Il fallait bien ça

Oui ami lecteur, il y a huit jours, je te racontais ici même que j‘étais bien content de laisser une semaine pesante derrière moi. Mais au moment d’en reprendre une nouvelle, il faut reconnaître que que ce n’était pas encore ça. Finalement ce sont deux concerts qui ont fait le nécessaire. Il faut dire que Thurston Moore et Dominique A sont en bonne place dans les quelques artistes intouchables qui figurent dans mon panthéon musical. Et ils ne sont pas si nombreux. Le fait que les deux jouent à Metz la même semaine relevait d’un beau hasard.

Alors que le mardi est parfois danger, le lundi est, lui, rarement un jour faste pour les concerts notamment à Metz. Étrangement ce lundi 23 novembre offrait un choix quasi-pléthorique : une soirée de l’association Mâche un Truc à la Chaouée (raxil4 / Ræppen / PsôM), The Necks invités par Fragment à l’église Saint Maximin et donc Thurston Moore au Centre Pompidou-Metz. Je ne me suis décidé que l’après-midi même à aller à ce concert. Pourtant, ami lecteur, je suis un fan de Sonic Youth, ça fait sans doute partie des groupes qui m’ont fait faire de la musique (notamment avec melatonine). Mais voilà je ne sais pas, je n’avais sans doute pas encore tout à fait le coeur à ça.

L’après-midi, donc, je constate qu’il reste des places (ça sera finalement complet le soir même). Et je me dis aussi que l’occasion ne se représentera peut être pas de sitôt. Et l’ami Nico D’Ascenzio achève de me convaincre. Autant te dire, ami lecteur, que dès le début du concert je me suis vite rendu compte que j’aurais eu tort de rater ça. Après les messins de Chair en première partie (dans lesquels on reconnaissait quelques têtes connues) et quelques bières au bar (dont le comptoir était rapidement débordé et les fûts rapidement vidés par un flux de public sans doute inhabituel) retour dans le Studio du CPM pour voir sur scène Thurston Moore accompagné de Steve Shelley (Sonic Youth aussi) à la batterie , Debbie Googe (My Bloody Valentine) à la basse, et James Sedwards à la guitare.

Que te dire du set ? Il était très bon. Très très bon même.

Oui, qu’en dire ? Avec une autre formation, on aurait pu dire que ça faisait franchement Sonic Youth. Ce son à la fois noise et mélodique, ces morceaux faussement simples et vraiment épiques, tout y était. Mais comme la moitié du groupe était sur scène, comment le leur reprocher ? Et ce n’est d’ailleurs pas ce que le public a fait, bien au contraire. Et les rappels furent long, comme ceux d’une dernière date de tournée réussie.

inrocks dominique ALe jeudi, c’était Dominique A à la BAM. Je crois que, comme pour Sonic Youth, j’ai été fan de ce garçon dès que je l’ai entendu. Je me souviens aussi, quelques temps plus tard, de cette couverture des inrocks, « la chanson française dont vous n’aurez pas honte », en 1995. Tiens je te la colle à côté, là. Un peu provoc-drôle bien sûr, mais au fond assez juste pour que ça fonctionne quand même.

Le concert était à la hauteur de ce que l’on peut penser du « patron » et de ses morceaux. C’était beau, le son de la BAM était bon, c’était impeccablement interprété. En concert peut être encore plus de sur disque, on prend le temps de se rendre compte de la subtilité et de la finesse de chacun de ses compositions, de la force des paroles.

Et là aussi, c’était long. Il faut dire que, même si son dernier album Eleor représente une bonne partie de son set, il y a de la matière dans sa discographie depuis La fossette, déjà génial, en 1992. Et à tout cela il convient rajouter l’amabilité du bonhomme pendant et après le concert, lorsqu’il est venu discuter avec le public qui traînait encore au bar.

DOMINIQUE A | #LaBAM | #Metz (1/2)

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

D’ailleurs, cette amabilité et cette gentillesse, c’est également ce que m’ont rapporté ceux qui ont eu le bonheur de croiser Thurston Moore le lundi précédent.

De la gentillesse, de l’amabilité, de la musique à la fois forte et géniale. Oui, ami lecteur, je crois qu’il fallait bien ça.

PS : et merci à Margaud pour le disque dédicacé.
IMG_7210

Laisser cette semaine derrière soi.

