Zikametz #4

Ami lecteur, tu pourras trouvé une version courte du compte renu qui vient dans le numero d’octobre de Beams, le nouveau mag-culturel-étudiant-messin né des cendres de Metz’Encore. Mais bon ici, il y a de la place, alors voilà la version longue, avec en plus des liens pour cliquer dessus et écouter (parce que cliquer dans un magazine pour l’instant ça marche pas bien (non,même pas en apuyant fort avec le doigt)).

En seulement quatre ans d’existence Zikametz, a déjà réussi a se tailler une jolie place parmi les quelques rendez-vous musicaux messins incontournables (Badaboum, Musiques Volantes, l’entonnoir insomniaque…). Si jusqu’a présent, je fréquentais le festival essentiellement pour l’ambiance qui y régnait et les prix d’entrée modiques (tu pourras trouver les compte rendus des années précédentes dans les archives), cette année j’y allais… pour la musique. Le programme de cette édition était en effet marquée par une programmation beaucoup plus relevée que les précédentes (et je ne dis pas ça parce que j’y jouais), mais aussi une petite augmentation du prix d’entrée (10€ par soir). Est ce dernier point qui aura découragé le public du jeudi? Toujours est il que c’est dans un caveau a moitié vide que Les Gourmets ont enflammé le petit public présent, avec un set impeccable, aussi technique que ludique, qui restera sans doute la grosse claque du festival. Si l’on ajoute Nil et dDamage, on avait là une programmation electro impeccable qui aurait mérité bien plus de monde. Comme je te le disais plus haut j’avais aussi la chance de jouer avec melatonine, et même si le petit théâtre était bien rempli pendant une bonne moitié de notre set, on ne peut pas dire qu’il y régnait une ambiance de folie.

Le vendredi, j’attendais de revoir Sharko, qui m’avait fait une très bonne impression lors de leur passage aux musiques volantes en 2001, ce qui ne me rajeunit pas. Eux non plus d’ailleurs et à l’arrivée on retiendra surtout la copie bien trop propre (trop?) rendue par les belges, pour une pop certes classique, efficace, empreinte du bel héritage flamand (de dEUS a Zita Swoon), mais moins empreinte d’originalité.

C’est indéniablement le samedi qui restera le jour le plus impressionnant de cette 4e édition. Sold out dès 20h30, le festival avait un tout autre visage. Et on tenait du coup l’explication de la petite affluence du jeudi : on avait là un vrai public de (fluo)kids, de ceux qui ont très probablement cours le lendemain d’un concert le jeudi et qui du coup n’y vont pas. C’est donc dans une ambiance jeune, survoltée, à casquettes, que Delleck et le Klub des Loosers nous offrirent un live collectif de haute volée. Bien soutenus par l’excellent Le Jouage, invité de dernière minute, et l’inévitable Detect aux platines, ce Klub des 4 s’est visiblement fait plaisir, et c’était communicatif. Detect enchaînait a la Chapelle avec un DJset dancefloor dont il a le secret sous des lasers verts de toute beauté. En bas, au caveaux les deux furieux de Curry & Coco (dont j’ai fait une mini interview que tu pourras lire dans le Beams) concluaient a la perfection cette belle soirée au caveau, avec un set énergique, hésitant entre rock primal et dance floor.

Le dimanche n’est jamais un jour facile pour remplir une salle de concert. Même rendu gratuit par la grâce (et les financements) du Conseil Régional, l’ambiance était loin de celle de la veille. L’après-midi avait été un joli succès, boosté par les journées du patrimoines, et les nombreux visiteurs qui passaient aux Trinitaires pour voir le lieu. Mais le soir c’était une toute autre histoire. C’est ainsi parmi une dizaine de personnes aussi ébahies que moi que j’ai pu voir les formidables belges de Black Heart Rebellion, qui sonnaient un peu comme si Explosions In The Sky avait embauché un chanteur de screamo. Un son énorme pour le petit caveau, et une bonne claque pour moi.

Bref, à l’arrivée, on ne pourra donc que féliciter zikamine pour l’énorme boulot fourni pour l’organisation de ce festival, et attendre le prochain avec impatience. 5 ans, ça se fête non ?

MV 10 (part 2)

(la première partie est ici)

Peut être que le lundi c’est ravioli, en tout cas le vendredi aux musiques volantes, c’était hip hop. Ca commençait avec un des groupes les plus passionnants de la petite scène messine : Giant Metal. Et en version déguisée s’il vous plait : La Neige en lapin, Cheapy Chips en éléphant, et Mr 2003 en tigre zébré (?). Passé le petit moment de poilade (voir les trois animaux scratcher et jouer du synthé ou de la Game Boy vaut le détour), il fallait bien reconnaître que le trio avait bien sa place sur la grande scène des musiques volantes. Début de set tout en abstract hip hop ouaté, qui monte peu à peu pour arriver d’abord a l’hymne We Are Not From The Ghetto, puis a un dernier morceau ou subitement le nom Giant Metal prenait corps devant nos zyeux zébahis, et où l’on regrettait simplement que l’ingé son ne fasse pas un peu plus péter les watts.

