Un week end à La Rochelle

Ami lecteur, je suis sûr que tu en conviendras : l’opportunité d’aller passer quelques jours dans le Sud Ouest à la fin août, après un été messin qui devrait rester dans les annales de la météo pourrie, ne se refuse pas. Me voilà donc parti 28 août pour 72h à La Rochelle, ville bien connue pour ses Francofolies (130 000 spectateurs en 2014)… et son Université d’Été du Parti Socialiste. Je ne pouvais pas manquer l’occasion de profiter de ce week end pour aller voir de près comment ça se passait. Et bien entendu, de te le raconter ici.

Je n’étais jamais allé à la Rochelle. Cette sympathique petite ville (75 000 habitants, 163 000 dans la Communauté d’Agglo) a donc l’heureuse idée de se situer dans le sud ouest. En fait tu pourrais objecter que c’est plus l’ouest que le sud, et d’un point de vue strictement géographique tu n’aurais pas tort. Mais vu que ça ne cause que de rugby, on a bel et bien l’impression d’être complètement dans le sud ouest. D’autant qu’à l’instar d’un FC Metz pour le foot, le Stade Rochellais fête cette saison son retour dans le Top 14, l’équivalent rugby de la Ligue 1 de foot. Ce week end, samedi après midi, Le Stade Rochellais l’a d’ailleurs emporté pour son premier match a domicile depuis ce retour, de bien belle manière (37-25) contre un des ténors de ce top 14, Toulouse. Tandis que le lendemain le FC Metz l’emportait 2-1 contre L’Olympique Lyonnais. Il s’agit des deux premières victoires de cette nouvelle saison pour ces deux promus. Chouette.

Par contre, il est beaucoup plus difficile de savoir qui l’a emporté du côté de cette Université d’été du PS. Mais bon, je vais te raconter ça dans l’ordre.


.

Vendredi – jour 1

Après une soirée du jeudi qui m’a permis de découvrir un peu le beau petit port de La Rochelle, le vendredi, à 14h, me voilà donc dans ce haut lieu du pèlerinage socialiste : l’espace Encan, géré par La Rochelle Evènements, et disposant notamment d’une grande halle de 3000m2 dans laquelle se déroule l’essentiel de l’activité. Juste devant, il y a des stands de livres (beaucoup), des journaux, deux bars (le comptoir est un espace de discussion indispensable, je suis sûr que tu ne me contrediras pas sur ce point). Ça discute de tous côtés, ça débat, ça se retrouve de l’année d’avant (enfin pas moi, mais bon). Et à l’heure ou une majorité de français (et on peut la comprendre) est plus que dubitative sur l’utilité des partis, au point que dans les sondages on cherche lequel a la moins mauvaise opinion se retrouver dans un espace où les échanges de vues prennent tant de place a un agréable côté rafraichissant, revigorant.

L’après midi débutait (en toute logique) par la réunion plénière d’ouverture. Ce n’était pas forcément folichon, alors je vais te faire un petit…

Top 3 à l’applaudimètre du vendredi.

  • Numéro 1 : Martin Schultz !
    Même pas besoin de parler pour le président du Parlement Européen, il suffit qu’il soit cité pour déclencher une ola. Du coup, tous les orateurs s’y collent, histoire de s’assurer un petit succès.
  • Numéro 2 : Sayna Shahryari !
    Les jeunes sont en nombre dans la salle. La secrétaire générale du MJS envoie un discours enthousiaste, bien marqué à gauche, et elle respire la sincérité. Joli succès.
  • Numéro 3 Jean-Christophe Cambadelis !
    Mais vraiment pour compléter le podium. Après un discours plutôt plombant et assez long, il finit en trombe devant une salle qui semblait subitement se réveiller d’une petite sieste, sentant sans doute la fin de la séance arriver.

Dans son discours, le Premier Secrétaire du PS évoque notamment les états généraux du PS, une tentative de « réinventer le parti en 100 jours », ce qui représente un joli challenge. Bon, de manière un peu cynique, c’est aussi une manière de faire patienter les militants en attendant un congrès en 2015 qui sera forcément compliqué et que certains réclamaient bien plus tôt. Plus tôt, c’est ce que risque d’arriver aux élections régionales et départementales : la rumeur court un peu tout le long du week end, avant de trouver des échos dans la presse. Mais de ça, j’essaierai de reparler dans un autre post, si tu veux bien. En tout cas, certaines questions préparatoires de ces états généraux envoient du rêve :

Vous avez quatre heures.

