’intitulé de la loi c’est la liberté de création qui est mise en avant, Sylvie Robert revient sur la notion de liberté de programmation également présente dans la loi et sur les garanties qui qui devront la permettre : en effet, s’il est normal d’avoir une portée déclarative forte sur une loi comme celle ci, seule la portée normative pourra apporter ces garanties. Et ce n’est pas si évident à mettre en place. Olivier Bianchi revient quant à lui sur le changement de couleur politique d’un certain nombre de collectivités (municipalités en 2014, départements en 2015), qui a conduit à une remise en cause de certains projets qui est somme toute assez classique dans ces cas d’alternance (même si ça a sans doute été un peu loin dans certains cas). Il a également développé un point intéressant : les populations ne manifestent pas contre les restrictions budgétaires dans la culture, ils ne sont pas dans la rue pour défendre les théâtres ou les salles de spectacle. Pour que cela soit le cas, il faudrait se ré-interroger sur la place des artistes (et des équipements culturels) dans la cité. L’exemple d’Aurillac a été pris lors d’une intervention dans le public : le festival est si bien intégré à la ville que s’il était vu comme en danger à un moment, oui, la population se mobiliserait sans aucun doute. Cédric Andrieux enfin attire l’attention sur la nécessité d’idée les artistes, bien sur, mais aussi les lieux (si les lieux sont en difficultés, les artistes en feront indirectement les frais).

Dans le détail, tu peux voir le projet de loi par ici. Je t’avoue que jusqu’à présent, je n’y avais jeté qu’un oeil assez lointain. Mais je vais regarder ça plus en détail et tenter de suivre les échanges dans les assemblées, qui devraient débuter dès cette rentrée.

En tout cas, il est plaisant d’aller cogiter sur ces questions dans une ambiance plutôt aimable et assez détendue, propice en tout cas au brainstorming. Malgré des choix musicaux contestables, qui ont d’ailleurs fait que nos tweets sur le sujet, à Margaud A et à moi même, nous ont fait repérer par France TV.

france tv

En tout cas, La Rochelle, tu nous reverras.
Et quant à toi, ami lecteur, je te dis à très vite pour la rentrée, la vraie.

Avec de la culture

En cette période incontestablement bien difficile sur le plan économique, la culture est trop souvent absente du débat public, politique. Pourtant, il nous semble que ce n’est justement pas le moment de s’en désintéresser. Bien au contraire, il importe de la remettre au coeur du champ politique et de ses enjeux.

Capture d’écran 2015-05-21 à 11.38.22Dans une campagne municipale thionvilloise qui se singularise par des débats judiciaires, personnels, qui peuvent certes s’expliquer par des circonstances surprenantes mais qui n’en sont pas moins assez éloignés d’enjeux réels, on ne peut que se réjouir de cette démarche d’acteurs culturels, bien présents sur leur territoire. Le fait que Nicolas Turon, Thomas Tomschack et la team Boumchaka soient des amis et (parfois) des compagnons de route n’altère pas (espérons le) notre point de vue sur la pertinence de leur initiative : en s’adressant à tous les candidats, en recensant des propositions simples tout en ne niant pas les difficultés à venir, ils reposent les bases de ce que devrait être, aujourd’hui, un débat local et citoyen sur les politiques culturelles. À Thionville, et ailleurs.

Nous tenions donc simplement à faire savoir que nous soutenons sans réserve cette démarche, et même qu’il faut maintenant songer à l’amplifier. Au delà du seul sujet culturel, la nécessité de l’implication des citoyens dans les affaires de la cité apparaît aujourd’hui évidente pour apporter un regard neuf et un indispensable renouvellement, pour la sortir des écueils du désengagement des habitants et de l’abstention constatée élection après élection.

Cette implication, chacun d’entre nous doit la porter. Et pour notre part, ça sera Avec de la Culture, bien entendu.

Nicolas D’Ascenzio & Nicolas Tochet

Edit : voilà le lien vers le Pacte Culturel « Avec de la Culture » proposé aux candidats.

Culture : la création en temps de crise

Ami lecteur, je te propose une petite pause dans ces billets sur les élections départementales. Bon, autant te dire que du côté de la campagne, on ne peut pas vraiment parler de trêve à Metz : deuxièmes tours tendus dans les trois cantons messins, guerre des droites à Metz 3, la campagne semble partie pour se raidir encore dans l’entre deux tours. J’y reviendrai si j’ai un petit peu de temps. Et si vraiment tu es en manque, tu peux trouver (en dehors bien entendu du Républicain Lorrain ou sans doute de La Semaine de jeudi), des blogs qui analysent deci (un résumé par Le Graoully déchaîné) delà (un billet bien plus lol chez metznancy).

Mais voilà, je propose donc une petite pause. Ce matin avait en effet lieu, à l’Arsenal, une conférence de presse du Collectif du 20 janvier, qui faisait suite à celle qui s’était tenue à la Manufacture il y a une dizaine de jours.

