Une semaine à La Rochelle

L’an dernier, tu t’en souviens peut être, j’avais passé un week end à La Rochelle. Et ça m’avait bien plu. Alors nous y sommes retournés, un peu plus longtemps, histoire de profiter un peu de la ville.

Parce qu’au delà de son Université d’Été du Parti Socialiste, prétexte tout trouvé à ces visites aoutiennes, la Rochelle c’est surtout ça.

Et puis, ami lecteur, nous avons pris le temps de tester quelques endroits où l’on boit et où l’on mange, et certains nombre se sont révélés plus que sympathiques. On mettra d’ailleurs une mention particulière au Comptoir Saoufé, à deux pas du port. FullSizeRenderIl faut réussir à s’y glisser, dans une rue plutôt touristique (la rue du Port), mais une fois que l’on y est, on n’a qu’une envie, c’est d’y rester : un accueil cool (et à toute heure), du vin à prix très raisonnable, des huîtres délicieuses, ça a été l’endroit idéal pour les apéros prolongés. D’autant qu’une terrine se sardine salvatrice sera là pour reprendre consistance en fin de soirée. Pour tout te dire, ami lecteur, nous y sommes allés trois fois… Mention aussi pour le Bistrot des Bonnes Femmes, qu’on se gardera pour le dîner : un petit peu à l’écart du bouillonnement du port (rue des Bonnes Femmes), un accueil également très sympa dans un bien bel espace. Surtout, une cuisine aussi impeccable qu’originale, avec une belle base de produits de la mer (mais pas que) sur fond de musique choisie avec soin (et en vinyl, s’il vous plaît). On y retournera tout aussi assurément. Voilà pour l’instant tripadvisor.

L’an dernier, je t’avais un peu narré les anecdotes de l’Université d’Été 2014, autour d’un PS bien divisé (c’était l’époque du départ d’Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti du gouvernement). Cette année encore, pas d’inquiétude, les anecdotes sont toujours au rendez vous (entre Valls qui mouille la chemise lors de son discours de clôture et l’affaire du dîner du samedi soir). Et puis entre Macron et Marennes, le grand écart sur les idées est encore bien là, même si l’ambiance semble être à l’apaisement (faut pas déconner, il y a des régionales qui arrivent).

Mais il faut aussi constater qu’il y a du contenu, dans ces UEPS. Et cette fois, j’ai regardé d’un peu plus près. Si une bonne partie des conférences de cette année tournaient autour de la COP21, que la question des migrants s’est (heureusement) trouvé au coeur de nombreuses interventions, et que la part des ateliers dédiés aux élections régionales n’était pas négligeable, de nombreuses autres thématiques étaient abordées. Forcément (tu me connais) c’est vers l’un des (trop) rares ateliers consacré à la culture, et plus particulièrement à la loi création que je me suis dirigé. Autour de la table, Patrick Bloche (député PS de Paris et rapporteur du projet de loi), Sylvie Robert (sénatrice d’Ille-et-Vilaine), Olivier Bianchi (maire de Clermont Ferrand et auparavant adjoint à la culture durant une longue période) et Cédric Andrieux (danseur et chorégraphe). Je te fais donc partager ce que j’ai retenu de ces quelques échanges (même si hélas mes quelques notes ne vont pas réussir à te transmettre le grand intérêt qu’ils ont suscité).