J’assiste ensuite à la partie du programme du week end qui m’intéresse finalement le plus : la plénière La révolution numérique : les enjeux pour l’innovation, l’éducation, la création, l’information et les libertés individuelles.
Résultat : un binôme Fleur Péllerin (qui remplaçait Aurélie Filippetti au pied levé) et Axelle Lemaire qui semble tenir son sujet. Des espoirs sont permis de ce côté.

Le soir, j’assiste à la réunion d’Un Monde d’Avance (bon, quand on est à La Rochelle on dit « UMA »… je noterai d’ailleurs tout le week end une affection certaine pour les acronymes), un courant créé par Benoît Hamon revigoré depuis la sortie de celui ci du gouvernement. Ça sent surtout la préparation de la réunion du lendemain (voir plus bas). La bonne phrase viendra d’Henri Emmanuelli qui évoque un échange avec le président de la république sur le vote de confiance :
« – mais Henri, pourquoi tu ne voterais pas la confiance ?
– parce que je n’ai pas confiance… »

La soirée se finira en terrasse dans la douceur de la nuit rochelaise, à siroter quelques verres du côté de la Cour du Temple, en compagnie notamment d’un Édouard Martin nouveau député européen mais définitivement sympathique.


.

Samedi – jour 2

A la Rochelle, il y a un peu des manifs permanentes : les chasseurs, les conchyliculteurs, la CGT contre l’austérité, les anti-corrida, les soutiens à Gaza, les papas, les entrepreneurs… L’espace Encan semble assiégé en permanence. Et puis il y a les journalistes.
Il y en a beaucoup.

VRAIMENT beaucoup.
Comme pour l’arrivée de Montebourg, par exemple.

Et les journalistes seront largement comblés ce week end, notamment avec la réunion Vive la Gauche et l’arrivée de Christiane Taubira (que je ne te raconterai pas, je me suis paumé à la plage ce matin là, mais tu peux aller lire ce qu’en dit Charlotte Picard sur son blog).

Des journalistes partout donc. Et grâce à un déjeuner sympathique table recommandée par l’ami Jean-Louis Baudoux, on sera spectateurs de l’attente d’une cohorte de journalistes pendant une bonne heure, puis de chassés croisés invraisemblables avec les politiques tant attendus, qui nous donneront une bonne idée de la patience et (sans doute) de la vacuité de la mission journalistique à La Rochelle.

Et pendant ce temps là, éunion après réunion, Christiane Taubira fait exploser les score à l’applaudimètre.


.

Dimanche – jour 3

La clôture des universités d’été est traditionnellement faite par le premier ministre (enfin quand on le PS en a un de son bord sous la main). Dans le contexte actuel, Manuel Valls savait qu’il allait être attendu au tournant. Après un discours de Cambadélis dont, à un moment donné, je me suis demandé s’il était fait pour anesthésier totalement la salle avant l’arrivée du Premier Ministre, celui ci est arrivé sur scène, un peu avant midi. Et là, les Vive Vive Vive la Gauche des frondeurs ont commencé à retentir avec insistance, couvrant les tentatives de Manuel Valls pour entamer son discours. Quelques longs instants. Valls a réussi à calmer la salle, en entamant par un hommage aux victimes de Rosny puis à Christian Bourquin, président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon décédé quelques jours plus tôt. Avant de mieux réinstaurer un rapport de force sur LE sujet du moment : l’économie, l’austérité. « Ou pas » dira-t-il en substance : pour lui la politique menée aujourd’hui ne peut être qualifiée de politique d’austérité. « Oh eh, tu ne te foutrais pas un peu de notre gueule ? » semblaient signifier les huées venant du même côté que les « Vive la Gauche » de départ. Et Valls de faire lever ses soutiens des premiers rangs. Une salle divisée, donc, mais un Premier Ministre moins isolé qu’on ne pouvait envisager l’y voir. Et un peu comme si l’on avait tout de suite commencé par le plat de résistance, la suite de son discours fut nettement plus consensuelle, sur la citoyenneté, l’égalité, la République, la lutte contre les discriminations, des curseurs fondamentaux de gauche qu’il, là, est difficile de contester bruyamment dans une salle comme celle ci.

