Municipales 2020 à Metz : encore 43 mois, primaire ouverte, La Semaine…

Oui, ami lecteur, 43 mois c’est la durée qui devrait nous séparer aujourd’hui des prochaines échéances municipales à Metz (et ailleurs en France). Enfin 43 mois environ. Peut être 44, ou plus, suivant le mois qui sera choisi (traditionnellement mars ou avril). Alors effectivement, ça paraît encore bien loin. Mais tu te souviens qu’il y a quelques mois, en mars dernier, le Républicain Lorrain avait déjà titré en une « Ils rêvent (déjà) tous d’être maire de Metz« . Je t’en avais donc parlé ici même.

Bon, depuis, cette question avait vaguement disparu du paysage, même si en juin dernier Direct FM annonçait la candidature de Thomas Scuderi aux municipales. Dans une interview, l’adjoint au maire en charge de chargé de la citoyenneté et de la démocratie participative ré-évoquait en effet sa volonté d’être candidat, en appelant également de ses voeux une « primaire ouverte ». On se souvient qu’en 2007, pour les municipales de 2008, Dominique Gros avait été désigné candidat à la suite d’une primaire réservée aux militants socialistes (225 voix contre 222 à Pierre Bertinotti au second tour, après un premier tour auquel avait également participé Richard Lioger).

Tiens, voilà d’ailleurs une belle vidéo d’archive (merci JCDR !).


Les résultats (Primaires PS Metz) par jcdrf3

Du coup j’ai jeté un oeil rapide sur cette idée de primaire ouverte. En dehors de la désignation, en 2011, du candidat du PS pour les présidentielles de 2012 (François Hollande, qui, ça ne t’aura pas échappé, l’a finalement emporté), Wikipedia nous indique que ce mode de désignation a été utilisé huit fois lors de la préparation des municipales de 2014 : 6 fois par le PS (Le Havre, Béziers, La Rochelle,…), deux fois par l’UMP (Lyon et Paris). Un point commun aux huit vainqueurs de ces primaires ? Ils ont tous perdu les municipales ensuite… On ne tirera pas ici de conclusions hâtives, mis je tâcherai de me pencher sur cette question d’ici 2019 (ce qui nous laisse un peu de temps).

la-semaine-2020Pourquoi est ce que je te reparle de ces municipales aujourd’hui, te demandes tu sans doute. Eh bien après le RL, c’est La Semaine qui a consacré sa une et trois pages intérieures à la question « Qui se rêve maire de Metz en 2020 ?« . On notera que pour l’un comme pour l’autre des journaux, l’image onirique colle à cette ambition. Si ces trois pages restent plutôt sympathiques à lire, avec quelques petites piques et petites phrases, on n’y trouvera pas de grandes révélations. Il s’agit plutôt un tour d’horizon exhaustif des candidats potentiels à gauche (Richard Lioger, Jean-Michel Toulouze, Sébastien Koenig, Hacene Lekadir, Thomas Scuderi, Aurélie Filippetti…), à droite (Nathalie Colin-Oesterlé, Marie-Jo Zimmermann, François Grosdidier, Khalifé Khalifé, Emmanuel Lebeau,…), encore plus à droite (Françoise Grolet). Soit sensiblement les mêmes candidats que dans le RL six mois plus tôt. Mais ici, on retrouve aussi ceux qui disent qu’ils n’iront vont pas (Thierry Jean, Isabelle Kaucic…). Et puis, fidèle à son habitude, Jean-Pierre Jager lance également quelques noms de la société civile (Fabrice Genter, Hervé Obed…). Sans doute pourra t on refaire quasiment le même tour d’horizon dans six mois, puis l’an prochain. Peut être aussi que d’ici là, les législatives et les grandes manoeuvres dans les partis après les présidentielles auront un peu rebattu les cartes.

Et puis, si je te parle ici des municipales 2020 à Metz, c’est sans doute aussi grâce à (à cause de ?) Nicolas Turon et des ses deux minutes de vendredi dernier sur France Bleu Lorraine Nord, dans lesquelles il brocarde ces annonces de candidature pour le moins anticipées, et notamment ici celle de Thomas Scuderi.


