Avec de la culture

En cette période incontestablement bien difficile sur le plan économique, la culture est trop souvent absente du débat public, politique. Pourtant, il nous semble que ce n’est justement pas le moment de s’en désintéresser. Bien au contraire, il importe de la remettre au coeur du champ politique et de ses enjeux.

Capture d’écran 2015-05-21 à 11.38.22Dans une campagne municipale thionvilloise qui se singularise par des débats judiciaires, personnels, qui peuvent certes s’expliquer par des circonstances surprenantes mais qui n’en sont pas moins assez éloignés d’enjeux réels, on ne peut que se réjouir de cette démarche d’acteurs culturels, bien présents sur leur territoire. Le fait que Nicolas Turon, Thomas Tomschack et la team Boumchaka soient des amis et (parfois) des compagnons de route n’altère pas (espérons le) notre point de vue sur la pertinence de leur initiative : en s’adressant à tous les candidats, en recensant des propositions simples tout en ne niant pas les difficultés à venir, ils reposent les bases de ce que devrait être, aujourd’hui, un débat local et citoyen sur les politiques culturelles. À Thionville, et ailleurs.

Nous tenions donc simplement à faire savoir que nous soutenons sans réserve cette démarche, et même qu’il faut maintenant songer à l’amplifier. Au delà du seul sujet culturel, la nécessité de l’implication des citoyens dans les affaires de la cité apparaît aujourd’hui évidente pour apporter un regard neuf et un indispensable renouvellement, pour la sortir des écueils du désengagement des habitants et de l’abstention constatée élection après élection.

Cette implication, chacun d’entre nous doit la porter. Et pour notre part, ça sera Avec de la Culture, bien entendu.

Nicolas D’Ascenzio & Nicolas Tochet

Edit : voilà le lien vers le Pacte Culturel « Avec de la Culture » proposé aux candidats.

melatonine

Ami lecteur, je vais te parler aujourd’hui de melatonine. Non, pas l’hormone, mais le groupe. Et non, pas le groupe auteur de Prozac génération en 2008, mais bien un homonyme dans lequel je tiens la basse depuis maintenant… 16 ans.

Oui, 16 ans déjà. C’est en effet en 1999 qu’après une discussion avec Mathieu Lozinguez, et constatant quelques goûts communs (du côté de Sonic Youth notamment) nous décidons d’aller improviser à la fête de la musique. Je pense d’ailleurs que c’était en mai. Ça se fera à Metz, rue Sainte Marie, devant le disquaire Disc Over, avec deux compères recrutés par l’occasion, qui nous abandonneront bien vite. Avec l’arrivée à la batterie d’Alexandre Oury, c’est donc en trio que le groupe trouve son appellation définitive et qu’un premier album autoproduit, sort l’année suivante. Et depuis maintenant 15 ans, la formule n’a donc pas changé.

melatonine-les-environnements-principaux-102458245Un tournant est sans doute pris en 2003 avec le deuxième album, Les environnements principaux. D’abord, c’est le premier qui soit sorti chez We Are Unique Records, notre label adoré (et fidèle), qui permet au disque de bénéficier d’une distribution nationale (et même un peu plus). Ensuite, c’est le premier de nos albums à avoir recueilli un nombre impressionnant de chroniques dans la Presse Musicale Française de l’époque, à notre grande surprise : Les inrocks, Rolling Stone, Rock Sound, Magic, Mouvement,… (je te colle un petit diaporama en bas de ce billet, tiens).

Musicalement, c’est une période où l’on bricolait un peu plus avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes, et l’on en retrouve un peu partout, sur l’album. Le morceau noircissez en est un bon exemple.

Le beau clip qui illustre ce morceau est l’oeuvre de Sfumato, qui à la même période produiront aussi celui de Seitseman.

melatonine-decembre_est_un_samediAssez logiquement nous faisons un peu plus de concerts à cette période, essentiellement en France. Et, déjà, nous traînons un peu pour donner une suite à ce disque. Elle arrivera finalement en 2007, avec l’album Décembre est un samedi. Sans doute marqués par des concerts où nous avions bien trop de choses à brancher du côté des synthés, nous revenons à une formule basse batterie guitare, assez brute et probablement plus efficace.

Sans que les critiques soient aussi nombreuses que pour le disque précédent, les Inrocks écrivent à nouveau quelques jolies lignes que nous ressortons encore régulièrement lorsqu’il s’agit de décrire ce que l’on tente de faire.

C’est ce jeu physique, cassant, métallique, au bord de l’apocalypse, qui sauve régulièrement Melatonine des petites recettes dociles du post-rock : visiblement, les Messins préfèrent aux simulateurs de vol, tellement courus chez les disciples de Tortoise ou Mogwai, l’ivresse et les frissons glaçants du vol libre.

Et depuis ? Pas grand chose du côté des sorties. Tout juste, en 2011, enregistre t on en répétition ce John Walsh, destiné à la compilation des 10 ans de We Are Unique Records.