Tu peux retrouver l’ensemble du discours ici.

Le Premier Ministre aura donc en partie réussi son coup : sans retourner complètement une salle, il aura fini son discours sous des applaudissements nourris. Et les « frondeurs » auront passé un bon week end, en pouvant envisager des perspectives nouvelles pour un parti que non, ils ne veulent pas quitter, mais qu’ils veulent pouvoir considérer comme le leur. L’actualité des prochains mois va en ce sens être passionnante, pour qui s’intéresse un tant soit peu à ce questions.

Et le week end s’achèvera par un (bon) déjeuner Aux Tours De La Perot, puis par un tour à la plage.

plage

Comme pour ne pas oublier de revenir passer un week end à La Rochelle, l’an prochain.

Jeux demain

Cette chronique est originellement parue dans La Semaine n°467 du 3 avril 2014

Le marché du vidéo se porte bien. Très bien même, à tel point qu’il est difficile d’obtenir la PS4 de Sony, sortie depuis 6 mois mais toujours indisponible en magasin. Notre chroniqueur vient de recevoir la sienne, et il en profite pour faire le point sur cette industrie, qui pourrait bien trouver un point d’ancrage à Metz, et plus précisément à TCRM-Blida.

Le jeu vidéo est devenu la principale industrie culturelle dans le monde : son chiffre d’affaires est estimé pour 2013 à 65 milliards d’euros et devrait avoisiner les 80 milliards en 2015. GTA V, l’un des principaux blockbuster de l’année a ainsi récolté près de 600 millions d’euros le jour de sa sortie, en septembre dernier. Pour comparaison, le film Iron Man 3 en ramenait à peine la moitié dans le même temps. En France aussi l’industrie du jeu vidéo pèse : elle représente 23 000 emplois directs ou indirects. Autant dire que désormais, c’est du ludique qu’il faut prendre au sérieux.

L’actualité de ce marché, ces derniers mois, est bien entendu marquée par l’arrivée des consoles de nouvelle génération (la huitième), la Playstation 4 de Sony et la Xbox-one de Microsoft. Nintendo avait bien tenter d’imposer une triangulaire avec sa Wii U, mais paraît pour le moment bien trop en retrait. C’est donc un duel qui se dessine entre ces deux machines de guerre, sorties en novembre dernier, et il semble tourner à l’avantage de la PS4 : elle s’est déjà vendue à plus de 6 millions d’exemplaires, contre 3,5 millions pour sa concurrente. Pour ne pas perdre trop la face, Microsoft précise que cette compétition est un marathon. Et la firme américaine n’a pas tout à fait tort : les consoles de la génération précédente sont sorties il y a huit ans et elles continuent à se vendre. Mais il faut bien reconnaître qu’à l’issue du premier round, Sony semble mieux parti.

Du coup, le géant japonais à tout loisir de se tourner avec confiance vers l’avenir du jeu : la semaine dernière, lors lors de la Game Developers Conference de San Francisco, Sony annonçait le développement de Morpheus : un casque destiné et à fonctionner avec sa PS4, couvrant intégralement le champ de vision et permettant ainsi une immersion totale du joueur. La société Oculus -que le géant Facebook vient d’avaler tel le PacMan dévorant un petit fantôme- occupe déjà ce terrain avec le Rift, qui pour le moment reste également à l’état de prototype mais que les messins ont eu la chance de pouvoir essayer aux Trinitaires lors des Vacances Numériques, ou à TCRM-Blida pendant les journées Parcours d’Artistes.

Il faut dire qu’à Metz, entre l’association LAN (qui proposait ces ateliers Oculus) et le collectionneur David Rouby, qui expose ses bornes d’arcades mythiques dès que l’occasion se présente, nous avons la chance d’avoir à la fois une vision de l’actualité et de l’avenir du jeu vidéo, mais aussi de son histoire. Si l’on y ajoute que Sébastien Genvo, maître de Conférence à l’Université de Lorraine, fait ses recherches dans ce domaine et compte bien développer encore ses activité (sa chaîne youtube est passionnante), le potentiel semble considérable. D’ailleurs, que tout ce petit monde se retrouve autour de Nicolas D’Ascenzio à TCRM-Blida ne doit sans doute pas grand chose au hasard… nous y reviendrons !