Le projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine a été présenté en Conseil des Ministres le 8 juillet dernier par Fleur Pellerin. Les deux parlementaires présents apparaissaient ravis que la culture arrive dans les débats des assemblées. Pour Patrick Bloche, ce projet de loi permet de réaffirmer que la culture est une priorité pour le gouvernement (c’est vrai que ça ne paraissait pas forcément évident jusqu’ici…), après que la loi sur le dialogue social ait permis de sécuriser les annexes 8 et 10. Pour Sylvie Robert « enfin », on va pouvoir parler Art et Culture au niveau parlementaire. Il faut donc « se féliciter de ce projet de loi sur la création ». Et si dans l’intitulé de la loi c’est la liberté de création qui est mise en avant, Sylvie Robert revient sur la notion de liberté de programmation également présente dans la loi et sur les garanties qui qui devront la permettre : en effet, s’il est normal d’avoir une portée déclarative forte sur une loi comme celle ci, seule la portée normative pourra apporter ces garanties. Et ce n’est pas si évident à mettre en place. Olivier Bianchi revient quant à lui sur le changement de couleur politique d’un certain nombre de collectivités (municipalités en 2014, départements en 2015), qui a conduit à une remise en cause de certains projets qui est somme toute assez classique dans ces cas d’alternance (même si ça a sans doute été un peu loin dans certains cas). Il a également développé un point intéressant : les populations ne manifestent pas contre les restrictions budgétaires dans la culture, ils ne sont pas dans la rue pour défendre les théâtres ou les salles de spectacle. Pour que cela soit le cas, il faudrait se ré-interroger sur la place des artistes (et des équipements culturels) dans la cité. L’exemple d’Aurillac a été pris lors d’une intervention dans le public : le festival est si bien intégré à la ville que s’il était vu comme en danger à un moment, oui, la population se mobiliserait sans aucun doute. Cédric Andrieux enfin attire l’attention sur la nécessité d’idée les artistes, bien sur, mais aussi les lieux (si les lieux sont en difficultés, les artistes en feront indirectement les frais).

Dans le détail, tu peux voir le projet de loi par ici. Je t’avoue que jusqu’à présent, je n’y avais jeté qu’un oeil assez lointain. Mais je vais regarder ça plus en détail et tenter de suivre les échanges dans les assemblées, qui devraient débuter dès cette rentrée.

En tout cas, il est plaisant d’aller cogiter sur ces questions dans une ambiance plutôt aimable et assez détendue, propice en tout cas au brainstorming. Malgré des choix musicaux contestables, qui ont d’ailleurs fait que nos tweets sur le sujet, à Margaud A et à moi même, nous ont fait repérer par France TV.

france tv

En tout cas, La Rochelle, tu nous reverras.
Et quant à toi, ami lecteur, je te dis à très vite pour la rentrée, la vraie.

La semaine – Metz – Les 25 qui feront la rentrée

semaine 25 2Tiens, ami lecteur, La Semaine a l’amabilité de me caser parmi les 25 qui feront la rentrée à Metz. D’ailleurs, en l’occurence, ce n’est pas vraiment moi, mais plutôt la BAM et les Trinitaires qui la feront : la rentrée s’y annonce en effet belle. C’est le cas bien sûr du côté de la programmation, mais aussi (et j’essaie d’insister là dessus dans ces quelques lignes) des studios de répétition (enfin complètement terminés, si tout va bien), de l’accueil d’associations, des résidences… bref de la vie du lieu en dehors de ces temps de diffusion.

En tout cas, cela donne l’occasion à ma photo de profil twitter, agrémentée de sa tasse à café, de ce retrouver en une de l’hebdomadaire lorrain.

Ce qui ne se refuse pas, tu en conviendras.

semaine 25 1

Ce soir ou jamais [L’été des replays – épisode 4]

Elle sont devenues rares finalement, ces émissions où l’on parle en direct de l’actualité, dans le poste.

Bon, il y a les chaînes d’infos en continu, qui ne parlent que de ça, mais on est là dans un flux permanent : les échanges se limitent à quelques phrases, peu d’analyse, peu d’échange. Il y a bien C dans l’air, sur France 5. Mais à force d’inviter toujours les mêmes habitués (Cayrol, Dessertine, Barbier ou l’insupportable Verdier-Molinié) on est plutôt dans une sorte de café du commerce d’éditorialistes. Sympathique, mais un peu lassant.

logo-ce-soir-ou-jamaisEt puis, il y a Ce soir ou jamais, l’émission qui te réconcilie avec le service public sur France 2. Enfin, elle te réconcilie à moitié, d’abord parce qu’elle était quasi quotidienne sur France 3, ensuite parce qu’elle est diffusée bien trop tard, qui plus est le vendredi soir (non mais dis moi, qui passe son vendredi soir devant la TV ?). Mais bon, voilà, comme il y a les replays qui sont justement le thème de cette série de billets, ça passe. Un jour viendra peut être où l’on pourra voir ce type d’émission à 20h30 sur une chaîne nationale, mais pas aujourd’hui, il y a la saison 2008 de FBI : portés disparus à rediffuser.

