À Metz, on fait des réserves de culture avant l’hibernation

Ami lecteur, en revenant sur le programme des quelques jours qui viennent de s’écouler, je ne peux m’empêcher d’être assez épaté par la diversité de ce que notre petite ville de Metz peut parfois proposer.

Du côté des expositions, à tout seigneur tout honneur, c’est le Centre Pompidou-Metz qui ouvrait cette semaine avec le vernissage mardi de Cosa Mentale, étonnante exposition sur le thème, rarement traité, de la télépathie dans l’art du XXe siècle. On y retrouve un certain nombre d’utopies (voire de contre-utopies) dont le rapprochement avec certaines réalités du moment ne peut être évitée. Comment ne pas penser aux casques de réalité virtuelle du moment (Oculus ou Morpheus) en observant ce Mind Expander de Hans Rucker Co, qui propose une expérience psychédélique intime grâce à l’utilisation de projections d’images et de sons.

Haus Rucker Co – Mind expander 1 #CosaMentale #Metz

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Une exposition en tout cas foisonnante, qui méritera qu’on y retourne. Ce temps inaugural laissait en effet finalement peu de temps pour la visite en proposant des performances, comme celle de David Rosenboom pour une symphonie à base des ondes cérébrales de deux volontaires. Et comme tu peux le voir sur la photo ci-dessous, il y avait foule.

David Rosenboom, pour une symphonie à base des ondes de deux cerveaux. #CosaMentale #Metz

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Et puis à Metz, pour voir de l’art contemporain, il y a le choix. Après Pompidou le mardi, nous avions en effet le jeudi soir deux vernissages : d’abord dans la galerie Octave Cowbell, avec le Je suis un souvenir de Marc Aragones, exposition pour laquelle j’ai eu le plaisir d’écrire le court texte de présentation. Octave Cowbell est une petite galerie par la taille (si tu n’as pas encore eu l’occasion d’y aller, elle est composée d’une seule pièce relativement exigüe), mais grande par ses choix… et par l’inimitable convivialité de ses vernissages.

Beaucoup de monde aussi le même soir pour le vernissage de Body Talk, au FRAC Lorraine, marqué par une impressionnante performance de Miriam Syowia Kyambi. Une exposition sur laquelle on aura l’occasion de revenir, puisqu’elle offre d’autres temps de restitution, dont un le 9 janvier à la BAM.

Du côté de la musique, il y avait aussi peu de chances de s’ennuyer. Jeudi, on découvrait NIID, anciennement connus sous le nom d’ASP (Abstract Sound Project) : ils se dévoilaient au 7(7) Café avec un bon DJ set et une avant-première de leur nouveau clip, quelques jours avant sa mise en ligne.

Et le voici, tout beau tout neuf.

Une classieuse mise en image par Stéphane Benini d’un morceau plus en douceur que ceux auxquels ASP nous avait habitués. Mais tout aussi accrocheur, bien plus dans l’air du temps et sans doute plus proche des aspirations actuelles du duo. En tout cas, il va falloir surveiller NIID de près.

Dans la série de découvertes de nouveaux projets messins, on citera aussi Lonesome Lion, le projet de Simon, des Dirty Red Shirts, quelque part entre le folk et le blues. Un premier concert préparé à la hâte, mais qui aura eu de beaux moments de mélancolie. C’était au Troubadour, vendredi soir.

Et vendredi, il y avait également à la Chaouée la troisième soirée en huit jours de l’association Mâche un truc, qui semble partie sur un rythme infernal. Gros line up de groupes aux noms improbables (BAND OF SORROWS,
Prozack Maurice, VORTEX, CHINESE CARPET,Les Anatoles Rances…) et gros succès.

Et puis il ne t’aura sans doute pas échappé qu’à Metz, ces derniers mois, les jeux vidéos prennent une place croissante, avec un QG du côté de TCRM Blida. Vendredi soir c’était la première soirée Indie Games club (qui offrait la possibilité de jouer à des jeux indés en multijoueur local, et de découvrir Blida Bulders le jeu vidéo consacré au lieu), et samedi le tournoi de Hearthstone organisé par Lorraine E Sport. Joli succès pour une première de cette association à Blida.

Et puis j’aurais pu également te parler de l’installation des premières boîtes à livres à Metz, et puis et puis… j’oublie sans doute encore beaucoup de choses. Cette période de l’année a toujours un programme culturel très chargé. D’ailleurs, j’espère que tu ne rateras pas l’occasion de te précipiter encore aux Trinitaires ces dix prochains jours pour profiter de la vingtième édition de Musiques Volantes.

