Législatives 2017 à Metz : les candidats

Cet article sera amené à être mis à jour régulièrement.
Dernière mise à jour : 21/05 – liste des mises à jour en bas du billet

Après un premier tour de la présidentielle, au cours duquel quatre candidats ont approché ou dépassé les 20%, après l’élimination des deux partis « habituels » de gouvernement de de la Ve République, et après la victoire d’Emmanuel Macron au second tour, les élections législatives de juin apparaissent à la fois comme une échéance déterminante, et risquent fort de s’apparenter à une grande loterie. Les triangulaires pourraient être nombreuses… si la participation est au rendez vous : il faut 12,5% des électeurs (pas des votants) pour se maintenir au second tour (cf règles ci dessous).

Voilà un état des candidatures dans les trois premières circonscription de Moselle, qui concernent toutes les trois Metz (mais en en débordent largement). Quelques remarques :
– au 25 avril, date de parution de l’article original, les investitures En Marche ! ne sont pas encore déterminées. Navrot (Metz I) a annoncé qu’il se présenterait, investiture ou pas. Pitti (Metz 2), entre autres, semble attendre l’investiture),
– même si PCF, France Insoumise, EELV et PS présentent des candidats partout, les alliances ne sont pas exclues d’ici les législatives
– je n’ai pas encore tout bien compris au mouvement 100% Citoyen / Parti Lorrain / PFE, mais je ne désespère pas

Cet article sera donc amené à être mis à jour régulièrement.

Metz I
Didier Georget – Lutte ouvrière
Calogero Gagliano – POID
Éric Graff (suppl. Catherine Cstotzky) – Basta ! – source
Narjès Chouikha – La France Insoumise – source
Thommas Calligaro (suppl. Patrick Abate) – PCF
Aurélie Filippetti (suppl. Philippe Gasparella) – PS – source
Belkhir Belhaddad – REM – source
Béatrice Sieja – Parti animaliste
Corinne Morgen – Les écologistes M.E.I.
Frédéric Navrot – (sans étiquette) – source
Pascal Schmitt – (sans étiquette)
Marie Tribout – UDI – source
Marie-Louise Kuntz – LR (non investie) – source
Olivier Fath – 57, Le parti des Mosellans
René Sicuranza (suppl. : Patrick Pessiot) – UPR – source
Laurence Burg – FN

Finalement non : Philippe Casin – EELV (25/04 retrait de l’investiture) – source, Patrick Abate – PCF (suppléant de Thomas Calligaro)source

Metz II
Mario Rinaldi – Lutte ouvrière
Albert Dal Pozzolo – POID
Claudine Poirson – La France Insoumise – source
Jean Lambert (suppl. Sophie Reimeringer) – Basta ! – source
Irma Vollmer – PCF
Jean-Michel Toulouze – PS – source
Marie-Pierre Comte – EELV – source
Agnès Brossard – Les écologistes M.E.I
Quentin Lachenal – Parti animaliste
Ludovic Mendes – REM – source
Marc Le Clec’h – sans étiquette.
Jordane Ciachera – Union forces citoyennes et républicaines
Nathalie Colin-Oesterlé – UDI (non investie) – source
Jean François (suppl. Denis Jacquat) – LR (investi ? Pas sûr)
Martine Sroczynski – 57, le Parti des Mosellans
Thomas Riboulet – Parti Lorrain / M100% Citoyen – source
Théo Fontaine (suppl. : Laurent Sauzé) – UPR – source
Marie-Claude Voinçon – FN

Finalement non : Belkhir Belhaddad (source) candat sur Metz I, Raphaël Pitti (source 1, source 2)

Metz III
Etienne Hodara – Lutte Ouvrière
Denis Maciazek – La France Insoumise – source
Isabelle Catalan (suppl. Daniel Delrez) – Basta ! – source
Marie Maréchal – PCF – source
Nathalie De Oliveira – PS – source
Mathias Boquet – EELV – source
Richard Lioger – REM – source
Maxime Louis – Parti animaliste
Franck Monguillon – Mouvement humain animaux nature
Christine Singer – (PLD) 577 les indépendants source
Marie-Jo Zimmermann – LR – source
Lucas Fiorenza – 57, le Parti des Mosellans
Sylvie Allais (suppl. Anthony Cholet) – UPR – source
Françoise Grolet – FN

Finalement non : Vincent Hermitant – M100% Citoyen, Guy Cambianica (source), Myriam Sagrafena (source)

