Sortir à Metz – 8 au 12 novembre 2018 – Musiques Volantes forever

Ami lecteur, je ne vais pas ménager un insoutenable suspense : de mon point de vue, si tu dois sortir à Metz ce week end, c’est surtout au festival Musiques Volantes qu’il faut aller. Déjà parce que c’est une recommandation qui était valable pour chaque édition du festival jusqu’ici, depuis mille neuf cent quatre-vingt-quinze… et parce que c’est la dernière année.

Musiques Volantes a en effet annoncé le 21 juin dernière sa « Disparition ». Bon, je t’avoue que ça me rend un peu nostalgique, alors que j’ai assisté à une bonne partie des vingt-trois vols du festival, qu’ils m’ont enthousiasmé souvent, inspiré parfois, fait passer de beaux moments toujours. Quelques impressions se sont même trouvées retranscrites sur ce blog. Et puis j’ai eu le redoutable honneur d’y jouer, avec melatonine ou zéro degré. Des moments intenses : pas évident de se présenter dans un festival que l’on admire, au milieu d’artistes de haute volée. Mais voilà, Musiques Volantes souhaite que ça Disparition se fasse dans une grande fête, avec cette dernière édition. Alors mettons de côté la nostalgie. Rangeons aussi pour le moment les causes de cet arrêt, sur lesquelles je reviendrai ici, plus tard.
Et concentrons nous sur le festival.

En réalité, Musiques Volantes a déjà commencé, à Nancy il y’a deux semaines (Meridian Brothers – Mugwump – Laake – Taxi Kebab à l’Autre Canal) et Luxembourg mercredi dernier (ZA! aux Rotondes).
Mais bon, la rubrique s’appelle « Sortir à Metz », hein, alors on va se concentrer sur ces trois soirées messines.

Ce soir donc (j’écris cet article le jeudi 8/11) a lieu le dernier vernissage de la dernière de Musiques Volantes. Ça se passe à la MCL, qui a longtemps été le QG de l’association MV, avec des discours des petits fours et surtout un parcours de projections, performances et installations audiovisuelles proposé par l’association Les Yeux de l’Ouie.Est, qui vient rappeler que la vidéo et les installations font aussi partie de l’ADN du festival, même si suivant les éditions elles ont eu plus ou moins de place. Qui plus est, c’est gratuit, tu as intérêt à trouver une bonne excuse pour ne pas y être.

Le coeur battant du festival a souvent été Les Trinitaires. Cela peut paraître évident que ce soit là qu’on assiste à la Disparition. Ce sera donc l’objet de deux soirées, vendredi 9 et samedi 10 novembre. On aurait pu s’attendre à des « têtes d’affiches », des noms connus et reconnus. Mais Musiques Volantes reste fidèle à son intransigeance artistique jusqu’à la fin. Alors oui, l’attention s’éveille un peu plus quand sont prononcés les noms de RAS G, (qu’on retrouve dans le sillage de Flying Lotus, avec un hip hop electro lourd et psychédélique à la fois) ou Dopplereffekt (une entité mystérieuse qui produit une electro déviante depuis 1995, entre la techno de Détroit et le Berlin de Kraftwerk), le vendredi 9. Mais comme souvent lors de Musiques Volantes, c’est lorsque l’on ne l’attend pas que l’on prend une bonne claque musicale. Et que l’on est soulevé.

Et si c’était le cas, par exemple, avec le post punk math quelque chose de Crack Cloud (samedi 10). En tout cas, ami lecteur, écoute moi déjà ce Swish Swash en entier. Pour ma part je me prend à rêver de ce que ça va donner en live…

Et puis ça pourrait bien être avec les locaux de l’étape, l’excellent Le Seul Élément (vendredi 9) ou la création Semi Secte (samedi 10) dans laquelle on retrouve la fine fleur messine des agitateurs de l’underground (de Noir Boy Georges à Bras Mort en passant par Jan Mörgenson… un all star band quoi). Ou encore avec les Mauskovic Dance Band (vendredi 9), dont le titre Continue the Fun semble bien approprié.

Et puis, Musiques Volantes nous fait un dernier cadeau : de magnifiques reliques, a emporter, à conserver.

Alors bien sûr il n’y a pas que ça à Metz ce week end. L’Aérogare continue sa belle série de soirée jazz manouche avec Mano Sinto, vendredi. Il y’a à La Chaouée la soirée post punk avec Gad whip (UK) et Acetate (Metz) du jeudi 8 et la Virgae session de novembre le samedi 10 (Virgae dont je te parlais dans un précédent billet). Et la soirée Hip Hop Connections 718 (cinq concerts et un Open Mic), organisée par Kultur ‘a’ Vibes à la Jehanne, vendredi. Mais voilà, ces soirs là tu sais déjà où je serai.