Allez, on ne va pas se le cacher : c’était une semaine éprouvante que celle qui est en train de s’achever, ami lecteur.

Il y a 9 jours, le 13 novembre 2015, vers 22h, j’étais à la Maison de la Culture et des Loisirs pour la soirée L’ouvrage du Fou. Une soirée sympathique, de déclamations improvisées et d’interventions musicales dans le cadre chaleureux du relais, le petit caveau de la MCL, joliment décoré pour l’occasion.

Et puis, en jetant un oeil sur mon portable, j’ai vu les premiers tweets inquiétants qui rapidement laissaient peu de place au doute. Après quelques minutes de rafraichissements compulsifs des divers fils d’actu, j’allais partager l’information avec Margaud et nous rentrions sidérés à la maison, pour passer le reste de la soirée hagards devant iTélé. Dans mon esprit, c’est peu à peu une infinie tristesse qui prenait l’essentiel de la place et c’est encore le sentiment qui prédominait en réussissant à aller me coucher, vers 5h du matin.

Dans une situation comme celle ci, en s’endormant, on peut d’ailleurs avoir un peu l’impression qu’il ne va pas y avoir de lendemain. Pourtant, le samedi 14 a bien existé, et la gueule de bois qui a accompagné le réveil, malgré une consommation d’alcool limitée la veille, était bien réelle. L’ensemble du week end est passé de manière cotonneuse, comme si j’étais en permanence à moitié éveillé. Et les heures de sommeil en retard n’expliquaient pas totalement cet état. Après une douche et un trajet en Mettis, le tout effectué de manière très mécanique, la journée du samedi commençait réellement par le Borny Buzz Café à la BAM.

Ce matin, à la BAM, on discute de démocratie avec le Borny Buzz Café. C'est approprié, ce matin. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Puis vers midi tombait la confirmation de l’annulation du concert de Nekfeu prévu à la BAM le soir même, qui affichait complet depuis des mois.

.

Évidemment, qu’on comprend, Nekfeu.
Cette envie, cette motivation à monter sur une scène le lendemain d’une soirée comme celle ci relève de l’intime. Il n’y a pas de bonne décision, en l’état. Le même soir, d’ailleurs, aux Trinitaires, Sipping et AqME maintenaient leur concert.
L’après midi était le temps d’un indispensable recueillement collectif.

Merci @Ville_de_metz d'avoir maintenu ce rassemblement, ce recueillement. Ça fait du bien de voir des gens unis. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Vers la fin, alors que j’étais reparti du côté de l’Arsenal voir comment se passait le festival Je t’aime… Ich Auch Nicht, une dizaine d’abrutis ont tenté de venir le perturber Le soir, après avoir passé deux heures à la BAM pour les rares spectateurs qui seraient passés au travers de l’information du report du concert (ils étaient 6, en tout et pour tout), nous nous retrouvions dans un bar avec quelques amis, dans une ambiance où la morosité nous reprenait régulièrement, tout juste perturbée par la rencontre de norvégiens venus « pour les pigeons » (en fait le Congrès Européen d’Aviculture). Une conversation décalée, qui faisait du bien. Et je n’ai pas vraiment souvenir d’un dimanche dont on essayait de faire en sorte qu’il soit quasiment normal. Alors que ce n’était pas le cas.

Difficile donc d’affronter le lundi, et une nouvelle semaine. Le premier moment où j’ai senti que tout repartait était une répétition de mélatonine, le lundi soir, en jouant de la basse pendant deux heures. Et puis le concert de SoCalled à la BAM. Il était content de jouer, SoCalled, ses deux concerts des jours précédent ayant été annulés. Et il réussissait à mettre une ambiance géniale, même si l’on sentait bien qu’il y aurait pu y avoir un peu plus de monde, si ce concert n’était pas tombé à ce moment là.

.

Bien sûr, on continue à guetter les infos. Et le mercredi matin à Saint Denis, le samedi à Bruxelles, on a l’impression de replonger, un peu. Mais dans le même temps, aux Trinitaires le beau concert de Chelsea Wolfe le jeudi, des excellents belges de We Stood Like Kings le vendredi. Le génial Aaron Parks qui se pointe à la soirée jazz au caveau par surprise. Les discussions avec les collègues sur le meilleur endroit par lequel sortir de la salle si un mec se point avec une kalach. On en rigole, un peu. Et puis, concert ou pas, finir les soirées dans les bars tous les soirs, non pas parce que ce serait « un acte de résistance », juste parce qu’on ne veut pas aller se coucher, qu’on veut sortir, boire, voir des gens. Et même, le samedi, finir par l’ouverture des marchés de Noël, avec une roue lumineuse devant la cathédrale, du vin, des huîtres, du vin surtout.