Les règles :
Les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Bien qu’élus dans une circonscription, ils sont investis d’un mandat national.
Pour être élu au premier tour de scrutin, il faut recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix égal au quart des électeurs inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit. En cas d’égalité de suffrages, le plus âgé des candidats est élu.
Pour qu’un candidat ait le droit de se présenter au second tour, il doit avoir obtenu au premier tour un nombre de voix au moins égal à 12,5% du nombre des électeurs inscrits dans la circonscription. Si un seul candidat remplit cette condition, le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages après lui peut se maintenir au second tour. Dans le cas où aucun candidat ne remplit cette condition, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se maintenir au second tour.

Les circonscriptions :
Je suis à la recherche d’un plan un peu simple du découpage des cisconscriptions pour 2017. Si tu as ça sous la main, n’hésite pas.

Les mises à jour :
21/05 : liste définitive ! Ajouts des candidats M.E.I, animalistes, POID, 57, le Parti des Mosellans et de quelques « sans étiquette »
11/05 : annonce de la liste des candidats République en Marche (source)
08/05 : ajout de Richard Lioger dans les hypothèses « République en Marche » sur la troisième circonscription (source), et de Jean François qui se présente en lien et place de Denis Jacquat (qui se place en suppléant) sur la deuxième… mais qui va avoir l’investiture LR / UDI ? Lui ou Nathalie Colin-Oesterlé ?
08/05 : ajout des candidats UPR
30/04 : ajout de la candidature Christine Singer sur Metz III et retrait de l’investiture Philippe Casin sur Metz I
27/04 : ajout des candidatures Basta ! (par tirage au sort parmi les adhérents) – source

Le Centre Pompidou-Metz entre louanges méritées et difficultés annoncées.

Ces derniers jours, les célébrations du Centre Pompidou-Metz se sont succédées dans la presse locale, qu’elle soit messine, avec la publication dans le Républicain Lorrain du billet Pompidou c’est fou ! de Philippe Marque, ou dans L’Alsace, qui a initié une série « Que notre ACAL est belle » et qui publie cet article : Le Centre Pompidou a transfiguré Metz. Il est effectivement utile de rappeler que Metz, la Moselle, la Lorraine et demain l’ALCA, l’ACAL, la région Grand Est disposent là d’un équipement exceptionnel. L’expo Warhol Underground devrait d’ailleurs être un succès et elle le mérite aisément.

Vernissage WARHOL UNDERGROUND | Centre Pompidou-Metz #Metz #Warhol

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Mais dans les deux articles de presse, immédiatement après les louanges pointent les difficultés : quelles sont les collectivités qui doivent participer ? À quel niveau ? Comment peuvent elles maintenir (pour ce qui est du Conseil Régional) ou augmenter (pour ce qui est du Conseil Départemental, avec en filigrane son entrée au Conseil d’Administration de l’EPCC Pompidou-Metz) leur contribution à l’établissement, alors que les baisses des dotations de l’Etat amènent partout des questions bien délicates ? Le budget 2015 aura ainsi été extrêmement compliqué à boucler, comme le relevait, entre autres, La Croix en janvier dernier.

Bref, comme le disait le poète, Tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’à un fil.

Il y a quelques jours, je suis tombé sur ce rapide reportage de Public Sénat, qui offre finalement un bon résumé de ces difficultés, mais aussi du jeu politique qui en découle : le président actuel de la Région Lorraine et celui du Conseil Départemental sont tous deux fortement impliqués dans la campagne à venir pour l’ALCA, l’ACAL, la région Grand Est, ce qui laisse à penser que les débats de fin d’année, pour le budget 2016, seront compliqués, là même où les institutions culturelles ont besoin d’une certaine sérénité.
Je te laisse donc avec cette courte vidéo, mais je ne peux que t’encourager à profiter de l’été messin pour courir voir l’expo Wahrol !

Culture en temps de crise : les départements

Cela ne t’aura pas échappé si tu es un lecteur assidu de ce blog (ce que j’espère), ce n’est pas le premier billet que je consacre à ce que j’appelle ici la « culture en temps de crise« . En effet, plutôt qu’une « crise de la culture », sur laquelle on peut gloser mais qui ne recouvre pas la même réalité, c’est bien de la manière dont les structures, institutions, acteurs culturels traversent cette période de crise économique (qui affecte par ailleurs de nombreux secteurs), dont il est ici question.

