Contre-histoire de la philosophie [L’été des replays – épisode 2]

Comme chaque été, j’écoute Onfray. Souvent en bricolant, ou en faisant la vaisselle (je ne sais pas pourquoi je fais cette précision, ami lecteur, mais c’est un fait).

Il ne s’agit d’ailleurs pas à proprement parler d’un replay, mais de la diffusion du cours donné pendant la saison à l’Université Populaire de Caen, créée par Onfray en 2002. En l’occurence, c’est la treizième saison et elle est intitulée La résistance au nihilisme. Tu peux, au moment où j’écris ce billet, écouter les deux premiers épisodes par ici (et attention, l’écoute ou le podcast ne sont possibles que pendant quinze jours à compter de la date de diffusion) :
Contre-histoire de la philosophie : la résistance au nihilisme.

Bon, ces derniers mois, Michel Onfray s’est souvent retrouvé embarqué dans quelque polémique médiatique (l’affaire Valls crétin), et certaines de ses prises de positions provoquent des réactions de ci de là.

M’est avis que les deux premiers épisodes de cette saison ne vont pas arranger les choses, ami lecteur. Parce que comme chaque été, Onfray prend un malin plaisir à dézinguer des figures tutélaires de l’histoire de la pensée philosophique (Sartre, Freud, Heidegger,…). Ici, ça commence fort avec Michel Foucault. Comme nous n’en sommes qu’au démarrage de cette saison, je ne vais pas apporter de commentaire particulier, mais je pense que, comme chaque été, cette expression sera particulièrement appropriée.

onfray haters

Mais peu importe : même si je ne suis pas forcément en accord avec le contenu, chaque écoute m’invite à aller lire, vérifier, rechercher. Et je pense que c’est le but, en fait. En dehors de ça, il s’agissait là, semble t il, de la dernière saison de cette contre-histoire, sur fond qui plus est de difficultés du côté de l’Université Populaire de Caen. La question me taraude donc, ami lecteur : que vais je écouter, l’été prochain, en faisant la vaisselle ?


Michel Onfray – Dernière conférence de "la… par franceculture

Le Centre Pompidou-Metz entre louanges méritées et difficultés annoncées.

Ces derniers jours, les célébrations du Centre Pompidou-Metz se sont succédées dans la presse locale, qu’elle soit messine, avec la publication dans le Républicain Lorrain du billet Pompidou c’est fou ! de Philippe Marque, ou dans L’Alsace, qui a initié une série « Que notre ACAL est belle » et qui publie cet article : Le Centre Pompidou a transfiguré Metz. Il est effectivement utile de rappeler que Metz, la Moselle, la Lorraine et demain l’ALCA, l’ACAL, la région Grand Est disposent là d’un équipement exceptionnel. L’expo Warhol Underground devrait d’ailleurs être un succès et elle le mérite aisément.

Vernissage WARHOL UNDERGROUND | Centre Pompidou-Metz #Metz #Warhol

Une photo publiée par Nicolas Tochet (@nicolastochet) le

Mais dans les deux articles de presse, immédiatement après les louanges pointent les difficultés : quelles sont les collectivités qui doivent participer ? À quel niveau ? Comment peuvent elles maintenir (pour ce qui est du Conseil Régional) ou augmenter (pour ce qui est du Conseil Départemental, avec en filigrane son entrée au Conseil d’Administration de l’EPCC Pompidou-Metz) leur contribution à l’établissement, alors que les baisses des dotations de l’Etat amènent partout des questions bien délicates ? Le budget 2015 aura ainsi été extrêmement compliqué à boucler, comme le relevait, entre autres, La Croix en janvier dernier.

Bref, comme le disait le poète, Tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’à un fil.

Il y a quelques jours, je suis tombé sur ce rapide reportage de Public Sénat, qui offre finalement un bon résumé de ces difficultés, mais aussi du jeu politique qui en découle : le président actuel de la Région Lorraine et celui du Conseil Départemental sont tous deux fortement impliqués dans la campagne à venir pour l’ALCA, l’ACAL, la région Grand Est, ce qui laisse à penser que les débats de fin d’année, pour le budget 2016, seront compliqués, là même où les institutions culturelles ont besoin d’une certaine sérénité.
Je te laisse donc avec cette courte vidéo, mais je ne peux que t’encourager à profiter de l’été messin pour courir voir l’expo Wahrol !