Le marché de Noël (gourmand) de la place de Chambre est ouvert. #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

En fait, je ne sais pas vraiment pourquoi je te raconte ça, ami lecteur. Sans doute parce qu’un blog doit aussi servir à ça. Sans doute parce que je ne me sens pas de me lancer dans une explication géopolitique de la situation, ou un pronostic de son évolution, notamment parce que malgré des lectures nombreuses et passionnantes sur le sujet je n’y comprends toujours pas grand chose. Sans doute aussi parce que tout au long de cette semaine, le besoin de convivialité, d’amitié aura été bien plus prégnant que d’habitude. Sans doute parce que même au travers de cet écran, quand je te dis « ami lecteur », je pense vraiment à toi qui est de l’autre côté.

Alors voilà, j’espère que tu te portes bien. Et que tu es aussi content que moi de laisser cette semaine derrière toi.

Ce soir ou jamais [L’été des replays – épisode 4]

Elle sont devenues rares finalement, ces émissions où l’on parle en direct de l’actualité, dans le poste.

Bon, il y a les chaînes d’infos en continu, qui ne parlent que de ça, mais on est là dans un flux permanent : les échanges se limitent à quelques phrases, peu d’analyse, peu d’échange. Il y a bien C dans l’air, sur France 5. Mais à force d’inviter toujours les mêmes habitués (Cayrol, Dessertine, Barbier ou l’insupportable Verdier-Molinié) on est plutôt dans une sorte de café du commerce d’éditorialistes. Sympathique, mais un peu lassant.

logo-ce-soir-ou-jamaisEt puis, il y a Ce soir ou jamais, l’émission qui te réconcilie avec le service public sur France 2. Enfin, elle te réconcilie à moitié, d’abord parce qu’elle était quasi quotidienne sur France 3, ensuite parce qu’elle est diffusée bien trop tard, qui plus est le vendredi soir (non mais dis moi, qui passe son vendredi soir devant la TV ?). Mais bon, voilà, comme il y a les replays qui sont justement le thème de cette série de billets, ça passe. Un jour viendra peut être où l’on pourra voir ce type d’émission à 20h30 sur une chaîne nationale, mais pas aujourd’hui, il y a la saison 2008 de FBI : portés disparus à rediffuser.

Ce soir ou jamais traite de l’actualité culturelle, politique, sociétale. Les sujets sont variés, en voici quelques uns de la saison 14-15 à titre d’exemple : Culture : faut-il s’inquiéter du désengagement de l’État ?, Vers une société où l’on peut dénoncer, espionner et tromper sans risque ?, La révolution du féminin a-t-elle déjà triomphé ?, Mannequins, intellectuels, footballeurs, fumeurs : l’exemplarité doit-elle s’imposer ?, Le divorce entre le peuple et les élites est-il consommé ?… Les invités aussi sont variés : la page wikipedia de l’émission nous apprend que « 42,45 % des 4 124 invités ne l’ont été qu’une fois entre septembre 2006 et le 29 mai 2012 ». Il n’y a pas de source à ce chiffre (et je n’ai pas envie de recompter là tout de suite) mais c’est en tout cas l’impression qui ressort en visionnant quelques numéros du magazine : si l’on y croise de temps en temps un Emmanuel Todd, on retrouve finalement rarement les mêmes invités autour de la table.

Capture d’écran 2015-08-24 à 11.45.32Au milieu de ces personnalités (en général une dizaine), Frédéric Taddéï lance les sujets, relance quand le besoin s’en fait sentir, mais surtout se livre à cet exercice qui semble tout à fait incroyable à la télévision ces dernières années : il laisse ses invités parler. Parfois même assez longtemps. C’est un peu surprenant au début, mais je t’assure, on s’y fait.

Donc voilà, tu peux retrouver ces émission en replay sur le site de France 2, mais aussi parfois sur un Youtube officiel, ce qui me permet de te coller cette vidéo ici même, l’une de celles que j’ai regardé en replay cet été.