Peut être essaie-t-on encore d’en profiter avant l’arrivée des décorations de la Noël, de l’hiver, et avant que la tentation de l’hibernation ne s’abatte sur nous. Mais on ne peut que s’en réjouir, tu en conviendras.

Alphabet

googleOr donc, hier, Google a annoncé la création d’Alphabet, une nouvelle société dont Google Inc deviendra une filiale continuant de développer les projets web et OS (Google, Youtube, Chrome, Maps, Androïd en gros), mais dissociée des autres secteurs : Google X (projets futuristes), de Calico (santé), de Sidewalk Labs (logistique urbaine), de Nest (objets connectés), de Fiber (fibre optique) et de Google Ventures et Google Capital (investissements), nous indique le blog Sillicon Valley sur le Monde, qui te raconte tout ça bien plus en détail que moi par ici.

Finalement, le plus surprenant dans l’annonce surprise faite hier est qu’elle ne surprend pas tant que ça. D’une part parce que Larry Page avait déjà évoqué l’idée une restructuration / réorganisation fin 2014. D’autre part parce que ça semble tellement logique, à postériori, dans le parcours et le développement de cette incroyable entreprise qu’on se demande même aujourd’hui comment on ne l’a pas venu venir gros comme une maison. Le plus dur a peut être été de trouver ce nom, Alphabet, qui ne va sans doute pas améliorer l’image de Google dans l’esprit de ceux qui voient l’entreprise tentaculaire en phase de domination du monde, tant ça paraît simple, universel.

L’annonce faite hier est déclinée sur un site internet, abc.xyz, avec un simple texte de Larry Page. On peut y retrouve vers la fin, un « improving the lives of as many people as we can », qui ne peut que faire penser à l’excellente série Silicon Valley, dans laquelle chaque entreprise veut faire du monde « a better place ».

Ami lecteur geek, si tu n’as pas encore vu les deux saisons de cette hilarante série, ne t’en prive pas. Mais finalement, là où Google Alphabet est vraiment fort, c’est que dans le texte de Larry Page, tu trouveras un lien caché au milieu du huitième paragraphe, en cliquant sur le point à la fin de la phrase « our drone delivery effort.« . Il t’amènera vers le site www.hooli.xyz, Hooli étant… le nom de l’entreprise parodiant Google dans la série Silicon Valley. Un mini-site très drôle, parodiant le propre discours de Page.

La domination du monde, mais avec le sourire.
Très fort, on t’a dit.

Le Centre Pompidou-Metz entre louanges méritées et difficultés annoncées.

Ces derniers jours, les célébrations du Centre Pompidou-Metz se sont succédées dans la presse locale, qu’elle soit messine, avec la publication dans le Républicain Lorrain du billet Pompidou c’est fou ! de Philippe Marque, ou dans L’Alsace, qui a initié une série « Que notre ACAL est belle » et qui publie cet article : Le Centre Pompidou a transfiguré Metz. Il est effectivement utile de rappeler que Metz, la Moselle, la Lorraine et demain l’ALCA, l’ACAL, la région Grand Est disposent là d’un équipement exceptionnel. L’expo Warhol Underground devrait d’ailleurs être un succès et elle le mérite aisément.

Vernissage WARHOL UNDERGROUND | Centre Pompidou-Metz #Metz #Warhol

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Mais dans les deux articles de presse, immédiatement après les louanges pointent les difficultés : quelles sont les collectivités qui doivent participer ? À quel niveau ? Comment peuvent elles maintenir (pour ce qui est du Conseil Régional) ou augmenter (pour ce qui est du Conseil Départemental, avec en filigrane son entrée au Conseil d’Administration de l’EPCC Pompidou-Metz) leur contribution à l’établissement, alors que les baisses des dotations de l’Etat amènent partout des questions bien délicates ? Le budget 2015 aura ainsi été extrêmement compliqué à boucler, comme le relevait, entre autres, La Croix en janvier dernier.

Bref, comme le disait le poète, Tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’à un fil.

