Sortir à Metz – 20 au 23 septembre 2018

Ami lecteur. Le festival Zikametz a 15 ans. Déjà.

Comme je suis vieux (si si), j’ai assisté à à peu près toutes les éditions. De très réussies artistiquement, d’autres qui m’ont moins convaincu. Certaines laborieuses en terme de fréquentations et d’autres complètement complètes. La vie d’un festival, quoi. On en parlera d’ailleurs lors d’une table ronde Bâtir un festival, l’envers du décor qui ouvre cette quinzième édition vendredi soir à 18h30, en compagnie (entre autres) de deux autres associations qui elles ont fait le choix de cesser leurs activités : Musiques Volantes (qui reviendra pour une vingt-troisième et dernière édition en novembre) et Boumchaka (qui ne reviendra pas du tout pour une huitième édition de Freeeeze en février). Cette double fin attriste forcément les amateurs de bon concerts, ici. Dont je suis. Et de ça nous pourrons donc en parler à cette table ronde de demain, que Zikamine m’a confié la redoutable mission de modérer. Mais on aura aussi l’occasion d’en reparler à d’autres endroits, à d’autres moments, ami lecteur. Et sans nul doute ici même.

En attendant, le festival Zikametz lui ne s’arrête pas. Et dans la série des éditions qui devraient marcher, cette quinzième se pose là.

Déjà il y a quelques beaux noms du hip-hop français (Guizmo, kacem wapalek, Kikesa, Melan…), ce qui devient une habitude pour Zikametz. Et si le hip hop domine ce week end aux Trinitaires (comme les ventes de musique en France), l’électro y sera aussi présente avec notamment UpperMost ou le luxembourgeois Ryvage que je suis bien curieux de voir l’un et l’autre en live samedi soir.

Et puis, même s’ils ne sont dans la programmation de Zikametz qu’avec un DJ set le vendredi soir, je ne résiste pas à l’envie de te partager le live de l’excellent morceau Ailleurs des non moins excellents Grand Blanc.

Ok, je ne sais pas toi, mais je suis fan. Leur nouvel album, Image sur le mur, vient de sortir, je te conseille de te jeter dessus avidement prendre le temps de l’écouter d’une oreille attentive. Et puis ne te méprends pas quand je dis « qu’un DJ set ». Étant donnés les excellents goûts musicaux de ces esthètes, on peut s’attendre à une sélection musicale de haute volée, originale et efficace.

Bref, avec Zikametz, des pass deux jours à 15€ et des bières pas trop chères, fréquenter Les Trinitaires les soirées de vendredi et samedi serait de bon aloi.

Pendant ce temps là à la Chaouée, si on peut noter les concerts de Plastic Age (power trio from Nevers – qui a l’air plutôt intéressant) et Bye Bye Bye + Vaudou Josephine (rock from Alsace), on regrettera qu’ils tombent les mêmes soirs que Zikametz. Du coup, ami lecteur, on s’intéressera peut être plus particulièrement à la soirée Virgae, qui arrive dès ce jeudi : une asso qui se partage entre Nancy et Metz (si si, c’est possible), un collectif d’une quinzaine de DJ / producteurs électro, qui organise des soirées mais qui occupe également un créneau chez Radio Campus Lorraine pour une émission de radio, projet Virgae le vendredi soir, émission dont ils fêtent ici la rentrée, à la Chaouée. Orientée dancefloor, électro et techno, pour ce que j’ai pu en écouter, l’émission. On sait à quoi s’attendre pour la soirée, du coup : les murs de la Chaouée vont résonner fort.

Cette semaine marque aussi la rentrée de deux lieux messins qu’on aime.
Jeudi soir, Modulab (atelier / galerie dédié à la pratique du dessin, de l’image imprimée et à l’édition) vernit l’exposition Entresort, de Roby Comblain : des xylogravures au format photographique, tirées de descriptifs de paysages sans données géographiques et sans chronologie, comme des songes.
Vendredi, c’est la Conserverie (« lieu d’archive » dédié à la photographie) qui vernit Occiput de Bill NOIR, en lien avec l’association strasbourgeoise Mékanik copulaire.

Cette semaine toujours, on inaugure Étudiant dans ma ville, qui dure jusqu’au 29 septembre et qui est marqué par tout un tas d’évènement que je ne vais pas détailler ici ne serait ce que parce qu’ils le sont là, et parce que j’y reviendrai sans doute la semaine prochaine.

Et puis ami lecteur, je suppose (et j’espère) que tu l’es ailleurs que sur ce blog. Lecteur. Je te signale donc si ça t’avais échappé la venue d’Aurélie Filippetti, une amie écrivaine, à la librairie Autour du Monde, vendredi 21 à 18h30. Bon, tu l’as sans doute connue comme députée et Ministre de la Culture, avec l’exposition médiatique qui va avec. Mais écrivaine, elle l’était avant, dès 2003 avec Les Derniers Jours de la classe ouvrière. Et elle a bien raison d’y revenir : son dernier roman, joliment intitulé Les idéaux, a réussi à s’extraire de la jungle foisonnante de la rentrée littéraire. Je t’avoue que ne l’ai pas encore lu, ce roman, acheté un peu tardivement (hier). Alors j’ai entendu que ça glosait pas mal autour du style, lu que ça semblait être un grand roman politique. Dans tous les cas cette rencontre pourrait aussi être l’occasion de découvrir, si tu n’en as pas encore franchi le seuil, la Librairie Autour du Monde, qui gagne à être connue.