Ce soir ou jamais traite de l’actualité culturelle, politique, sociétale. Les sujets sont variés, en voici quelques uns de la saison 14-15 à titre d’exemple : Culture : faut-il s’inquiéter du désengagement de l’État ?, Vers une société où l’on peut dénoncer, espionner et tromper sans risque ?, La révolution du féminin a-t-elle déjà triomphé ?, Mannequins, intellectuels, footballeurs, fumeurs : l’exemplarité doit-elle s’imposer ?, Le divorce entre le peuple et les élites est-il consommé ?… Les invités aussi sont variés : la page wikipedia de l’émission nous apprend que « 42,45 % des 4 124 invités ne l’ont été qu’une fois entre septembre 2006 et le 29 mai 2012 ». Il n’y a pas de source à ce chiffre (et je n’ai pas envie de recompter là tout de suite) mais c’est en tout cas l’impression qui ressort en visionnant quelques numéros du magazine : si l’on y croise de temps en temps un Emmanuel Todd, on retrouve finalement rarement les mêmes invités autour de la table.

Capture d’écran 2015-08-24 à 11.45.32Au milieu de ces personnalités (en général une dizaine), Frédéric Taddéï lance les sujets, relance quand le besoin s’en fait sentir, mais surtout se livre à cet exercice qui semble tout à fait incroyable à la télévision ces dernières années : il laisse ses invités parler. Parfois même assez longtemps. C’est un peu surprenant au début, mais je t’assure, on s’y fait.

Donc voilà, tu peux retrouver ces émission en replay sur le site de France 2, mais aussi parfois sur un Youtube officiel, ce qui me permet de te coller cette vidéo ici même, l’une de celles que j’ai regardé en replay cet été.

Pour une fois, trois invités seulement : il s’agit du débat entre Frédéric Lordon et Thomas Piketty, avec l’intervention en fin d’émission de Guy Sorman. Le thème : Le capitalisme mérite t il une bonne correction ?. Et c’est passionnant.

Muse et musée

Tiens, ça fait un petit moment que je ne t’ai pas parlé centres commerciaux, ami lecteur.

Mais si, tu sais bien, j’avais écrit successivement quelques articles sur le sujet ici même. Tu peux d’ailleurs les retrouver en cliquant sur le tag Centres commerciaux (ce qui semble finalement assez cohérent). Il se trouve que quelques actualités des dernières semaines m’invitent à te reparler rapidement de l’un de ces chantiers qui transforment le commerce de notre bonne ville de Metz : Muse.

Webcam amphitheatreMuse est un projet assez colossal : plus de 320 millions d’euros d’investissement privé pour un centre commercial (mais pas que), au sein d’un quartier qui est créé ex nihilo, quasiment en coeur de ville. Début juillet, le Républicain Lorrain nous informait à l’aide d’une série de photos que les grues étaient arrivées sur un chantier forcément assez impressionnant au coeur d’une ville. Tu peux d’ailleurs le suivre en direct via une webcam placée sur le Centre Pompidou-Metz. La fin de chantier est prévue pour la rentrée 2017.

Il y a trois mois, le Républicain Lorrain nous faisait également la liste des marques qui devaient s’installer dans le nouveau centre commercial : des locomotives comme Primark, Burger King, Carrefour Market (4 500 m²) ou Habitat (prévoit on Arnaud Montebourg à l’inauguration ?) mais aussi , Kiko, Bleu Libellule, De Neuville, Kusmi Tea, Eleven Paris, Little Extra, Adidas Originals, Levis Store, JD Sports, Shana, Trésor, Urban Culture, Kaporal 5, American Vintage, Le Temps des Cerises, Jules, Espace Kiliwatch, divers restaurants (Hippopotamus, Ayako Sushi, Hugo’s Restaurant, Dubble, Il Ristorante…). Si la plupart sont des « exclusivités », on notera aussi la présence de quelques enseignes présentes actuellement dans l’hypercentre messin (Yves Rocher, Sephora, Mango) dont certaines surfaces commerciales importantes viennent de se libérer (Jennyfer, Flunch) ou sont en passe de l’être (La Halle). Et on attend également toujours le dépôt à la CDAC par Kinépolis de leur projet de cinéma.