Parmi les explications que l’on peut trouver pour ce qui est du secteur culturel, la plus prégnante en ce moment est sans nul doute la raréfaction des moyens publics (sur lesquels tout un pan de l’activité repose), et notamment du côté des collectivité territoriales affectées par la baisse des dotations de l’état.

Si je te parle aujourd’hui des départements, c’est qu’un communiqué du SYNDEAC sorti il y a quelques jours -le 4 juillet- a attiré mon attention. Intitulé Le Département du Nord se retire des politiques concertées de la culture, il alerte sur le vote prévu deux jours plus tard du Conseil Départemental (passé de la gauche à la droite aux dernières élections départementales), qui prévoit « une baisse de ses subventions aux Scènes nationales, aux structures labellisées et conventionnées et à certains Festivals pour un montant total de plus d’un million d’Euros. ». L’information est confirmée dans la Voix du Nord de mardi dernier, dans un article intitulé La culture, «variable d’ajustement» dans le budget du Nord ? :
« En tout, c’est à un peu plus d’un million d’euros, sur une dotation départementale initialement prévue de 5 millions, que va devoir renoncer, en pleine saison, une petite trentaine d’acteurs culturels. Soit une diminution de 20 % pour les scènes nationales et les grandes structures labellisées métropolitaines, 10 % pour celles hors métropoles, et 10 à 25 % pour les festivals. »
La première cause selon Jean-René Lecerf, le nouveau président du Conseil Départemental : « le coup de rabot sur les dotations des collectivités territoriales« .

L’exemple du Nord est le plus visible, mais on peut citer également le département de Maine et Loire qui prévoit de retirer sa participation dans l’Orchestre national des Pays de la Loire (soit 460 000€). Hier dans le Parisen, on apprenait également les baisses annoncées pour un certain nombre d’acteurs de l’Essonne, dont le Plan 2, tout juste inauguré l’an dernier. Partout la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités apparaît en première ligne des explications.

De 2015 à 2017, lesdites dotations vont en effet baisser, et c’est déjà chiffré : ce sera 11 milliards d’euros au total, soit 3,67 milliards par an, répartis en fonction du poids des collectivités dans les finances publiques. Cela fera donc 2,1 milliards à « raboter » pour les communes, 450 millions pour les régions et 1,1 milliards pour les départements. Ces derniers représentent peu ou prou 20% des dépenses culturelles des collectivités territoriales (contre 70% pour les villes et 10% pour les régions), qui sont aujourd’hui les principales financeuses de la culture en France, devant l’Etat.

Ces premières baisses sont remarquables, puisqu’elles arrivent en cours de saison. Mais on peut s’attendre à des préparation de budgets 2016 extrêmement délicat pour les structures culturelles, qui plus est dans une période d’incertitude liée aux élections régionales de fin d’année. Et pour la suite, me diras tu ? La baisse est cumulative, et à priori les budgets 2017 des collectivités seront plus compliqués encore à boucler. Et c’est notamment vrai pour les départements, qui, si leurs budgets sont conséquents, ont finalement des marges de manoeuvres limitées par l’importance de leurs compétences obligatoires en matière d’aide sociale.

Dans le même temps, les élus locaux commencent à gronder, notamment du côté de l’Association des Maires de France. Et dans la préparation d’une campagne 2017 délicate, la tentation de relâcher un peu la pression se fera peut être sentir du côté du gouvernement.

Plus près de chez nous (ou en tout cas de chez moi, ami lecteur), alors que le festival Cabanes vient de se relancer et que les discussions autour de la présence du Conseil Départemental au sein du CA de l’EPCC Centre Pompidou-Metz est posée, il sera intéressant de suivre ces évolutions futures.

Et tu sais que tu peux compter sur moi.

Metz défend l’État, à l’État de défendre Metz

Au cas où ça t’aurait échappé, voici l’appel intitulé « Metz défend l’État, à l’État de défendre Metz », lancé il y a quelques jours par le Maire de Metz, le Président de Metz Métropole et la grande majorité des parlementaires mosellans.

Il s’agit de demander de conserver, à défaut de capitale régionale, la DRAC et la DREAL, ainsi que l’assemblée de la future « grande région » (ALCA, ACAL, Grand Est, ou quel que soit le nom que l’on va lui donner). Ça pourrait te paraître assez anecdotique, ces enjeux régionaux, surtout aujourd’hui, alors qu’on n’est pas totalement sûr du nombre de pays sera constitué l’Union Européenne et/ou la « zone euro » dans quelques mois. Mais ça sera sans nul doute un enjeu majeur dans notre quotidien de Grand-Estiens dans peu de temps.