L’Atelier du pouvoir [L’été des replays – épisode 1]

Ah l’été, le soleil, le farniente, la plage… mais aussi la saison durant laquelle tu peux prendre le temps de réécouter ou de revoir ces programmes qui t’auraient échappé durant l’année. Il faut dire que nous y sommes aussi franchement incités par des programmations estivales pour le moins fatiguées.

France Culture nous propose ainsi de réécouter les excellents épisodes de L’Atelier du Pouvoir qui, nous indique son pitch, « a pour objet la la politique en tant que telle, à travers l’exploration de ses acteurs, de ses lieux, de ses rites, de ses métiers, de ses moments ». C’est toujours très bien. Tout en restant assez proche de l’actualité, l’émission prend la distance nécessaire,(souvent historique) pour ne pas tomber dans un simple commentaire.

Alors oui, tu peux t’interroger sur la pertinence de faire ainsi des rediffusions alors qu’on a déjà accès aux podcasts de toute la saison écoulée. Mais en l’occurence je ne vais pas m’en plaindre, puisque je retombe par hasard ce matin sur l’émission intitulée Quel Pouvoir pour le Ministère de la Culture ?, qui m’avait étrangement échappée pendant cette année.

C’est par là.

Autour de la table, en plus des producteurs animateur Thomas Wieder et Vincent Martigny : Michaël Moreau, Emmanuel Wallon, Michel Guerrin et Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication. Place du ministère dans les politiques publiques, contraintes budgétaires, hyper-profusion culturelle et algorithmes de recommandation, liberté de création, décentralisation… y sont passées en revue. Bien entendu, une heure c’est bien trop court, mais l’émission vaut largement le détour.

The Witcher 3

Le coucher de soleil, signe d'une aventure qui se finit bien.

Le coucher de soleil, signe d’une aventure qui se finit bien

Ami lecteur, je viens de terminer The Witcher 3. Une fin épique est venue couronner en beauté les nombreuses heures de jeu nécessaires à achever la quête principale de ce qui restera sans doute comme l’un des jeux de 2015.

Si tu suis, même de loin, l’actualité vidéoludique, il y a peu de chances que cette sortie, il y a un peu moins de deux mois, le 19 mai dernier, t’ait échappé. Et même si tu n’en as jamais entendu parler, ta perspicacité t’aura permis de deviner que The Witcher 3 : wild hunt est la suite de The Witcher sorti en 2007 sur PC, et de The Witcher 2 : Assassin of kings, sorti en 2011 sur PC, puis sur XBox 360 et PS3. Je n’ai pour ma part joué qu’au 3. Si tu as quelques dizaines d’heures à tuer cet été, je suppose que l’expérience est encore plus prenante en faisant l’ensemble de la trilogie, d’autant que certains choix faits durant le 2 peuvent avoir des répercussions pendant le 3. Cette notion de choix qui impactent le déroulement de l’aventure est d’ailleurs l’un des axes forts du jeu et de la série.

The Witcher est inspiré de La Saga du Sorceleur de Andrzej Sapkowski, qui en a vendu une paire de millions. Il reprend les traits caractéristiques du registre médiéval fantastique (elfes et nains, dragons et spectres), dans une ambiance lourde de conflits entre royaumes, d’intrigues politiques, de superstitions. On y incarne Geralt de Riv, un sorceleur (un witcher, donc), un mercenaire mutant, tueur de monstres contre espèces sonnantes et trébuchantes. Dans cet épisode 3, Geralt part à la recherche de sa fille adoptive, elle même en fuite devant « La Chasse Sauvage », des cavaliers spectraux et glaçants.

Le jeu est une réussite indéniable. Et l’unanimité est presque inquiétante : tu peux aller jeter un oeil chez metacritic (où il obtient 92 pour la version PS4), chez Gamekult ou chez les amis de ComputerGames. Mais voilà, comme tu peux le lire partout ailleurs, oui, les quêtes sont extrêmement bien racontées, et que si l’on se retrouve effectivement à aller chercher des objets de-ci de-là, ou à aller casser du monstre, on se prend beaucoup plus au jeu que dans la plupart de ses petits concurrents RPG, de par cette narration remarquable.