***************

Edit du 27 août 2014

Je reprends cette Chronique Numérique n’apparait pas dans l’ordre chronologique de sa parution dans La Semaine, mais en fonction de l’actualité : les potes du studio Mamytwink s’installent à leur tour à TCRM Blida et le Républicain Lorrain y consacre un sympathique article ce matin. Et vous pouvez encore aller participer à leur Ulule, même s’ils ont déjà explosé le score.

En dehors de ça, la PS4 continue de dominer le marché next gen (10 millions de consoles vendues en août 2014 depuis sa sortie, contre à peu près la moitié pour la XBox One). Le Morpheus et l’Oculus continuent à faire parler d’eux (vous pouvez entre autre aller lire l’article de l’ami Raskolnikov en visite à la Gamescon).

La géolocalisation : miroir à deux faces

Cette chronique est originellement parue dans La Semaine n°458 du 30 janvier 2014

Nous inaugurons la première édition de cette chronique avec un terme qui n’a même pas le bon goût d’apparaître dans la plupart des dictionnaires. Pourtant, il ne vous aura pas échappé que l’on en parle régulièrement depuis quelques années maintenant, et tout particulièrement dans l’actualité récente.

La géolocalisation est l’ensemble des procédés techniques permettant de déterminer les coordonnées géographiques d’un objet « connecté » (en général, un smartphone) et de le localiser sur une carte. Et par conséquent, du même coup, la personne en possession dudit objet.

Il y a trois mois, la Cour de Cassation interdisait de géolocaliser un suspect via son téléphone portable, en s’appuyant à la fois sur la grande Convention Européenne des Smartphones Droits de l’Homme et sur un petit vide juridique français. Les procureurs de la République -pour qui c’est maintenant un outil de travail dans la vraie vie et pas uniquement dans Les Experts- se sont donc réveillés en demandant au gouvernement de rapidement combler le vide en question. Ils ont été entendus : un projet de loi est arrivé au Sénat pas plus tard qu’il y a deux semaines et, esquivant courageusement la plupart des amendements, continue maintenant vaillamment sa route vers l’Assemblée Nationale.

Bizarrement, le texte n’évoque pas seulement les smartphones mais tous les «objets connectés». Ce qui pourrait apparaître comme un détail a fait réagir l’ASIC (Association des Services Internet Communautaires, regroupant en France : Google, Facebook, Microsoft,…), qui évoque la possibilité que demain les autorités pourraient chercher à localiser un individu via sa “montre connectée”, ou sa “brosse à dents connectée”. Ne riez pas, on y arrivera bien un jour : oui, ça intéresse grandement Facebook de savoir quand et chez qui l’on se brosse les dents, sans compter le paramètre souple/dur et la marque du dentifrice. Mais si ça apparaît dans un texte de loi, le consommateur pourrait vite sombrer dans une forme de paranoïa légère (quoique peut être justifiée) et les brosses à dents connectées risqueraient de beaucoup moins bien se vendre.

Nous suivrons de près cette affaire sérieuse. Mais il existe aussi un usage apparemment plus léger et en tout cas volontaire de la géolocalisation. Une application comme Foursquare permet d’indiquer à vos amis l’utilisant également à quel endroit l’on se trouve, de recommander des lieux de sortie, d’indiquer des bons plans, de noter les bars ou les restaurants. Pour Metz, on retrouve entre autres dans le top le Rubis («The place to be in Metz !» – Pauline), les Berthom («Bonne bière et serveur très sympa !» – Marie E.) ou les Trappistes, («Le midi simple, pas cher, bon» – Marc-Olivier T.). Et puis, cerise ludique sur le gâteau numérique, Foursquare attribue le titre de «Maire» d’un espace à celui ou celle qui y a publié le plus de «pointages».

D’ailleurs, cette dernière fonctionnalité, par les temps qui courent, pourrait sans doute intéresser certains utilisateurs messins. Dominique G. ou Marie-Jo Z, par exemple.