Pour une fois, trois invités seulement : il s’agit du débat entre Frédéric Lordon et Thomas Piketty, avec l’intervention en fin d’émission de Guy Sorman. Le thème : Le capitalisme mérite t il une bonne correction ?. Et c’est passionnant.

Contre-histoire de la philosophie [L’été des replays – épisode 2]

Comme chaque été, j’écoute Onfray. Souvent en bricolant, ou en faisant la vaisselle (je ne sais pas pourquoi je fais cette précision, ami lecteur, mais c’est un fait).

Il ne s’agit d’ailleurs pas à proprement parler d’un replay, mais de la diffusion du cours donné pendant la saison à l’Université Populaire de Caen, créée par Onfray en 2002. En l’occurence, c’est la treizième saison et elle est intitulée La résistance au nihilisme. Tu peux, au moment où j’écris ce billet, écouter les deux premiers épisodes par ici (et attention, l’écoute ou le podcast ne sont possibles que pendant quinze jours à compter de la date de diffusion) :
Contre-histoire de la philosophie : la résistance au nihilisme.

Bon, ces derniers mois, Michel Onfray s’est souvent retrouvé embarqué dans quelque polémique médiatique (l’affaire Valls crétin), et certaines de ses prises de positions provoquent des réactions de ci de là.

M’est avis que les deux premiers épisodes de cette saison ne vont pas arranger les choses, ami lecteur. Parce que comme chaque été, Onfray prend un malin plaisir à dézinguer des figures tutélaires de l’histoire de la pensée philosophique (Sartre, Freud, Heidegger,…). Ici, ça commence fort avec Michel Foucault. Comme nous n’en sommes qu’au démarrage de cette saison, je ne vais pas apporter de commentaire particulier, mais je pense que, comme chaque été, cette expression sera particulièrement appropriée.

onfray haters

Mais peu importe : même si je ne suis pas forcément en accord avec le contenu, chaque écoute m’invite à aller lire, vérifier, rechercher. Et je pense que c’est le but, en fait. En dehors de ça, il s’agissait là, semble t il, de la dernière saison de cette contre-histoire, sur fond qui plus est de difficultés du côté de l’Université Populaire de Caen. La question me taraude donc, ami lecteur : que vais je écouter, l’été prochain, en faisant la vaisselle ?


Michel Onfray – Dernière conférence de "la… par franceculture

Départementales 2015 – round 1

Mais oui, ami lecteur, c’est déjà aujourd’hui le premier tour de ces élections départementales. Et autant te dire que j’aurais bien aimé faire un ou deux billets supplémentaires sur la question. Je pense en effet qu’il y avait la matière.

Sans doute aurait il fallu, par exemple, creuser un peu plus la loi NOTRe, qui définit les compétences à venir de nos chers élus territoriaux.

J’aurais aimé aussi analyser la propagande papier qui envahit nos boîtes aux lettres durant cette période électorale, pour confirmer cette impression qui m’avait peu à peu gagné d’être tantôt dans l’élection d’un comité de quartier, ou disons, d’une municipale, tantôt de déterminer le prochain président de la République. En tout cas, de ne jamais parler de la collectivité pour laquelle on vote en l’occurence. Mais étrangement, ladite propagande officielle n’est jamais parvenue à ma boîte aux lettres. Et les dizaines de tracts qui y sont eux arrivés, n’émanaient que de trois ou quatre candidats alors qu’il y en a sept sur mon canton.

Sans doute aurais je pu aussi te parler de ces improbables pages Twitter des binômes candidats, forcément créées pour l’occasion, et qui culminent à quelques dizaines d’abonnés. Aller, une mention spéciale à Anne Stémart et Gilles Bohr, qui malgré une tentative originale à base de prénoms ont un @AnneEtGilles qui parvient au bout de trois semaines d’activités et 80 tweets à… 8 followers. Il faut dire que ça reste un progrès par rapport au @AimerMetz du même tandem, dont les 69 tweets ont dû réjouir les… 2 abonnés. Bien entendu ça ne préjuge absolument pas du résultat éventuel des candidats en question, d’autant que ce n’est pas forcément plus folichon chez les autres. On dira simplement que le basculement 2.0 réseaux sociaux des élections départementales, on se le gardera pour 2021.