Les Deux minutes de Nicolas TURON 23/09/16 par france-bleu-lorraine-nord

Caustique, hein ? Mais drôle. Et pour les éventuels candidats à l’échéance de 2020, il vaudrait mieux commencer à s’habituer : il n’y a pas de raisons qu’il ne soit plus là, l’ami Nicolas Turon. #Turon2020 ?

2017 – L’abstention

Comme je le disais dans l’article précédent qui inaugurait cette série 2017, dans pile 350 jours, nous serons en train d’attendre les résultats officiels du second tour de l’élection présidentielle. Et pendant que tout le monde sera sur les internets en train de checker les sites d’info belges et suisses, ou Radio Londres sur Twitter, les commentateurs des chaînes françaises seront eux contraints d’égrener tristement à l’envi une seule estimation jusque vingt heures : celle de l’abstention. Ils le feront avec un petit sourire en coin, ou un grand désespoir sur le visage, c’est selon. Mais en tout cas ils auront au fond l’air de celui qui sait (puisqu’il est en train de lire les infos sur les mêmes sites que toi).

Et bien ami lecteur, pas besoin d’attendre 350 jours, tout indique que l’abstention aux présidentielles devrait être aux alentours de 20%, sans doute un poil plus. Comme je te l’avais promis, il y aura ici parfois des données, en voici en voilà.

Sous tes yeux ébahis, voici donc les chiffres d’abstention d’une bonne partie des élections de la cinquième république.

Oui, tu l’as sans doute remarqué : le week end dernier était long, j’avais un peu de temps à tuer et j’ai donc rentrée des données dans des tableaux, à défaut de les trouver ailleurs. Et puis tant qu’à faire, j’en profitais pour tester tableau, justement, un sympathique outil de dataviz, dont je pense que je n’ai pour l’instant perçu que 4% des possibilités.

Bon, là je te balançais donc le tout, ça servira bien un jour où l’autre, mais revenons à nos moutons. Avec juste les élections présidentielles, ça donne ça.

Finalement, ces données restent relativement stables. Si l’on élimine quelques données remarquables (le deuxième tour de 1969 qui dépasse les 30% d’abstention, ou le premier tour de 2002 qui s’en approche, mais aussi les deuxièmes tours de 1974 et 1981 avec mois de 15% d’abstention), le chiffre de l’abstention est toujours compris entre 15 et 22,5%. Ces derniers temps il oscille plutôt autour de 20% (1995, 2012, second tour de 2002), avec simplement l’exception de 2007 qui avait marqué un regain de la mobilisation, l’abstention retombant à 16%.

Pour 2017, qu’en dire ?

1. certes il y a un rejet de la classe politique actuelle. Il est réel, mais pour le moment, il semble se manifester surtout sur les élections locales et européennes (voir le premier graphique, en haut), où les chiffres de l’abstention atteignent des sommets depuis 2009. La présidentielle semble de ce côté l’exception. On pourrait se dire qu’un renouvellement favoriserait la mobilisation. Mais j’ai bien peur que la détestation des candidats qui semblent se profiler pour l’élection soit à l’arrivée être un facteur mobilisateur suffisant (hélas),

2. l’enjeu va nous être rabâché à longueur de temps, de BFM TV au blog de nicolastochet. D’autant qu’à coup de péripéties on a un peu l’impression de regarder House of Baron Noir, mais en vrai. Ça devrait faire son effet.

3. l’ami Thierry Labro, toujours pertinent sur ces sujets, me faisait toutefois remarquer que « ce n’était pas très malin de mettre ça des veilles de jours fériés, au milieu de longs week ends ». Bien vu. Mais c’est déjà arrivé, avec ces élections qui se terminent toujours en mai. À voir donc.

Pour ma part je parierai donc sur un taux d’abstention dans la fourchette haute des précédentes, aux alentours de 22%.

En fait, à la place d’une série de billets sur ce blog, c’est peut être un site de paris en ligne que je devrais faire pour 2017.