Mais ce n’est pas ici que je voulais principalement en venir, ami lecteur. Il y a quelques jours, les Echos sortaient un papier intitulé Quand les centres commerciaux se prennent pour des galeries d’art. Il s’appuie notamment sur les exemples du Vallée Village, à Marne la Vallée (qui dispose en son sein d’une galerie d’art depuis 2007), mais aussi sur le Centre Beaugrenelle, reconstruit à Paris, ouvert fin 2013 et racheté 700 millions d’euros en 2014 par un consortium piloté par… Apsys, également investisseur principal du projet Muse. À Beaugrenelle donc, Les Echos nous informent que « les architectes Valode et Pistre ont, dès sa conception, commandé une oeuvre monumentale à Xavier Veilhan. Autour de cet espace, labellisé par la Fiac pour sa prochaine édition en octobre, seront exposées une quinzaine d’oeuvres de Loris Gréaud, Kaws, Huang Yong Ping, MadeIn ou Wang Du, le tout confié au commissaire d’exposition réputé David Rosenberg.« . L’oeuvre est ici, si tu veux y jeter un coup d’oeil. Encore un cran au dessus pourrait on dire, les 70 000 m2 du Polygon Riviera vont être inaugurés en octobre prochain à Cagnes-Sur-Mer. Et ici, c’est le confondateur du Plais de Tokyo, Jérôme Sens, qui « a choisi des oeuvres d’une dizaine d’artistes français et internationaux de renom, comme Daniel Buren, Jean-Michel Othoniel, César ou encore Pascale Marthine Tayou.« . Et Jérôme Sans nous laisse avec cette phrase assez intrigante :

il ne suffit plus d’afficher une succession d’enseignes, il faut proposer une manière intelligente de consommer

Je te laisse méditer cette sentence, ami lecteur. En tout cas ça vaudrait le coup de demander à Jérôme Sans ce qu’il entend par là. Même si l’on peut trouver sympathique le fait de rendre un plus agréable la visite d’un centre commercial agrémenté d’oeuvres d’art contemporain, je ne suis pas tout à fait sûr que cela rende notre consommation plus « intelligente », un terme que je réserverais au choix de se tourner vers la consommation responsable, vers une agriculture raisonnée et/ou les produits locaux.

MUSEMais revenons à nos moutons. En effet Muse, situé pile en face du Centre Pompidou-Metz ne pouvait évidemment pas être à la traîne dans ce qui semble désormais une tendance lourde des retail parks. Le coup artistique vient en l’occurence de Digital Arti, qui promet rien moins que la plus importante installation d’œuvres numériques au monde. On attendra d’y être pour juger cette ambition sur pièce.

Même s’il s’agit ici de commerce, je ne me lasse pas de voir la ville se réinventer devant mes yeux grands ouverts. Pour tes inévitables connaissances qui ont cette fâcheuse tendance du « c’était mieux avant » (si si, tu en connais forcément), je te laisse avec deux photos de la Place Saint Louis et de la Place de la République, avant. Il n’y a même pas si longtemps. Alors si tu en es d’accord, attendons de voir.

La Place de la République, avant

La Place de la République, avant. Source : Metz Avant

La Place Saint Louis, avant.

La Place Saint Louis, avant. Source : Tout Metz

Républicain Lorrain – les Trinitaires dans « La tournée des caves »

Capture d’écran 2015-08-19 à 10.19.40La tournée des caves… étrange nom de rubrique, tu en conviendras, ami lecteur, que celui choisi par le Républicain Lorrain pour évoquer des caves messines dans l’un de ces feuilletons de l’été dont nos journaux ont le secret. Ils sont en tout cas passés par l’incontournable Caveau des Trinitaires, et ont organisé cette discussion à bâtons rompus que j’ai pu avoir avec le non moins incontournable Michel Genson, pilier de ces lieux dès les origines.

Pour avoir l’occasion d’y voir de très nombreux concerts, depuis les années 1990, d’y jouer à plusieurs reprises, notamment dans les années 2000, et d’y travailler depuis les années 2010, je dois bien t’avouer que ce lieu reste pour moi emprunt… de légendes, dit le titre l’article ? En tout cas d’une douce magie.
Et empli d’innombrables souvenirs, bien entendu.

Voilà en tout cas ce sympathique article.

La tournée des caves - Les Trinitaires

Batman Arkham Knight

Ami lecteur, si j’ai profité de ces dernières semaines pour bricoler de la musique, je n’en ai pas moins continué à essayer les blockbusters vidéoludiques de ce début 2015. En effet, après The Witcher 3, dont je te parlais ici il y a peu, c’est Batman Arkham Knight que j’ai terminé pas plus tard que dimanche dernier.