Alors, comme qui dirait, « je pose ça là ». Et on y reviendra.

metz defend l'etat 1

Et puis tant qu’à faire, voilà la liste des premiers signataires. Je te laisse chercher ceux qui manquent, tu peux répondre dans les commentaires 🙂

metz defend l'etat 2

Les départementales ? It’s complicated.

Ami lecteur, j’ai un peu perdu le rythme, et tu as raison de me le faire remarquer sur les réseaux sociaux. Pourtant, tu me connais, je continue à suivre de près la campagne des ces élections départementales, d’autant que le premier tour est déjà dimanche. Et je dois bien avouer que je ne sais pas trop par quel bout les prendre. Mais tu as encore raison, ce n’est pas une bonne excuse, alors allons y dans le désordre.

Tiens, on va commencer par le petit fail local de la semaine. Samedi dernier, l’émission la Voix est Libre, sur France 3 Capture d’écran 2015-03-17 à 01.31.22invitait cinq candidats à venir débattre sur son plateau. Et je dis bien candidats, sans e. En effet, alors que la parité est l’une des évolutions marquantes de ces élections, sur les 133 candidates et 133 candidats de Moselle, France 3 Lorraine a en effet trouvé le moyen de se retrouver avec cinq hommes sur le plateau. La responsabilité est sans doute partagée : au tweet de Margaud Antoine-Fabry pointant cet état de fait, France 3 répondait en effet que les partis choisissaient les candidats à envoyer sur le plateau. Aucun n’a donc choisi une femme, c’est regrettable. Et France 3 aurait peut être pu le leur faire remarquer, une fois les invités annoncés. Accessoirement, on peut noter que les partis ont également réussi à choisir 3 candidats du même canton (Metz 2), dans un département qui en compte tout de même 27…

Tu vois ami lecteur, je crois que je ne suis pas le seul, à ne pas savoir comment les prendre, ces élections. D’ailleurs, tout le monde a relevé le petit souci qu’il pouvait y avoir à voter pour des futurs représentants qui allaient siéger dans le conseil d’une collectivité dont on ne connaît pas les compétences, celles ci étant débattues par le parlement ces temps ci. C’est à la fois vrai, et à la fois une fort mauvaise excuse, puisque la loi NOTRe (pour Nouvelle Organisation Territoriale de la publique) a justement été amendée par l’Assemblée Nationale il y a pile une semaine. Et si l’on peut s’attendre à des amendements du côté du Sénat, il est fort probable que le texte définitif soit très proche de la version actuelle. Soit des compétences qui restent partagées entre toutes les collectivités (notamment la culture, mais aussi le tourisme et le sport) et d’autres réparties un peu plus clairement (pour les départements, centrées autour des questions sociales, notamment, mais aussi la gestion des collèges). Un peu. La Gazette des Communes te synthétise tout ça bien mieux que moi par ici. Et nous indique d’ailleurs que

L’examen a aussi été marqué par l’abandon du transfert des routes des départements vers les régions.

Ça s’est dommage. Les statistiques de la sécurité routière nous indiquent en effet que plus de 50% des accidents mortels ont lieu sur les départementales.

Bon, je sais que dans ta grande mansuétude, tu m’excuseras ce lamentable jeu de mot, ami lecteur, d’autant que j’ai une circonstance atténuante : j’étais pas plus tard qu’hier soir à une réunion publique de Bernard Cazeneuve, qui est, entre autres, responsable de la sécurité routière. Il se trouve que ladite réunion était située à 300m de mon lieu de travail.

Et là, en sortant de la BAM, paf, tu tombes sur le ministre de l'intérieur. #BernardCazeneuveTour #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Il était en forme, Bernard. Une pointe d’humour par ci, une pique par là, le tout dans un discours combatif, assez proche aussi de la rhétorique adoptée par le premier ministre. Au sujet de celui ci, on a beaucoup parlé de dramatisation. Je ne suis pas sûr que ce soit le bon terme. Que cela soit Bernard ou Manu, j’ai surtout l’impression l’un comme l’autre essaient surtout désespérément de remettre de l’enjeu dans des élections qui semblent n’en avoir aucun pour une bonne part des électeurs.