Par contre, ami lecteur, rien ne nous empêche de concilier une assiduité sans failles à Musiques Volantes et le vernissage de l’exposition Landscapes – Afterwar(d)s chez Faux Mouvement (samedi à 17h), résultat de deux ateliers laboratoires conduits au Cambodge, réunissant des étudiants de Master, des doctorants de l’Université Paris 8 et de l’Université royale des beaux-arts du Cambodge. Ou le concert de SAVAK ! organisé par Flo (RecordsAreBetterThanPeople) lundi à La Chaouée, une sorte de all-star band post punk. On pourrait presque voir ça comme une sorte de résurrection de l’esprit de Musiques Volantes dès le lundi qui suit la Disparition.

Ce qui nous ferait une jolie lueur d’espoir, n’est ce pas, ami lecteur ?

Comme le générique de fin d’un teen movie

Cette année à Pitchfork Music Festival Paris, je n’étais rien venu voir en particulier. Mais l’ambiance de la Grande Halle de la Villette pendant le festival suffit à me donner envie d’être là. Et du coup parfois les surprises sont bonnes.

Ce fût le cas avec Car Seat Headrest, dès l’arrivée sur le site (oui, bon, je n’arrive toujours pas à me motiver pour y venir à 17h30, quand débutent les concerts). Le groupe de Will Toledo est d’une belle efficacité sur scène et les arrangements rock avec parfois trois guitares donnent des montées épiques à certains de ses morceaux. Je n’ai pas regardé beaucoup du set de Chromeo, dont la musique n’a finalement pas beaucoup bougé depuis 10 ans, pour passer directement à Bagarre, avec leurs morceaux inclassables, parfois improbables, que je trouve toujours bien plus convainquant sur scène que sur disque. Hier soir encore, ils ont bien mis le feu à la Grande Halle. Chverches, je l’avais déjà vue à Primavera cette année. Et si ces morceaux font effectivement penser pour chacun d’entre eux au générique de fin d’un teen movie, il n’empêche qu’on peut chantonner ses mélodies pop trois jours après un concert. Redoutable. Le gros show du soir était sans nul doute celui de Blood Orange : Dev Haynes se présentait avec quatre musiciens et deux choristes et son R&B original a transformé la Grande Halle de la Villette en piste de danse langoureuse. Les musiciens (y compris Dev Haynes) étaient remarquables, le son aussi. Je me suis juste interrogé pendant le live : pourquoi ne lâchait il jamais cette serviette, parfois autour du coup, souvent sur sa tête (?) et oui, si tu te poses la question, il l’a même faite tourner.

Sinon, des autres trucs à Paris (bon ok, ça fait un peu blog voyage) :

Le Bistrot de l’Oulette, 38 rue de Tournelle dans le 4e.
Cuisine française pas mal orientée Sud-Ouest. On retrouve souvent du canard et de l’écrasé de pomme de terre, disons. C’est simple et c’est bon. Mais vraiment bon. Il faudra retenir le nom du Chef (Sylvain Tracard) Et l’accueil est speed mais très aimable et attentionné. Si les plats à la carte sont entre 20 et 25€ tu as, le midi, un menu à 16€ pour entrée plat ou plat dessert qui vaut complètement le détour, alors qu’il est très facile de passer devant la minuscule devanture sans y prêter attention. Va voir le site ici pour te faire une idée.

La librairie Yvon-Lambert, 4 Rue des Filles du Calvaire dans le 3e
Tellement de beaux livres, des belles oeuvres accrochées. C’est frustrant et enthousiasmant. Tu peux aller voir le shop par ici, mais ça ne vaut pas une visite dans ce bel espace. Je suis juste reparti avec le petit Vintage Prints d’Araki.

Bon, j’espère qu’il n’y a pas trop de fautes dans ce billet ami lecteur, je le tape dans le Paris-Metz et le poste sans trop le relire, le TGV arrivant à destination. La parenthèse parisienne est en effet terminée.
Générique de fin, donc.

Ton ailleurs est bien ici, sauf erreur

Oui, ami lecteur, le titre de ce billet est bien extrait de Bleu comme toi d’Étienne Daho, puisqu’après son concert d’hier pour le Pitchfork Music Festival Paris, je continue à chantonner (dans ma tête) « Et mon humeur est down down down… ». Mais même si ça aurait fait un joli titre, mon humeur n’est pas down, donc bon.

Alors bien sûr, il n’y avait pas que lui sur les deux scènes de la Grande Halle de la Villette et c’était d’ailleurs une bonne soirée.

Rolling Blackouts Coastal Fever sympa mais un peu convenu, Yellow Days intéressant mais à la voix moins impressionnante que sur ses enregistrements, un John Maus toujours aussi incroyable mais un peu seul sur cette grande scène, l’énergie de The Voidz un peu gâchée par un son trop criard, les excellents morceaux de Mac DeMarco, pour finir, que j’aurais peut être plus apprécié tôt dans la soirée. Et au milieu de tout ça, un Daho rayonnant, dans une chouette scéno, qui après quelques titres plus récents a fini par quelques un de ses anciens tubes, Bleu comme toi, Épaule Tattoo, Tombé pour la France, dont on se rend encore compte de l’efficacité dans des versions scéniques plus rock. Un bon moment, ailleurs.
Au fait : indice pinte au Pitchfork, 7€50 la H, 8,50 la H71.