Il y a quelques jours, je suis tombé sur ce rapide reportage de Public Sénat, qui offre finalement un bon résumé de ces difficultés, mais aussi du jeu politique qui en découle : le président actuel de la Région Lorraine et celui du Conseil Départemental sont tous deux fortement impliqués dans la campagne à venir pour l’ALCA, l’ACAL, la région Grand Est, ce qui laisse à penser que les débats de fin d’année, pour le budget 2016, seront compliqués, là même où les institutions culturelles ont besoin d’une certaine sérénité.
Je te laisse donc avec cette courte vidéo, mais je ne peux que t’encourager à profiter de l’été messin pour courir voir l’expo Wahrol !

L’Atelier du pouvoir [L’été des replays – épisode 1]

Ah l’été, le soleil, le farniente, la plage… mais aussi la saison durant laquelle tu peux prendre le temps de réécouter ou de revoir ces programmes qui t’auraient échappé durant l’année. Il faut dire que nous y sommes aussi franchement incités par des programmations estivales pour le moins fatiguées.

France Culture nous propose ainsi de réécouter les excellents épisodes de L’Atelier du Pouvoir qui, nous indique son pitch, « a pour objet la la politique en tant que telle, à travers l’exploration de ses acteurs, de ses lieux, de ses rites, de ses métiers, de ses moments ». C’est toujours très bien. Tout en restant assez proche de l’actualité, l’émission prend la distance nécessaire,(souvent historique) pour ne pas tomber dans un simple commentaire.

Alors oui, tu peux t’interroger sur la pertinence de faire ainsi des rediffusions alors qu’on a déjà accès aux podcasts de toute la saison écoulée. Mais en l’occurence je ne vais pas m’en plaindre, puisque je retombe par hasard ce matin sur l’émission intitulée Quel Pouvoir pour le Ministère de la Culture ?, qui m’avait étrangement échappée pendant cette année.

C’est par là.

Autour de la table, en plus des producteurs animateur Thomas Wieder et Vincent Martigny : Michaël Moreau, Emmanuel Wallon, Michel Guerrin et Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication. Place du ministère dans les politiques publiques, contraintes budgétaires, hyper-profusion culturelle et algorithmes de recommandation, liberté de création, décentralisation… y sont passées en revue. Bien entendu, une heure c’est bien trop court, mais l’émission vaut largement le détour.

Républicain Lorrain – bilan des premiers mois de la BAM

Un rapide bilan de la BAM au bout d’à peine trois mois d’activités. Bon, on peut regretter que le mot « Trinitaires » n’apparaisse pas dans l’article, alors que les deux salles restent intrinsèquement liées (et que s’il n’y a « pas grand chose » à la BAM en janvier, il y a quand même quelques chouettes dates dans la Chapelle ou au Caveau).

Mais en tout cas, voilà l’article du Républicain Lorrain de ce samedi 3 janvier 2015.

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King & Zynga : Crash Saga ?

Ce matin, ami lecteur, les articles sur le tangage en bourse de King, l’éditeur de Candy Crush Saga, me rappelaient étrangement ceux qui avaient accompagné la chute de Zynga en 2012, également quelques mois après son introduction en bourse. Cela se manifeste d’ailleurs assez bien sur le graphique ci dessous.

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Introduction en bourse moyenne (légère baisse), puis enthousiasme rapide (montée remarquable) avant un écroulement assez évident. Le tout en à peine quelques mois. Pour Zynga, il y a ensuite une longue stagnation à un niveau faible par rapport à son introduction, depuis maintenant 2 ans, pour King l’avenir le dira.

Alors peut on dire que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? Les points communs entre les deux entreprises sont en tout cas frappants.

Un jeu emblématique d’abord : chez Zynga c’est Farmville, un jeu de simulation assez basique (en l’occurrence une ferme), et chez King, donc, l’inévitable Candy Crush Saga, un puzzle game à base de bombecs.

Une interaction forte avec les réseaux sociaux ensuite : même si l’on peut utiliser l’essentiel des joueurs les lient au principal réseaux social mondial, aka Facebook (pour comparer ses scores avec ses amis et/ou recevoir certains avantages, voir ci dessous). Et Mark Zuckerberg ne s’en plaint pas l’un comme l’autre rapporte des sommes rondelettes à Facebook : à son apogée, Zynga a représenté jusque 12% de ses revenus. L’action de Facebook avait d’ailleurs dévissé de 5% dans le sillage de la chute de Zynga à l’été 2012. Et en contrepartie, les réseaux sociaux jouent également un rôle prépondérant dans la viralité de ces petits jeux : ne me dis pas que tu n’as jamais reçu une invitation à jouer à Candy Crush Saga ou à Farmville, ami lecteur (ou alors c’est que tu as sacrément bien règlé tes paramètres facebook… ou que tu n’y es pas inscrit). Le groupe Facebook « Encore une invitation a farmville et je brule ta ferme et égorge tes vaches » rencontre d’ailleurs un certain succès, avec plus 80 000 likes.