On échappe pas à quelques bugs gravitationnels, comme ce corps de Wyvern -malencontreusement décédée- en lévitation.

Quelques bugs gravitationnels, comme ce corps de Wyvern -malencontreusement décédée- en lévitation.

Si les graphismes du jeu, tout en étant loin d’être mauvais, ne ne m’ont pas fait tomber de mon canapé, l’ambiance générale par contre, elle, impressionne aussi : partout, dans les villages et les villes (impressionnante Novigrad !) on se promène, on observe les habitants qui semblent vivre leur vie, on est le témoin des conséquences d’une guerre sur la population, la peur et la misère qui en découlent. Et Geralt, ce sorceleur mutant, exerce sur la population environnante à la fois une fascination et un dégoût qui sont palpables sans trop en faire. Bref, on est pris au jeu, de bout en bout. Alors qu’il est long, le jeu. Et que cette fichue liste de quêtes se remplit plus rapidement qu’elle ne se vide !

Ce qui est sans doute le plus fascinant, c’est que l’aventure, les villes traversées, les habitants à peine croisés, les protagonistes principaux, tout cela semble entremêlé dans un monde parfaitement cohérent. Une quête trouvée par hasard au détour d’un bosquet peut avoir un impact sur les discussions avec un personnage rencontré des heures plus tard. Et les choix de Geralt, dans des dialogues dont les réponses doivent être choisies dans un temps limité, auront des conséquences sur le jeu et notamment son épilogue. Il faut enfin souligner l’humour et l’ironie qui viennent régulièrement moquer un peu cette atmosphère juste avant qu’elle ne semble trop sombre.

Conséquence immédiate, la réussite est également commerciale : le jeu caracole en tête des ventes PS4 de l’année, avec près de deux millions d’exemplaires déjà écoulés pour la seule console de Sony. Si l’on y ajoute les version Xbox et PC, on approche des trois millions. C’est un succès remarquable pour le studio polonais CD Projekt RED (de l’éditeur CD Projekt, par ailleurs initiateurs de GoG – Good Old Games), qui en ayant sorti à ce jour uniquement la série des Witchers se fait une belle place dans le peloton de tête des studios dont on attend avec impatience la prochaine sortie. Celle ci sera un autre RPG, Cyberpunk 2077, même s’il faut pour le moment se contenter d’un trailer sorti il y a plus de deux ans déjà.

Ard Skellig

Des cholis paysages !

En attendant, même tu sais que je ne suis pas trop coutumier du fait, pour une fois je vais guetter les DLC de Witcher 3, qui semblent immenses. Histoire d’aller refaire un tour dans les contrées de Temeria.

Culture en temps de crise : les départements

Cela ne t’aura pas échappé si tu es un lecteur assidu de ce blog (ce que j’espère), ce n’est pas le premier billet que je consacre à ce que j’appelle ici la « culture en temps de crise« . En effet, plutôt qu’une « crise de la culture », sur laquelle on peut gloser mais qui ne recouvre pas la même réalité, c’est bien de la manière dont les structures, institutions, acteurs culturels traversent cette période de crise économique (qui affecte par ailleurs de nombreux secteurs), dont il est ici question.

Parmi les explications que l’on peut trouver pour ce qui est du secteur culturel, la plus prégnante en ce moment est sans nul doute la raréfaction des moyens publics (sur lesquels tout un pan de l’activité repose), et notamment du côté des collectivité territoriales affectées par la baisse des dotations de l’état.

