Le Grand Débat

Ami lecteur, je te disais pas plus tard que dimanche dernier que les alliances dans la perspectives du second tour des municipales à Metz allaient être déterminantes. Ca reste au final assez juste, mais je dois bien admettre que je ne m’attendais pas franchement à ce qu’elles prennent cette tournure. Je t’épargne les détails que tu trouveras à droite à gauche sur le net, mais après deux journées bien animées, les trois candidats encore en lice pour la mairie de metz se retrouvaient mardi soir à l’auditorium de la FIM pour un débat organisé par France Bleu Lorraine Nord et le Républicain Lorrain.

Comme prévu, rien de bien nouveau du coté des projets que tu retrouveras du coté des sites des trois candidats (Marie-Jo Zimmermann, Dominique Gros, et Jean-Marie Rausch). Mais c’était l’ambiance de ce débat qui était marquante. Sur scène, MJZ attaquait le maire sortant en continu, celui ci répliquait, assez faiblement. Dominique Gros suivait ça de loin (il était seul de l’autre coté de la table), et avançait ses idées tranquillement, avec souvent l’acquiescement de MJZ. Dans le public, on avant plutôt l’ambiance d’un spectacle de guignol : un car de supporters de Rausch huait MJZ dès qu’elle prenait la parole, les applaudissements et les commentaires fusaient. On sent que le crime de lèse majesté de Zimmermann n’est pas passée, que la haute trahison à l’UMP local n’est pas digérée. Pour elle des huées, mais pour JMR… des rires : « ma carrière politique est derrière moi », « On ne devance pas les besoins, ça coute de l’argent. On suit les besoins », et j’en oublie. Maladresse dimanche qui a provoqué l’alliance qui est en train de causer sa défaite, maladresses mardi qui décridibilisent encore un peu l’homme politique qu’il est toujours. On pouvait se dire que Dominique Gros était au dessus de tout ça. C’est un peu vrai. Mais il avait aussi l’air un peu lointain, tant le public présent ne semblait là que pour le duel de gladiateurs auquel se livrait les deux autres (pour réécouter en ce moment même une petite partie du débat à la radio, il a eu raison, son attitude passe bien mieux que ce qu’elle rendait dans l’arène).

Au bout d’un moment, à mon grand étonnement, j’ai ressenti une certaine empathie pour Jean-Marie Rausch. Je le voyais se débattre, sur ces sujets qui le dépassent un peu, avec une énergie qui n’égale plus celle de ses opposants. Et puis ces rires, et son air d’être là comme une bête de foire livrée au public. Je me sentais un peu triste pour lui.

Fin du débat, après les deux autres candidats le journaliste le laisse conclure. Et là subitement il s’emporte. Vieille habitude de conseil municipal ? Attitude autoritariste naturelle qui revient au galop ? Il se lance en tout cas dans une diatribe aussi maladroite que le reste de son discours, accusant les journalistes de n’avoir pas posé les bonnes questions, de n’avoir pas abordé la fiscalité, seul sujet important qui intéresse vraiment les messins. Triste fin de débat.

Triste fin tout court. Mais au vu de cette dernière minute en tout cas, on ne le regrettera pas trop, ami lecteur.