Délicieux !De multiples déclinaisons du jeu emblématique : chez King c’est Pepper Panic Saga (où l’on remplace les bombons par des piments), Diamond Digger Saga (des diamants), Pet Rescue Saga (des papattes de chiots, parce que c’est mignon). Et chez Zynga, après Farmville, nous avons eu Farmville 2 (ok), ChefVille, CastleVille et même CityVille. Ça laisse songeur et je t’avoue que j’attends avec impatience VilleVille Saga, crossover entre les deux compagnies.

Un modèle économique commun : le freemium. Les jeux sont gratuits. Mais il doivent être addictifs et comporter une limite temporelle assez stricte. Dans Farmville, on cultive des terres, puis on vend des légumes, qui rapportent des sous pour racheter des graines, des animaux, et la, on doit attendre le lendemain pour que le beau cycle de la nature fasse son oeuvre.Cultive ton jardin Dans Candy Crush Saga, tu disposes de cinq tentatives par jour pour passer des niveaux en regroupant des bonbons par couleurs, et en cas d’échec tu dois attendre le lendemain pour récupérer ces vies. Si tu ne veux pas attendre, dans un cas comme dans l’autre, tu peux faire appel à tes amis (s’ils jouent au même jeu bien sûr, ce qui a tendance à te pousser à leur envoyer une invitation à y jouer) ou payer pour acheter des vies dans Candy Crush Saga ou des Farm Coins dans Farmville. Et c’est là (ce n’est que là pourrait on dire) que King et Zynga commencent à gagner de l’argent.

Si Zynga accumule les pertes depuis 2011 (sa dernière année bénéficiaire était 2010), King, continue lui à gagner de l’argent. Et même beaucoup : après plus de 560 millions de dollars en 2013, le bénéfice reste à un très haut niveau, avec plus de 160 millions pour le deuxième trimestre 2014. Pourquoi cet effondrement en bourse ? Cette infographie, trouvée chez iGen, l’explique assez bien.



En gros, si les revenus liés aux jeux « hors Candy Crush » progressent sensiblement, ils ne parviennent à peine à compenser la chute inéluctable de ceux de la locomotive de King. Et les investisseurs craignent probablement qu’ils nous fasse « une Zynga », en ne trouvant jamais de réel successeur à son jeu emblématique.

Je ne vais pas particulièrement plaindre ces deux entreprises : King gagne encore pas loin d’un demi milliard de dollars par an, tandis que Zynga, qui perd de l’argent année après année, voit encore sa capitalisation boursière équivalente à 2,5 milliards de dollars environ. Et ce d’autant moins que le manque d’inspiration de l’une comme de l’autre est désespérant (à lire cet excellent article de Ian Bogost sur Farmville qui lui avait d’ailleurs inspiré la parodie CowClicker) là où des studios indépendants font preuve de trésors d’imagination.

Allez, tiens, je vais même rallumer la console et tâcher de finir Fez.

Edit du 3 novembre 2015 : Activision rachète King Digital Entertainment pour 5,4 milliards d’Euros. C’est l’occasion de remettre à jour ce petit graphique. Si l’éditeur qui semble avoir toujours autant de mal à se renouveler, il continue à gagner plus d’un demi milliard d’euros par an et son cours de bourse tient mieux que celui de Zynga.

zynka king

Final Fantasy XIV

Figure toi, ami lecteur, que j’ai passé une partie de mon week-end à jouer à Final Fantasy XIV, qui est en beta test avant sa sortie officielle le 27 août prochain.

Bon, Final Fantasy tu connais probablement. Il s’agit de l’une des plus impressionnantes licences du jeu vidéo, par sa longévité (le Final Fantasy originel est sorti en 1987 au Japon) et par son succès, puisque l’éditeur Square Enix a annoncé avoir dépassé cette année les 100 millions d’exemplaires vendus depuis le lancement du jeu. Du coup, forcément, il y aussi un film, des figurines et même un porte-cartes (qui doit faire un effet surprenant auprès de tes interlocuteurs quand tu le sors).