2017

Dans cinquante semaines pile, ami lecteur, nous serons probablement en train de guetter fébrilement le résultat du second tour de l’élection présidentielle de 2017.

republique-2-ce700En effet, après avoir été appelés aux urnes quatre fois (ou même sept, si l’on compte le nombre de tours) en deux ans (élections municipales puis européennes en 2014, départementales puis régionales en 2015), les électeurs français n’auront plus que deux échéances électorales d’ici 2019 : la présidentielle des 23 avril et 7 mai 2017, puis les législatives 11 et 18 juin 2017. Le début de cette année 2016 semble nous indiquer qu’elle sera toute entière consacrée à la préparation de ces élections, et plus particulièrement de la première d’entre elle, celle qui tous les cinq ans est présentée comme déterminante pour le destin du pays, du monde, de l’univers. L’élection présidentielle, donc.

Chaque mesure prise par le gouvernement est évaluée par avance à l’aune de cette élection. Chaque mouvement d’un membre dudit gouvernement est vue comme un positionnement. Chaque discours laisse présager une candidature supplémentaire à des élections qui apparaissent déjà pléthoriques à droite comme à gauche. Chaque manifestation, mouvement citoyen (et ils sont légion ces temps ci), laisse supposer une stratégie cachée. Et même localement, de tristes petites tactiques semblent se mettre en place pour ce qui sera la forcément la bataille politique des années qui viennent.

Alors effectivement, bien sûr, les élections présidentielles ont un impact important. Social, économique, culturel. Elles affectent nos vies, souvent sans qu’on ne s’en rende tout à fait compte. Je continue d’ailleurs à penser qu’il faut aller voter à ces élections nationales, comme aux autres, locales, européennes. Mais on ne peut se contenter d’attendre tous les cinq ans une échéance quasi messianique pour changer le monde ni même le pays. Non, Nicolas, d’un coup d’un seul, ensemble tout ne devient pas possible avec toi. Et non, François, je crois qu’on peut dire aujourd’hui que le changement ce n’était pas maintenant.

Pourtant, si ces slogans publicitaires ont rendu quasiment impossible l’usage de ces mots dans une même phrase (l’un et l’autre sont devenu des blagues de comptoir), tout y était pertinent. Oui, c’est bien ensemble que le changement devient possible. La politique doit être saisie par chacun au quotidien, dans une époque où on semble l’avoir laissée « aux politiques ». Et oui, c’est précieux et cela demande de l’attention et du temps. Ce temps parfois on ne l’a pas, et puis on ne trouve plus l’envie de. Mais c’est un investissement nécessaire, sans quoi nous allons perdre beaucoup de nous-même au passage.

« C’est bien joli, mais du coup tu nous en parles quand même des présidentielles ? »

Ah ami lecteur, comme toujours, ta perspicacité fait mouche. En effet, tu me connais un peu, je ne peux m’empêcher de lire les articles sur les présidentielles, d’écouter les émissions radiodiffusées, de checker les déclarations des uns et des autres sur les internets, celles des commentateurs et celles des commentés. Ils me font rire, il m’attristent, ils me scandalisent, il me motivent (si si, parfois, je t’assure) ou me désespèrent. Et puis je cherche des infos, des données. Je regarde et je cherche un peu ailleurs. Alors simplement, je vais tenter de te le partager ici.

Voilà donc une nouvelle petite série politique sur ce blog : 2017. On y va ?

La fin de l’emploi, le début du travail

Dans cette période où la question du travail est particulièrement en discussion (notamment à cause d’une Loi du même nom qui, ça ne t’aura pas échappé, fait un petit peu parler d’elle en France), je pense, ami lecteur, qu’il est toujours bon d’écouter un peu Bernard Stiegler. Il me semble que sur ce blog je ne n’y avais fait qu’une allusion il y a quelques mois, mais il se trouve que c’est l’une de mes marottes. D’ailleurs j’ai même adhéré à son association, Ars Industrialis.

