MV XIII (part I)

Et hop, ami lecteur, sans que l’on y ait trop pris gare, nous sommes déjà à la mi novembre -ou presque-, le monde du dehors est vent et pluie et les petits ouvriers du Père Noël (ou d’une autre entreprise, je ne sais pas) construisent des cabanes sur les places Jacques et Saint Louis. Je me rends en général compte qu’on approche dangereusement de Noël lorsque les Musiques Volantes se terminent. Ca sonne la fin de la frénésie de la rentrée culturelle (particulièrement animée cette année) et l’entrée dans une longue phase d’hibernation.

Je n’aurais pas tout vu à cette treizième édition de Musiques Volantes. Je n’ai ainsi pas assisté au concert du dimanche de Charlie O, ni hier au live d’Alela Diane, un peu épuisé que j’étais par la semaine qui venait de s’écouler.

Par contre, les Musiques Volantes auront commencé pour moi avant d’arriver à Metz, avec une soiJohn & John - Musiques Volantes 13Le premier groupe fût de mon point de vue la très bonne surprise de la soirée : John et Jehn sont beaux, jouent bien, avec une aisance évidente et sont visiblement amoureux. Bref, ils sont très énervants. Mais comme leur musique teintée de cold-no-wave du meilleur goût est particulièrement efficace, on leur pardonne. Bons morceaux, très bon concert, ça commençait carrément bien. Gravenhurst m’a un peu plombé la soirée par contre. La garçon a une très jolie voix, et enchaîne de beaux morceaux folk tristes. Et tu me connais ami lecteur, je ne suis pas forcément partisan des concerts festifs. Mais là, si j’ai effectivement pu être assez séduit au départ par ces chansons déprimées, au bout de la huitième sur la même tonalité, et alors qu’il était déjà minuit je commençais quand même à m’ennuyer quelque peu. Il avait en outre bien du mal à quitter la scène, demandant à un public d’irréductibles fans quelles chanson de son répertoire il souhaitait. Nous avons poursuivi la soirée au d:qliq avec un DJset pas désagréable, mais sans grande originalité d’un fluokid.

À Metz, Musiques Volantes commençait le jeudi avec une soirée d’ouverture, qui semble désormais une habitude, à l’Arsenal. Discours et petits fours (bleus et verts, au couleurs de cette édition de MV), suivi d’une création de la compagnie Kubilaï Kahn. Très bien ce spectacle. Si comme au début de l’année au théâtre du Saulcy pour leur précédente production, j’ai du mal à en percevoir le sens, les impressions restent agréables. Et la musique de Kafka, un post rock dont on sent les inspirations, de Tortoise à GYBE!, était du meilleur effet pour l’occasion. Suivait un live d’Alva Noto, une musique contemplative soutenue par une video toute en frémissement de neige sur un écran géant. Joli et cotonneux, j’aurais même pu me laisser gagner par le sommeil, la fatigue de la semaine me gagnant déjà. Mais nous ne sommes pas restés jusqu’au bout de ce set, tenaillés par l’envie d’aller jeter un coup d’oeil aux excellents Papier-Tigre, calés en dernière minute au tunnel. Nous étions là hors du cadre de Musiques Volantes… mais leur set math rock nerveux et efficace en était largement au niveau.

(à suivre)

MV 10 (part 2)

(la première partie est ici)

Peut être que le lundi c’est ravioli, en tout cas le vendredi aux musiques volantes, c’était hip hop. Ca commençait avec un des groupes les plus passionnants de la petite scène messine : Giant Metal. Et en version déguisée s’il vous plait : La Neige en lapin, Cheapy Chips en éléphant, et Mr 2003 en tigre zébré (?). Passé le petit moment de poilade (voir les trois animaux scratcher et jouer du synthé ou de la Game Boy vaut le détour), il fallait bien reconnaître que le trio avait bien sa place sur la grande scène des musiques volantes. Début de set tout en abstract hip hop ouaté, qui monte peu à peu pour arriver d’abord a l’hymne We Are Not From The Ghetto, puis a un dernier morceau ou subitement le nom Giant Metal prenait corps devant nos zyeux zébahis, et où l’on regrettait simplement que l’ingé son ne fasse pas un peu plus péter les watts.

Descente au caveau ou Daniel Givens a déjà commencé son set. L’endroit vouté se prête admirablement aux rythmes glauques et oppressants (qui pourraient faire passer les premiers albums de Tricky pour des disques parfait à passer un soir de fête) de l’américain, qui vient y mêler une voix changeante. Il était accompagné d’un danseur en costard qui faisait redoutablement bien le givré, a tel point que nous commencions a regretter de nous être mis au premier rang (je crois que Julie, qui m’accompagnait, a un peu flippé). Pour ma part, je n’arrivais pas a détacher mes yeux des vidéos et du danseur, ni mes oreilles de ce hip hop malade.

Ensuite, enchaînement de belles choses que j’aurais du mal a raconter en détail : P-Love (et ses platines) et Matt Kelly (et son laptop et ses arpèges de guitares) pour un electro hip hop doux, suivi d’un mix rapide et furieux de P Love qui nous avait déjà étourdi au Bada Boum Boum. L’incroyable Daedelus et son hip hop électronique venu d’ailleurs (tout comme son monome), que je regrette de n’avoir pas assez regardé. Elysian Fields, pour un beau concert, parfois vaguement ennuyeux toutefois. Et pour finir, Jake The Rapper, un allemand relativement givré qui ressemblait a un bucheron canadien, rapait (oui, tu t’en doutais, ami lecteur perspicace) sur une musique parfois proche de l’eurodance, s’est mis torse nu, a brulé une voiture de police miniature dans une bassine avec de l’essence a briquet, a fait monter 30 personnes sur la petite scène des trinitaires, bref a retourné le public a 2h du mat bien passées.

Et moi avec, retourné par une soirée dont -musicalement en tout cas- je n’attendais pas tant de belles choses.

a suivre…