De la métropole de Metz, de son importance et de ses limites

C’est important la métropole.

D’une certaine manière, je pourrais dire que j’ai toujours habité à Metz. Mais pour être plus précis, j’ai grandi à Saint-Julien-lès-Metz, juste à côté. Oh, pas sur les hauteurs de Saint-Julien, où la légende dit que l’herbe est plus verte et que le soleil brille plus fort, mais en bas, pas très loin de l’usine d’incinération et de l’avenue de Blida. D’ailleurs le panneau « Metz » était situé avant la maison où j’habitais. Autant dire que la frontière est vraiment ténue.

Frontière de Saint-Julien-les-Metz, archive

Mais bon, il s’agissait bien de Saint-Julien-lès-Metz. Le code postal n’est pas le même (57070), les habitants s’appellent les Saint-juliennois, et ils sont 3061 (enfin au dernier recensement, en 2014).

Quand j’ai commencé à habiter « en ville » (alors oui, quand tu habites à Saint-Julien, tu dis que tu vas « en ville » quand tu pars te promener dans l’hypercentre de Metz (ou alors tu dis « à la ville », mais là c’est limite quand même)), l’un des premiers trucs qui m’a frappé, c’est que tu peux descendre tes poubelles tous les soirs, tu n’as pas simplement deux jours de collecte dans la semaine. Je dis descendre, mais pour ma part je les amène à un PAV (point d’apport volontaire), qui n’est pas juste en bas de chez moi (il est à environ 400m) mais qui est beaucoup plus arrangeant du point de vue des horaires (je suis rarement chez moi entre 18h30 et 19h30). J’avais même fait un article ici lors de l’inauguration dudit PAV, en 2011. Avec la conteneurisation (qui arrive dans mon quartier dans les semaines qui viennent), il semblerait que je doive désormais sortir un bac les mardi, jeudi et samedi. Pour ma part, je continuerais à aller à mon PAVE à 400 mètres. On a le choix. D’ailleurs, ça serait pas mal que ce choix soit étendu aux habitants des autres quartiers, non ? Que tout le monde ait un PAV à 400m de chez lui, par exemple. Mais ça coûte. Cher.

En dehors des Points d’Apport Volontaire, « en ville » il y a aussi des équipements culturels (dont je n’ai pas encore tout à fait compris pourquoi ils ne sont pas TOUS administrativement rattachés à Metz Métropole… ou plutôt si, mais ça mériterait un autre billet juste sur cette question, ami lecteur), des restaurants multiples et variés, des supérettes ouvertes jusque 22h (même si on me souffle dans l’oreillette que le terme « supérette » serait un peu has been), des bars ouverts jusque 2 heures du matin.

Pour que tout le monde puisse profiter de ces bienfaits du coeur de ville, il y a les transports en commun. Quand j’étais gamin, pour venir de Saint-Julien-lès-Metz « à la ville », j’avais deux lignes de transport, le 13 et le 17 (une seule pour le haut de Saint-Julien, le 17). Ils ne relevaient même pas de la même compagnie, d’ailleurs « >(l’une d’entre elles était TCRM, les transports en commun de la région messine, transformé dont les anciens hangars sont désormais en l’indispensable Bliiida). Aujourd’hui, lorsque je vais à la BAM, qui est l’un de mes lieux de travail (et qui fait partie de ces lieux-culturels-qui-ne-relèvent-pas-de-la-Métropole, un peu comme le 13 et le 17 de mon enfance), je prends le Mettis, inauguré en 2013, en même temps que la dernière Nuit Blanche. Il y a deux lignes, qui suivent un parcours assez proches (Nord – Sud, pour aller vite). De l’avis de tous (même de ceux qui ont râlé pendant toute la durée des travaux), c’est rudement bien fichu : on gagne du temps, les bus circulent jusque minuit… mais il manque évidemment une ligne est-ouest. Celle qui irait, par exemple, de Marly à… Saint-Julien-lès-Metz, justement. Cette « ligne C du Mettis », au fil de débats ou de discours politiques, ressort régulièrement du chapeau, ou des cartons dans lesquels elle est rangé, prévue, détaillée. C’est évidemment la question des travaux, de leur ampleur et surtout de leur coûts dont il est question. Il manque aussi des transports qui circuleraient jusque 2h du matin, sans doute.
Là aussi, question de coûts.

Lorsque l’on parle de coûts et de décisions politiques, ces sujets, transports, enlèvement des déchets, culture, relèvent des compétences de la Métropole. La Communauté d’agglomération de Metz Métropole a été créée en 2002. Puis, renommée simplement Metz Métropole en 2009. Mais elle n’en avait toujours que le nom, pas le statut. C’est le 1er janvier 2018 que Metz Métropole y a accédé, à ce statut, in extremis. Cela va encore accroître ses compétences (dév éco, eau, environnement…). C’est en cours. Et quand on pense aux frontières ténues entre les communes qui la composent, celles du panneau devant ma maison ou du Jardin Botanique qui est une enclave messine au sein de Montigny-les-Metz, aux transports en commun, aux équipements, culturels, sportifs, éducatifs… d’utilité métropolitaine, aux possibilités offertes par une agence d’attractivité, on se dit que cela relève d’une certaine évidence.