Capture d’écran 2016-04-16 à 15.48.21Il se trouve donc que Bernard Stiegler, que j’avais vu à Strasbourg en septembre dernier, à l’invitation du collectif du 20 janvier, est intervenu le 20 janvier (joli hasard) dernier sur la scène des BIS 2016, à Nantes. En janvier, on ne parlait pas encore de la nouvelle crise du régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle, ni même de la Loi Travail. Pourtant, tout y est déjà, dans cette intervention.

Alors bon effectivement, en douze minutes, aborder automatisation et fin de l’emploi, redistribution des gains de productivité, logiciel libre, entropie et néguentropie, Schrödinger, extension de la capabilité, c’est certes un peu rapide. Sans doute même trop rapide pour creuser ne serait ce qu’un peu l’un de ces sujets.

Mais ce n’est pas bien grave, ce sont dix minutes pertinentes, et tu les as devant toi, je te recommande cette courte intervention.

« Il faut étendre et généraliser le régime des intermittents du spectacle, progressivement, à toute la société ».

Et allez, soyons fou, si tu as plutôt une heure, voilà une intervention qui date de 2014 et qui va plus en profondeur sur la notion de société automatique.

À écouter, à réécouter.

Région ALCA

Ami lecteur, depuis hier après-midi, le nom de la nouvelle région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine est subitement devenu un sujet de conversation. Je t’avoue que je ne m’étais pas vraiment posé la question jusque là. Mais bon, avant de revenir sur ce nom, un rapide retour en arrière s’impose.

Le 15 janvier 2015, le Conseil Constitutionnel validait la nouvelle carte des régions françaises, après une adoption du texte définitif à l’Assemblée Nationale le 9 décembre 2014. L’un des objectifs étant de réduire le nombre de ces régions (en l’occurence de 22 à 13 pour la France métropolitaine), un certain nombre de fusions ont été opérées. Certaines régions restées en l’état (Bretagne, Centre, Île-de-France, Corse, Pays de la Loire), la plupart de ces fusions ont regroupé deux régions à la fois (Auvergne et Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais et Picardie, Basse-Normandie et Haute-Normandie) et deux fusions ont été opérées sur trois régions : Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes / Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine. Bon, il se trouve que c’est dans cette dernière que je suis né et que je réside.

logo regionPhilippe Richert remporte des élections à la dramaturgie surprenante (avec 48,4% de voix, devant Florian Philippot, 36,1% et Jean-Pierre Masseret, 15,5%) et devient donc le premier président de cette nouvelle région. Pour en déterminer la dénomination, une démarche participative est mis en place et un comité de réflexion est mis sur pied. Après trois journées de réflexion, celui-ci à abouti, hier, à trois noms possibles.

Rhin – Champagne
Nouvelle Austrasie
Acalie

Bien entendu, les réseaux sociaux se sont rapidement emparés de cette information, avec une ironie parfois mordante, notamment sur Twitter.

Bon et puis tu me connais, je n’ai pas pu m’empêcher d’y aller également de mon petit tweet. Et j’ai été d’ailleurs assez surpris de son audience rapide, signe de l’intérêt des internautes pour ce sujet à ce moment précis.

Pour ce que j’ai pu en lire sur Facebook, on était plus dans le registre de l’énervement que de l’ironie, souvent teinté de reproches sur les choix de ce comité, voire même sur le comité en lui-même. De mon point de vue, ami lecteur, c’est relativement injuste. Une fois que l’on a râlé, ironisé, ou levé quelques lièvres (comme l’ami Thirry Labro l’a ici une nouvelle fois très bien fait), on se rend vite compte qu’il n’y a probablement pas de bonne solution à ce problème. L’étape précédente avait abouti à 15 noms, répartis en 9 groupes :

    Grand Est / Grand Est de France
    Uniest / Union Grand Est / Estunion
    Austrasie / Austrasia / Nouvelle Austrasie
    Acalie / Alcadie
    Orest
    Estrie
    Ile d’Europe
    Rhin – Champagne
    Marches de l’Est