***************

Edit du 25 août 2014

La loi relative à la géolocalisation a été votée le 28 mars 2014, et promulguée le 29. Les inquiétudes de l’ASIC n’ont pas été prises en compte : la notion de « tout objet » est bien restée dans le projet de loi, l’intervention du juge des libertés seulement au bout de quinze jours également…

Foursquare a été scidée en deux applications : Foursquare (toujours) pour les listes de bons plans, et Swarm pour la géolocalisation instantanée et l’organisation de sorties en dernière minute. L’ami Maxime Pisano en a fait un test rapide et efficace dès sa sortie par ici.

Et il semblerait que Dominique G. en ait fait un meilleur usage que Marie-Jo Z.

Chroniques numériques

Si tu es Lorrain, ami lecteur, tu avais peut être aperçu mes modestes Chroniques Numériques dans le bien bel hebdomadaire La Semaine, au premier semestre. J’essayais d’y évoquer, d’y vulgariser, d’y commenter l’actualité du numérique, avec le même ton que tu connais ici (même si bon, tu ne m’en voudras pas, mais là bas je te vouvoie).

Cela m’amène à deux bonnes nouvelles : d’une part, ces chroniques interrompues par la période estivale devraient, si tout va bien, faire leur retour à l’automne. D’autre part, les chroniques je vais publier ici même les sept parues de janvier à mai dans l’hebdo, en les enrichissant de liens hypertextes (joie des internets) et éventuellement d’un petit suivi « 6 mois après » quand cela se justifie.

**************

Chronique n°1 : La géolocalisation : miroir à deux faces
Chronique n°2 : Je te dirai les mots-dièse…
Chronique n°5 : Jeux demain

King & Zynga : Crash Saga ?

Ce matin, ami lecteur, les articles sur le tangage en bourse de King, l’éditeur de Candy Crush Saga, me rappelaient étrangement ceux qui avaient accompagné la chute de Zynga en 2012, également quelques mois après son introduction en bourse. Cela se manifeste d’ailleurs assez bien sur le graphique ci dessous.

Capture d’écran 2014-08-14 à 11.48.27

Introduction en bourse moyenne (légère baisse), puis enthousiasme rapide (montée remarquable) avant un écroulement assez évident. Le tout en à peine quelques mois. Pour Zynga, il y a ensuite une longue stagnation à un niveau faible par rapport à son introduction, depuis maintenant 2 ans, pour King l’avenir le dira.

Alors peut on dire que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? Les points communs entre les deux entreprises sont en tout cas frappants.

Un jeu emblématique d’abord : chez Zynga c’est Farmville, un jeu de simulation assez basique (en l’occurrence une ferme), et chez King, donc, l’inévitable Candy Crush Saga, un puzzle game à base de bombecs.

Une interaction forte avec les réseaux sociaux ensuite : même si l’on peut utiliser l’essentiel des joueurs les lient au principal réseaux social mondial, aka Facebook (pour comparer ses scores avec ses amis et/ou recevoir certains avantages, voir ci dessous). Et Mark Zuckerberg ne s’en plaint pas l’un comme l’autre rapporte des sommes rondelettes à Facebook : à son apogée, Zynga a représenté jusque 12% de ses revenus. L’action de Facebook avait d’ailleurs dévissé de 5% dans le sillage de la chute de Zynga à l’été 2012. Et en contrepartie, les réseaux sociaux jouent également un rôle prépondérant dans la viralité de ces petits jeux : ne me dis pas que tu n’as jamais reçu une invitation à jouer à Candy Crush Saga ou à Farmville, ami lecteur (ou alors c’est que tu as sacrément bien règlé tes paramètres facebook… ou que tu n’y es pas inscrit). Le groupe Facebook « Encore une invitation a farmville et je brule ta ferme et égorge tes vaches » rencontre d’ailleurs un certain succès, avec plus 80 000 likes.

Délicieux !De multiples déclinaisons du jeu emblématique : chez King c’est Pepper Panic Saga (où l’on remplace les bombons par des piments), Diamond Digger Saga (des diamants), Pet Rescue Saga (des papattes de chiots, parce que c’est mignon). Et chez Zynga, après Farmville, nous avons eu Farmville 2 (ok), ChefVille, CastleVille et même CityVille. Ça laisse songeur et je t’avoue que j’attends avec impatience VilleVille Saga, crossover entre les deux compagnies.

