Zikametz

img_295Ami lecteur messin et amateur de concerts dans ta ville, il ne t’aura pas échappé que depuis une semaine a lieu le festival Zikametz. Pour les autres, c’est un festival dédié aux « musiques actuelles » au sens large, particulièrement éclectique, et porté par l’association Zikamine et qui se déroule essentiellement aux Trinitaires.

Et c’est déjà la treizième édition, ce qui ne nous rajeunit pas. Ce qui me rajeunit d’autant moins, c’est quand je fouille un peu dans les archives des versions antérieures de ce blog, dont je n’ai remis en ligne qu’une petite partie. Je suis donc retombé sur ce billet consacré à la quatrième édition du festival, dont j’étais à la fois spectateur et un peu acteur : nous y jouions en effet avec melatonine. Je remet donc en ligne ce billet, en ayant corrigé une partie des liens (qui pointaient beaucoup vers myspace, souviens-toi ami lecteur).

Voilà donc un voyage dans le temps vers septembre 2007.

melatonine is not dead

Je te t’en parlais déjà il y a quelques mois ici même, ami lecteur, malgré l’âge avancé du groupe (et de ses trois musiciens, oui, merci), melatonine continue à son rythme (c’est à dire très lentement) à plancher sur un nouvel album.

Il y a une dizaine de jours, nous prenions donc le temps (trois heures) d’enregistrer quelques morceaux (sept, précisément) dans les studios de répétition de la BAM. C’était un bon moment avec mes deux comparses. Un peu comme une répétition avec simplement cette très légère pression pour essayer de faire mieux parce que ça enregistre (même si tu l’oublies vite, que ça enregistre).

Melatonine, enregistrement BAM.

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

we-are-unique-recordsL’objectif était simplement ici d’avoir un enregistrement assez fidèle pour se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler le prochain album, ce qui nous permettra bien sûr de voir si l’on garde l’ensemble de ces morceaux, s’il y a des modifications à y apporter. Mais nous pourrons aussi ainsi l’envoyer à notre fidèle label (We Are Unique Records) qui nous suit quasiment depuis les débuts du groupe, pour savoir s’il nous suivra encore, ce coup ci.

Et pourquoi est ce que je te parle de ça maintenant ? Eh bien parce que je suis en ce moment même en train de réécouter ces fameux morceaux et que ça sonne finalement plutôt pas mal. Je ne sais pas si les quelques secondes de la vidéo ci dessous t’aideront à te faire une idée, mais c’est tout ce que j’ai sous la main là tout de suite.

En tout cas, simplement, simplement : melatonine is not dead, vivement la suite.

En 2015, j’ai bricolé de la musique

… mais pas assez. Enfin à mon goût en tout cas. Bon, tu le sais, ce n’est pas l’envie qui me manque ami lecteur, simplement le temps. Parce que c’est que ça prend du temps, de bricoler de la musique.

C’est notamment ce qui a manqué a MWTE. Nous étions un peu surpris de nous retrouver dans les 15 lauréats des inrockslab 2014, avec le beau concert à la Gaité Lyrique qui a accompagné cette aventure. Et la sortie d’un deuxième EP (après Attraction to Light, fin 2013) était bien prévue au début de cette année. Mais nos plannings respectifs étant bien remplis, nous avons tout juste trouvé le temps jouer un peu ensemble quelques soirées, d’enregistrer un titre au printemps et d’avancer sur quelques autres en été.

Nous sommes toujours là. Et on vous promet de belles choses, pour bientôt.

Posté par MWTE sur mercredi 8 avril 2015

Ça n’a pas suffit jusqu’ici pour parvenir à finaliser les 5 ou 6 morceaux qui rempliraient le vinyl prévu. Rendez vous en 2016, donc. Pour patienter, début décembre, nous avons quand même mis la démo du titre le plus avancé, Black Cats, en écoute sur soundcloud. Les premiers retours nous encouragent à insister encore un peu. La voici, cette démo.

Du côté de Melatonine, c’est presque plus surprenant. Je te narrais ici même l’histoire de ce groupe, pour lequel cela fera bientôt une décennie sans sortie d’album, mais au cours de laquelle nous ne nous sommes jamais vraiment arrêtés d’improviser bruyamment ensemble. Bon je te laisse lire l’article, je ne vais pas te le rabâcher ici. Rendez vous en 2016, là aussi ? Peut être. En tout cas, un nouveau disque n’a jamais été aussi proche…

11168763_10153510469477528_6033061190474952772_nReste un projet qui devrait pouvoir avancer plus aisément, sans tenir compte du planning en dehors du mien, puisque je le bricole tout seul. Et j’ai effectivement bien avancé sur de nouveaux morceaux de zero degré cet été. La rentrée arrivant, ça s’est finalement tout de même trouvé bien compliqué.