Nous aurions presque plus nous en tenir là, d’une certaine manière. 10 ans, pour un groupe, c’est souvent un délai de péremption acceptable. Mais voilà, il se trouve qu’avec ces deux compères, nous continuons inlassablement de répéter ensemble, si ce n’est toutes les semaines, disons tous les quinze jours. Et si souvent le résultat n’est que des heures d’improvisations, depuis quelques mois, des morceaux un peu plus construits émergent. Avec eux, l’idée de les coucher sur un disque, forcément.

Voilà donc où nous en sommes, avec 6 ou 7 morceaux, sans trop savoir si ça ne sera que basse batterie guitares ou réarrangé, ni comment nous allons enregistrer, ni quand. Mais au bout de seize ans, que ce trio existe toujours m’étonne au moins autant que toi, je pense, ami lecteur.

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Décidément les centres commerciaux… (3)

Eh bien dis moi, ami lecteur, moi qui pensais que tu étais intéressé par le Beau, la Culture, l’Art… vla t y pas que pour un petit article sur ma visite à Waves, tu viens à plus de mille visiter ce blog plus habitué aux statistiques à deux chiffres. Alors, tu me connais, mon objectif est la satisfaction des attentes du public : tu veux du centre commercial, je vais t’en donner !

Bon, ok, ça va, je plaisante. Mais l’occasion était trop belle pour ne pas en rajouter une couche : il se trouve en effet qu’hier, en suivant les recommandations d’un blogueur que je connais bien avec qui nous discutions du sujet, je suis tombé sur ce docu qui sera diffusé pas plus tard que demain soir sur France 5. Et que trouve t on au début du résumé ? Je te le donne en mille :

« Ce n’est pas un centre commercial, explique ce promoteur spécialisé dans l’immobilier commercial. On essaie d’inventer un nouveau truc qui s’appelle un open sky shopping center. » Avec 60 000 mètres carrés sur un terrain de 17 hectares, le centre commercial Waves, à Metz, prévoit d’accueillir 80 boutiques et 3 000 places de parking.

Capture d’écran 2015-05-04 à 08.20.06Il se pourrait donc bien qu’on cause de Metz demain dans le poste. Et même si la bande annonce semble indiquer que ça a été tourné alors que Waves était en construction, ça devrait valoir le coup d’oeil. Du coup on regarde ça et on débriefe ensuite ici même, qu’en dis tu ?

Toujours dans la thématique, au fil de la longue discussion facebookienne qui a suivi le partage du billet d’hier, Jean-Michel Parpaing nous a posté ce lien sur l’histoire des malls et des retail parks, et notamment Victor Gruen l’architecte qui a dessiné, plein d’enthousiasme et de belles idées, le premier centre commercial. Je tiens donc à remercier monsieur Parpaing, je me suis couché moins un peu moins inculte hier soir.

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Edit du 06/05/2015
Le replay « Centres commerciaux : la grande illusion » est disponible par ici sur pluzz. Et comme Gregory Boyer nous a même dégotté le lien Youtube, hop, le voici donc ici même.

Je n’ai pas encore eu le temps de le regarder dans son ensemble, mais il semble relativement bien fichu, même si plutôt « à charge » contre les malls. C’est sur Metz et son Waves que le docu s’ouvre (les deux premières minutes). On n’apprend pas grand chose, sinon à connaître un peu mieux Philippe Journo le boss de la Compagnie de Phalsbourg.
Je retiens aussi l’interview de Eric Bertolone, responsable de Jeff de Bruges, dans le parking du Centre Commercial Quartz (à 11 minutes du docu) : en fond sonore on a carrément l’impression qu’on égorge un enfant. On n’ira pas jusqu’à y voir une image subliminale, mais tu admettras que c’est plutôt rigolo.
Bon visionnage !

Décidément, les centres commerciaux… (2) – Waves

Hier, ami lecteur, je ne sais pas si c’est ce besoin de faire ce qu’il me plaît, mais je me suis rendu à Waves Actisud. Nous étions en effet à la recherche d’une chaise, qui, nous indiquaient les internets, se trouvait chez Maisons du Monde implanté dans le nouveau centre commercial de la Compagnie de Phalsbourg. Et puis c’était l’occasion de visiter un peu ce centre qui avait à la fois suscité bien des débats, puis été inauguré en grande pompes l’an dernier.

waves2Difficile de rater Waves depuis l’autoroute : une sorte de soucoupe volante argentée. Immense. Assez aisé d’y arriver et de se garer, il faut dire aussi qu’étant un samedi, nous avions pris soin d’y aller sur le coup de la pause midi, ce qui semble t il facilite grandement des choses. En en repartant vers 14h30, ça semblait déjà commencer à bouchonner. Le centre est basé sur un modèle qu’on qualifiera d’Ikea (tu m’excuseras, je ne maîtrise que peu les concepts et le lexique du retail park) : en gros, en commençant d’un côté, tu es fortement incité à faire le tour complet du centre. Dont acte.