Blockbuster ? Oui, sans conteste. Le jeu développé par Rocksteady Studios et édité par Warner Bros Interactive Entertainment a réalisé en juin dernier le meilleur démarrage de l’année (devant… The Witcher 3 justement) avec 2 millions d’exemplaires vendus (dont à peu près les trois quart sur PS4), dès sa première semaine de sortie. Rocksteady est essentiellement connu pour sa trilogie Batman, que cet épisode vient conclure (après Arkham Asylum et Arkham City – je laisse de côté le prequel Batman Origins, développé par WB Montreal). Racheté en 2010 par Warner Bros, le studio n’a d’ailleurs développé que cette série (en dehors d’un anecdotique Urban Chaos : Violence Urbaine vite oublié). Je ne te dirais pas que le jeu a également été un blockbuster sur PC. Non pas qu’il n’aurait pas dû l’être, bien au contraire, il semblait bien parti pour. Mais d’une part, de manière générale les résultats des ventes de jeux PC sont bien plus compliqués à trouver (les téléchargements en représentent plus des trois quarts, et les chiffres sont rarement communiqués). D’autre part Arkham Knight a souffert d’un lancement assez calamiteux : malgré les mises à jour de pilotes AMD et Nvidia effectuées pour l’occasion, le jeu continuait à souffrir de ralentissements semble-t-il rédhibitoires. Résultat des courses : le jeu n’est plus disponible sur Steam, et toujours en attente d’un patch, à priori prévu pour la rentrée…

Soit dit en passant, même les versions consoles ne sont pas exemptes de bugs, comme cette sympathique vidéo prise lors de l’une de mes sessions te le montre.

Mais celui ci est plutôt original, il faut le reconnaître. Presque joli. Et, surtout, un simple redémarrage du jeu permet de le résoudre.

« Ok, mais et le jeu en lui même ? » me diras tu. Eh bien il est très bon. Le scénario est prenant, riche en rebondissements. L’histoire débute là où Arkham City nous avait laissés, à la mort du Joker. Le principal adversaire se révèle rapidement ici être Scarecrow (L’Épouvantail), un ennemi passionnant, déjà très bien utilisé dans le Batman Begins de Nolan. De manière générale d’ailleurs, la trilogie Dark Knight cinématographique revient souvent en tête en jouant à cet Arkham Knight : Rocksteady réussit à y rendre cette même permanente ambiance sombre, presque désespérée.

Surprise !

Surprise !

Avec l’Épouvantail, l’intrigue repose évidemment sur la peur, mais aussi sur les failles, voire la folie de Batman (et de ses adversaires). Le jeu est long, riche, la carte a explorer est impressionnante, les missions et les défis s’accumulent rapidement (les trophées et énigmes de l’Homme Mystère sont au nombre de… 243 !). Les combats, qui ont fait en partie la renommée du gameplay de cette série, sont toujours aussi dynamiques et sans doute même plus spectaculaires que dans les deux premiers épisodes. L’ajout de la Batmobile permet aussi de varier les plaisirs, avec de véritables batailles de tanks. On se retrouve donc à enchaîner investigations, combats, infiltration, courses poursuites dans Gotham, le tout de manière fluide. Et l’ensemble se déroule bien entendu dans une Gotham foisonnante, sombre, aux décors parfaits.

La vue alternative

Difficile d’éviter la vue alternative

Je me faisais d’ailleurs la réflexion, ami lecteur, que dans Arkham Knight comme dans The Witcher 3, le recours à une vue alternative pour apercevoir les éléments importants ou jouables était devenue quasiment nécessaires dans ces décors immenses et touffus. Ce n’est certes pas nouveau, mais dans les deux jeux principaux de mon été vidéoludique, ça m’apparaît flagrant.

Bref, tout cela semble assez idéal. Toutefois cet enthousiasme est à tempérer, sur chacun des points énoncés : si la Batmobile est une belle innovation et permet de varier les plaisirs, son recours obligatoire un peu trop systématique est un peu fatigant (notamment dans la première partie du jeu, au cours de laquelle on a un peu l’impression d’avoir choisi la version Arkham Tank). D’ailleurs, les passages les plus redoutables lui sont dédiés (notamment une saloperie d’hélicoptère qui arrive bien tôt dans le jeu et qui peut te donne envie d’arrêter au bout de la première heure). D’autre part, si la ville est immense et foisonnante, elle est rapidement envahie par les sbires de l’Épouvantail, et ne « vit » jamais réellement autrement que comme une immense arène à baston. Enfin, les rebondissements du scénario deviennent vaguement lourds sur la fin, tout comme la succession de combats qui constitue la dernière partie du jeu, qui ne renouvelle pas vraiment ceux que l’on a fait jusque là (à part le « plus d’ennemis un peu plus forts »).