« Très bien… mais alors les limites ? » me demanderas tu, ami lecteur. Il y a bien entendu celle des moyens, notamment dans un contexte de réduction des dotations aux collectivités. Mais de mon point de vue, la limite politique est tout aussi importante. La loi Maptam du 27 janvier 2014 avait prévu l’élection des conseillers métropolitains au suffrage universel (selon des conseillers modalités qui restent à fixer). Le 5 avril dernier, nos braves sénateurs ont souhaité rester sur le système actuel, avec la technique dite « du fléchage » (je te laisse lire par ici et par là). Ce qui veut dire qu’en 2020, on va continuer à voter pour le maire de sa commune (ce qui est bien sûr important, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit) alors qu’on sait pertinemment que l’essentiel des compétences vont relever plutôt de la métropole. Et qu’une démocratie un peu plus « directe » devrait s’imposer également, sans quoi l’on risque de reproduire un désintérêt du citoyen si son vote s’il n’a pas d’impact direct sur la vie de la cité, désintérêt que l’on peut voir se manifester pour d’autres élections.

Bon, je te livre là, comme souvent ami lecteur, mes réflexions en cours. En 2020 nous aurons les première élections à Metz et dans les 43 communes alentours dans le cadre de cette nouvelle métropole. Et qu’il ne faudra pas rater ce virage. Il va donc falloir s’y intéresser, ce que je continuerai à faire ici même, et ailleurs.

Parce que c’est important, la métropole.

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PS : oui, au fait, j’oublie toujours de le signaler, mais tu peux suivre les mises à jour de ce blog via la page Facebook qui lui est consacrée. Je me dis que si tu es arrivé jusqu’ici, c’est que le contenu doit t’intéresser 🙂

Municipales 2020 à Metz : encore 43 mois, primaire ouverte, La Semaine…

Oui, ami lecteur, 43 mois c’est la durée qui devrait nous séparer aujourd’hui des prochaines échéances municipales à Metz (et ailleurs en France). Enfin 43 mois environ. Peut être 44, ou plus, suivant le mois qui sera choisi (traditionnellement mars ou avril). Alors effectivement, ça paraît encore bien loin. Mais tu te souviens qu’il y a quelques mois, en mars dernier, le Républicain Lorrain avait déjà titré en une « Ils rêvent (déjà) tous d’être maire de Metz« . Je t’en avais donc parlé ici même.

Bon, depuis, cette question avait vaguement disparu du paysage, même si en juin dernier Direct FM annonçait la candidature de Thomas Scuderi aux municipales. Dans une interview, l’adjoint au maire en charge de chargé de la citoyenneté et de la démocratie participative ré-évoquait en effet sa volonté d’être candidat, en appelant également de ses voeux une « primaire ouverte ». On se souvient qu’en 2007, pour les municipales de 2008, Dominique Gros avait été désigné candidat à la suite d’une primaire réservée aux militants socialistes (225 voix contre 222 à Pierre Bertinotti au second tour, après un premier tour auquel avait également participé Richard Lioger).

Tiens, voilà d’ailleurs une belle vidéo d’archive (merci JCDR !).


Les résultats (Primaires PS Metz) par jcdrf3

Du coup j’ai jeté un oeil rapide sur cette idée de primaire ouverte. En dehors de la désignation, en 2011, du candidat du PS pour les présidentielles de 2012 (François Hollande, qui, ça ne t’aura pas échappé, l’a finalement emporté), Wikipedia nous indique que ce mode de désignation a été utilisé huit fois lors de la préparation des municipales de 2014 : 6 fois par le PS (Le Havre, Béziers, La Rochelle,…), deux fois par l’UMP (Lyon et Paris). Un point commun aux huit vainqueurs de ces primaires ? Ils ont tous perdu les municipales ensuite… On ne tirera pas ici de conclusions hâtives, mis je tâcherai de me pencher sur cette question d’ici 2019 (ce qui nous laisse un peu de temps).