Bon, et sans faire de ce site un blog voyage / blog mode, hier je suis passé par là :

L’Exception, 24 rue berger, aux Halles (et en ligne)
Je n’achète pas beaucoup de fringues, ami lecteur, mais quand je m’y colle c’est souvent sur leur site, parce que le risque de se planter est minime. Un peu de made in France, beaucoup de made in Europe, un large choix de petites marques (pour la plupart françaises) qui se retrouvent quand même autour de quelques intentions simples : sobre, bien coupé, de bon goût. Du coup quand je passe à Paris et que j’ai un peu le temps (c’était le cas hier), je tâche d’aller faire un tour dans la boutique qui est située aux Halles, histoire de voir leurs articles « en vrai » (et notamment les sneakers auxquelles ils viennent de consacrer un espace conséquent).

L’institut suédois, 11 rue Payenne, dans le 3e
Ce lieu, qui se présente comme « un petit bout de Suède en plein cœur de Paris ! », est une sorte de pèlerinage pour Charlène Royer. Nous y sommes donc passés. Il faut dire que c’est chouette : placé dans l’Hôtel de Marle, un très bel hôtel particulier dans le 3e à deux pas du musée Picasso et disposant d’une cour intérieure qui fait office de terrasse, il propose des boissons (indice thé : 2€50) et de quoi grignoter (indice gâteau 4€50). Mais surtout il utilise ses espaces pour des expos temporaires (et permanente). C’est n’est pas très grand, mais c’est gratuit. Et même pour moi qui ne suis pas un grand connaisseur de Bergman, l’expo du moment, Ingmar Bergman : la suite est vraiment intéressante.

Un morceau d’ailleurs ici, une transition qui se poursuit.

Transition

Ami lecteur, si tu ne me suis pas sur Facebook, c’est une information qui t’avait peut être échappée, mais je change d’activité professionnelle. Tiens, voilà le post qui expliquait ça, fin septembre.

Hier soir donc, je quittais la Cité musicale-Metz, en l’occurence l’Arsenal, une dernière fois. En tout cas symboliquement, parce que j’ai encore quelques bricoles à y finir dans les semaines qui viennent. Mais disons que je n’y aurai plus d’activité quotidienne. Et puis je suis immédiatement monté dans un TGV pour Paris. Ce n’était pas dans l’intention de dire « ciao, je me barre à la capitale en laissant tout derrière moi ». L’explication est beaucoup plus bobo, j’avais simplement prévu d’aller au Pitchfork Music Festival Paris : le festival commence ce soir (jeudi), et est précédé de deux jours de Pitchfork Avant-Garde.
Mais je dois finalement reconnaître que cette transition involontairement précipitée était la bienvenue.

Le petit routing de la soirée d’hier :

Avé Maria, dans le 11e (1 Rue Jacquard)

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Avé Maria. Les plats : KFC (sic) et Amazonian Fish & Chips.

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Petit restau / bar orienté Amérique latine dans la déco, la musique, les cocktails (8€) et une partie des plats (l’ensemble étant plutôt « cuisine du monde »). Lesdits plats frôlent les 20€ sans les atteindre et sont (pour les deux qu’on a pris en tout cas) conséquents en terme de quantité et plus qu’honorable pour la qualité. Il faut aimer les goûts mélangés et les épices, disons (et c’est mon cas). Merci Salomé pour le conseil, ça nous éviter d’errer dans le 11e en hésitant devant chaque restau.

Pan Piper, toujours dans le 11e (2-4 impasse Lamier).

Je n’avais jamais mis les pieds dans ce lieu. Apparemment ça a ouvert en 2012, et ça pourrait même sembler être plus récent, tout apparaissant très… neuf. Ça pourrait manquer un peu de charme (notamment le hall) mais la salle (environ 500 places) font très bien le job. Indice Pinte de Bière : 7€. En l’occurence c’était l’un des sept lieux qui accueillent le Pitchfork Avant-Garde, les deux jours de « découvertes de groupes exaltants » avant le démarrage du Pitchfork Paris Festival à la Villette. Quand on est arrivés c’est O-Olivier Marguerit qui terminait son set, et les trois morceaux qu’on a pu entendre laissaient entrevoir une belle écriture de pop française, et ici bien porté par un groupe efficace (avec notamment Halo Maud à la guitare). Je vais aller réécouter ça de ce pas.
Mais nous étions venus pour voir Trevor Powers : même si je n’avais pas écouté le moindre morceau du bonhomme sous ce nom, j’avais aimé son incarnation Youth Lagoon. Belle confirmation ici : des morceaux qui peuvent apparaitre déstructurés mais se font toujours rattraper par des mélodies prenantes, et la voix de Trevor Powers qui se cache derrière des filtres mais qu’on parvient à deviner pleine de sensibilité.

Une soirée bien dépaysante par rapport aux journées précédentes, donc. Et cette impression de changer de vie, ailleurs… même si bien entendu, en réalité, c’est un complètement fake. D’une part parce que je ne pense pas qu’un changement professionnel soit le bouleversement d’une vie, loin de là. D’autre part parce que je reviens à Metz ce week-end.

Mais bon, l’impression est là, profitons en.