Une des premières choses qui frappe en arrivant, en tout cas par l’agacement que ça suscite assez rapidement, c’est la musique. Tu es tranquillou en train de naviguer dans un espace en plein air (puisque la voie qui longe les magasins n’est pas réellement couverte) mais où que tu sois, un léger fond d’eurodance reste toujours présent. Ça donne ça, en gros (vazy monte le son).

En dehors de ça, le lieu n’est pas fondamentalement désagréable, comme l’indiquent les quelques superbes photos ci dessous, prises avec mon téléphone de marque Apple. Hashtag nofilter, hashtag jenesuispasphotographeetjelesais.

Bon, voilà pour la description, mais qu’en dire au final ? Je te livre mes quelques réflexions rapides.

1. on a un assemblage de magasins plutôt bien pensé et pas mal fichu, mais quand même assez loin de la révolution retail park annoncée. Certes, l’animation poney m’a donné assez envie de pouvoir rentrer, monté avec panache sur un poney dans un magasin pour acheter des chaussures, mais il semblerait que ça ne soit pas possible. Et ok, je n’ai pas vu l’animation féérique des eaux, mais bon la vidéo youtube qui y est consacrée me laisse à penser que je m’en remettrai. Résultat, un centre commercial plus agréable que les entrepôts des voisins de paliers. Mais un centre commercial, quoi.

2. plus ennuyeux, pour moi qui suis un bobo de centre ville : plus de la moitié des enseignes présentes à Waves le sont aussi au centre ville (la liste, pour les curieux : Armand Thierry, Bréal, C&A, Camaïeu, Carré Blanc, Celio, Chausséa, Eram, Etam, Grand Optical, Jennyfer, La Halle, Naf Naf, Okaidi, Pimkie, Promod, San Marina, Sephora, Sergent Major, Swarovski). Résultat des courses, à part pour acheter une chaise ou des produits de jardinage, je ne vois pas trop pourquoi je serais tenté d’y retourner. Le lecteur attentif notera également que quatre enseignes (soit 10% du park – Besson Chaussures, La Halle, Naf Naf, San Marina ) sont du groupe Vivarte dont l’avenir est, on va dire, compliqué.

Et puis il reste surtout cette impression étrange de décor, ou d’imitation. La création ex-nihilo d’un « lieu de vie animé » a de tout temps été une utopie urbanistique, et s’est toujours soldé par des échecs plus ou moins patents. Dans leur tentative de recréer ce qui peut faire une partie du centre ville, les tentatives des retail parks semblent bien partis pour en être un exemple supplémentaire. Il y a trois mois, dans un premier article sur le sujet, je te partageais déjà ce lien vers l’émission « Du grain à moudre » consacrée au sujet.

Si, dans le tumulte qui anime ces temps-ci le commerce de manière générale, les enseignes de centre-ville ont sans doute du souci à se faire, c’est surtout de par leur inaptitude (actuelle) à se réadapter aux nouvelles pratiques et aux nouvelles envies des consommateurs. Le hackathon organisé par GEN pas plus tard que le week end dernier aux Trinitaires démontre que ce problème est désormais identifié et, espérons-le, pris à bras le corps.

En tout cas, les centres-villes disposeront toujours du supplément d’âme que les retail parks géants tentent de construire à coups de poneys.

Bon dimanche, ami lecteur.

Jérôme Minière – Monarchieindividuelleuniverselleetinfinie

En mai…

Nom de nom, ami lecteur, nous sommes déjà en mai. Avec ce jour férié par lequel ce mois commence traditionnellement, difficile de ne pas s’en rendre compte. Et après un mois de mars animé sur ce blog par les élections départementales (sur les conséquences desquelles il conviendra de revenir, d’ailleurs), en avril non seulement ne me suis-je pas découvert d’un fil, mais surtout t’ai je un peu délaissé par ici, bien occupé que j’étais par ailleurs.

Enfin, « pas découvert d’un fil » n’est peut être pas la bonne expression pour cette année 2015. À Metz, quelques journées quasi-estivales ont en effet bien surpris leur monde au coeur du mois d’avril, et il est bon de s’en souvenir en ce premier mai sous la grisaille.

En dehors de la météo, il est étonnant ce premier mai à Metz, porté depuis quelques années par La Messine, une belle manifestation simple et rassembleuse, qui n’a de mon point de vue qu’un seul défaut : éclipser encore un peu plus les manifestations syndicales qui, fût un temps, pouvaient apparaître tout aussi « simples et rassembleuses ». Et ils n’avaient pas besoin de ça, les syndicats : désunis et sous la pluie aujourd’hui, et faiblement représentatifs depuis les années 1990. Et pourtant cette célébration de la lutte collective devrait prendre une résonance particulière, ces temps ci. Et son étiolement est inquiétant.

Mais je m’égare. Nous voilà donc en mai, et il semble qu’il pour être pour moi celui de projets plutôt enthousiasmants et d’un changement qui serait maintenant. Alors, ami lecteur, que dirais tu de tenter de répondre favorablement à cette invitation à faire ce qu’il nous plaît ?