Je ne sais pas toi, mais déjà là, je ne trouvais rien de satisfaisant. J’y vois deux raison essentielles.
1. les habitants de cette nouvelle région (dont moi) étaient déjà, avant sa création officielle, les plus critiques en France (51% considérant que c’est une mauvaise chose, 20% une bonne chose, dans un sondage TNS Sofres d’octobre 2015). Deux mois après la création de la région, le choix de son nom de la région est finalement l’un des premiers éléments concrets de la fusion. Le scepticisme exprimé avant les élections, peut être un peu oublié depuis, redevient forcément vivace à cette occasion.
2. la mission de trouver ex-nihilo un nom qui pourrait faire consensus auprès d’une population de 5,5 millions d’habitants semblerait impossible même à Jim Phelps.

Je pense donc que le comité à fait ce qu’il pouvait pour tenter de trouver la réponse la moins pire à un problème insoluble. Allez, rapidement, ami lecteur, mon avis rapide sur ces trois noms :
Acalie : simplicité bienvenue, mais la tentative de transformer un acronyme en nom ne peut pas fonctionner. Un nom fort a besoin d’une étymologie qui ne l’est pas moins.
Nouvelle Austrasie : le plus fort en terme historique. Mais ce « nouvelle » ajouté à Austrasie rallonge le nom et construit une drôle d’opposition. Sans compte cette impression de se retrouver loin, quelque part entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie. En tout cas, Austrasie seul serait peut être finalement mieux passé, malgré son petit côté moyenageux.
Rhin-Champagne : jolie tentative de fixer des repères marquants et connus, mais on identifie des frontières qui sont un fleuve d’un côté et un territoire de l’autre, ce qui relève d’une certain incohérence, et dans le même temps on oublie la Lorraine entre les deux. Vexant pour l’ « ancienne région » qui était la plus peuplée des trois.

grand-est-magazine-n-2-1453717019On ne saura pas vraiment pourquoi « Grand Est » est passé à la trappe, même si Frédéric Schnur semble avoir quelques explications techniques. Le nom était celui le plus repris jusque là (il avait même déjà son magazine « officiel ») s’imposait assez naturellement, mais ne pouvait pas se targuer d’une grande attractivité.

La suite ça sera un vote des internautes en ligne, pour choisir parmi les trois propositions sus-citées (ou éventuellement en ajouter) une. D’ailleurs c’est là que le lièvre levé par Thierry Labro prend toute sa saveur, puisqu’il y a déjà de « faux votes » en ligne possible sur les noms de domaine éventuels de la future région. Puis, ce sera le vote, officiel celui là, de l’Assemblée Régionale (dont tout porte à croire qu’elle s’orienterait vers Rhin-Champagne). Et enfin, une validation par le Conseil d’Etat (au plus tard le 1er octobre 2016).

Et donc, jusqu’ici, je t’avoue que de mon côté je m’étais posé la question de loin, sans vraiment y penser. Finalement, après une réflexion qui n’engage que moi, un dimanche sur mon canapé, je me dis que la solution la plus simple serait de rester à ACAL ou ALCA. C’est simple, court, et l’acronyme permet de conserver les trois régions dans le titre (au delà de la baseline qui devrait de toutes façons rester Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine). Ça évitera ainsi de focaliser le scepticisme entourant la nouvelle collectivité sur son nom inventé. On se souviendra d’ailleurs qu’une autre tentative de trouver un nom ex-nihilo à une région « acronymique » avait assez largement échoué en 2009 : la région PACA est restée PACA. Et ses habitants n’ont pas vraiment de nom officiel. Je ne suis pas bien sûr qu’ils s’en portent plus mal.

Reste cet intense débat, ami lecteur : ACAL ou ALCA ? Pour ma part, j’ai une petite préférence pour Région ALCA. Et toi ?

14/03/2016

Edit 1 : l’ami Grégory Boyer me signale que le nom officiel de la région PACA est Provence-Alpes-Côte d’Azur et que « L’acronyme, quel qu’il soit, ne permettant pas d’identifier géographiquement la Region, poserait un problème sur le plan juridique avec un risque de censure de la part du juge administratif ». J’en prend acte, et donc on va dire que je serais pour « Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine », qu’on qualifiera sans doute par l’usage d’ALCA.