la-semaine-2020Pourquoi est ce que je te reparle de ces municipales aujourd’hui, te demandes tu sans doute. Eh bien après le RL, c’est La Semaine qui a consacré sa une et trois pages intérieures à la question « Qui se rêve maire de Metz en 2020 ?« . On notera que pour l’un comme pour l’autre des journaux, l’image onirique colle à cette ambition. Si ces trois pages restent plutôt sympathiques à lire, avec quelques petites piques et petites phrases, on n’y trouvera pas de grandes révélations. Il s’agit plutôt un tour d’horizon exhaustif des candidats potentiels à gauche (Richard Lioger, Jean-Michel Toulouze, Sébastien Koenig, Hacene Lekadir, Thomas Scuderi, Aurélie Filippetti…), à droite (Nathalie Colin-Oesterlé, Marie-Jo Zimmermann, François Grosdidier, Khalifé Khalifé, Emmanuel Lebeau,…), encore plus à droite (Françoise Grolet). Soit sensiblement les mêmes candidats que dans le RL six mois plus tôt. Mais ici, on retrouve aussi ceux qui disent qu’ils n’iront vont pas (Thierry Jean, Isabelle Kaucic…). Et puis, fidèle à son habitude, Jean-Pierre Jager lance également quelques noms de la société civile (Fabrice Genter, Hervé Obed…). Sans doute pourra t on refaire quasiment le même tour d’horizon dans six mois, puis l’an prochain. Peut être aussi que d’ici là, les législatives et les grandes manoeuvres dans les partis après les présidentielles auront un peu rebattu les cartes.

Et puis, si je te parle ici des municipales 2020 à Metz, c’est sans doute aussi grâce à (à cause de ?) Nicolas Turon et des ses deux minutes de vendredi dernier sur France Bleu Lorraine Nord, dans lesquelles il brocarde ces annonces de candidature pour le moins anticipées, et notamment ici celle de Thomas Scuderi.


Les Deux minutes de Nicolas TURON 23/09/16 par france-bleu-lorraine-nord

Caustique, hein ? Mais drôle. Et pour les éventuels candidats à l’échéance de 2020, il vaudrait mieux commencer à s’habituer : il n’y a pas de raisons qu’il ne soit plus là, l’ami Nicolas Turon. #Turon2020 ?

Les élections municipales à Metz en 2020…

… je ne pensais pas que je t’en parlerais si tôt ici, ami lecteur. Ni d’ailleurs que j’aurais à réactiver le tumblr que j’avais créé à l’occasion de celles de 2014 (et dont les articles sont d’ailleurs reproduits ici même).

20160227 - RL - Municipales2020Mais voilà, il se trouve que le Républicain Lorrain a dégainé le premier, dimanche dernier, avec ce titre en une : « Ils rêvent (déja) tous d’être Maire de Metz !« . Tu peux d’ailleurs t’amuser un certain temps avec le dessin qui accompagne le titre (ci contre) pour tenter de deviner qui peut bien y figurer. Pas évident. Heureusement, tu seras bien aidé dans cette devinette par l’article quelques pages plus loin, qui liste les candidats potentiels en trois catégories. D’abord, les « déclarés » : Nathalie Colin-Oesterlé qui annonce directement la couleur sur son site (Metz 2020 c’est demain !), Khalifé Khalifé qui y pensait un peu en 2015 et y pense un peu plus en 2016, Thomas Scudéri qui assumait dans le RL en juin 2015 son envie de devenir maire de Metz un jour. Le RL classe également dans cette catégorie Emmanuel Lebeau (pour qui ça serait la quatrième candidature, comme Dominique Gros au moment de sa victoire en 2008) et Richard Lioger (pour qui ça pourrait être une suite légitime à ses deux mandats de premier adjoint), mais je n’ai pas vraiment trouvé de déclarations de l’un ou de l’autre qui l’annonçaient aussi clairement.

Et puis, le quotidien pronostique ensuite les « possibles » (Aurélie Filippetti, Jean-Michel Toulouze, Jérémy Aldrin, Françoise Grolet) et les « surprises » (Dominique Gros, Marie-Jo Zimmermann, François Grosdidier, ou encore Hacène Lekadir et Sébastien Koenig « en cas de primaire à gauche »).

Bon, tout ça fait quand même du monde, on pourrait même élargir encore un peu cette liste mais on reste clairement encore au stade des supputations et des pronostics. Si l’on veut s’y hasarder aussi, on regardera avec attention ce qui se passera pour la préparation et les résultats des législatives de 2017. Il s’agit en effet des seules élections d’ici 2020 (à l’exception bien entendu de l’élection présidentielle), et nul doute qu’une bonne partie des personnalités évoquées par le Républicain Lorrain tâcheront de bien y figurer, sur l’une des trois circonscriptions messines. Tu me connais maintenant, on essaiera de suivre ça ici-même.

Mais pour finir, ami lecteur, je vais sans doute te décevoir : non, je ne vais aujourd’hui pas t’annoncer ici ma candidature. En effet, le mot-dièse #Tochet2020 que l’ami François Pradayrol a tenté de lancer sur twitter n’a pas recueilli le succès escompté. Il m’appartient donc d’en tirer la conclusion, évidente.

VGA