Que ces nuances ne t’arrêtent pas forcément, ami lecteur gamer. Si l’on peut trouver ces défauts frustrants, c’est surtout parce que l’essentiel de cet Arkham Knight est très bon. Cette fin un peu longue m’a fait lâcher la manette sans avoir l’envie de terminer les missions annexes, ou d’entamer le DLC Harley Quinn fourni avec cette édition du jeu sur PS4. Mais le plaisir de parcourir Gotham dans la peau de l’homme chauve souris ne se boude pas, tu peux me croire.

L’été des replays x Culture en temps de crise

logo f cultureAmi lecteur, je rédige ce rapide billet aujourd’hui pour croiser deux mots-dièse qui ne te sont pas étrangers si tu suis ce blog attentivement : l’été des replays et culture en temps de crise. En effet, voici deux podcasts sur le sujet que tu peux retrouver sur France Culture (forcément, serais je tenté de dire).

Le premier est un numéro de Du grain à moudre d’été, émission quotidienne de débats de bonne qualité, parfois juste un peu trop rapides étant donnés les thèmes abordés. L’émission du 30 juillet dernier, par exemple, posait la pertinente question : « Le quinquennat de François Hollande deviendrait-il enfin culturel ? ». Manuel Valls reconnaissait en effet en mai dernier que la baisse du budget de la culture avait été une erreur (le budget de l’état dans ce domaine avait baissé de 4% en 2013 et de 2% en 2014). Est ce que ce mea culpa, et une légère remontée dudit budget en 2015 (+0,33%), voire en 2016, vont suffire ?
Je te laisse écouter l’émission par ici.

Le dimanche en été, Le Magazine de la rédaction de France Culture joue aussi aux replays. Et en l’occurence, il a rediffusé dimanche dernier son édition du 19 juin, intitulé : « Coup de rabot sur la culture : le modèle français en danger ». Tu noteras l’absence de point d’interrogation, ce n’est pas ici une question. Ici, le reportage se focalise sur les conséquences concrètes des baisses de budget du côté des collectivités territoriales. Et c’est éclairant, tout comme l’analyse de l’excellent Emmanuel Ethis.
C’est à écouter par là.

À l’écoute des deux podcasts, une question peut nous apparaître aussi en filigrane : est ce que l’état ne va pas tenter en remontant (légèrement) le budget de la culture, de réparer une petite partie des dégâts que sa propre politique de baisse des dotations aux collectivités est en train de causer ? C’est sur cette question ouverte que je te laisse aujourd’hui, ami lecteur.

Alphabet

googleOr donc, hier, Google a annoncé la création d’Alphabet, une nouvelle société dont Google Inc deviendra une filiale continuant de développer les projets web et OS (Google, Youtube, Chrome, Maps, Androïd en gros), mais dissociée des autres secteurs : Google X (projets futuristes), de Calico (santé), de Sidewalk Labs (logistique urbaine), de Nest (objets connectés), de Fiber (fibre optique) et de Google Ventures et Google Capital (investissements), nous indique le blog Sillicon Valley sur le Monde, qui te raconte tout ça bien plus en détail que moi par ici.

Finalement, le plus surprenant dans l’annonce surprise faite hier est qu’elle ne surprend pas tant que ça. D’une part parce que Larry Page avait déjà évoqué l’idée une restructuration / réorganisation fin 2014. D’autre part parce que ça semble tellement logique, à postériori, dans le parcours et le développement de cette incroyable entreprise qu’on se demande même aujourd’hui comment on ne l’a pas venu venir gros comme une maison. Le plus dur a peut être été de trouver ce nom, Alphabet, qui ne va sans doute pas améliorer l’image de Google dans l’esprit de ceux qui voient l’entreprise tentaculaire en phase de domination du monde, tant ça paraît simple, universel.

