MV XII – Episode 1 – la compression de Gaspard *

Je ne sais pas si tu seras d’accord avec moi, ami lecteur, mais il me semble que dans la musique actuelle moderne d’aujourd’hui, tout est histoire de compression. La soirée Musiques Volantes à l’Autre Canal du vendredi 2 novembre aura en ce sens été édifiante pour moi, entre le set de zero degré inhabituellement propre et lissé (et très compressé en façade (comme me l’a fait remarquer mr Ferrand Cooper une fois le concert terminé)), et le son de Justice ultra-compressé dès la sortie de leurs laptop, avec ces kick sidechainés qui « aspirent » le reste du son à chaque coup, et qu’on retrouve bien souvent depuis Daft Punk

Or donc, zero degré avait le redoutable honneur d’ouvrir les festivités de cette 12e édition de Musiques Volantes. Redoutable à plus d’un titre puisque :
1. la « petite salle » de l’Autre Canal fait quand même 400 personnes, et nous ne sommes pas forcément habitués
2. depuis la fermeture de l’elixir en aout, nous avions en tout et pour tout répété un week end
3. nous avions en même temps dans la grande salle le mix d’un Fluokid, et je me disais qu’il n’y aurait pas grand monde devant nous (ce qui était presque rassurant, d’un autre côté)
Eh bien finalement il y eut du monde. Et le concert s’est relativement bien passé, en tout cas le public semble y avoir été réceptif, au vu de ses réactions et des commentaires que nous en avons eu depuis. Et puis, simplement, il n’a pas fui dans la Grande Salle. La petite salle de l’Autre Canal est en tout cas un endroit remarquable pour donner un concert, que ce soit au niveau des retours et du son sur scène, tellement impeccables que j’avais un peu l’impression de bidouiller mes morceaux dans ma chambre, avec simplement un volume sonore un peu supérieur. Alors que d’habitude les guitares de Julien et Fabio me crachent leurs nappes sonores en pleine tête, là je les entendais de manière précise. Même la batterie semblait un peu lointaine, et tout passait un petit peu comme dans un demi-sommeil, une impression renforcée par les images d’eliklipse derrière nous. Un beau moment, vraiment.

Une fois notre set terminé, le matériel plus ou moins rangé, nous allions constater que la double salle nancéienne était vraiment bien remplie. Le hall, la grande salle où Uncle O et Solo mixaient (et ne convainquaient semble t il pas grand monde, et en tout cas pas moi), la petite salle où Saroos nous succédait… partout des gens, des kids pour Justice bien sur, mais au delà un public varié et enthousiaste. Saroos dans la petite salle, ou l’impression de voir des morceaux de Notwist (avec qui les Saroos partagent des membres) en version instrumentale. Un peu moins de pop, un peu plus de dub. Cela manquait de quelque chose, sans que je voie réellement quoi. Le sympathique et humble leader du groupe m’expliqua ensuite dans un anglais aussi approximatif que le mien qu’ils avaient eu des problèmes techniques et n’étaient pas très contents de leur set. Pourtant, c’était vraiment classe. Et sur le CD que je lui ai échangé contre un zero degré, ça l’est encore plus. A suivre donc.

Et puis bien entendu, j’allais comme tout le monde tenter de trouver une place dans la grande salle pour voir la tête d’affiche de la soirée, Gaspard et Xavier, le duo le plus entendu en France cette année, j’ai nommé Justice. Compressé, leur set l’était indéniablement. Quand ils lâchaient leur morceaux (ce qui arrivait un peu trop rarement, trop d’attente pour trop peu de libération à mon gout) la salle semblait elle aussi se compresser subitement, se rétrécir. Une bonne claque à ces moments là, renforcé par des lights impressionnantes, un décor de scène malin. Mais aussi une panne de courant de 5 mns au bout de 10 mns de set, qui a méchamment cassé l’ambiance. Et puis une petite demi heure de leur set, au milieu, qui était vraiment en dessous du reste, après une intro impeccable, et avant une conclusion parfaite. Et puis un peu trop l’impression d’avoir juste des .wav lancés sur Ableton et pas assez de choses jouées pour que l’on se dise que le moment est unique (à part la fameuse coupure de courant). Bref, j’en sorti content d’avoir vu ce live, mais forcément vaguement déçu.

Et puis, une urgence me contraint à rentrer à Metz, et du coup à rater le set de Joakim, qui était parait il très bon. Mais il était déjà 3h du mat’ quand même… et en me disant que j’allais me faire cinq jours de musiques volantes dans la semaine qui suivait, ça ne m’ennuyait pas plus que cela, finalement.

(à suivre)

* ami lecteur, tu excuseras dans ta grande indulgence ce titre quelque peu navrant qui m’est étrangement venu hier soir en m’endormant… mais j’étais tellement content de le retrouver miraculeusement ce matin, je n’ai pas pu m’empêcher