Edit 2 : Philippe Richert était ce matin l’invité du réseau France Bleu de la région ALCA (France Bleu Alsace, Champagne-Ardenne, Elsass, Lorraine Nord, Sud Lorraine). Tu peux retrouver le compte rendu par ici. Mais en tout cas, il a déjà fait son choix.

Les élections municipales à Metz en 2020…

… je ne pensais pas que je t’en parlerais si tôt ici, ami lecteur. Ni d’ailleurs que j’aurais à réactiver le tumblr que j’avais créé à l’occasion de celles de 2014 (et dont les articles sont d’ailleurs reproduits ici même).

20160227 - RL - Municipales2020Mais voilà, il se trouve que le Républicain Lorrain a dégainé le premier, dimanche dernier, avec ce titre en une : « Ils rêvent (déja) tous d’être Maire de Metz !« . Tu peux d’ailleurs t’amuser un certain temps avec le dessin qui accompagne le titre (ci contre) pour tenter de deviner qui peut bien y figurer. Pas évident. Heureusement, tu seras bien aidé dans cette devinette par l’article quelques pages plus loin, qui liste les candidats potentiels en trois catégories. D’abord, les « déclarés » : Nathalie Colin-Oesterlé qui annonce directement la couleur sur son site (Metz 2020 c’est demain !), Khalifé Khalifé qui y pensait un peu en 2015 et y pense un peu plus en 2016, Thomas Scudéri qui assumait dans le RL en juin 2015 son envie de devenir maire de Metz un jour. Le RL classe également dans cette catégorie Emmanuel Lebeau (pour qui ça serait la quatrième candidature, comme Dominique Gros au moment de sa victoire en 2008) et Richard Lioger (pour qui ça pourrait être une suite légitime à ses deux mandats de premier adjoint), mais je n’ai pas vraiment trouvé de déclarations de l’un ou de l’autre qui l’annonçaient aussi clairement.

Et puis, le quotidien pronostique ensuite les « possibles » (Aurélie Filippetti, Jean-Michel Toulouze, Jérémy Aldrin, Françoise Grolet) et les « surprises » (Dominique Gros, Marie-Jo Zimmermann, François Grosdidier, ou encore Hacène Lekadir et Sébastien Koenig « en cas de primaire à gauche »).

Bon, tout ça fait quand même du monde, on pourrait même élargir encore un peu cette liste mais on reste clairement encore au stade des supputations et des pronostics. Si l’on veut s’y hasarder aussi, on regardera avec attention ce qui se passera pour la préparation et les résultats des législatives de 2017. Il s’agit en effet des seules élections d’ici 2020 (à l’exception bien entendu de l’élection présidentielle), et nul doute qu’une bonne partie des personnalités évoquées par le Républicain Lorrain tâcheront de bien y figurer, sur l’une des trois circonscriptions messines. Tu me connais maintenant, on essaiera de suivre ça ici-même.

Mais pour finir, ami lecteur, je vais sans doute te décevoir : non, je ne vais aujourd’hui pas t’annoncer ici ma candidature. En effet, le mot-dièse #Tochet2020 que l’ami François Pradayrol a tenté de lancer sur twitter n’a pas recueilli le succès escompté. Il m’appartient donc d’en tirer la conclusion, évidente.

VGA

La goutte d’eau

À la fin de mon dernier billet ici-même, il y a déjà presque un mois (il a filé vite, ce mois de février, non ?), je te confiais mon impression que la période compliquée dans laquelle nous sommes rentrés depuis déjà un certain temps (45 ans, 33 ans, 8 ans, quelques mois, suivant la référence que l’on choisit à quel moment l’on place le curseur au niveau « c’est compliqué« ) pouvait déboucher sur une forme de re-mobilisation. Eh bien il semble que celle-ci se cristallise un peu subitement ces derniers jours. Ça aurait pu être avant mais c’est sans doute ce vieux dicton de « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » qui est ici en action, même si le projet de Loi travail (ou loi El Khomri, du nom de la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social) qui semble en être le déclencheur ressemble plutôt à un gros seau d’eau qu’à une petite goutte.