Alors là aussi, j’ai posté la démo d’un morceau en cette fin d’année, parce qu’il me semblait bien d’actualité. C’est avec ce morceau que je te laisse, ami lecteur. Et je vais peut être m’y remettre de ce pas, tiens.

Melatonine, la suite

Le dernier album de melatonine date de 2007. Ça fait un bail. Et pourtant, ami lecteur, comme je te le racontais en mai dernier, nous n’avons jamais vraiment arrêté avec mes deux collègues de ce trio. L’idée d’un nouvel album est donc maintenant bien là. Nous en avons discuté la semaine dernière avec Gilles Deles, qui avait également enregistré le précédent, Les environnements principaux, et qui nous a rendu une petite visite.

Pas encore d’échéance, mais on devrait y voir un peu plus clair début 2016.

En attendant nous allons faire un petit concert en cette fin d’année, pour rôder un peu ces quelques nouveaux morceaux. Ça se passera la semaine prochaine, le vendredi 11 décembre à Metz (forcément), dans le caveau du Bar le Troubadour avant nos amis de No Drum No Moog.

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J’espère avoir le plaisir de t’y croiser, ami lecteur.

melatonine

Ami lecteur, je vais te parler aujourd’hui de melatonine. Non, pas l’hormone, mais le groupe. Et non, pas le groupe auteur de Prozac génération en 2008, mais bien un homonyme dans lequel je tiens la basse depuis maintenant… 16 ans.

Oui, 16 ans déjà. C’est en effet en 1999 qu’après une discussion avec Mathieu Lozinguez, et constatant quelques goûts communs (du côté de Sonic Youth notamment) nous décidons d’aller improviser à la fête de la musique. Je pense d’ailleurs que c’était en mai. Ça se fera à Metz, rue Sainte Marie, devant le disquaire Disc Over, avec deux compères recrutés par l’occasion, qui nous abandonneront bien vite. Avec l’arrivée à la batterie d’Alexandre Oury, c’est donc en trio que le groupe trouve son appellation définitive et qu’un premier album autoproduit, sort l’année suivante. Et depuis maintenant 15 ans, la formule n’a donc pas changé.

melatonine-les-environnements-principaux-102458245Un tournant est sans doute pris en 2003 avec le deuxième album, Les environnements principaux. D’abord, c’est le premier qui soit sorti chez We Are Unique Records, notre label adoré (et fidèle), qui permet au disque de bénéficier d’une distribution nationale (et même un peu plus). Ensuite, c’est le premier de nos albums à avoir recueilli un nombre impressionnant de chroniques dans la Presse Musicale Française de l’époque, à notre grande surprise : Les inrocks, Rolling Stone, Rock Sound, Magic, Mouvement,… (je te colle un petit diaporama en bas de ce billet, tiens).

Musicalement, c’est une période où l’on bricolait un peu plus avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes, et l’on en retrouve un peu partout, sur l’album. Le morceau noircissez en est un bon exemple.

Le beau clip qui illustre ce morceau est l’oeuvre de Sfumato, qui à la même période produiront aussi celui de Seitseman.

melatonine-decembre_est_un_samediAssez logiquement nous faisons un peu plus de concerts à cette période, essentiellement en France. Et, déjà, nous traînons un peu pour donner une suite à ce disque. Elle arrivera finalement en 2007, avec l’album Décembre est un samedi. Sans doute marqués par des concerts où nous avions bien trop de choses à brancher du côté des synthés, nous revenons à une formule basse batterie guitare, assez brute et probablement plus efficace.

Sans que les critiques soient aussi nombreuses que pour le disque précédent, les Inrocks écrivent à nouveau quelques jolies lignes que nous ressortons encore régulièrement lorsqu’il s’agit de décrire ce que l’on tente de faire.

C’est ce jeu physique, cassant, métallique, au bord de l’apocalypse, qui sauve régulièrement Melatonine des petites recettes dociles du post-rock : visiblement, les Messins préfèrent aux simulateurs de vol, tellement courus chez les disciples de Tortoise ou Mogwai, l’ivresse et les frissons glaçants du vol libre.

Et depuis ? Pas grand chose du côté des sorties. Tout juste, en 2011, enregistre t on en répétition ce John Walsh, destiné à la compilation des 10 ans de We Are Unique Records.

Nous aurions presque plus nous en tenir là, d’une certaine manière. 10 ans, pour un groupe, c’est souvent un délai de péremption acceptable. Mais voilà, il se trouve qu’avec ces deux compères, nous continuons inlassablement de répéter ensemble, si ce n’est toutes les semaines, disons tous les quinze jours. Et si souvent le résultat n’est que des heures d’improvisations, depuis quelques mois, des morceaux un peu plus construits émergent. Avec eux, l’idée de les coucher sur un disque, forcément.