Et malgré tout, ami lecteur, j’aurais voulu te donner une motivation supplémentaire à aller voter. Je suppose bien que si tu traînes par ici, ces élections suscite à minima chez toi un petit intérêt. Mais au cas où, je t’aurais redit que penser que ça ne sert à rien, que ça ne change rien est une erreur. Que ne pas aller voter serait un geste de rébellion ou de résistance à un système en place est une lourde erreur. Que si les candidats ne te satisfont pas, eh bien la prochaine fois, implique toi, milite, ou même simplement, présente toi. Mais en tout cas, ne reste pas à bougonner dans ton coin (si si, je te vois) parce que ça, effectivement, ça ne sert assurément à rien.

Voilà, j’aurais aimé te parler de tout cela, mais comme tu t’en doutes, c’est le temps qui m’aura manqué au beau milieu de ces semaines bien animées. Enfin au moins ces quelques billets auront contraint l’ami Labro à me reconnaître une victoire à la Beyonce’s Battle des départementales (qui sans doute n’intéresse que nous), dans un billet qui lance tout autant de piques méritées et salutaires que de louanges. Après tout, avant une soirée électorale probablement animée et une dernière semaine de campagne forcément tendue, pour ce round one, je m’en contenterai largement. Et puis n’oublie pas que ce soir, ami lecteur, au delà du résultat, pour la première fois en France, il y aura autant de femmes élues que d’hommes. Et ça, c’est déjà pas mal.

Bien sûr que je suis Charlie.

je-suis-charlieBien sûr que je suis Charlie. Je crois d’ailleurs que l’ai toujours été : j’ai grandi au milieu des ancêtres de l’Hebdo, la collection d’Hara Kiri et de Charlie Mensuel de mes parents. On y croisait déjà Wolinski et Cabu, entre autres compères géniaux.

Cela explique sans doute un petit degré supplémentaire dans la stupeur, l’horreur que les assassinats d’hier matin ont naturellement suscité. On a tenté de tuer Charlie en en abattant ses piliers. Mais en oubliant que jusqu’ici, l’édifice s’est toujours reconstruit. Et il est très possible que cette fois ci, il soit encore plus grand et plus solide. Nous l’espérons tous.

Parce qu’au milieu de la brume sombre qui m’occupe la tête depuis hier, les manifestations à Metz, partout en France, partout dans le monde apparaissent comme une éclaircie salutaire. Là sont les véritables « manifs’ pour tous », bien plus fortes et plus belles que n’importe quelle tentative de ces abrutis extrémistes, quels qu’ils soient.

Ne laissons pas cet élan retomber, la récupération politique opérer. Prenons garde à ce qui pourrait menacer les valeurs qui fondent tout ce qui a été construit depuis des siècles, à la liberté. Soyons solidaires, fraternels, serrons nous les coudes. Soyons tolérants et respectueux des gens autour de nous, quels qu’ils soient. Profitons de cette tragédie pour être meilleurs en 2015 qu’on ne l’a été jusqu’ici.

Et surtout, recommençons vite à rire.

Wolinski-CabuPhoto P. Fouque (qui je n’espère ne me tiendra pas rigueur de l’emprunt)

La radio des vacances

Je ne sais pas toi, mais pendant mes congés, j’en profite radiosouvent pour écouter de la radio avec des gens qui parlent dedans, naviguant entre émissions estivales et podcasts en retard. Ce mois d’août ne faillit pas à la règle, voilà donc la collection été 2014.

Est ce parce que Xavier de La Porte est parti prendre le poste de rédac’ chef chez Rue89 ? Toujours est il que l’excellente Place de la Toile s’arrête à la rentrée. Je trouve ça bien dommage et je ne suis semble t il pas le seul. On se consolera en écoutant les podcasts qui sont encore en nombre disponibles chez France Culture. Et l’on espère que France Culture trouvera une petite place à l’influence des internets sur nos vies, c’est plus que jamais d’actualité.

A la rentrée devrait par contre reprendre l’immanquable Soft Power d’un Frédéric Martel toujours (im)pertinent. La « magazine global des industries créatives, des médias et de l’internet global » comme il se définit lui même s’est arrêté pendant l’été, mais là encore, c’est l’occasion de rattraper les podcasts en retard. Et de (re)lire du même Frédéric Martel Mainstream, (qui était d’ailleurs l’ancien nom de l’émission) ou son nouveau livre Smart.