Mais de mon point de vue, cela reste à côté de la plaque tant que cet enjeu est placé essentiellement dans cette simple appréhension que le FN puisse arriver au pouvoir. L’enjeu de ce que pourraient faire ces futurs élus éventuels sur les six ans à venir ? On ne sait pas trop. L’enjeu des compétences des départements, des ambitions que l’on peut avoir pour un territoire donnée, à moyen et long terme ? Il faut voir. Savoir pourquoi une majorité d’électeurs, au lieu d’aller voter pour tel ou tel parti (y compris le FN) restent finalement surtout chez eux ? C’est compliqué.

Ne te méprends pas, ami lecteur. Dimanche, j’irai voter (même deux fois, puisque comme d’habitude, un ami m’a donné une procuration). Et je suis persuadé que tu ferais bien d’y aller aussi. Mais voilà, j’ai peur qu’un certain nombre de nos compatriotes soient autrement plus difficile que nous à convaincre.

Pour tenter de trouver des arguments qui m’auraient localement échappé, j’ai un peu regardé les tracts des différents candidats, à Metz. La Moselle y est étrangement absente, coincée entre des problématiques -réelles- des différents quartiers de la ville et des questions -réelles- de politique nationale. Parfois, elle disparaît tout à fait, le mot « Moselle » n’apparaissant même pas. J’y reviendrais dès que la propagande officielle sera arrivée jusqu’à ma boîte aux lettres, ce qui ne saurait tarder.

Bref, visiblement je ne suis vraiment pas le seul à ne pas savoir par quel bout les prendre, ces élections. Mais il faut respecter la figure imposée de ces billets, en finissant par un clip mainstream. Il se trouve qu’Avril Lavigne (qui n’est semble t il pas de la famille de la nouvelle directrice du Centre Pompidou-Metz), elle aussi, trouve ça bien compliqué.

« Why do you have to go and make things so complicated? » nous disait elle en effet dès 2002, autre année électorale… compliquée.

Les départementales de l’information

En effet, ami lecteur, il ne t’aura pas échappé que le titre de ce billet est une référence à cette jolie expression surannée, du siècle dernier (en l’occurence de la fin des eigthies et du début des nineties) évoquant le développement des internets : les autoroutes de l’information. Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir, en préambule de cet article, de te livrer ce morceau de bravoure des Deschiens, en l’occurence François Morel et Olivier Saladin, qui nous éclairent magistralement sur la question.

Mais revenons à nos moutons. J’ai été médisant, ami lecteur. Il y a une dizaine de jours, je te disais ici même que bon, les élections départementales avaient beau approcher à grands pas, tout le monde s’en tamponnait un peu le coquillard (pour rester dans l’expression oldschool). Eh bien non, c’était sans doute uniquement mon impatience qui était ici en cause : il semblerait bien que nous y soyons enfin, que l’arrivée prochaine de ces échéances départementales a suscité un réveil soudain et un regain d’intérêt… même s’il n’est absolument pas sûr que ce soit le cas, à l’arrivée, chez l’électeur. Voilà donc une rapide revue de presse de ces derniers jours.

Avec d’abord, un petit tour du côté de la PQR. Le quotidien local, le Républicain Lorrain, semble parti pour un véritable marathon électoral avec un article par jour sur la question. Hier c’était un article pédagogique sur les nouvelles modalités de scrutin et une carte interactive du nouveau découpage des cantons. Aujourd’hui c’est un brief sur « le combat des chefs » à l’échelle messine, tant il est vrai que les ténors de la politique locale, souvent déjà détenteurs d’un ou deux autres mandats, n’ont toutefois pu s’empêcher de de présenter aux urnes sur cette élection supplémentaire. On recommandera bien entendu la lecture de La Semaine, qui explore le même territoire, avec un titre rigolo (Gros et Jacquat sur un pédalo) jean-louis-masson-legislative-78-02et un article joliment troussé par JP Jager sur le duo Masson / Zimmermann, qui me donne d’ailleurs le prétexte de mettre cette jolie photo, là, à gauche, qui n’a pas un rapport direct mais que j’aime bien.