Voilà donc où nous en sommes, avec 6 ou 7 morceaux, sans trop savoir si ça ne sera que basse batterie guitares ou réarrangé, ni comment nous allons enregistrer, ni quand. Mais au bout de seize ans, que ce trio existe toujours m’étonne au moins autant que toi, je pense, ami lecteur.

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Zikametz #4

Ami lecteur, tu pourras trouvé une version courte du compte renu qui vient dans le numero d’octobre de Beams, le nouveau mag-culturel-étudiant-messin né des cendres de Metz’Encore. Mais bon ici, il y a de la place, alors voilà la version longue, avec en plus des liens pour cliquer dessus et écouter (parce que cliquer dans un magazine pour l’instant ça marche pas bien (non,même pas en apuyant fort avec le doigt)).

En seulement quatre ans d’existence Zikametz, a déjà réussi a se tailler une jolie place parmi les quelques rendez-vous musicaux messins incontournables (Badaboum, Musiques Volantes, l’entonnoir insomniaque…). Si jusqu’a présent, je fréquentais le festival essentiellement pour l’ambiance qui y régnait et les prix d’entrée modiques (tu pourras trouver les compte rendus des années précédentes dans les archives), cette année j’y allais… pour la musique. Le programme de cette édition était en effet marquée par une programmation beaucoup plus relevée que les précédentes (et je ne dis pas ça parce que j’y jouais), mais aussi une petite augmentation du prix d’entrée (10€ par soir). Est ce dernier point qui aura découragé le public du jeudi? Toujours est il que c’est dans un caveau a moitié vide que Les Gourmets ont enflammé le petit public présent, avec un set impeccable, aussi technique que ludique, qui restera sans doute la grosse claque du festival. Si l’on ajoute Nil et dDamage, on avait là une programmation electro impeccable qui aurait mérité bien plus de monde. Comme je te le disais plus haut j’avais aussi la chance de jouer avec melatonine, et même si le petit théâtre était bien rempli pendant une bonne moitié de notre set, on ne peut pas dire qu’il y régnait une ambiance de folie.

Le vendredi, j’attendais de revoir Sharko, qui m’avait fait une très bonne impression lors de leur passage aux musiques volantes en 2001, ce qui ne me rajeunit pas. Eux non plus d’ailleurs et à l’arrivée on retiendra surtout la copie bien trop propre (trop?) rendue par les belges, pour une pop certes classique, efficace, empreinte du bel héritage flamand (de dEUS a Zita Swoon), mais moins empreinte d’originalité.

C’est indéniablement le samedi qui restera le jour le plus impressionnant de cette 4e édition. Sold out dès 20h30, le festival avait un tout autre visage. Et on tenait du coup l’explication de la petite affluence du jeudi : on avait là un vrai public de (fluo)kids, de ceux qui ont très probablement cours le lendemain d’un concert le jeudi et qui du coup n’y vont pas. C’est donc dans une ambiance jeune, survoltée, à casquettes, que Delleck et le Klub des Loosers nous offrirent un live collectif de haute volée. Bien soutenus par l’excellent Le Jouage, invité de dernière minute, et l’inévitable Detect aux platines, ce Klub des 4 s’est visiblement fait plaisir, et c’était communicatif. Detect enchaînait a la Chapelle avec un DJset dancefloor dont il a le secret sous des lasers verts de toute beauté. En bas, au caveaux les deux furieux de Curry & Coco (dont j’ai fait une mini interview que tu pourras lire dans le Beams) concluaient a la perfection cette belle soirée au caveau, avec un set énergique, hésitant entre rock primal et dance floor.

Le dimanche n’est jamais un jour facile pour remplir une salle de concert. Même rendu gratuit par la grâce (et les financements) du Conseil Régional, l’ambiance était loin de celle de la veille. L’après-midi avait été un joli succès, boosté par les journées du patrimoines, et les nombreux visiteurs qui passaient aux Trinitaires pour voir le lieu. Mais le soir c’était une toute autre histoire. C’est ainsi parmi une dizaine de personnes aussi ébahies que moi que j’ai pu voir les formidables belges de Black Heart Rebellion, qui sonnaient un peu comme si Explosions In The Sky avait embauché un chanteur de screamo. Un son énorme pour le petit caveau, et une bonne claque pour moi.

Bref, à l’arrivée, on ne pourra donc que féliciter zikamine pour l’énorme boulot fourni pour l’organisation de ce festival, et attendre le prochain avec impatience. 5 ans, ça se fête non ?