Descente au caveau ou Daniel Givens a déjà commencé son set. L’endroit vouté se prête admirablement aux rythmes glauques et oppressants (qui pourraient faire passer les premiers albums de Tricky pour des disques parfait à passer un soir de fête) de l’américain, qui vient y mêler une voix changeante. Il était accompagné d’un danseur en costard qui faisait redoutablement bien le givré, a tel point que nous commencions a regretter de nous être mis au premier rang (je crois que Julie, qui m’accompagnait, a un peu flippé). Pour ma part, je n’arrivais pas a détacher mes yeux des vidéos et du danseur, ni mes oreilles de ce hip hop malade.

Ensuite, enchaînement de belles choses que j’aurais du mal a raconter en détail : P-Love (et ses platines) et Matt Kelly (et son laptop et ses arpèges de guitares) pour un electro hip hop doux, suivi d’un mix rapide et furieux de P Love qui nous avait déjà étourdi au Bada Boum Boum. L’incroyable Daedelus et son hip hop électronique venu d’ailleurs (tout comme son monome), que je regrette de n’avoir pas assez regardé. Elysian Fields, pour un beau concert, parfois vaguement ennuyeux toutefois. Et pour finir, Jake The Rapper, un allemand relativement givré qui ressemblait a un bucheron canadien, rapait (oui, tu t’en doutais, ami lecteur perspicace) sur une musique parfois proche de l’eurodance, s’est mis torse nu, a brulé une voiture de police miniature dans une bassine avec de l’essence a briquet, a fait monter 30 personnes sur la petite scène des trinitaires, bref a retourné le public a 2h du mat bien passées.

Et moi avec, retourné par une soirée dont -musicalement en tout cas- je n’attendais pas tant de belles choses.

a suivre…

MV 10 – (part 1)

Jeudi dernier, 10 novembre, c’était donc le premier jour « musical » des musiques volantes, après trois soirées dédiées à la vidéo. Je me rendais dans l’après midi aux Trinitaires (couplés a la Salle Ochs, c’était là où se déroulaient les festivités cette année), pour faire la balance de Maddy Faetherstone, avec laquelle j’avais la chance de jouer. mv10Ces moments sont toujours l’occasion de se rendre compte, d’une manière différente, de l’énorme boulot d’organisation que représente un festival du calibre de MV. Et puis ça m’a aussi permis d’apprécier les balances de The Organ et de Felix Kubin, histoire de rattraper le fait que je ne pourrais sans doute pas les voir le soir même. Après une indispensable dernière repet’ dans les loges avec Jes (qui a peut être rendu le séjour messin de Rachel Loshak, qui les partageait avec nous, un peu pénible) et un délicieux repas (un autre atout majeur des musiques volantes) au cours duquel nous avons pu parler hambourg wurcht avec Felix K, visiblement grand connaisseur, le festival commençait vraiment.

Et c’est Velma qui entamait, vers 20h45, son set. Je n’attendais rien de ces quatres suisses (chant / batterie / guitare / projections vidéos) dont je n’avais jamais entendu parler. Eh bien quelle claque, ami lecteur. Habillés en sorte d’évangélistes (avec le discours qui va avec entre chaque morceau), un chanteur flippant au déhanchement lynchien, un début de concert gluant comme du trip hop poisseux qu’on aurait croisé avec Arab Strap, et une fin postrockeuse et noisy absolument redoutable, ils m’ont scotché. Dur de faire mieux, comme début de festival. Ensuite j’ai alterné entre Sister Iodine (impressionnants, mais trop noisy pour moi ce soir là, peut être), Rachel Loshak (très classieuse avec sa basse, bon contact avec le public pour un set un peu linéaire, mais beau), et Drop The Lime (une sorte de chanteur crooner fou qu’on aurait mis au milieu d’une teuf techno, étonnant) avant que les cinq The Organ ne commencent. Très nettement inspirées des 80’s, quelque part entre Cure et Joy Division, le concert m’avait l’air parti pour être particulièrement efficace. Mais après deux morceaux, il était déjà temps pour nous d’aller jouer. Sans doute ne fût-ce pas là le meilleur concert de Maddy Faetherstone, sans doute voulait on en faire trop et que la repet’ dans les loges, plus simple, était elle meilleure (à la réflexion, Rachel Loschak a peut être eu du bol). Mais le moment était agréable et doux, et avant que nous ne nous en rendions compte, notre heure de set était passée. J’enchainais sur un DJ Set, une première pour zero degré… hélas en même temps que l’ami Kubin qui commençait à la même heure. Cette déloyale concurrence m’a fait mixer devant, suivant les moments, entre un et quinze danseurs en pleine forme et qui avaient du renoncer a l’allemand pour Gott sait quelle raison. Mais pour toute te dire, ami lecteur, je crois que j’attendais déjà un peu le lendemain ou je pourrais profiter du festival en tant que « public », simplement.

à suivre…

(la deuxième partie est ici)

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15/11/2016 – bonus track – depuis, ami lecteur, je suis devenu fan de l’unique album de The Organ, tout simplement excellent, avec lequel je suis reparti ce soir là. Alors je me permets de rajouter à ce billet ce formidable tube qu’est Brother, sur lequel on peut danser sans fin…