Un modèle économique commun : le freemium. Les jeux sont gratuits. Mais il doivent être addictifs et comporter une limite temporelle assez stricte. Dans Farmville, on cultive des terres, puis on vend des légumes, qui rapportent des sous pour racheter des graines, des animaux, et la, on doit attendre le lendemain pour que le beau cycle de la nature fasse son oeuvre.Cultive ton jardin Dans Candy Crush Saga, tu disposes de cinq tentatives par jour pour passer des niveaux en regroupant des bonbons par couleurs, et en cas d’échec tu dois attendre le lendemain pour récupérer ces vies. Si tu ne veux pas attendre, dans un cas comme dans l’autre, tu peux faire appel à tes amis (s’ils jouent au même jeu bien sûr, ce qui a tendance à te pousser à leur envoyer une invitation à y jouer) ou payer pour acheter des vies dans Candy Crush Saga ou des Farm Coins dans Farmville. Et c’est là (ce n’est que là pourrait on dire) que King et Zynga commencent à gagner de l’argent.

Si Zynga accumule les pertes depuis 2011 (sa dernière année bénéficiaire était 2010), King, continue lui à gagner de l’argent. Et même beaucoup : après plus de 560 millions de dollars en 2013, le bénéfice reste à un très haut niveau, avec plus de 160 millions pour le deuxième trimestre 2014. Pourquoi cet effondrement en bourse ? Cette infographie, trouvée chez iGen, l’explique assez bien.



En gros, si les revenus liés aux jeux « hors Candy Crush » progressent sensiblement, ils ne parviennent à peine à compenser la chute inéluctable de ceux de la locomotive de King. Et les investisseurs craignent probablement qu’ils nous fasse « une Zynga », en ne trouvant jamais de réel successeur à son jeu emblématique.

Je ne vais pas particulièrement plaindre ces deux entreprises : King gagne encore pas loin d’un demi milliard de dollars par an, tandis que Zynga, qui perd de l’argent année après année, voit encore sa capitalisation boursière équivalente à 2,5 milliards de dollars environ. Et ce d’autant moins que le manque d’inspiration de l’une comme de l’autre est désespérant (à lire cet excellent article de Ian Bogost sur Farmville qui lui avait d’ailleurs inspiré la parodie CowClicker) là où des studios indépendants font preuve de trésors d’imagination.

Allez, tiens, je vais même rallumer la console et tâcher de finir Fez.

Edit du 3 novembre 2015 : Activision rachète King Digital Entertainment pour 5,4 milliards d’Euros. C’est l’occasion de remettre à jour ce petit graphique. Si l’éditeur qui semble avoir toujours autant de mal à se renouveler, il continue à gagner plus d’un demi milliard d’euros par an et son cours de bourse tient mieux que celui de Zynga.

zynka king

La radio des vacances

Je ne sais pas toi, mais pendant mes congés, j’en profite radiosouvent pour écouter de la radio avec des gens qui parlent dedans, naviguant entre émissions estivales et podcasts en retard. Ce mois d’août ne faillit pas à la règle, voilà donc la collection été 2014.

Est ce parce que Xavier de La Porte est parti prendre le poste de rédac’ chef chez Rue89 ? Toujours est il que l’excellente Place de la Toile s’arrête à la rentrée. Je trouve ça bien dommage et je ne suis semble t il pas le seul. On se consolera en écoutant les podcasts qui sont encore en nombre disponibles chez France Culture. Et l’on espère que France Culture trouvera une petite place à l’influence des internets sur nos vies, c’est plus que jamais d’actualité.

A la rentrée devrait par contre reprendre l’immanquable Soft Power d’un Frédéric Martel toujours (im)pertinent. La « magazine global des industries créatives, des médias et de l’internet global » comme il se définit lui même s’est arrêté pendant l’été, mais là encore, c’est l’occasion de rattraper les podcasts en retard. Et de (re)lire du même Frédéric Martel Mainstream, (qui était d’ailleurs l’ancien nom de l’émission) ou son nouveau livre Smart.

Toujours dans les podcasts en retard, celui de ZQSD. ZQSD est le site fondé par les anciens de Joystick (canal historique), parmi lesquels l’ami Ianoo. Ils t’expliquent un peu l’idée du site par là. Et pour ce qui est du podcast, pas de surprise, ça cause jeux vidéos avec vista et ça lance des grosses vannes et pendant les trois heures (!!) des émissions. on a un peu l’impression d’être avec eux et c’est rudement sympathique. Ça marche d’autant mieux en sifflant une bière, ce qu’ils n’ont pas l’air de se priver de faire en enregistrant.