Les médias nationaux également, bien entendu, s’y sont collés. Avec l’inévitable retour des sondages, qui arrivent sensiblement tous à des résultats similaires pour le moment : 28-30% pour le FN et l’UMP, 20 pour le PS, aux alentours de 10 pour le Front de Gauche et les Verts. Et avec eux déjà l’obligation de nuancer la pertinence de sondages nationaux pour des élections locales. En tout cas, l’abstention risque fort d’être au rendez vous, accentuant par là même l’importance de premiers tours très incertains. Du côté du monde, on continue dans les cartes interactives, en l’occurrence sur l’impact prévisible du redécoupage avec l’exemple… de la Meuse. Oui oui, ami lecteur, la Meuse. Conclusion en tout cas, ce redécoupage engagé par la gauche devrait profiter à la droite.

D’ailleurs, étant donné qu’il ne faut pas trop chercher la nouveauté du côté des candidats, si c’était du côté de la manière de voir les élections, de les analyser, qu’il y avait un peu d’innovation cette année ? En ce sens, l’initiative d’etalab, avec son Open Data Camp Elections pourrait donner de beaux résultats. Pas plus tard qu’aujourd’hui nous arrivent par exemple les premiers contours géographiques des nouveaux cantons électoraux départementaux sur OpenStreetMap. Et voilà le résultat pour Metz 1, par exemple. Sacré boulot. Espérons que certains s’en saisissent, comme ce fut le cas pour les municipales à Nantes l’an dernier, avec l’excellent atelier des élections.

Tiens, ami lecteur, je me dis que ce type d’éléments devrait intéresser l’ami Thierry Labro. Le dernier article de son blog traitait également des cantonales, et de ces candidats qui ont plus tendance à parler d’eux que des enj-eux de l’élection. Je ne généraliserais pas autant que lui, ayant aperçu un certain nombre de propositions concrètes, même si souvent à côté de la plaque par rapport aux enjeux réels de ces conseils départementaux à venir. Ceci étant, ça me rappelle également que je lui avais promis, après un titre de Patrick Juvet dans mon dernier billet, un morceau de Beyoncé pour ce coup ci (et ce même si je n’ai toujours pas parlé des compétences du conseil général…).

Alors voilà, finalement ce que ces candidats dont parle Thierry ont en tête, c’est un petit peu ça, non ?

Les départementales, acte 1, scène 1

Chouette chouette, ami lecteur, revoilà des élections.

Et comme à chaque fois, je ressens une impatience renouvelée à la lecture de la presse, à guetter des mots-dièse, à assister à des débats. Oui, tu me connais, je ne me peux pas m’empêcher de trouver vivifiant le temps électoral et le dialogue entre citoyens et élus, revigorant le débat d’idées et l’échange d’arguments. Bon alors tu me diras que c’est souvent source de déception, notamment parce que lesdits débats ne volent pas toujours haut. Et tu auras raison. Mais voilà, certains se passionnent pour le tennis (alors que tu reconnaîtras que les matchs ennuyeux sont monnaie courante), le football (où l’on guette parfois 90 minutes la moindre occasion pour finir avec deux tirs cadrés), eh bien moi c’est la période électorale.

Je reconnais aussi que pour celle qui arrive là tout de suite, nous partons de loin, ami lecteur. Les cantonales n’ont jamais été parmi les élections ressenties comme les plus passionnantes par les français. Les dernières, en 2011, n’ont pas réussi à atteindre les 45% de participation. En 2008, c’était au dessus de 60 au premier tour, mais en étant organisées simultanément avec les municipales, qui ont tendance à mobiliser un peu plus largement. Il faut dire que des élections cantonales pour élire un conseil général qui gère un département, on n’avait pas forcément fait dans la clarté pour l’électeur. Du coup, ni une ni deux, le législateur a décidé de te simplifier tout ça, en les remplaçant par des élections départementales et des conseils départementaux en vertu de la loi du 17 mai 2013. Ça ne change pas grand chose sur le fond, mais sur la forme, force est de reconnaître que ce n’est pas plus mal.

Et puis tant qu’à faire, le législateur s’est dit qu’il y avait peut être deux-trois autres trucs à dépoussiérer dans les Conseils Généraux. Alors il a jeté un oeil à ce qui s’y passait, et là, il s’est soudain retrouvé avec cet air de Patrick Juvet dans la tête.