Je ne vais pas revenir ici sur cette tentative ratée de ce que je suppose être une idée du type « plus c’est gros plus ça passe ». D’autres s’en sont parfaitement chargés, notamment sur ce nom de domaine très bien trouvé : loitravail.LOL. Mais en tout cas, après à peine une semaine de la fuite du texte de loi (qui n’est même pas encore passé en Conseil des Ministres), l’enchaînement des réactions semble désormais bien difficile à endiguer.

Il y a d’abord eu le site loitravail.lol, donc, lancé notamment par Caroline de Haas (décidément bien active ces temps ci), suivi d’une pétition qui bat des records de signatures (500 000 en une semaine).

Un certain nombre de youtubeurs ont emboîté le pas à cette première initiative.

Pour le moment 30 000 vues en une journée, et un joli succès du hashtag sur Twitter.

tribunePour finir, cette désormais déjà fumeuse fameuse « loi travail » a même réussi l’exploit de réveiller Martine Aubry. Et autant dire qu’elle ne s’est pas franchement levée du bon pied, ni de bonne humeur. La tribune qu’elle co-signe (avec notamment Claude Alphandery, Daniel Cohn-Bendit, Laurence Dumont, Yann Galut, Benoit Hamon, Axel Kahn, Chaynesse Khirouni…) est forte dans les termes employés : « pacte avec le Medef qui se révéla un marché de dupes », « désolant débat sur la déchéance de nationalité », « meurtrissure de l’indécent discours de Munich » de Manuel Valls, « trop, c’est trop ! », « Pas ça, pas nous, pas la gauche ! ». Le texte est intitulé Sortir de l’impasse et s’il laisse la porte ouverte à un accord qui se ferait sur le « Chemin de la gauche » qu’il faut « retrouver », ce manifeste paraît surtout achever les derniers espoirs de réconciliation entre cette partie de la gauche (une gauche du PS élargie, pour aller vite) et le gouvernement. En effet, Manuel Valls ne semble pas prêt à l’inflexion de sa politique, son image entière étant d’ailleurs construite sur cette inflexibilité.

Alors quelle solution ? Une mobilisation, même massive sur le net, forcerait elle cette inflexion ? Et cette mobilisation, en même temps que le chemin de la gauche, trouvera elle le chemin de la rue ? Quelques indicateurs peuvent nous y faire songer. Une intersyndicale, semble partie pour durer, même si son premier communiqué reste assez modéré.

Surtout, dans le même temps, des appels à manifester le jour de la présentation de la loi en Conseil des Ministres (le 9/3, date pour laquelle on tâchera de ne pas voir une allusion au 49.3) fleurissent sur le net, là aussi avec un certain succès. Sur Facebook ce sont déjà plusieurs dizaine de milliers de participants virtuels, mais l’expérience nous indique qu’il n’est pas toujours évident de les retrouver au rendez vous IRL. Étant donnée l’échéance très proche, ami lecteur, nous saurons en tout cas assez vite si l’on assiste à un raz de marée, ou si tout cela n’aura été qu’une goutte d’eau.

2016, culture, crise, politique : un billet un peu bordélique

Ami lecteur, tu excuseras je l’espère l’aspect un peu brouillon de ce billet. Mais j’hésitais sur le sujet à aborder ici en ce beau dimanche, dernier jour de janvier. Alors je vais en évoquer brièvement plusieurs.