En France, l’histoire de Final Fantasy commence en 1997 avec une première sortie sur Playstation : Final Fantasy VII. Etant donné que dans les nineties j’étais un pauvre hère sans console de jeu, je suis complètement passé à côté. Mais il paraît que c’est très très bien. Un classique quoi. En fait de mon côté je suis tombé dedans avec le XII, sur PS2, très bon également. J’ai également fait le XIII sur PS3 (relativement décevant) et les rééditions du III et du IV sur DS (choupinettes, comme tu peux le voir ci dessous).

Final Fantasy XIV est déjà sorti une première fois en 2010, version imparfaite, jeu buggé, moins de 100 000 abonnés, un flop quoi. Square Enix s’est donc senti obligé de sortir une version 2.0. Il se trouve que je m’étais inscrit à la beta de cette nouvelle version il y a quelques mois déjà. Ne me demande pas pourquoi, je ne suis pas coutumier du fait. En tout cas, j’avais reçu un coupon pour télécharger et tester le jeu. Mais je n’avais pas eu le temps de participer aux premières sessions de cette beta au début de l’été. Là, pour cette dernière, je m’y suis essayé.

FF XIV est un MMORPG. Square Enix avait déjà tenté le coup dans ce registre, dès 2002, avec Final Fantasy XI (qui existe toujours, avec semble-t il encore environ 300 000 joueurs actifs, soit plus que FF XIV version 1).

Et FF XIV, en gros, ce week end, ça ressemblait à ça :

Je ne suis pas particulièrement habitué des MMORPG, je n’ai donc pas énormément de points de comparaison. J’ai quand même passé quelques heures sur World of Warcraft et il se trouve que FF XIV en reprend un certain nombre de principes, le moindre n’étant pas la succession de quêtes qui forme le corps du jeu (aller tuer 5 Cactuars, amener une lettre à machin-truc, nettoyer le port…). Et ces quêtes ramènent des points d’expérience, qui font monter ton personnage en niveaux. Rien de nouveau sous le soleil d’Eorzea donc, qui rappelle assez largement celui d’Azeroth.

Pourtant, assez vite, de bonnes petites idées viennent amener quelques surprises dans ce terrain trop balisé. Les Aleas d’abord, sortent de combats collectifs contre un ennemi un peu plus costaud (et/ou nombreux) qui apparaissent de temps à autres et auxquels tous les joueurs qui sont dans les parages peuvent venir participer. Et puis surtout la possibilité de changer de classe et de métier comme de chemise. Ou plutôt d’arme, en l’occurrence : une fois terminée une série de quêtes initiatiques de la première classe que l’on avait choisi (gladiateur, maraudeur, occultiste,…), il est possible en changeant d’ « outil » principal de changer de classe. En gros, ton arcaniste troque son bâton contre une épée, hop il devient gladiateur. S’il prend un marteau, il devient orfèvre. Bon, par contre, il faut tout réapprendre, tu repars au niveau 1, sans quoi ce serait trop simple. Mais d’une part tu peux reprendre ton ancien job quand ça te chante, d’autre part tu conserves quelques avantages de l’une ou l’autre des classes que tu prends le temps de monter en niveaux.

Et puis, surtout, tout ça se passe dans le monde de Final Fantasy, plein de chocobos, de cactuars, de lalafell, bref de kawaii quoi, avec en fond sonore les excellents thèmes musicaux de Nobuo Uematsu qui donnent une couleur épique à la moindre petite promenade. En parlant de promenade, les graphismes sont plutôt réussis, sans êtes somptueux (j’ai testé sur PS3, paraît que c’est mieux sur PC). En tout cas la faune et les décors sont variés. Le gameplay sur PS3 demande un peu d’habitude (notamment dans le ciblage des ennemis). Et en l’absence d’un clavier, la communication avec les joueurs croisés est un peu limitée.

Après avoir donc passé de sympathiques moments dans Final Fantasy XIV, je reviens juste le temps d’un paragraphe sur le côté économique de. Square Enix a annoncé près de 100 millions d’euros de pertes pour 2012 (pas tellement à cause de FF d’ailleurs, mais plutôt d’autres licences, aux résultats décevants). On peut s’interroger sur la pertinence de tenter relancer la seconde version d’un MMORPG à l’ancienne, avec son abonnement d’une dizaine d’euros par mois, au moment où WoW perd ses abonnés à tour de bras (en partant de chiffres incroyablement importants, tout de même), où la concurrence des gratuits s’intensifie (Aion notamment), où Skyrim Online devrait débouler avec le vent dans le dos.