And Now for Something Completely Different : Michel Onfray. Enfin quoique pour les vannes ce n’est pas le dernier. Mais bon ce n’est pas vraiment l’essence de sa Contre Histoire de la Philosophie, dont on arrive déjà la 12e saison. Ce sont les rediffusion des cours qu’Onfray donne chaque saison à l’Université populaire de Caen Basse-Normandie, qu’il a d’ailleurs initié. Et du coup, c’est un peu l’ami de l’été sur France Culture et cette année, il vient nous causer de la pensée post-nazie et d’Heidegger, de Deleuze et d’Hannah Arendt… Les questions et réponses des auditeurs sont toujours de grands moments.

Et sinon, toujours dans les programmes d’été de France Culture, on relèvera la nouveauté L’atelier du politique (tentative intéressante, mais des émissions un peu rapides) et L’Esprit Public qui est un peu pour moi le café du commerce du dimanche matin pendant la saison et qui fait des thématiques pendant l’été (avec ici notamment un mois d’août spécial Giscard, autant dire que ça envoie du rêve).

Voilà déjà de quoi faire pendant les semaines qui arrivent. Mais si comme moi tu aimes la radio qui parle, n’hésite pas à m’envoyer tes liens, ce serait aimable !

Le FC Metz est en Ligue 1

Alors oui, ami lecteur, j’en conviens, le titre de ce billet n’est pas réellement un scoop. C’est Logo FC Metzle moins que l’on puisse dire. Si tu suis un petit peu l’actualité messine et/ou footballistique, la remontée du club dans l’élite française du ballon ne t’aura pas échappé. C’était le 26 avril dernier, à la 34e journée d’un championnat de Ligue 2 qui en comptait encore 4, le FC Metz l’emportait 3-0 contre l’AJ Auxerre au Stade de l’Abbé Deschamps et assurait mathématiquement sa remontée. Deux journées plus tard, l’emportait 1-0 face à l’ESTAC et devenait du même coup champion de Ligue 2. Hop, cétait plié.

Hop ? Pourtant que cela fut laborieux. Je ne vais pas te faire un historique que tu trouveras sur tout bon site bien plus spécialisé, mais après 35 belles (enfin, parfois) années consécutives en Division 1 et en Ligue 1 depuis 1967 le club était rétrogradé en Ligue 2 à l’issue de la saison 2001-2002. 35 ans, soit presque autant que les 37 ans de Jean-Marie Rausch à la tête de la ville entre 1971 et 2008. C’est dire. Et depuis cette descente de 2002, une première remontée en Ligue 1 pour 3 ans, pour y finir bon dernier en 2006 et redescendre, remonter dans la foulée et terminer à nouveau dernier, Ligue 2 pendant 4 ans.

« L’ascenseur classique quoi », comme te le dirait tout bon Pierre Menes de comptoir… avant l’enfer de la descente en National fin 2012. Alors oui, pour toi, ami lecteur non sensibilisé au monde merveilleux du football un peu de pédagogie s’impose : après la Ligue 1 et le Ligue 2 tu as non pas la Ligue 3 mais le National, et encore après le CFA1 et CFA 2. Ne me demande pas pourquoi, c’est comme ça et je n’ai pas envie de chercher d’où ça vient. Tu m’excuseras ces détours politiques messins mais ça m’évoque les sections socialistes du coin : Metz-Sud, Metz Nord et… Metz 4. Bref. Le National ça sentait un peu la fin. D’ailleurs tu ne peux y rester que deux avec un statut professionnel avant de repasser amateur. Ça aurait fait mauvais genre. Mais voilà, le FC Metz a eu la bonne idée de sortir de la torpeur dans laquelle il semblait plonger peu à peu pour remonter l’année suivante, puis dans la foulée en Ligue 1.

Les raisons de cette remontée ? Albert Cartier dans le rôle de l’entraîneur-sauveur, un subtil alliage de jeunes joueurs et d’anciens, un public qui revient en masse au stade ? Sans doute tout ça à la fois. Et les espoirs que cela suscite ? L’ami Marlon Brandao, drôle et pertinent à l’écrit comme dans la vie, te raconte ça beaucoup mieux que moi chez SoFoot.