Tiens, ça pourrait d’ailleurs être une bonne idée d’épisode de podcast, ça, non ? Qu’en dis tu ?

Zikametz

img_295Ami lecteur messin et amateur de concerts dans ta ville, il ne t’aura pas échappé que depuis une semaine a lieu le festival Zikametz. Pour les autres, c’est un festival dédié aux « musiques actuelles » au sens large, particulièrement éclectique, et porté par l’association Zikamine et qui se déroule essentiellement aux Trinitaires.

Et c’est déjà la treizième édition, ce qui ne nous rajeunit pas. Ce qui me rajeunit d’autant moins, c’est quand je fouille un peu dans les archives des versions antérieures de ce blog, dont je n’ai remis en ligne qu’une petite partie. Je suis donc retombé sur ce billet consacré à la quatrième édition du festival, dont j’étais à la fois spectateur et un peu acteur : nous y jouions en effet avec melatonine. Je remet donc en ligne ce billet, en ayant corrigé une partie des liens (qui pointaient beaucoup vers myspace, souviens-toi ami lecteur).

Voilà donc un voyage dans le temps vers septembre 2007.

Zikametz #4

Ami lecteur, tu pourras trouvé une version courte du compte renu qui vient dans le numero d’octobre de Beams, le nouveau mag-culturel-étudiant-messin né des cendres de Metz’Encore. Mais bon ici, il y a de la place, alors voilà la version longue, avec en plus des liens pour cliquer dessus et écouter (parce que cliquer dans un magazine pour l’instant ça marche pas bien (non,même pas en apuyant fort avec le doigt)).

En seulement quatre ans d’existence Zikametz, a déjà réussi a se tailler une jolie place parmi les quelques rendez-vous musicaux messins incontournables (Badaboum, Musiques Volantes, l’entonnoir insomniaque…). Si jusqu’a présent, je fréquentais le festival essentiellement pour l’ambiance qui y régnait et les prix d’entrée modiques (tu pourras trouver les compte rendus des années précédentes dans les archives), cette année j’y allais… pour la musique. Le programme de cette édition était en effet marquée par une programmation beaucoup plus relevée que les précédentes (et je ne dis pas ça parce que j’y jouais), mais aussi une petite augmentation du prix d’entrée (10€ par soir). Est ce dernier point qui aura découragé le public du jeudi? Toujours est il que c’est dans un caveau a moitié vide que Les Gourmets ont enflammé le petit public présent, avec un set impeccable, aussi technique que ludique, qui restera sans doute la grosse claque du festival. Si l’on ajoute Nil et dDamage, on avait là une programmation electro impeccable qui aurait mérité bien plus de monde. Comme je te le disais plus haut j’avais aussi la chance de jouer avec melatonine, et même si le petit théâtre était bien rempli pendant une bonne moitié de notre set, on ne peut pas dire qu’il y régnait une ambiance de folie.

Le vendredi, j’attendais de revoir Sharko, qui m’avait fait une très bonne impression lors de leur passage aux musiques volantes en 2001, ce qui ne me rajeunit pas. Eux non plus d’ailleurs et à l’arrivée on retiendra surtout la copie bien trop propre (trop?) rendue par les belges, pour une pop certes classique, efficace, empreinte du bel héritage flamand (de dEUS a Zita Swoon), mais moins empreinte d’originalité.

C’est indéniablement le samedi qui restera le jour le plus impressionnant de cette 4e édition. Sold out dès 20h30, le festival avait un tout autre visage. Et on tenait du coup l’explication de la petite affluence du jeudi : on avait là un vrai public de (fluo)kids, de ceux qui ont très probablement cours le lendemain d’un concert le jeudi et qui du coup n’y vont pas. C’est donc dans une ambiance jeune, survoltée, à casquettes, que Delleck et le Klub des Loosers nous offrirent un live collectif de haute volée. Bien soutenus par l’excellent Le Jouage, invité de dernière minute, et l’inévitable Detect aux platines, ce Klub des 4 s’est visiblement fait plaisir, et c’était communicatif. Detect enchaînait a la Chapelle avec un DJset dancefloor dont il a le secret sous des lasers verts de toute beauté. En bas, au caveaux les deux furieux de Curry & Coco (dont j’ai fait une mini interview que tu pourras lire dans le Beams) concluaient a la perfection cette belle soirée au caveau, avec un set énergique, hésitant entre rock primal et dance floor.

Le dimanche n’est jamais un jour facile pour remplir une salle de concert. Même rendu gratuit par la grâce (et les financements) du Conseil Régional, l’ambiance était loin de celle de la veille. L’après-midi avait été un joli succès, boosté par les journées du patrimoines, et les nombreux visiteurs qui passaient aux Trinitaires pour voir le lieu. Mais le soir c’était une toute autre histoire. C’est ainsi parmi une dizaine de personnes aussi ébahies que moi que j’ai pu voir les formidables belges de Black Heart Rebellion, qui sonnaient un peu comme si Explosions In The Sky avait embauché un chanteur de screamo. Un son énorme pour le petit caveau, et une bonne claque pour moi.

Bref, à l’arrivée, on ne pourra donc que féliciter zikamine pour l’énorme boulot fourni pour l’organisation de ce festival, et attendre le prochain avec impatience. 5 ans, ça se fête non ?