Au départ, je voulais consacrer un billet à cette suppression, par le Conseil Départemental de l’Allier, des subventions aux compagnies de théâtre. Tu peux lire ça dans la presse auvergnate ici (La Montagne) ou ici (France 3 Auvergne). Dans La Montagne toujours, le vice-président chargé de la Culture, du Patrimoine, de l’Enseignement Supérieur, de la Mémoire et de la Jeunesse (ouf), tout en rappelant le contexte d’étranglement des collectivités territoriales (qui est une réalité), objecte aussi que ce n’est pas tout à fait une suppression, puisque les compagnies peuvent prétendre à des « subventions au projet, notamment dans le cadre de l’aide à la diffusion, c’est-à-dire si elles sont sollicitées par les communes ou les communautés de communes pour se produire« . Je pense que ça correspond à ça, sur leur site. On revient un petit peu à ce que, dans notre région, le collectif du 20 janvier a déjà pu évoquer (pour le dire vite, généralisation de l’aide au projet en lieu et place de conventionnements, ce qui laisse moins le temps au développement de vraies créations). Bon, tu me connais, ami lecteur, j’aurais bien fait une comparaison avec les subventions de l’année précédente pour voir. Mais pas de bol, sur le site du Conseil départemental de l’Allier, pourtant assez clair, nulle trace des compte-rendus de séances, ni d’un budget détaillé (tout juste un vague budget 2015 par grands items). C’est d’ailleurs un reproche que l’on peut faire à nombre de sites de collectivités, alors que cette diffusion devrait être une évidence. Pour finir sur ce sujet, je te conseille la lecture d’un article de Fabrice Grenier sur Rue89, bien écrit et un peu triste.

Tiens, puisque j’évoquais juste au dessus le Collectif du 20 janvier (dont je t’ai déjà parlé plusieurs fois par ici), je te signale au passage que ses réflexions continuent comme en atteste la réunion au Manège de Reims lundi dernier. C’est justement au moment où la future politique culturelle régionale va peu à peu se dévoiler que la veille et les propositions du collectif pourront prendre toute leur importance.

saison-1516-theatre-9Pendant ce temps là, au Blanc-Mesnil, il paraîtrait qu’il « y a de la joie ». Ce n’est pas moi qui le dit, mais le programme et l’affiche de saison du Théâtre 9, qui a remplacé le Forum du Blanc-Mesnil l’an dernier. J’avais consacré un billet fin 2014 à cette affaire pour le moins un peu houleuse. Et tu en as un bon résumé chez Regards, autour de l’acception du mot « populaire ». Et l’on peut se demander si la joie ostensiblement affichée par le Théâtre 9 ne serait pas là pour cacher, avec sans doute même une belle pointe de cynisme, le côté un peu triste de cette histoire.

Bon, ami lecteur, tu vas me dire que le ciel de ce dimanche pluvieux de fin janvier affecte le ton de ce billet. Peut être bien. Il est d’ailleurs peu probable que l’on voie une nette amélioration, puisque les dotations aux collectivités territoriales doivent en 2017 être affectées par la même baisse qu’en 2015 et 2016. En dehors des exemples déjà cités ici il y a quelques mois, on peut continuer régulièrement à en ajouter : Lyon, Grenoble ou plus localement Thionville. Même si d’un côté elle rapporte, la culture coûte, et la tentation de couper dans ses budgets va se faire de plus en plus forte du côté des collectivités territoriales, même si de son côté, l’État essaie de compenser, avec une hausse de 2,9% de son budget pour 2016.

Loin de moi l’idée de plomber l’ambiance. Au contraire même, ces mauvaises nouvelles inévitables en temps de crise ont aussi souvent une capacité à re-mobiliser. À l’image de ces manifestation et pétition dans l’Allier. À l’image du collectif du 20 janvier. À l’image de ceux qui étaient attachés à la programmation antérieure du Forum du Blanc-Mesnil et qui se retrouvent hors les murs pour tenter d’y développer une programmation.

boussoleJe dois t’avouer que je ne suis pas toujours convaincu par les modalités de ces actions, mais elles ont chacune le mérite d’interroger notre capacité à penser la politique. Il me semble que la période entière nous y invite d’ailleurs et l’on sent que de ce côté là, il n’y a pas que du côté de la culture que ça se cherche (cf notre primaire, la primaire point org, la transition, la boussole, ou les remèdes contre la gueule de bois politique).

Je reviendrai d’ailleurs sur ces dernières initiatives, ici même, ami lecteur. Pour ma part en tout cas, si la fin janvier appelle encore à la tentation de l’hibernation, tout ça aurait plutôt tendance à me réveiller.