Et le résultat ?En regardant le match d’hier contre le LOSC, je me disais que ça allait être compliqué. Un match laborieux, souvent ennuyeux, que les Lillois ont dominé dans tous les domaines. Mais voilà, ils n’ont pas marqué. Et prendre un point à l’extérieur chez le troisième de Ligue 1 de la saison passée, c’est extrêmement précieux pour lancer cette saison.

Et moi hier soir, devant une vidéo en streaming un peu pourrie trouvée par la grâce des internets, je regardais en direct un match de Metz en Ligue 1 pour la première fois depuis 2008. Et devant ce match ennuyeux au possible, j’étais bien content : le FC Metz est en Ligue 1.

v 0.4

Une nouvelle interface bien mieux fichue (merci DesignWall) quelques extensions de bon aloi et voilà enfin un blog présentable.

Et, cherry on the cake, j’ai trouvé un moyen avec quelques lignes de codes (grâce à ce post, merci à planet-libre.org), de récupérer les archives du Dotclear antérieur. Du coup, ça va me permettre, de temps à autre, de remettre ici même quelques archives nostalgiques que je balancerai au fur et à mesure (il y a quand même quelques manips manuelles).

Je suis sûr que tu seras enthousiaste à la lecture de ces posts de décembre 2004, par exemple. Et tout particulièrement celui ci.

Playstation Plus – août 2014

Jusqu’à la sortie de la PlayStation 4, la possibilité de jouer online était gratuite chez Sony. Le Playstation Plus existait déjà bel et bien, mais il était affaire d’options supplémentaires, d’offres spéciales, de jeux gratuits… Mais depuis l’arrivée de la console next gen nippone, le PS+ est devenu le sésame indispensable pour le jeu en ligne. Et figure toi qu’il se trouve, que parfois, je joue en ligne. Depuis trois mois me voilà donc, en plus de l’heureux possesseur d’une PS4, détenteur d’un abonnement PS+ pour la modique (?) somme d’un peu plus de quatre euros par mois.

Mais il se trouve qu’en dehors de la fonction de base qui m’a poussé à m’abonner (jouer en ligne, donc) je découvre les autre atouts du Plus, parmi lesquels, surtout, les jeux gratuits. Chaque mois en effet, Sony permet de récupérer deux ou trois jeux par console (PS3 / PS4 / Ps Vita). Et là il se trouve qu’après de sympathiques Trine 2 et Strider en juillet, le mois d’août ressemble fichtrement à une très bonne pioche.

D’abord Road Not Taken : un joli petit jeu d’apparence quasi anecdotique, mais qui se révèle bien plus prenant qu’il n’en a l’air au départ. Le héros, un petit forestier qui ressemble plutôt à un mage, doit sauver Road Not Takenles enfants d’un village qui se sont perdus dans la forêt en allant y chercher des baies. Le tout se fait sous forme d’un puzzle-game, avec un déplacement en forme de tour par tour. Et peu à peu, on découvre les « secrets », qui permettent d’associer différents éléments rencontrés sur chacun de tableaux (avec de petits esprits on créé une hache, qui permet de couper du bois en rondins en la lançant sur un arbre, rondins qui permettent de faire du feu, etc.) et facilitent l’avancée du héros. Ou pas. Parce que tout ça demande de l’énergie et parfois, il vaut mieux tenter de traverser les tableaux à vitesse grand V sans tenir compte des éléments qui s’y trouvent. Et puis on peut aussi nouer des liens avec les habitants du village en leur ramenant (au delà de leurs enfants) des petits cadeaux, ils vous le rendront bien. Bref un jeu mignon, prenant, qui pousse à la réflexion.



Mais surtout au mois d’août on peut aussi récupérer l’incroyable Fez. Fez, c’est un petit bonhomme en 2D qui découvre la 3D et qui va tenter de sauver l’univers. Un game system génial, un level design inventif, un humour tout en finesse, une nostalgie des jeux des années 1980 transposée dans les années 2010, Fez est simplement génial et mériterait un abonnement PS+ rien que pour lui.


Un beau mois d’août sur le Playstation Plus donc. Et ça tombe bien, c’est les vacances.