Si je te parle aujourd’hui des départements, c’est qu’un communiqué du SYNDEAC sorti il y a quelques jours -le 4 juillet- a attiré mon attention. Intitulé Le Département du Nord se retire des politiques concertées de la culture, il alerte sur le vote prévu deux jours plus tard du Conseil Départemental (passé de la gauche à la droite aux dernières élections départementales), qui prévoit « une baisse de ses subventions aux Scènes nationales, aux structures labellisées et conventionnées et à certains Festivals pour un montant total de plus d’un million d’Euros. ». L’information est confirmée dans la Voix du Nord de mardi dernier, dans un article intitulé La culture, «variable d’ajustement» dans le budget du Nord ? :
« En tout, c’est à un peu plus d’un million d’euros, sur une dotation départementale initialement prévue de 5 millions, que va devoir renoncer, en pleine saison, une petite trentaine d’acteurs culturels. Soit une diminution de 20 % pour les scènes nationales et les grandes structures labellisées métropolitaines, 10 % pour celles hors métropoles, et 10 à 25 % pour les festivals. »
La première cause selon Jean-René Lecerf, le nouveau président du Conseil Départemental : « le coup de rabot sur les dotations des collectivités territoriales« .

L’exemple du Nord est le plus visible, mais on peut citer également le département de Maine et Loire qui prévoit de retirer sa participation dans l’Orchestre national des Pays de la Loire (soit 460 000€). Hier dans le Parisen, on apprenait également les baisses annoncées pour un certain nombre d’acteurs de l’Essonne, dont le Plan 2, tout juste inauguré l’an dernier. Partout la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités apparaît en première ligne des explications.

De 2015 à 2017, lesdites dotations vont en effet baisser, et c’est déjà chiffré : ce sera 11 milliards d’euros au total, soit 3,67 milliards par an, répartis en fonction du poids des collectivités dans les finances publiques. Cela fera donc 2,1 milliards à « raboter » pour les communes, 450 millions pour les régions et 1,1 milliards pour les départements. Ces derniers représentent peu ou prou 20% des dépenses culturelles des collectivités territoriales (contre 70% pour les villes et 10% pour les régions), qui sont aujourd’hui les principales financeuses de la culture en France, devant l’Etat.

Ces premières baisses sont remarquables, puisqu’elles arrivent en cours de saison. Mais on peut s’attendre à des préparation de budgets 2016 extrêmement délicat pour les structures culturelles, qui plus est dans une période d’incertitude liée aux élections régionales de fin d’année. Et pour la suite, me diras tu ? La baisse est cumulative, et à priori les budgets 2017 des collectivités seront plus compliqués encore à boucler. Et c’est notamment vrai pour les départements, qui, si leurs budgets sont conséquents, ont finalement des marges de manoeuvres limitées par l’importance de leurs compétences obligatoires en matière d’aide sociale.

Dans le même temps, les élus locaux commencent à gronder, notamment du côté de l’Association des Maires de France. Et dans la préparation d’une campagne 2017 délicate, la tentation de relâcher un peu la pression se fera peut être sentir du côté du gouvernement.

Plus près de chez nous (ou en tout cas de chez moi, ami lecteur), alors que le festival Cabanes vient de se relancer et que les discussions autour de la présence du Conseil Départemental au sein du CA de l’EPCC Centre Pompidou-Metz est posée, il sera intéressant de suivre ces évolutions futures.

Et tu sais que tu peux compter sur moi.

Interview pour Samedi en 8 au Start Up Show 42

Oui, ami lecteur, je reconnais que le titre de ce billet n’est pas forcément clair de prime abord. Mais je t’assure que c’est pourtant limpide.

La semaine dernière, le Start Up Show 42 était organisé chez TCRM Blida à l’occasion des Ondes Messines. C’était une belle initiative, d’ailleurs couronnée d’un jolie succès public. Et ça m’a donné l’occasion de faire quelques sympathiques rencontres de start-up locales en plein développement, notamment dans le domaine de la musique. Divacore, par exemple, s’était fait une belle place dans la jungle des enceintes bluetooth avec sa Ktulu, et on attend avec maintenant impatience leurs casques; mais aussi les cours de guitare de MyMusicTeacher, en ligne et avec une bonne dose de gamification, qui donnent l’envie de ressortir la six cordes. C’était en tout cas l’occasion de vérifier que l’obtention, annoncée le soir même par Axelle Lemaire, du label FrenchTech pour Lorntech n’était pas usurpée.

Et j’y ai donc également croisé la route de Samedi en 8, un mag culturel messin en plein développement, qui en a profité pour réaliser cette petite interview vidéo. J’y parle des Ondes Messines (c’était d’actualité), mais aussi des Trinitaires et de la BAM.