Toujours dans les podcasts en retard, celui de ZQSD. ZQSD est le site fondé par les anciens de Joystick (canal historique), parmi lesquels l’ami Ianoo. Ils t’expliquent un peu l’idée du site par là. Et pour ce qui est du podcast, pas de surprise, ça cause jeux vidéos avec vista et ça lance des grosses vannes et pendant les trois heures (!!) des émissions. on a un peu l’impression d’être avec eux et c’est rudement sympathique. Ça marche d’autant mieux en sifflant une bière, ce qu’ils n’ont pas l’air de se priver de faire en enregistrant.

And Now for Something Completely Different : Michel Onfray. Enfin quoique pour les vannes ce n’est pas le dernier. Mais bon ce n’est pas vraiment l’essence de sa Contre Histoire de la Philosophie, dont on arrive déjà la 12e saison. Ce sont les rediffusion des cours qu’Onfray donne chaque saison à l’Université populaire de Caen Basse-Normandie, qu’il a d’ailleurs initié. Et du coup, c’est un peu l’ami de l’été sur France Culture et cette année, il vient nous causer de la pensée post-nazie et d’Heidegger, de Deleuze et d’Hannah Arendt… Les questions et réponses des auditeurs sont toujours de grands moments.

Et sinon, toujours dans les programmes d’été de France Culture, on relèvera la nouveauté L’atelier du politique (tentative intéressante, mais des émissions un peu rapides) et L’Esprit Public qui est un peu pour moi le café du commerce du dimanche matin pendant la saison et qui fait des thématiques pendant l’été (avec ici notamment un mois d’août spécial Giscard, autant dire que ça envoie du rêve).

Voilà déjà de quoi faire pendant les semaines qui arrivent. Mais si comme moi tu aimes la radio qui parle, n’hésite pas à m’envoyer tes liens, ce serait aimable !

Nicolas Sarkozy – Genevieve de Fontenay : même combat ?

Réveillé en ce dimanche hivernal par les informations matinales, j’appris qu’hier soir avait lieu l’élection de Miss France. J’avais effectivement oublié que ça tombait chaque année en même temps que le Téléthon, ce qui offre toujours à nos joyeux humoristes toutes sortes de moqueries aisées avec un comparatif des programmes télévisés de nos deux premières chaines (TF1 et TF2) lors de cette soirée magique de l’ORTF. Nous ne nous y hasarderons bien entendu pas ici. Tu me connais, la gaudriole facile, très peu pour moi. (pouet).

France Inter m’apprenait donc là, comme ça, de bon matin que Miss Albigeois-Midi-Pyrennées l’avait brillamment emporté sur Miss Lorraine (et que Nantes avait terrassé le Lyon, mais je dois bien avoué que depuis que le FC Metz est en Ligue 2 j’écoute les résultats du foot d’une oreille beaucoup plus distraite). Après que deux neurones soient sorties de leur torpeur ensommeillée, mon esprit m’amène à ma première question du matin : « Albigeois-Midi-Pyrennées? Mais qu’est ce que c’est que ce machin ? ». Un petit tour sur l’instructif site Miss France nous apprend donc que la France est divisée en 36 régions, avec des bizarreries aussi croquignolettes que « Artois Hainault » ou « Quercy Rouergue ». Et une Normandie réunifiée.

Et là, ami lecteur, je m’interroge. Au moment ou notre Président (bonne fête, au fait) appelle de ses voeux la fusion des Normandies, à l’heure ou l’on s’interroge sur la réforme institutionnelle et la disparition des départements, oui je m’interroge. Genevière de Fontenay, qu’on avait toujours pris pour une andouille aristo quelque peu coincée serait elle en fait une dangereuse activiste politique au service d’un lobby BalladuroAttaliste ? La question mérite d’être posée dans les médias nationaux, on ne saurait laisser instrumentaliser ainsi cette élection, fleuron de notre belle culture nationale.

[Edit 07 mars 2016 : retombé sur cet article en fouillant dans les cartons du blog. C’est plutôt drôle avec la réforme Notre passée par là entre temps. Et si le concours Miss France était depuis passé aux régions de 2015, on retrouve un découpage régional ambitieux chez Miss Prestige National…]