2016, culture, crise, politique : un billet un peu bordélique

Ami lecteur, tu excuseras je l’espère l’aspect un peu brouillon de ce billet. Mais j’hésitais sur le sujet à aborder ici en ce beau dimanche, dernier jour de janvier. Alors je vais en évoquer brièvement plusieurs.

Au départ, je voulais consacrer un billet à cette suppression, par le Conseil Départemental de l’Allier, des subventions aux compagnies de théâtre. Tu peux lire ça dans la presse auvergnate ici (La Montagne) ou ici (France 3 Auvergne). Dans La Montagne toujours, le vice-président chargé de la Culture, du Patrimoine, de l’Enseignement Supérieur, de la Mémoire et de la Jeunesse (ouf), tout en rappelant le contexte d’étranglement des collectivités territoriales (qui est une réalité), objecte aussi que ce n’est pas tout à fait une suppression, puisque les compagnies peuvent prétendre à des « subventions au projet, notamment dans le cadre de l’aide à la diffusion, c’est-à-dire si elles sont sollicitées par les communes ou les communautés de communes pour se produire« . Je pense que ça correspond à ça, sur leur site. On revient un petit peu à ce que, dans notre région, le collectif du 20 janvier a déjà pu évoquer (pour le dire vite, généralisation de l’aide au projet en lieu et place de conventionnements, ce qui laisse moins le temps au développement de vraies créations). Bon, tu me connais, ami lecteur, j’aurais bien fait une comparaison avec les subventions de l’année précédente pour voir. Mais pas de bol, sur le site du Conseil départemental de l’Allier, pourtant assez clair, nulle trace des compte-rendus de séances, ni d’un budget détaillé (tout juste un vague budget 2015 par grands items). C’est d’ailleurs un reproche que l’on peut faire à nombre de sites de collectivités, alors que cette diffusion devrait être une évidence. Pour finir sur ce sujet, je te conseille la lecture d’un article de Fabrice Grenier sur Rue89, bien écrit et un peu triste.

Tiens, puisque j’évoquais juste au dessus le Collectif du 20 janvier (dont je t’ai déjà parlé plusieurs fois par ici), je te signale au passage que ses réflexions continuent comme en atteste la réunion au Manège de Reims lundi dernier. C’est justement au moment où la future politique culturelle régionale va peu à peu se dévoiler que la veille et les propositions du collectif pourront prendre toute leur importance.

saison-1516-theatre-9Pendant ce temps là, au Blanc-Mesnil, il paraîtrait qu’il « y a de la joie ». Ce n’est pas moi qui le dit, mais le programme et l’affiche de saison du Théâtre 9, qui a remplacé le Forum du Blanc-Mesnil l’an dernier. J’avais consacré un billet fin 2014 à cette affaire pour le moins un peu houleuse. Et tu en as un bon résumé chez Regards, autour de l’acception du mot « populaire ». Et l’on peut se demander si la joie ostensiblement affichée par le Théâtre 9 ne serait pas là pour cacher, avec sans doute même une belle pointe de cynisme, le côté un peu triste de cette histoire.

Bon, ami lecteur, tu vas me dire que le ciel de ce dimanche pluvieux de fin janvier affecte le ton de ce billet. Peut être bien. Il est d’ailleurs peu probable que l’on voie une nette amélioration, puisque les dotations aux collectivités territoriales doivent en 2017 être affectées par la même baisse qu’en 2015 et 2016. En dehors des exemples déjà cités ici il y a quelques mois, on peut continuer régulièrement à en ajouter : Lyon, Grenoble ou plus localement Thionville. Même si d’un côté elle rapporte, la culture coûte, et la tentation de couper dans ses budgets va se faire de plus en plus forte du côté des collectivités territoriales, même si de son côté, l’État essaie de compenser, avec une hausse de 2,9% de son budget pour 2016.

Loin de moi l’idée de plomber l’ambiance. Au contraire même, ces mauvaises nouvelles inévitables en temps de crise ont aussi souvent une capacité à re-mobiliser. À l’image de ces manifestation et pétition dans l’Allier. À l’image du collectif du 20 janvier. À l’image de ceux qui étaient attachés à la programmation antérieure du Forum du Blanc-Mesnil et qui se retrouvent hors les murs pour tenter d’y développer une programmation.

boussoleJe dois t’avouer que je ne suis pas toujours convaincu par les modalités de ces actions, mais elles ont chacune le mérite d’interroger notre capacité à penser la politique. Il me semble que la période entière nous y invite d’ailleurs et l’on sent que de ce côté là, il n’y a pas que du côté de la culture que ça se cherche (cf notre primaire, la primaire point org, la transition, la boussole, ou les remèdes contre la gueule de bois politique).