Ceci dit, Square Enix devrait pouvoir s’appuyer sur l’impressionnante fanbase de Final Fantasy, notamment au Japon : les serveurs surchargés pendant cette dernière période de beta publique sont là pour en témoigner… mais dans une version totalement gratuite, ce qui change un peu la donne.

En tout cas, la beta se termine demain matin. Du coup, j’irais bien refaire une petite promenade nocturne à Eorzea, moi.

The Elder Scrolls Online

Fin 2011, j’ai passé quelques heures sur Skyrim. Un peu trop pour mon emploi du temps, sans doute pas assez pour être au niveau d’une bonne partie de mes amis gamerz. Il faut dire que le jeu est redoutablement bien fichu pour quiconque est amateur de RPG. Si ça ne te passionne pas ou que tu n’as pas eu l’occasion d’essayer, ça donne ça :

Le jeu fonctionne commercialement très bien : sorti fin 2011, il place ses trois version (PS3 / Xbox / PC) dans le top 50 des ventes de l’année. En 2012, les trois versions en question sont encore dans le top 100, et au global c’est plus de 14 000 000 d’exemplaires de Skyrim qui auront été vendus.

Skyrim est le cinquième épisode de la série The Elder Scrolls. Ces jeux sont développés et édités par Bethesda (Bethesda Softworks LLC pour l’édition, Bethesda Game Studio pour le développement), qui ne sort à peu près que ça (à l’exception notable de Fallout 3). Les deux entités Bethesda font partie de Zenimax, entreprise créée en 2001 par Christopher Weaver le fondateur de… Bethesda (en 1986, ce qui ne nous rajeunit pas). Zenimax a depuis racheté entre autres id Software (Quake, Doom) en 2009 et  Arkane (Dishonored) en 2010. Zenimax compte 600 salariés, et pouvait être estimée en 2007 à 1,2 milliards de dollars (ici, page 4). C’est sans doute plus aujourd’hui.

Au printemps 2014, Bethesda se lancera sur le marché déjà bien encombré des MMORPG avec The Elder Scrolls Online. Le prétexte de ce billet, c’est qu’il y a quelques jours, à la QuakeCon 2013, une présentation d’une vingtaine de minutes du gameplay a eu lieu.

Bon, bref, il est probable que j’y passe encore un peu de temps l’an prochain, quoi.

 

L’industrie de la musique enregistrée – introduction

Les moyens de diffusion de la musique m’intéressent depuis une dizaine d’années.

D’abord parce que j’en faisais, de la musique. A vrai dire, j’en fais même encore un peu. Et assez vite, quand tu fais de la musique en groupe, tu t’intéresses aux possibilités de la diffuser. Ce n’est pas systématique, on peut volontairement garder cela pour soi. Mais souvent, lorsqu’il s’agit de compositions, qui plus est en groupe, avec la forme d’enthousiasme que cela suscite chez ses membres, on s’intéresse auxdites possibilités.

J’en vois essentiellement deux : d’une part aller devant des gens pour la jouer en direct (ce que pour aller vite on peut qualifier de concert), d’autre part l’enregistrer et la mettre à disposition d’un public potentiel. Pour chacun de ces deux cas entre ensuite en ligne de compte un certain nombre de modalités (techniques et financières, notamment). Il faut reconnaître que la combinaison musique enregistrée sur un support payant connaît ce qu’il faut bien appeler une crise. Et ce depuis une bonne dizaine d’années maintenant.

Pourtant, tel notre optimiste Président de la République, un autre Président pronostiquait, fin 2011, une sortie de crise pour 2013 (il parlait bien de celle du disque, lui).

Bon, selon les premiers chiffres du SNEP pour cette année, ça ne semble pas être pour tout de suite, pour ce qui est de la France en tout cas. Mais au niveau mondial, il n’avait peut être pas tout à fait tort le Pascal, puisque pour la première fois depuis 1998, l’industrie musicale avait déjà affiché une légère progression de ses revenus en 2012, même si ça ne semble pas aussi simple que ça. Pour aller vite, cette reprise semble essentiellement dû à la constante progression des ventes numériques, mais j’ai également l’impression le développement du marché dans les pays émergents n’y est pas pour rien.

En tout cas, nous semblons effectivement être à une forme de tournant -un de plus- pour l’industrie de la musique enregistrée. Comme je te le disais, le domaine m’intéresse un peu et il se trouve que je voulais entamer quelques fouilles sur le sujet. Je vais donc te les faire partager ici même, au fur et à mesure de leurs éventuelles avancées.