Prenons un exemple tout à fait au hasard : le département de la Moselle. Et regardons ensemble cette liste. Tu comprends mieux ? 5 sur 50. Allez, on va encore compter Aurélie Filippetti qui a démissionné dans un souci de non-cumul des mandats, ce qui permet à ces messieurs de passer juste au dessous de la barre des 90% de représentation (45/51). « LoL » serais je tenté de dire. Avec ton oeil aiguisé, tu vas me dire qu’il y a un autre souci au vu de ladite liste : elle ne respire pas tout à fait la jeunesse. Oui bon, ok. Mais le législateur il ne va pas tout te résoudre d’un coup, comme ça, hop. Cantons_de_Moselle_2014.svgLaisse lui le temps. Non, là, il a déjà pensé au binôme : pour chaque canton, les candidats doivent se présenter en binômes. Un homme avec une femme (ben oui sinon ça ne résous rien). Et ici, comme tu es particulièrement affuté aujourd’hui, tu vas me faire remarquer que c’est bien malin, on va se retrouver avec deux fois plus de conseillers départementaux. Eh bien non, tu ne la lui fait pas, au législateur. Il a re-dé-cou-pé via tout un tas de décrets (tiens, celui pour la Moselle est ici, par exemple) et l’on se retrouve aujourd’hui avec 2074 cantons contre 4055 avant la loi.

Tout ça allait plutôt dans le bon sens. Juste, pendant quelques mois, on aurait pu se dire que c’était un peu un baroud d’honneur, puisque Manuel Valls annonçait la suppression des départements, en avril. « Bon et puis finalement non en fait », en novembre. Résultat des courses aujourd’hui, ce n’est pas forcément plus clair, comme nous e dit gouvernement.fr :

Quant à l’avenir des conseils départementaux, trois solutions seront possibles, pour s’adapter aux situations existantes :
– Dans les départements dotés d’une métropole comme Lyon, par exemple, la fusion des deux structures pourra être retenue.
– Lorsque le département compte des intercommunalités fortes, les compétences départementales pourront être assumées par une fédération d’intercommunalités.
– Enfin, dans les départements – notamment ruraux – où les communautés de communes n’atteignent pas la masse critique, le conseil départemental sera maintenu, avec des compétences clarifiées.

Mmh ok. On verra bien quoi.

Bref, tu vois, tout ça n’est pas tout à fait simple. Capture d’écran 2015-02-18 à 08.21.02Mais il faut bien en parler tout de même, ce que font nos amis les journaux. Du coup, même eux se plantent un peu. Par exemple le Monde, qui nous fait un beau récap département par département sur l’enjeu de l’élection (un beau boulot, qu’il faut saluer). Eh ben paf, il oublie 7 cantons sur les 27 que comptent la Moselle. C’est ballot. Et puis on a un peu l’impression qu’il n’y a pas de différence avec le nombre de cantons antérieurs. Sauf que le renouvellement dans les conseils généraux se faisait par moitié, et que seuls 21 cantons avaient été renouvellés en 2011…

Le Républicain Lorrain, de son côté, nous parle de la situation locale, en l’occurrence de Metz 1, et se lance dans les chiffres.

Quant à Christine Singer, l’éternelle candidate, elle avait tout de même frôlé les 10 % lors des dernières cantonales sous la bannière du MoDem. Mais il lui faudrait dépasser les 12,5 % pour se maintenir au deuxième tour…

Alors oui, sauf que l’on parle de 10% des votants aux dernières cantonales. Or il faut 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour. Avec 50% de participation (en étant un poil optimiste), ça nous fait 25% des voix. Ce qui est une autre paire de manche, sans présumer du score de Christine Singer.

Comme tu es décidément observateur aujourd’hui, tu remarqueras sans doute que j’ai subtilement évité une question qui comme ça apparaît pourtant comme essentielle : « Mais au fait, ça sert à quoi un Conseil Général ? ». Et tu auras raison. Pour ne pas tout mélanger, je tâcherai de t’en parler dans un prochain article. On dira qu’avec la clause de compétence générale (supprimée en 2010 mais réintroduite en 2014), il peut intervenir sur à peu près tout. Ceci étant un petit coup d’oeil ici t’indiquera qu’il est désigné comme « chef de file » en matière d’aide sociale, d’autonomie des personnes et de solidarité des territoires (enfance, accessibilité, personnes âgées, prestations sociales…) et puis la construction, l’entretien et l’équipement des collèges, et puis la compétence culturelle,… rien que ça. Et plein d’autres choses.

Et si on s’y intéressait un tout petit, à ces élections départementales, hein, qu’en dis tu ?

La fête est finie (plus tôt)

Ami lecteur, je suis un peu triste. Pas pour un truc grave grave, hein, loin de là.