Je reviendrai d’ailleurs sur ces dernières initiatives, ici même, ami lecteur. Pour ma part en tout cas, si la fin janvier appelle encore à la tentation de l’hibernation, tout ça aurait plutôt tendance à me réveiller.

Face à la presse – Mirabelle TV

Hier soir, j’étais donc « Face à la presse » chez Mirabelle TV, un exercice duquel je ne suis pas vraiment coutumier, finalement. On va dire que ça explique les quelques balbutiements et hésitations, que tu m’excuseras dans ta grande mansuétude, ami lecteur.

Mais voilà en tout cas l’émission.


Face à la Presse avec Nicolas Tochet, délégué… par MirabelleTVofficiel

DLCC (4) – Muse se prépare

« Mais qu’est ce que c’est que ce titre de billet ? » te demanderas tu sans doute à ton arrivée sur ce blog, ami lecteur. Et je ne pourrais pas vraiment t’en faire le reproche, cet acronyme n’apparaissant pas forcément très clair à première vue. En fait c’est simplement que le « Décidément, les centres commerciaux… » déjà utilisé précédemment pour trois titres d’articles est un poil long. Et comme visiblement cette série est amenée à continuer, j’aime autant le conserver. DLCC, donc.

Muse-depuis-CPM-nuit-2-beneLa volonté n’était d’ailleurs pas particulièrement de commencer 2016 avec un billet sur les centres commerciaux, même si je remarquais il y a peu l’intérêt que ça pouvait susciter ici même. Mais bon, il se trouve que je n’ai pas pris le temps de blogguer ici depuis le 1er janvier. Et que là tout de suite, quelques éléments me font revenir sur le sujet, et plus particulièrement sur Muse. Dont acte.

Le centre commercial Muse est actuellement en travaux (tu peux d’ailleurs les suivre en direct via une webcam installée sur le Centre Pompidou-Metz) pour une ouverture toujours prévue au deuxième semestre 2017. On sent bien qu’au delà du chantier impressionnant (présenté comme le plus grand chantier privé de France), l’opération de communication se prépare également peu à peu.

Début décembre, c’est Digitalarti qui annonçait la première sélection d’œuvres digitales qui doivent animer / embellir le centre (merci à Pat pour avoir relevé cette info passée localement assez inaperçue).

Parmi les noms des artistes participant ainsi à ce qui a été annoncé (par digitalarti) comme « la plus importante installation d’oeuvres numériques au monde« , on relèvera notamment Visual System, Scenoscome, ou Vincent Leroy, tous déjà présents à la Nuit Blanche Metz, respectivement en 2010, 2011 et 2013.

Dans le même temps, un site web (muse-metz.fr) a été lancé récemment (le nom de domaine a été acheté en octobre). Pour le moment, en dehors d’une première liste d’enseignes (Burger King, Habitat, Primark, Carrefour Market,…) il est encore un petit peu vide, à l’image de ces pages dont on sent qu’elles ont été calibrées pour les mots-clé mais dans lesquelles il manque encore le contenu, à l’image aussi de cette vidéo étrangement sans son (60 vues sur Youtube au moment où j’écris ces lignes). Bref, comme le centre, tout cela est en construction, mais on sent que les outils s’aiguisent.

En dehors de ces quelques éléments de communication, on constate également qu’à quelques 18 mois de l’ouverture, Muse suscite encore un peu plus d’attention.

Lorsque le directeur d’exploitation de la région Nord de Klépierre essaie de rassurer, dans le Républicain Lorrain, sur l’avenir du Centre Saint Jacques (dont le groupe est propriétaire), on lui pose bien entendu la question sur Muse (« En fin de compte, il se peut que Muse fasse plus de mal à Waves qu’au centre-ville. » conclut il… on a envie de le croire). Un Centre Saint Jacques toujours assez triste lorsqu’on le traverse, mais pour lequel la situation semble enfin se débloquer avec l’arrivée d’un H&M géant.


Et puis au moment où l’on reparle des cinémas à Metz (c’est au menu du prochain Conseil Municipal), Muse est à nouveau au coeur du dossier avec l’ouverture d’un Kinépolis en 2018, dans une situation imbriquée avec celle des cinémas de l’hypercentre (lire ici dans le RL, ou ici sur le site de la ville). Nul doute que ce débat ci reviendra de manière récurrente sur le tapis.

Je conclue ce billet avec deux liens déjà postés, au cas où il t’auraient échappé. D’abord ce passionnant billet sur l’histoire des malls. Et puis l’émission Du Grain à Moudre sur France Culture, intitulée Le centre commercial est-il encore le coeur de la société de consommation ? diffusée en 2014. Les questions qui y sont abordées sont toujours on ne peut plus d’actualité. Et on y reviendra sans nul doute.