Je ne vais pas te raconter la conférence de presse : Charlotte Picard s’en est chargée avec un livetweet pertinent, je te laisse ici le pdf de l’appel du collectif, et on en retrouvera sans doute des compte rendus dans la presse. Mais au cours des témoignages des uns et des autres (structures, festivals, compagnies) des choses intéressantes ont bien été dites sur les baisses de budget bien sûr, sur le risque direct sur la création, sur les artistes qui la portent (professionnalisation mise en cause, entrée de nouvelles compagnies dans le secteur professionnel, appauvrissement généralisé,…), et les risques artistiques induits sur les oeuvres elles-même, peut être moins visibles (autocensure ou censure sous la pression des financeurs, réduction des productions en personnel et en ambition,…).

Je profite donc de l’occasion pour faire passer ici également ce rappel. Tu t’en souviens peut être, il y a quelques mois, j’avais fait un rapide billet sur la fermeture annoncée du Forum, scène conventionnée du Blanc-Mesnil. C’était une fermeture parmi d’autres, que je voulais lister. Et le manque de temps encore. D’autant qu’une dénommée Emeline Jersol a eu l’heureuse idée d’établir une cartocrise basée sur openstreetmap (l’alternative libre à, notamment, google maps). Je te la colle ci dessous, mais va la voir en plein écran ça sera plus clair (mais reviens après, je n’ai pas fini).

Voir en plein écran

Bon, tu vois à peu près l’esprit : plus d’une centaine de structures et de festivals menacés, pas la peine d’en rajouter. Bien entendu, comme dans tout travail collaboratif, il y a un peu de déchet (on y retrouve par exemple le I Love Techno qui a surtout été annulé pour des raisons de sécurité). Mais le constat est là, les restrictions budgétaires font peser sur les acteurs culturels une menace latente, qui parfois conduit des lieux à l’économie déjà précaire à une fin rapide.

Indéniablement, le changement de majorité d’un certain nombre de villes aux dernières municipales, ajouté aux restrictions budgétaires imposées aux collectivités territoriales est en train de subitement complexifier les relations entre élus et professionnels de la culture. La Gazette des communes, qu’on pourra difficilement taxer d’un gauchisme exacerbé, en fait d’ailleurs un bon dossier auquel je t’encourage à aller jeter un oeil attentif. Les élus font pourtant, pour certains d’entre eux en tout cas, ce qu’ils font pour limiter la casse : en même temps que la conférence de presse de ce matin, le Maire de Metz annonçait la signature prochaine d’un Pacte Culture avec Fleur Pellerin, ayant pour objectif de sanctuariser les budgets cultures affectés à la ville, que cela soit par la municipalité ou par le ministère. Au delà de la sauvegarde d’une ligne budgétaire, c’est le symbole qui est important ici : il faut, surtout dans la période que nous vivons, réaffirmer l’importance d’avoir de la création, de la diffusion de spectacles et de la circulation d’oeuvres, des solutions et des moyens pour que des publics nombreux et différents y accèdent.

D’ailleurs, la réunion du Collectif ne pointait pas les élus en coupables, mais plutôt l’absence de la culture dans le débat public ces dernières années, notamment lors des échéances électorales. Ce n’est pas la campagne en cours qui démentira cet état de fait. Surtout, il apparaît évident que les solutions ne pourront se trouver qu’ensemble : élus, acteurs culturels, publics. Citoyens, simplement.

Tu vois que tout ça, finalement, se recoupe plutôt, non ?

L’industrie de la musique enregistrée – introduction

Les moyens de diffusion de la musique m’intéressent depuis une dizaine d’années.

D’abord parce que j’en faisais, de la musique. A vrai dire, j’en fais même encore un peu. Et assez vite, quand tu fais de la musique en groupe, tu t’intéresses aux possibilités de la diffuser. Ce n’est pas systématique, on peut volontairement garder cela pour soi. Mais souvent, lorsqu’il s’agit de compositions, qui plus est en groupe, avec la forme d’enthousiasme que cela suscite chez ses membres, on s’intéresse auxdites possibilités.

J’en vois essentiellement deux : d’une part aller devant des gens pour la jouer en direct (ce que pour aller vite on peut qualifier de concert), d’autre part l’enregistrer et la mettre à disposition d’un public potentiel. Pour chacun de ces deux cas entre ensuite en ligne de compte un certain nombre de modalités (techniques et financières, notamment). Il faut reconnaître que la combinaison musique enregistrée sur un support payant connaît ce qu’il faut bien appeler une crise. Et ce depuis une bonne dizaine d’années maintenant.

Pourtant, tel notre optimiste Président de la République, un autre Président pronostiquait, fin 2011, une sortie de crise pour 2013 (il parlait bien de celle du disque, lui).

Bon, selon les premiers chiffres du SNEP pour cette année, ça ne semble pas être pour tout de suite, pour ce qui est de la France en tout cas. Mais au niveau mondial, il n’avait peut être pas tout à fait tort le Pascal, puisque pour la première fois depuis 1998, l’industrie musicale avait déjà affiché une légère progression de ses revenus en 2012, même si ça ne semble pas aussi simple que ça. Pour aller vite, cette reprise semble essentiellement dû à la constante progression des ventes numériques, mais j’ai également l’impression le développement du marché dans les pays émergents n’y est pas pour rien.

En tout cas, nous semblons effectivement être à une forme de tournant -un de plus- pour l’industrie de la musique enregistrée. Comme je te le disais, le domaine m’intéresse un peu et il se trouve que je voulais entamer quelques fouilles sur le sujet. Je vais donc te les faire partager ici même, au fur et à mesure de leurs éventuelles avancées.