L’annonce faite hier est déclinée sur un site internet, abc.xyz, avec un simple texte de Larry Page. On peut y retrouve vers la fin, un « improving the lives of as many people as we can », qui ne peut que faire penser à l’excellente série Silicon Valley, dans laquelle chaque entreprise veut faire du monde « a better place ».

Ami lecteur geek, si tu n’as pas encore vu les deux saisons de cette hilarante série, ne t’en prive pas. Mais finalement, là où Google Alphabet est vraiment fort, c’est que dans le texte de Larry Page, tu trouveras un lien caché au milieu du huitième paragraphe, en cliquant sur le point à la fin de la phrase « our drone delivery effort.« . Il t’amènera vers le site www.hooli.xyz, Hooli étant… le nom de l’entreprise parodiant Google dans la série Silicon Valley. Un mini-site très drôle, parodiant le propre discours de Page.

La domination du monde, mais avec le sourire.
Très fort, on t’a dit.

ZQSD [L’été des replays – épisode 3]

Il n’aura pas échappé à ton attention bien connue, ami lecteur, que je n’étais pas insensible au charme discret des jeux vidéo. Je sais, j’ai passé l’âge, mais voilà, je ne peux résister bien longtemps les grands espaces à explorer d’un Witcher 3 ou à la géniale mécanique pixellisée d’un Fez. D’ailleurs j’avais un peu plus de temps, je serais sans doute un game addict profond, pour lequel une désintox serait à envisager.

Mais au delà de mon intérêt à jouer, je suis également très preneur des discours sur les jeux vidéo, que ce soit la chaîne NoLife (sans doute celle que je regarde le plus en alternance avec LCP) ou le mag JV, et pour aller un peu plus loin les recherches de Mathieu Triclot ou de l’ami Sébastien Genvo (dont le GameLab est accueilli à Blida depuis la rentrée 2014).

patreonEt dans ce foisonnement je dois t’avouer que ne rate pas non plus un épisode de ZQSD, dont voici l’auto-définition : « ZQSD, c’est le podcast mensuel sur les jeux vidéo PC réalisé par l’équipe qui a coulé le magazine Joystick. ». Concrètement, il s’agit donc d’un podcast animé depuis le début 2013 par une équipe de joyeux drilles, qui officient souvent dans d’autres médias (et notamment chez JV) et qui brillent par leur humour autant que par leur connaissance encyclopédique du domaine.

Leurs podcasts, plus ou moins bimensuels, durent régulièrement plus de 3h (!!) et brassent l’actualité des jeux vidéo, en y mêlant aussi blind tests ou dossiers thématiques, le tout en buvant une quantité non négligeable de bières, ce qui a sans doute le mérite de renforcer encore la liberté de ton. C’est à la fois drôle et pertinent, détendu et intéressant. Parfois ils se déplacent même, comme lors de ce dernier podcast enregistré il y quelques jours en direct de la GamesCom, peut être encore un peu plus bordélique qu’à l’habitude.

Le tout est gratuit, sans pub, mais tu peux prendre un abonnement payant via Patreon si tu veux soutenir l’initiative. Pour tout te dire, ami lecteur, je n’ai qu’un regret avec ZQSD : qu’ils ne soient pas dans le bar du coin pour aller descendre quelques binouzes avec eux.

Au milieu du mois d’août, zéro degré

IMG_2359Figure toi que ces derniers jours, ami lecteur, j’ai recommencé à faire quelques morceaux pour zero degré. Les congés aident pas mal, forcément. Il en manque encore quelques uns, mais la petite dizaine qui ferait que l’on pourrait songer à constituer un album n’est peut être plus si loin.

Si album il y a (on le saura vite), je pense que l’on y retrouvera deux morceaux qui commencent à dater un petit peu, mais qui devraient être cohérents avec le reste (avec peut être simplement quelques petites modifications). Ils sont déjà sur les internets, je te laisse y rejeter une oreille, les avis sont les bienvenus.

J’en ai d’ailleurs également profité pour remettre à jour la petite page consacrée au projet sur ce même site. C’est par ici.

Enfin, même si je sais ta connaissance musicale imposante, ami lecteur, je ne sais pas si le titre de ce billet te parle. Il est en fait repris des paroles de De la neige en été cet excellent morceau des non moins excellents Diabologum, dont l’incontournable album #3 a été réédité en vinyl et en CD il y a peu chez Ici d’ailleurs. Je te laisse avec eux, du coup. Tu ne regretteras pas le voyage.