Mais voilà. J’ai passé beaucoup trop de temps dans les bars, dans ma vie, sans doute. Gamin, j’y ai joué aux échecs et au flipper. Depuis, j’y lis le journal en buvant des cafés ou l’apéro, j’y refais le monde en buvant des bières, j’y amène des artistes après les concerts, j’y rencontre des gens par hasard ou parce que j’espère les y croiser, j’y foursquare, je m’y sens bien sans y boire, je m’y sens bien quand j’ai trop bu.

Aujourd’hui j’ai aperçu une info, grâce à la page facebook du Bar de la Comédie, que je fréquente assidûment (notamment parce qu’il est à 30m de chez moi, mais pas que). Un arrêté préfectoral met fin à une jolie spécificité locale : à Metz les bars pouvaient fermer à 2h en semaine et à 3h du matin le week end. L’arrêté en question avance tout cela d’une heure.

Ce n’est pas l’heure en elle même qui m’ennuie. 2h, 3h, 4h, après tout, osef un peu. C’est juste que peut être on a encore l’impression que les gens s’amusent trop. Là, maintenant, en France, en 2011, en pleine crise, avec une croissance nulle, des taux de chômage et de pauvreté qui avancent tranquillou, des efforts annoncés de droite et de gauche, il y a encore un type, visiblement secrétaire général de préfecture, qui se dit que la fête, à 2h du matin, ça fait trop de troubles dans l’ordre alors que si les gens pouvaient aller dormir ou se rendre gentiment dans des discothèques payer leurs bières 8€ ça serait pas plus mal.

Je ne sais pas quels ont été “les différents avis recueillis” indiqués dans l’arrêté ni le circuit de validation de cette décision. Je rappelle juste avant que l’envie ne te prenne d’envoyer des mails revendicatifs à la mairie que la préfecture est le représentant de l’Etat, pas de la ville, et qu’en l’occurrence la décision ne touche pas que Metz mais la Moselle. Ne pas se tromper de cible c’est toujours mieux.

Bon. Si j’étais d’humeur à faire une pétition ça donnerait peut être quelque chose comme ça, là en dessous.
Mais là, je suis juste un peu triste. Alors on verra plus tard.

« Considérant que dans le but de préserver la tranquillité, la salubrité et l’ordre publics, il est nécessaire de réglementer dans le département de la Moselle le fonctionnement des débits de boissons et restaurants tout en tenant compte de la liberté du commerce et de l’industrie ; »
« Dans l’ensemble des communes du département de la Moselle, les horaires sont fixés comme suit : les nuits du dimanche soir au jeudi soir inclus : 1 heure du matin les nuits du vendredi au samedi et du samedi au dimanche : 2 heures du matin “

Extrait de l’ARRETE n° 2011- DLP/1- 449 du 21 octobre 2011 relatif à la police des débits de boissons et des restaurants dans le département de la Moselle Direction des libertés publiques – Préfecture de la Moselle

Les bars sont parmi les rares espaces urbains de convivialité diurne bien entendu, mais également nocturne, espaces qui manquent aujourd’hui ailleurs dans la société, dans la ville et dans la vie. Les gens s’y retrouvent, s’y rencontrent, bavardent, débattent, jouent, boivent, fêtent.

Metz mise aujourd’hui sur le rayonnement touristique, qui profite largement à l’activité d’hôtellerie et de restauration locale. L’arrivée du Centre Pompidou-Metz a ainsi provoqué une impression de réveil dans une ville qui attendait juste un choc pour se sentir un peu plus vivante. Metz mise aussi sur les étudiants qui fréquentent son université, leur dynamisme, et plus généralement sur cette jeunesse qui est majoritairement cliente des soirées qui se terminent à des heures tardives.

Dans ce cadre, au delà d’un choix, forcément subjectif, des horaires en eux même (Pourquoi 1h du matin ? La tranquillité publique ne serait elle pas plus assurée en fermant les bars à 22 heures ?) et même si Metz bénéficiait en l’espèce d’une exception, c’est évidemment l’impression de recul d’une forme de liberté qui est désastreuse en terme d’image.

Enfin, restreindre les horaires de fermeture des bars c’est aussi restreindre plus tôt le nombre de personnes qui pourront faire la fête à ceux qui auront les moyens d’accéder à des lieux de nuit dont les entrées sont plus surveillées et les tarifs sont nettement plus discriminatoires.

Les autres n’auront plus qu’à rentrer chez eux. Et dans les temps présents et à venir, ce choix là est éminemment regrettable.